Édition du 24 janvier 2023

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Politique québécoise

Le gouvernement Charest veut réduire les contraintes liées au consentement en ce qui touche la recherche scientifique.

Dans un article paru dans Le Devoir du 14 mars, Jean-Noël Ringuet, professeur de philosophie retraité, constate une « érosion inquiétante du consentement en éthique de la recherche ».

Dans son article il indique aussi la source de ce projet gouvernemental : soit le site Web de l’Unité d’éthique du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Que des ministères québécois (Santé et Justice) cherchent à court-circuiter le consentement des citoyens et permettre l’utilisation de ceux-ci comme cobayes et surtout À LEUR INSU et aussi à D’AUTRES FINS QUE LA RECHERCHE fait peur ! Que des TIERS puissent décider à la place de personnes responsables (parents, tuteurs…) en ce qui concerne des personnes inaptes est inacceptable. Et qu’en serait-il si ces « autres fins » devaient servir à la soi-disant « sécurité publique » intégrée aux services canadiens et étatsuniens ?...

Je pense, tout d’abord, à ces étudiants de McGill qui s’objectaient à la militarisation de l’université, c’est-à-dire aux recherches effectuées par l’université McGill pour le compte de l’armée américaine (par le biais du gouvernement canadien) et dont le sénat a décidé de taire la nature. Leurs représentants ont discuté du sujet avec les autres membres du sénat de l’université, ils ont fait la grève pour cette raison et malgré cela, n’ont pas eu gain de cause : la recherche est demeurée secrète alors qu’auparavant les syndicats étudiants étaient avisés de la nature de la recherche et ils y ont régulièrement consenti. Un groupe s’est ensuite constitué pour « démilitariser » l’université.

Deuxième préoccupation : y aura-il des recherches effectuées sur des personnes à leur insu, comme ce fut le cas au Allan Memorial Institute en collusion avec la CIA il y a quelques décennies ? On pourrait ainsi – en passant par des tiers (les médecins en l’occurrence) –soumettre des personnes s’adressant aux hôpitaux, à des recherches sur les effets de traitements non autorisés et de drogues expérimentales à leur insu, sans leur consentement ou celui de leurs proches, voire même contre la volonté de ceux-ci, sachant très bien qu’il pourrait y avoir des dommages permanents voire le décès du « patient ».
La liste d’utilisations inhumaines et dégradantes possibles est inouïe ! Comme dit l’auteur dans son introduction : « L’obligation des chercheurs d’obtenir le consentement libre et éclairé des participants est devenue, à la suite des procès des médecins nazis à Nuremberg, la pierre angulaire de l’éthique contemporaine en recherche biomédicale et universitaire » Charest tombe-t-il dans ce même schème de pensée nazi et, aujourd’hui, sioniste ? Est-ce à cela que servira notre cotisation santé ? Et notre cotisation médicaments ?

L’éventuelle privatisation du système de santé, la privatisation du système d’éducation, ont-elles entre autres comme but de faciliter les ententes secrètes avec diverses institutions en les soustrayant au contrôle de l’Assemblée nationale et donc aux yeux du public ? On peut se demander finalement à quoi serviront réellement les centres hospitaliers universitaires : à l’emmagasinage de cobayes ? Comment se fait-il que celui de McGill est aussi bien financé ? Surtout PAR QUI est-il financé ?

Quand la dignité humaine passe après la compétitivité économique (à savoir surtout la compétitivité avec qui et à quelles fins !), ce qui pourrait être aussi un autre prétexte tout comme la soi-disant « création d’emplois », et que ces changements se font en secret, nous glissons sérieusement vers un état dictatorial ! Et quand on tente de modifier une loi en catimini pour ouvrir toute grande la porte à l’utilisation des données personnelles à des fins autres que la recherche au service des citoyens et volontairement consentie, de sorte qu’elles pourraient plutôt servir au « contrôle social », nous glissons sérieusement vers un état policier ! Et quand un gouvernement offre ses propres concitoyens comme cobayes subventionnés par l’État, ou transmet des données personnelles obtenues sans leur consentement à d’autres gouvernements (dans le cadre, par exemple, de conventions de sécurité frontalière avec les États-Unis), il n’est rien d’autre que traître envers ses propres citoyens !

Il ne manquerait plus que Charest fasse arrêter l’auteur de cet article pour « divulgation de documents secrets » et « collaboration avec l’ennemi » ! Comme Bradley Manning et Julian Assange…

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