Édition du 16 juin 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Politique canadienne

Les élections de Colombie-Britannique, des élections frustrantes pour les miliantEs des mouvements syndical, environnemental et autochtone

Les élections générales du 14 mai dernier en Colombie-Britannique ont été
un revers pour les forces politiques progressistes de la province et de
partout au Canada. Les libéraux de la Colombie-Britannique se sont assurés
d’une quatrième victoire consécutive en remportant 49 sièges et 44 pour
cent des voix, contre 34 sièges et 40 pour cent pour le Nouveau Parti
démocratique qui reste dans l’opposition.

(Traduction Presse-toi à gauche !)

Le chef du NPD, Adrian Dix : quelque chose s’est passé sur le chemin de la victoire.

Les milieux d’affaires ont été chanceux de remporter la victoire. Tous les
sondages d’opinion avant et pendant la campagne donnaient le NPD comme gagnant avec une confortable avance qui lui aurait permis de former un gouvernement majoritaire. D’une certaine manière, le parti a réussi à
perdre. Le nombre de ses voix *a augmenté très peu, de 20 000 *par
rapport à l’élection précédente de 2009. Un peu moins de la moitié des
électeurs et électrices admissibles ont voté, ce qui signifie que le
gouvernement de la première ministre Christy Clark a été réélu par 22 pour cent de la population adulte.

Le résultat est un coup dur pour le mouvement environnemental à travers le continent. L’élément central de la plateforme électorale des libéraux était d’aller rapidement de l’avant dans l’extraction du charbon et l’exploitation du gaz naturel de la province ainsi que dans la mise en oeuvre d’un vaste plan visant à faire de la côte de la C.-B. une plate-forme d’exportation pour les réserves massives d’énergies fossiles de l’ouest de l’Amérique du Nord.

Des conséquences graves

Le Parti libéral de Colombie-Britannique est une coalition de libéraux et de conservateurs. Il a une longue histoire de supervision du pillage des ressources forestières, halieutiques, minérales et hydrauliques de la province. Avec ses homologues fédéraux des partis conservateur et libéral, son attention s’est déplacée ces derniers temps vers la promotion de la production et l’exportation de combustibles fossiles.

La production est en pleine progression dans les réserves de gaz naturel et de charbon de la Colombie-Britannique, comme dans les sables bitumineux de l’Alberta et les bassins de l’ouest des États-Unis. Cela améliore grandement l’attractivité des capitalistes canadiens et américains de la côte Pacifique de Colombie-Britannique comme débouché à l’exportation alimenté par les pipelines et les voies ferrées.

Un nouveau rapport de l’Institut Sightline de Seattle décrit ce qui est en jeu. Le rapport se penche sur les 16 nouveaux projets de transport de combustibles fossiles (ou leur élargissement) aux côtes de la Colombie-Britannique, de l’Oregon et de Washington, composé de sept terminaux charbonniers, trois oléoducs et six gazoducs. Onze des 16 projets se situent en Colombie-Britannique.

"Dans l’ensemble," dit le rapport, « ces projets seraient capables de fournir assez de carburant pour libérer un supplément de 761 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère chaque année, l’équivalent de sept pipelines Keystone XL ». (Pour plus de détails sur les projections de production de combustibles fossiles sur la Côte Nord-Ouest du Pacifique, y compris l’expansion massive de la fracturation du gaz naturel en Colombie-Britannique, voir mon article récent, « Tous les signes pointent vers l’approfondissement de l’opposition à l’assaut de l’industrie des combustibles fossiles, en Colombie-Britannique. »)

Le capitalisme oeuvrant dans le secteur des combustibles fossiles est en train de transformer la trame urbaine de Vancouver. Le transport en commun est en difficulté alors que des milliards de dollars sont dépensés pour élargir le réseau des routes, des ponts et des voies ferrées dans la région pour répondre au transport commercial et celui des banlieues. Et des changements plus importants sont à venir, y compris une proposition visant à remplacer le tunnel routier Massey sous le fleuve Fraser par un pont qui ouvrirait la partie basse de la rivière, la plus grande rivière à saumon dans le monde, aux grands navires océaniques. La faible profondeur du tunnel, achevé en 1959, limite actuellement la taille des navires qui peuvent naviguer en amont. L’une des propositions est de construire un nouveau terminal d’expédition du charbon sur le bas Fraser.

Une telle ruée destructive a profondément marqué les forêts de la Colombie-Britannique et de l’ouest de l’Amérique du Nord au cours du siècle dernier et a contribué à l’explosion au cours des dernières années de la calamiteuse épidémie de la dendroctone du pin. Une combinaison de plusieurs décennies de pratiques de coupe à blanc destructrices et la hausse de la température mondiale ont déclenché une augmentation exponentielle de la population et du territoire de l’insecte.

La bataille pour limiter la propagation de l’insecte à l’appétit vorace est presque perdue dans les montagnes de l’ouest de l’Amérique du Nord. Les vastes forêts de pins de la Colombie-Britannique, par exemple, ont reculé de 75 pour cent. L’insecte a récemment sauté par dessus la barrière naturelle le long des montagnes Rocheuses et est entré en Alberta. La forêt boréale du Canada s’étend maintenant devant elle, toute une route jusqu’à l’océan Atlantique avec comme seul obstacle naturel des températures hivernales extrêmement froides. [1]

Les travailleurs des services publics et leurs syndicats

L’élection a également de graves conséquences pour les travailleurs etles travailleuses du secteur public et les services qu’ils offrent. Les libéraux ont imposé des mesures d’austérité sévère, en particulier au cours de leur mandat 2001-05. Les réductions de dépenses ont détérioré les services d’éducation, de soins de santé et sociaux. Les travailleurs ont subi des réductions de salaire, de leurs prestations et la détérioration de leurs conditions de travail, en particulier les dizaines de milliers de personnes dont les emplois ont été privatisés ou rendus « temporaires ».

La province connaît le plus haut taux de pauvreté en ce qui concerne les enfants au Canada. Elle a également le plus haut taux par habitant dans l’utilisation des drogues injectables et dans l’infection au VIH. Une nouveauté récente est la montée des enfants blessés au travail, à la suite des changements dans les lois du travail des enfants en 2003 qui permettent aux enfants de 12 ans de travailler dans des usines, dans la construction et dans l’exploitation des ressources ! [2]

Les attentes de la population envers un gouvernement néo-démocrate n’étaient pas élevées. Le chef du NPD, Adrian Dix, a ouvertement déclaré qu’en tant que premier ministre, il ne remettrait pas en cause l’héritage libéral ou même qu’il ne restaurait pas tout ce qui avait été perdu. Mais les militants syndicaux, environnementaux et autochtones voyaient néanmoins l’élection du NPD comme un moyen de conjurer de nouvelles attaques contre les services sociaux et peut-être même de ralentir le rythme des attaques contre l’environnement par l’exploitation des entreprises pétrolières, forestières, minières et halieutiques.

Joey Hartman, président du Conseil du Travail du district de Vancouver a déclaré sur les ondes de « W2 Mornings medias de Vancouver Co-op Radio » : « Nous savions que que nous serions obligés de faire pression sur celui qui allait gagner. Nous avons juste pensé que ça allait être un gouvernement plus réceptif ».

Stewart Phillip de l’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique a déclaré au même programme, « Inutile de dire que nous sommes très déçus. Nous attendions avec impatience un changement pour le mieux, pour ainsi dire, [3] et bien cela ne s’est pas concrétisé. »

La campagne du NPD

Le NPD est allé dans la campagne électorale avec une plate-forme exceptionnellement timide, pas très différente de celle des libéraux. Il a fait une campagne qu’il a appelé "positive", en évitant d’attaquer son adversaire. Le parti parlait peu du bilan de 12 ans des libéraux au pouvoir.

La stratégie était déconcertante, compte tenu des mesures très impopulaires des libéraux. Parmi celles-ci, on peut mentionner l’ « harmonisation » des taxes de vente fédérale et provinciale immédiatement après l’élection de 2009. Cette mesure a signifié l’imposition de plusieurs milliards de dollars en augmentation de taxes.

Les libéraux avaient promis spécifiquement durant l’élection précédente de ne pas adopter une telle mesure. Sa tromperie a déclenché un tourbillon de colère et d’opposition organisée, obligeant les libéraux à céder à une mobilisation de masse extraordinaire, à une campagne de pétitions et à la convocation d’un référendum en août 2011.

La taxe a été défaite, à grands frais et désagréments pour les grandes et les petites entreprises. Le soutien aux libéraux s’est tellement effondré qu’ au milieu de cette débâcle, le premier ministre Gordon Campbell a démissionné. (Il a ensuite été récompensé par les conservateurs fédéraux par une nomination en tant que haut-commissaire du Canada au Royaume-Uni.)

Un autre mauvais coup libéral était la corruption et le népotisme qui ont accompagné la privatisation de « BC Rail » en 2003, un des trois plus importants réseaux ferroviaires au Canada. Les détails incongrus ont finalement été révélés au cours du troisième mandat libéral, mais ils ont à peine été soulevés dans cette élection.

Qu’est-ce qui explique la fadeur de la campagne du NPD ?

Adrian Dix est devenu le chef du NPD au début de 2011 par un coup de force d’initiés qui a renversé Carole James en tant que leader. Elle a été accusée de ramollir le programme du parti afin de faire appel aux entreprises, affaiblissant ainsi l’appel du parti en direction de la classe ouvrière. [4]

En mai 2011, la percée électorale du NPD fédéral a alors incité Dix et ses collègues de la direction à repenser leur orienation. Ils ont convenu avec les chefs des partis fédéraux qui ont attribué leur percée à la modération permanente du parti et à son tassement à droite mené par le chef fédéral, Jack Layton. Des conseillers fédéraux clés, notamment Brian Topp,comptaient parmi les dirigeants de la campagne de 2013 en Colombie-Britannique.

En réalité, en 2011, les gains du parti ont été très largement le résultat de l’énorme tournant des électeurs du Québec inquiets et désenchantés face aux conservateurs, aux libéraux et au Bloc Québécois. Le NPD a été perçu comme un allié dans le Canada anglophone dans la défense des programmes sociaux ainsi que sympathique aux aspirations nationales des QuébécoisEs.

Bien que la direction Dix du NPD se soit prononcée contre le pipeline Northern Gateway d’Enbridge, allant de l’Alberta à la côte de la C.-B., elle a tergiversé sur un autre projet impliquant des sables bitumineux -soit l’extension de la ligne de Trans Mountain de Kinder Morgan à Vancouver. Dix a déclaré qu’un processus d’examen environnemental fait en Colombie-Britannique devrait trancher la question.

Mais à la mi-campagne, il a annoncé que le NPD s’opposait maintenant à la multiplication par 9 du trafic pétrolier que le projet apporterait au port de Vancouver. Il s’agissait d’une réponse à la pression d’un large éventail de forces environnementales ainsi qu’aux pressions des politiciens municipaux de la région de Vancouver.

Il a également été motivée par une forte augmentation perçue dans le soutien populaire pour le Parti Vert. En fin de compte, le vote Vert n’a pas augmenté par rapport à 2009, mais le parti a réussi une percée dans le sud de l’île de Vancouver, en remportant son premier siège à l’Assemblée législative et en venant très près de le faire dans un autre district.

Les porte-parole des grandes entreprises, y compris les libéraux, ont sauté sur l’occasion pour dénoncer ce qu’ils ont appelé le "flip-flop" de Dix. Ils ont dit qu’ils étaient préoccupés par le retour aux mauvais jours alors que des gouvernements néo-démocrates dans les années 1970 et 1990, ont pris des mesures modérées qui empiètaient sur les prérogatives des capitalistes.

Certains syndicats dans la province se sont dits d’accord avec les grandes entreprises. Tom Sigurdson, chef du « BC and Yukon Territories Building and Construction Trade Council » a affirmé que son groupe soutenait l’exploitation des sables bitumineux et la construction des pipelines. Il s’est dit déçu par la déclaration de Dix. Steve Hunt, directeur des Métallos a expliqué que Dix avait fait une « erreur importante ». Cédant à la pression, Dix, lors d’une conférence de presse post-électorale le 22 mai. a affirmé que sa déclaration avait été « nuisible à notre campagne. »

Les électeurs et les électrices ont-ils été apathiques ?

Dans le sillage des résultats décevant de ces élections, beaucoup de critiques de la gauche se sont opposés à la saveur "positive" de la campagne du NPD.

Dix et la direction du parti disent qu’ils voulaient s’opposer au ton de plus en plus sévère de la politique capitaliste. Ils notent, à juste titre, que cela décourage et prive de leurs droits efficacement les électeurs marginaux. La majorité des électeurs découragés sont des gens pauvres et de la classe ouvrière. Alors que les électeurs de droite avaient le choix entre un Parti libéral agressif et un parti conservateur encore plus droitier (il a obtenu 5 pour cent des voix), les électeurs de gauche n’avait que deux choix : le NPD ou les Verts, chacun d’eux avaient des plates-formes entièrement compatibles avec les politiques pro-capitalistes et néolibérales.

Mais le problème avec la campagne du NPD n’était pas le ton mais le contenu. Le parti a tout simplement échoué à offrir une véritable alternative à l’électorat. Le résultat ? Le taux de participation à cette élection de Colombie-Britannique était à peine plus élevé que le taux le plus faible jamais atteint, soit celui de 2009, poursuivant une tendance à la baisse à la participation électorale qui a marqué la politique canadienne, à quelques exceptions près, depuis plusieurs décennies.

Marissa Lawrence de l’Université Simon Fraser a étudié la participation des électeurs lors de l’élection de la Colombie-Britannique avec deux projets - SFU Public Sqare et Samara. Elle explique dans un éditorial publié dans le Vancouver Sun que les jeunes sont « certainement pas indifférent. » Mais les participants à ces études ne voyaient aucun intérêt à participer au processus électoral lorsque les élus semblent incapables ou peu disposés à s’engager de manière constructive. Ils croient que les décisions sont déjà prises, et ils ne lient pas le changement social aux résultats obtenus durant le scrutin. Les électeurs de Colombie-Britannique ont exprimé leurs frustrations face à l’absence de responsabilité des élus, face non seulement à leurs promesses de campagne, mais aussi face à leur mandat électif ».

Un auteur expliquait récemment au Sun

« Nous avons un faible taux de participation parce que la plupart des non-votants sont bien conscients qu’avec notre système électoral uninominal à un tour, leurs votes sont susceptibles de compter pour rien ou pour très peu. Et ils ont raison .... Il est condescendant de penser que plus d’éducation serait nécessaire pour améliorer la participation des électeurs. Notre système électoral est cassé et il doit changer ».

Certains observateurs soulignent la réussite des campagnes électorales du NPD dans les années 1970 et 1990 était liée au fait que le parti faisait la critique des grandes entreprises et proposait de modestes réformes. Cependant si modestes qu’elles aient pu être, elles étaient certainement plus radicales que tout ce que nous avons entendu depuis de la part de ce parti.

Les syndicats de la province, dont beaucoup sont affiliés au parti, ont approuvé cette politique tout en douceur. Ils ont accepté de retirer leurs intérêts et préoccupations spécifiques de la campagne du NPD et de ne pas faire campagne de manière indépendante dans l’arène électorale, en espérant effectivement que les électeurs élisent le NPD comme par enchantement.

Maintenant ?

Est-ce que le NPD aurait arraché la victoire s’il avait mené une campagne plus militante et marquée à gauche ? On espère que ce sera sérieusement débattu dans les syndicats et le mouvement environnemental dans les semaines et les mois à venir. Beaucoup de preuves fgactuelles suggèrent que la réponse est « oui » :

• Le soutien du Parti vert a fait un bond dans le sud de l’île de Vancouver où les gens sont préoccupés par l’augmentation des expéditions des sables bitumineux et du charbon. Les Verts ont pris des positions claires contre les deux. (Sa prise position l’expansion de la production du gaz naturel et son l’expédition a été malheureusement, moins évidente.)

• Deux candidats du NPD ont connu de bons résultats à Vancouver. Ils se sont présentés comme des écologistes fortement opposés à l’exploitation des sables bitumineux. Ils ont été élus y compris David Eby, un défenseur bien connu des droits humains qui a renversé le premier ministre Clark dans sa propre circonscription.

• Le taux de participation le plus élevé, de loin, s’est produit dans la vallée de Comox, sur l’île de Vancouver. Là, une question centrale était la mine de charbon projetée par la Cie Raven. Les libéraux pro-mines ont remporté de justesse le siège contre un vote NPD-Vert divisé, mais grâce à plusieurs années de campagne par les opposants à la mine, le projet de la mine a été rejeté par le Bureau d’évaluation environnementale de la Colombie-Britannique le 16 mai.

• Vicki Huntington, une candidate indépendante à South Delta (région de Vancouver) qui est considérée comme une adversaire du développement désordonné de routes, de voies ferrées et de ports, a été réélue avec un appui plus important.

Même si une campagne agressive de l’aile gauche n’aurait pas permis de gagner l’élection, elle aurait laissé les mouvements progressistes dans une position plus forte que la situation actuelle. .

Certains syndicats et d’autres militantEs dans la province commencent à parler et à écrire sur les défis qui nous attendent maintenant, y compris la façon dont, les luttes pré-lectorales peuvent être mis èa profit.

Les dirigeants autochtones, y compris Art Sterritt des Premières nations de la côte, a noté que le mur de l’opposition au pipeline Northern Gateway est resté intact.

Le grand chef Stewart Phillip a expliqué dans l’interview citée plus haut,

« Alors que je regardais la diffusion des résultats, j’ai commencé à réaliser que nous nous acheminons, selon toute vraisemblance, vers une ère de confrontations et de conflits, compte tenu du fait que sous la direction du premier ministre Clark, il n’y avait aucun effort pour s’investir de manière significative ou authentique dans la construction d’une collaboration plus étroite des peuples autochtones de cette province ».

La sensibilisation et l’opposition ne cessent de croître à l’oléoduc Trans Mountain et à l’expansion de charbon. Deux jours après l’élection, par exemple, une première réunion d’information a eu lieu à South Surrey pour discuter et planifier l’opposition à l’augmentation des expéditions de charbon par rail à travers cette communauté.75 personnes étaient présentes, dont un porte-parole de l’État de Washington qui a expliqué que les militants là-bas et dans l’Oregon ont récemment réussi à bloquer trois des six propositions de terminaux de charbon sur leur côte.

Un rassemblement pour faire pression sur le conseil métropolitain de Vancouver afin de s’opposer aux plans d’augmentation des expéditions de charbon par le port de Vancouver est prévue pour le 25 mai.

L’avenir des services publics d’éducation deviendra bientôt un enjeu dans le cadre des négociations de la convention collective entre le nouveau gouvernement et la Fédération des enseignantes et des enseignants de Colombie-Britannique. Le syndicat a signé un accord insatisfaisant d’un an l’année dernière et il espérait qu’il serait en train de négocier cette année avec un gouvernement néo-démocrate. La question clé en litige sera le déclin de l’éducation publique, y compris le ratio maitre-élèves qui est très élevé.

Tara Ehrcke, un militant de l’éducation et actuel président de la Fédération des enseignantes et des enseignants du Grand Victoria, a offert cette perception de l’élection sur son blog, Staffroom Confidentiel :

« Ma plus grande déception au sujet de cette élection n’était pas le résultat, mais le fait que pas un seul parti s’est levé et s’est prononcé pour une réévaluation radicale de l’inégalité massive qui existe dans notre société. Aucun parti politique n’a vraiment parlé de la nécessité de taxer les riches et de réinvestir cet argent dans des services qui profitent à tous et à toutes, collectivement. "

Elle a poursuivi :

"Je ne suis pas déçu cette semaine. J’espère que ceux et celles qui veulent un véritable changement vont réfléchir sérieusement à réévaluer les stratégies dans lesquelles ils mettent tout leur espoir dans l’élection d’un soi-disant, du gouvernement social et ami du mouvement ouvrier mais qui ne l’est pas en fait. Au lieu de cela, nous devons être la construction de réseaux de militantEs sur le terrain et dans nos communautés. »

Roger Annis est un travailleur de l’aéronautique à la retraite à Vancouver. Plusieurs de ses écrits sont publiés sur A Socialist in Canada.

Notes

1. L’histoire de l’épidémie du dendroctone du pin a été racontée en 2011 dans le livre d’Andrew Nikiforuk, Empire of the Beetle : Comment Human Folly an d Tiny Bug are ‘illing North America’s Great Forests.

2. La loi exige l’approbation des parents de 12 à 14 ans pour travailler dans l’industrie, mais cela est systématiquement bafoué.

3. Le thème de la campagne électorale du NPD était « changer pour le mieux."

4. Une partie de l’effort de Carole James était d’affaiblir la représentation des syndicats affiliés au parti. Cela n’ pas connu une opposition significative au sein du parti. Alors que le changement reste en place, il est en grande partie cosmétique et ne diminue pas la place importante des syndicats dans les prises de décision au sein du parti.

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