Édition du 16 juin 2020

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Nucléaire

Allemagne

Le convoi nucléaire arrive à destination

Le mouvement antinucléaire redouble de vigueur en Allemagne depuis la décision du gouvernement d’Angela Merkel cette année de prolonger l’exploitation des 17 centrales, que son prédécesseur social-démocrate Gerhard Schröder (1998-2005) voulait fermer.

Le convoi de déchets nucléaires est arrivé, mardi 9 novembre, dans la matinée, par la route au site de stockage de Gorleben, sa destination finale, dans le nord de l’Allemagne. Le dernier des onze poids lourds transportant les 154 tonnes de déchets a pénétré sur le site de stockage à 9 h 50. Plus tôt dans la matinée, la police avait délogé des milliers de militants écologistes, massés depuis plusieurs jours près de Gorleben.

Selon les organisateurs, plus de 2 400 manifestants avaient mis en place une série de barrages routiers afin de retarder l’acheminement de la cargaison, dont le parcours ferroviaire a été émaillé d’incidents entre forces de l’ordre et militants. Ceux-ci, auxquels se sont joints des dirigeants du parti des Verts allemand, redoutent que Gorleben, conçu comme un lieu provisoire de stockage, ne devienne un site permanent. Selon Greenpeace, il ne présente pas de garanties de sécurité suffisantes à long terme.

Arrivés par train lundi à Dannenberg avec 154 tonnes de déchets vitrifiés retraités par Areva à l’usine française de la Hague (Manche), ces déchets radioactifs allemands ont été transbordés lundi jusque tard dans la soirée dans onze conteneurs spéciaux, les "Castors", qui devaient ensuite rallier en camion le site de Gorleben, à vingt kilomètres de là. Le convoi était resté bloqué toute la nuit au niveau de Dahlenburg, à 30 km environ de Dannenberg, avant que la police ne dégage la voie (voir le portfolio).

Les antinucléaires rendorcés

Le mouvement antinucléaire redouble de vigueur en Allemagne depuis la décision du gouvernement d’Angela Merkel cette année de prolonger l’exploitation des 17 centrales, que son prédécesseur social-démocrate Gerhard Schröder (1998-2005) voulait fermer.

"Le convoi est arrivé, mais le gouvernement fédéral est plus éloigné que jamais de son but de faire accepter l’énergie nucléaire en Allemagne", estime Florian Kubitz, porte-parole du groupe écologiste Robin Hood. "La police peut faire évacuer la route, mais le gouvernement ne peut pas évacuer le conflit", renchérit Luise Neumann-Cosel, porte-parole du groupe X-tausendmal quer, qui chapeaute les mouvements écologistes dans la région. Les écologistes se félicitent de la forte mobilisation de militants qui ont réussi à retarder de plus de vingt-quatre heures l’arrivée du convoi à Gorleben en s’enchaînant sur les voies ferrées, en se suspendant en rappel depuis des ponts, et en organisant des sit-in devant le site de stockage.

Pour le Spiegel Online, un des sites les plus lus du pays, "les manifestations ont montré que la politique nucléaire de Merkel lui rapporte peu mais lui coûte beaucoup". "Ça n’a jamais été aussi grave !", titre Bild en "une". Selon le journal à grand tirage, 17 000 policiers ont été déployés pour un coût de 50 millions d’euros afin de permettre au train d’atteindre sa destination. Le parti Vert allemand affirme pour sa part que près de 50 000 militants antinucléaires ont participé aux manifestations.

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