La CSN estime que le resserrement des règles en immigration ne devrait pas nuire à l’économie canadienne et québécoise. Plusieurs des TET philippins chez LM Wind Power ont plusieurs années d’expérience et jouent un rôle essentiel dans cette usine de pales d’éoliennes. « On demande à la ministre fédérale de l’Immigration, Lena Metlege Diab, d’éviter les expulsions de travailleurs essentiels à l’économie des régions. On veut maintenir les TET qui sont déjà établis au Québec. Ils et elles jouent un rôle crucial dans la transition écologique et dans l’économie régionale », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
« On est d’accord avec ce principe de seuil salarial. On demande justement à LM Wind Power d’augmenter nos salaires et avantages à hauteur de 35 $ l’heure dans la prochaine convention collective, mais on craint que ça ne suffise pas pour conserver nos employé-es. Ce barème a été augmenté ces dernières années. Même si on atteint le seuil actuel, on risque de seulement gagner du temps puisqu’il pourrait de nouveau être haussé significativement en cours de convention », explique le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de LM Wind Power-CSN, Jean-Éric Cloutier. Le syndicat demande donc au gouvernement fédéral de maintenir le seuil à 35 $ et d’établir une simple indexation annuelle prévisible en fonction de l’inflation.
Une multinationale qui paye moins bien ses travailleurs
LM Wind Power est une filiale de GE, une très grande multinationale américaine active notamment dans le secteur des énergies renouvelables. « Il est inadmissible qu’une entreprise comme GE paye ses travailleuses et ses travailleurs moins que les autres entreprises du secteur. Plusieurs gagnent seulement 28 $ l’heure, alors qu’ils sont dans un secteur de pointe », lance le président de la Fédération de l’industrie manufacturière-CSN, Kevin Gagnon.
Une hausse des salaires dans cette usine est d’autant plus faisable que les nombreux projets de développement d’énergie éolienne d’Hydro-Québec (10 000 MW de plus d’ici 2035), devraient être favorables à LM Wind Power au Québec. « On demande justement au gouvernement provincial et à Hydro-Québec de faire le maximum pour utiliser des composantes québécoises d’éoliennes. À cet égard, notre voisin du Sud ne se gêne pas pour favoriser son pays », ajoute Kevin Gagnon.
Gaspé peut accueillir des travailleurs
« Il y a un nouvel écoquartier en préparation qui accueillera 320 logements à Gaspé en 2026. On a aussi 86 logements abordables déjà en construction dans la ville. On peut continuer de recevoir les Philippins et les Philippines. Les politiciens ne devraient pas aller contre la volonté des régions quand la capacité d’accueil est respectée », affirme le président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine-CSN, Pierre-Luc Boulay. Ce dernier craint qu’on restreigne trop radicalement la possibilité d’engager des TET en Gaspésie et que la main-d’œuvre locale ne suffise pas pour assurer un développement économique dans la région.


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