Édition du 19 janvier 2021

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États-Unis

Mise en garde de Barbara Ransky et David Sirota contre les liens entre des membres du futur cabinet Biden et les pouvoirs économiques

Entrevue sur democracynow.org par Amy Goodman et Juan González le 25 novembre 2020

Traduction et organisation du texte, Alexandra Cyr

Introduction,
Amy Goodman, DN : Nous examinerons maintenant la réponse des mouvements progressistes aux nominations de J. Biden à son cabinet. Il vient d’y nommer ceux et celles qui détiendront des postes importants, déterminants. Son conseiller de longue date, Tony Blinken, devient Secrétaire d’État. Il a déjà servi à titre de sous-secrétaire de ce département durant l’administration Obama. Il s’est exprimé publiquement mardi quand sa nomination a été annoncée à Wilmington, Delaware au cours d’une cérémonie de présentation publique de toutes les personnes choisies par le président élu. Il a parlé de son beau-père qui était le seul survivant de l’holocauste parmi 900 enfants fréquentant une école de Bialystok en Pologne. (…) Il a grandi à New-York et à Paris avec sa mère et son beau-père. Il parle Français couramment.

Le président élu a aussi nommé Linda Thomas-Greenfield une employée des services pour l’étranger pendant 35 ans. Elle sera la nouvelle ambassadrice américaine à l’ONU. Elle a aussi été ambassadrice au Libéria et sous-secrétaire d’État pour l’Afrique. Elle a été remerciée à l’arrivée du Président Trump. Son dernier emploi était au groupe Albright-Stonebridge cofondé par Madeline Albright ancienne Secrétaire d’État. Elle est née en Louisiane. (…)

L’ancien Secrétaire d’État et candidat à la présidentielle John Kerry devient envoyé spécial du futur Président pour le climat. (…) Ce poste sera rattaché au Conseil national pour la sécurité.

Pour discuter plus à fond de ces nominations, nous entendrons deux invités : la professeure Barbara Ransby, historienne et militante dans le mouvement Black Lives Matter. Elle dirige les études Afro-Américaines, de genre, sur les femmes et l’histoire à l’Université de l’Illinois à Chicago. Et à Denver au Colorado, nous rejoignons David Sirota, un journaliste d’enquête fondateur du site web, The Daily Poster. Il a été conseiller de B. Sanders et son rédacteur de discours au cours de la dernière campagne électorale.

Bonjour à vous deux. Professeure Ransby, nous allons commencer avec vous. Vous avez vu la présentation hier à Wilmington. Toutes les personnes nommées sont montées sur scène avec le président élu et la future vice-présidente Kamala Harris. Tout le monde était masqué et se tenait à deux mètres de distance. Et après chaque prise de parole (au micro) quelqu’un venait nettoyer le podium. Mme Ransby, que pensez-vous des choix de J. Biden particulièrement pour la sécurité nationale et la politique étrangère ?

Barbara Ransby : (…) J’ai vu cette conférence de presse et je suis certainement heureuse de voir que les recommandations du CDC (Centre de contrôle des maladies) étaient respectées. Quant à l’essentiel des nominations, je pense que nous devrions nous en inquiéter. J’ai entendu Medea Benjamin (militante féministe co-fondatrice du mouvement Code Pink. N.d.t.) tout à l’heure sur vos ondes parler de WestExec Advisors dont font partie A. Blinken et A. Haines et souligner que certains.es éminants.es progressistes auraient pu être des choix (intéressants) comme Sara Nelson du syndicat des employés.es de service en vol. Elle est une ferme avocate pour les travailleurs.euses. Des personnes qui ont milité en solidarité internationale auraient sûrement pu être ambassadeur.rice aux Nations Unies. Donc c’est préoccupant.

Je pense qu’il s’agit d’une influence de certains.es démocrates centristes qui croient que la gauche est un facteur de division et qu’il faut rejoindre un maximum d’élus.es des deux Partis. (Il faut bien voir) que les progressistes de couleur ont fait élire J. Biden. Ce n’est sûrement pas son dossier de candidat ou son éloquence ou quoi que ce soit d’autre (qui l’a mené là où il est maintenant). Il faut donc prendre cela en considération. Nous avons besoin de gens compétents mais nous avons aussi besoin de gens capables de compassion, qui peuvent prendre en compte les plus vulnérables, qui sont capables de défendre la planète, qui comprennent clairement la suprématie blanche, la violence policière, la guerre et qui sont décidés à combattre (ces fléaux). Je ne vois pas cela dans ce groupe et ça m’inquiète.

Ce qui me préoccupe aussi c’est qu’ils soient présentés.es comme les premiers.ères du cabinet. Jake Sullivan (nommé conseiller en sécurité nationale) est le plus jeune. Avril Haines la première femme nommée à son poste (directrice du renseignement). Je ne veux pas nécessairement voir des gens qui me ressemblent. Je veux voir des gens qui vont faire une différence et qui seront redevables aux communautés que je soutiens, d’où je viens, dont des organisateurs.trices progressistes ont contribué à renforcer le pouvoir (de ces communautés). Nous avons vu de la diversité et c’est très bien. Je n’aurais pas voulu voir un cabinet composé exclusivement d’hommes blancs. Malheureusement c’est nettement insuffisant. C’est du déjà vu encore une fois. En tout respect, ça ressemble à un cabinet Obama 2.0. Nous avons déjà vu cela avec la nomination de Clarence Thomas à la Cour suprême et toute une longue liste de nominations de hauts.es fonctionnaires qui ne présentent qu’un changement cosmétique.

Nous vivons un ensemble de crises profondes, dérangeantes ; nous avons besoin de gens qui seront capables d’aplatir la courbe des griefs contre les multimillionnaires, de donner un peu de soulagement à la classe ouvrière. Et nous avons aussi besoin de personnes qui vont s’exprimer haut et fort contre le racisme et la résurgence du nationalisme blanc. Je ne crois pas que J. Biden aille dans ce sens ce qui veut dire que nous devons continuer à structurer un mouvement.

Juan González : Barbara Ransby, je voudrais vous entendre au sujet d’une personne dont on parle, qui n’a pas encore été nommée mais qui pourrait l’être et que vous connaissez bien à cause de son expérience à Chicago. Il s’agit de Rahm Emanuel, l’ancien maire de Chicago. On en parle beaucoup comme possible Secrétaire aux transports. Je me demande ce que vous en pensez et si vous trouvez que ce serait une erreur de la part du président élu. Depuis qu’il a quitté son poste de maire, il est retourné dans le monde des affaires à titre de conseiller de compagnies pour leurs projets de fusions et acquisitions.

B.R. : Je pense que vous connaissez déjà ma réponse. Les citoyens.nes de Chicago et le mouvement de Chicago seront dans les rues (pour protester) si R. Emanuel est nommé au cabinet. Il n’est pas question que de ses engagements avec des intérêts corporatifs mais du camouflage, l’inexcusable camouflage du meurtre de Laquan McDonald, un jeune noir tué par la police. Selon toutes les informations, R. Emanuel a participé au camouflage de ce meurtre : il a fait fermer toutes les écoles des quartiers de couleur, les centres de traitement des maladies mentales et a fait la sourde oreille aux questions et demandes des progressistes de la ville. Nous ne soutiendrions pas cela. Ce serait une claque en plein visage pas seulement à Chicago mais pour tout le pays.

Il y a un autre élu de Chicago qui serait une bien meilleure alternative, c’est le représentant à la Chambre Chuy Garcia. Il est issu de nos mouvements et détient un dossier explicitement progressiste. Son nom a aussi été évoqué pour ce poste de Secrétaire aux transports et ce serait sûrement bienvenu, plus que R. Emanuel.

A.G. : David Sirota, que pouvez-vous dire des choix annoncés ? Par exemple Alejandro Mayorkas qui sera le premier Latino au poste de Secrétaire du département de la sécurité intérieure. Il parle de sa famille en disant qu’elle a fui le communisme de Cuba pour venir ici. Et la professeure Ransby vient juste de parler d’Avril Haines et de l’envoyé spécial pour le climat, J. Kerry. C’est un nouveau poste créé par le président élu pour démontrer que cet enjeu sera au premier plan (de son action).

David Sirota : Tout ce groupe représente selon moi, un effort de restauration. L’idée étant que de mettre de l’avant des figures familières, des carriéristes de la politique à Washington, des familiers.ères de l’administration publique, va nous ramener à la période précédente, d’avant D. Trump, le retour du statu quo de Washington. Et, typiquement, ce sont des personnes qui ont des liens avec l’establishment, avec les entreprises, avec les pouvoirs corporatifs.

John Kerry en est un bon exemple. Ce n’est pas pour le pointer particulièrement du doigt , pour dire qu’il est spécialement mauvais, atroce, mais voilà un individu qui a déjà fait partie du gouvernement. Et quand il y était, il a soutenu les entreprises des énergies fossiles et leur développement, particulièrement la fracturation. Il a quitté pour occuper un poste de haut niveau à Bank of America, une des institutions qui a le plus financé cette industrie et son développement dans le monde entier. Et voilà qu’il revient au gouvernement comme premier choix de J. Biden sur la question climatique. Je ne veux pas dire qu’il sera terrible sur cet enjeu mais, c’est un exemple parmi d’autres, et nous devons comprendre d’où viennent ces personnages. Très tôt durant sa campagne J. Biden a déclaré qu’il cherchait le : « juste milieu » sur les enjeux climatiques et les politiques y afférant.

Je pense que si nous examinons ces nominations une par une, nous découvrirons que c’est une opération de restauration du bon vieux milieu de Washington. Sur le plan idéologique, ce sont des gens du « juste milieu ». Et ça me signale qu’il va être encore plus important pour les mouvements, les militants.es et la population partout au pays, d’exiger le genre de politiques que J. Biden, au moins dans son discours, a promis durant la campagne et (de lui faire savoir) que les personnes qu’il a nommées jusqu’ici ne sont pas celles qui pourront nécessairement répondre aux exigences (populaires) spontanément. Elles ne vont pas prendre ce nouveau chemin, celui qui n’apaise pas les intérêts des entreprises. Elles ne le feront pas d’elles-mêmes sinon sous les pressions. Ce sera la clé.

J.G. : David, vous avez été l’auteur des discours de B. Sanders. Il est clair qu’avec E. Warren il représente jusqu’à un certain point l’aile la plus progressiste du Parti démocrate. Il se peut encore qu’il soit nommé au Secrétariat au travail mais il est aussi clair en ce moment qu’E. Warren n’aura pas de position importante dans la future administration. Qu’elle est votre idée sur leurs capacités d’influence ? Et quel argument J. Biden est-il en train de concocter pour son choix éventuel, soit celui qui sera le mieux reçu au Sénat au moment des confirmations ? Est-ce que ça pourrait être un.e républicain.e ? Ce serait très clivant.

D.S. : Je pense que nous devons nous rappeler que les élus.es peuvent devenir des centres de pouvoir. Rappelons-nous que dans le passé, dans ce pays, on donnait le nom de « géants du Sénat » à certains de ses membres. Je pense que des gens comme B. Sanders et E. Warren font partie de cette désignation, au moins en partie dans le sens où ils sont très bien reconnus par la population. Les deux sont accompagnés par un grand mouvement de masse, une très large base qui les soutient. Ils peuvent très bien utiliser ce pouvoir au Sénat pour soutenir ou piloter des projets de loi et des nominations.

Si on s’arrête aux seules nominations au Cabinet, on peut penser que les progressistes du Sénat pourraient constituer un bloc votant. Et donc, si les Républicains.es s’opposent aux nominations, le bloc progressiste pourrait faire la différence pour la confirmation ou le rejet. Ces Sénateurs.trices progressistes ont donc la possibilité d’exiger la nomination de progressistes au cabinet. Nous avons déjà été témoins de ce genre de geste à un moment donné du deuxième mandat de B. Obama. E. Warren s’est opposée à diverses nominations prévues par le Président à cause de leur trop grande proximité avec Wall Street. Elle a réussi ! Ces candidats.es n’ont pas été confirmé.es.

Un tout récent sondage de Demand Progress, rapporté par The Daily Poster, montre que 68% des Américains.es veulent que le Sénat vote contre les nominations que J, Biden proposerait si ces personnes étaient des dirigeants.es d’entreprises ou des lobbyistes de haut niveau.

Donc, ces progressistes, B. Sanders et E. Warren et d’autres au Sénat, possèdent un sérieux pouvoir de mobilisation. Mais comme toujours, la question reste à savoir s’ils l’utiliseront. Je ne veux pas les pointer particulièrement. Je crois que B. Sanders et E. Warren l’ont utilisé à diverses occasions, mais est-ce que les progressistes du Congrès le feront ? La question reste posée.

A.G. : Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Rashida Tlaib…celles qu’on appelle « l’escouade » ont été les premières au Congrès à signer une pétition lancée par « Justices Democrats » contre la possible nomination par J. Biden de son ancien chef de cabinet, Bruce Reed au poste de responsable de l’Office of management and Budget. Il est considéré être un dur de dur envers les déficits et il a soutenu des coupes à la Sécurité sociale et à Medicare. (Il n’a pas été nommé. N.d.t.) La pétition demande que le personnel de cet Office soit « capable de donner la priorité aux travailleurs.euses non aux bonhommes sept heure des déficits à Wall Street ». Professeure Ransby, en plein milieu de la récession que génère la pandémie (et va la suivre), est-ce qu’il est possible de reconstruire en mieux avec les apôtres des politiques d’austérité amis.es de Wall Street ? Et que penser de ces membres du Congrès qui parlent haut et fort, prennent position et tracent une ligne rouge à propos de B. Reed ?


B.R. : Je pense que ces élues font un pas rafraichissant et bienvenu. Rashida Tlaib est quelqu’un qui ne fait guère de compromis quand elle parle ; donc ce n’est pas surprenant qu’elle ait signé cette pétition qui s’oppose à B. Reed. Il faut porter une attention très sérieuse à ceux et celles à qui on donne des postes de pouvoir économiques. Mais rien de surprenant ici, il faut donc rester vigilants.es. Des gens comme Darrick Hamilton (Directeur du Kirwan Inst. for Study of Race and Ethnicity à l’Université de l’Ohio) et Stéphanie Kelton ( Prof.d’économie et de politique publique à l’Université de New York, participe au Comité du budget du Sénat et a été conseillère économique de B. Sanders) qui ont des idées audacieuses, serviraient vraiment les intérêts économiques de la majorité de la population, des pauvres et des travailleurs.euses plutôt que ceux et celles qui ont été consultants.es pour des entreprises, qui ont été payés.es par des entreprises, des institutions financières et Wall Street etc. De toute évidence il faut s’opposer à la nomination de B. Reed.

Mais il y a plus encore. Je veux revenir à quelque chose que D. Sirota a mentionné tout à l’heure, soit l’importance pour les mouvements de continuer à organiser (les populations). Nous avons tous et toutes été si obsédés.es par cette élection, nous avons tellement eu peur que ce maniaque, aspirant dictateur, garde le pouvoir pour un autre quatre ans, que je crains que nous perdions maintenant de vue l’importance des pressions venant de la rue. Il y avait pratiquement dix millions de personnes dans les rues après le meurtre de G. Floyd. Et ce n’était pas qu’à propos de G. Floyd, c’était à propos de tous les G. Floyd qui se débattent dans une économie qui ne fonctionne pas dans leur intérêt, qui se battent pour joindre les deux bouts, qui ont toutes les difficultés du monde à se défendre devant le harcèlement policier dans les rues, en partie à cause de leur race et aussi de leurs faiblesses de classe.

Nous devons donc nous battre pour que les gens en position de pouvoir répondent à nos revendications mais nous devons aussi nous organiser pour que ces revendications soient les plus entendues possibles, aussi persistantes que possible. Vous savez sans doute que le groupe The Frontline qui est une coalition pour défaire D. Trump, appelle à une journée d’action le jour de l’assermentation à Washington pour faire cela exactement, faire pression en faveur d’un programme progressiste. Il faut que nous soutenions de tels mouvements. Nous pouvons sans doute obtenir que J. Biden nomme des personnes plus intéressantes à son cabinet et c’est important. Je suis d’accord pour qu’il y ait plus d’ouvertures en ce sens mais il ne faut pas négliger l’importance de la construction d’un mouvement durant cette période et ne pas oublier les politiques néolibérales de J. Biden. Il a soutenu la guerre en Irak, la loi sur le crime et ce genre de choses qui nous ont menés où nous sommes maintenant. Les organisateurs.trices de mouvements ont donc beaucoup de pain sur la planche. Nous intéresser aux nominations en fait partie seulement parmi beaucoup d’autres enjeux.

J.G. : David Sirota : que pensez-vous des rumeurs qui veulent que Preet Bharara, ancien procureur fédéral du district sud de New York après avoir été membre du personnel de Chuck Shumer (leader de minorité démocrate au Sénat), soit peut-être nommé Procureur général au Département de la justice ? Ou encore à la Securities and exchange Commission ? Vous en pensez quoi ?

D.S. : Preet Bharara a une réputation de dur contre le crime parce qu’il a poursuivi des personnes pour des délits d’initiés. Il a investigué une partie de l’administration du Gouverneur Cuomo à New York. Mais il faut se rappeler l’essentiel à son sujet. Il a été à la tête du plus puissant bureau de procureurs des États-Unis durant la récession financière (de 1980) : le District sud de New York. À ce moment-là, les membres des conseils d’administration des plus grandes banques reliées à la crise n’ont jamais été poursuivis. L’idée que quelqu’un qui a joué un rôle actif pour que les directeurs.trices de Wall Street ne soient pas poursuivis.es, soit nommé directeur à la tête du Département de la justice serait une véritable abomination. Ce serait donner une promotion à l’idée de l’absence de responsabilité.

Je voudrais souligner une dernière chose autour de ces questions : ce qui se déploie sous nos yeux, de toutes sortes de manières, c’est aussi un effort pour prétendre que les crises antérieures qui sont encore parmi nous, telle la guerre en Irak, la crise financière et d’autres, n’ont pas existé. Donc, si c’est le cas, cela veut dire que les personnes qui ont contribué à nous y mener, ne seront jamais tenus.es pour responsables. Ni leurs carrières, ni leurs emplois (n’en seront troublés) ; ils ont pu et pourront toujours gravir les échelons. Une éventuelle nomination de P. Bharara au poste de Procureur général implique de savoir si Wall Street ne sera jamais tenu pour responsable pour que ce soit la crise financière du passé ou pour les prochaines. C’est très, très troublant.

A.G. : David Sirota (…) merci beaucoup. Mme Ransky (…) merci à vous aussi.

David Sirota

Membre de « Campaign for America’s Future », Auteur de « Hostile Takeover », 2006 et « The Uprising », 2008. Son blog :OpenLeft.com Il est reconnu comme un des leaders de la gauche américaine.

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