Édition du 27 octobre 2020

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Élections québécoises 2012

Langue française : Debout pour travailler et se faire servir en français

MONTRÉAL, le 16 août 2012 - Québec solidaire propose de doubler le budget actuel de l’Office québécois de la langue française (OQLF) pour permettre d’assurer que les services soient dispensés en français, en particulier dans les commerces de la ville de Montréal. Dans les milieux de travail, l’Office devra aussi veiller à ce que les communications à l’interne comme à l’externe soient effectuées en français.

« Depuis quelques années, quand on passe à l’ouest de Saint-Laurent, il est courant de se faire servir en anglais dans des établissements comme des restaurants ou des boutiques. Dans les années soixante, quand j’allais magasiner au centre-ville de Montréal avec ma mère, elle exigeait de se faire servir en français. Il est incroyable qu’en 2012, on en revienne à une telle situation », affirme Françoise David, porte-parole de Québec solidaire.

Les investissements récents dans l’OQLF ont surtout permis de combler les manquements laissés par la politique de non-remplacement de ressources du gouvernement Charest. En effet, on apprenait dans La Presse de mars 2012 que depuis les annonces d’embauche de mars dernier l’OQLF emploie 246 personnes. Elle en employait 251 en 2010-2011 ! Paradoxalement, les plaintes et demandes sont en hausse importante et pour cause : 26 % des commerces de Montréal n’accueillent pas leurs clients en français.

Mettre l’accent sur les milieux de travail

« À Québec solidaire, on a décidé de mettre l’accent sur les milieux de travail, car c’est là que se joue la pérennité du français. Dans des très petites entreprises par exemple, la difficulté de travailler en français est souvent présente à Montréal. Nous proposons donc de faire passer de 50 à 10 le nombre de personnes employées par une entreprise pour que s’applique la Charte de la langue française », assure madame David.

« Par ailleurs, il est désolant de voir que des grandes entreprises ne montrent pas toujours l’exemple : la Banque nationale, Bombardier et d’autres fleurons de l’économie banalisent également l’usage de l’anglais. SNC-Lavalin vient de nommer un nouveau PDG qui ne parle pas français. Plus d’effectifs à l’OQLF permettrait de vérifier l’application de la Charte dans les grandes entreprises et de les appuyer dans leur transition vers des communications internes et externes entièrement en français », poursuit Andrès Fontecilla, candidat de Québec solidaire dans Laurier-Dorion.

L’intégration en français des nouveaux arrivants est un enjeu central pour les solidaires

« Les deux tiers des personnes nouvellement arrivées parlent déjà français lorsqu’elles entrent au Québec. L’amère ironie c’est qu’on leur demandera souvent s’elles parlent anglais lorsqu’elles se présenteront devant un employeur ! À Québec solidaire, on estime que cette situation ne peut plus durer. Les femmes parlent moins français que les hommes, sont moins scolarisées dans certains cas, et éprouvent des difficultés à suivre des cours de français compte tenu de leurs responsabilités familiales. Il nous faut imaginer des mesures adaptées à leur situation », propose Manon Massé, candidate dans Sainte-Marie Saint-Jacques.

Parmi ces mesures, Québec solidaire ajusterait les programmes de francisation en fonction des besoins des jeunes personnes immigrantes et des femmes (ex. : étendre le nombre de niveaux d’enseignement en vue d’une réelle maîtrise du français, élargir les délais d’admissibilité aux cours de français avec allocation, développer les haltes-garderies, concevoir des mesures d’encadrement pour contrer le décrochage scolaire, etc.).

« Certains peuvent céder au fatalisme et croire que la bataille d’un Montréal francophone est perdue. Québec solidaire ne peut se résoudre à accepter cette défaite annoncée et choisit plutôt d’agir immédiatement en investissant 15 millions de dollars pour embaucher plus de ressources à l’OQLF. C’est un geste nécessaire à poser pour protéger notre langue et notre culture, et une équipe de solidaires à l’Assemblée nationale se tiendra debout pour que cela se concrétise », conclut Manon Massé.

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