Comment arrêter d’être à la défensive et passer en mode gagner des victoires et conserver les acquis ?
Les groupes communautaires à boutte d’un financement inadéquat et peu stable ont décidé que assez c’est assez de pas payer et de pelleter les coupures en santé et en éducation dans leur cour. Une campagne de mobilisation est en cours. Du 23 mars au 2 avril, le communautaire fait actions, grèves, coupures de certains services. Le tout culmine le 2 avril par une manif nationale à Québec. Les gens s’organisent, se mobilisent d’abord à partir des groupes locaux dans des cellules de travail au lieu de passer comme avant par les regroupements provinciaux. Une autre approche, une autre façon de travailler mais l’unité est là et le bouillonnement risque cette fois de ne pas passer inaperçu.
Les groupes de femmes sont associées à cette semaine d’actions. Plusieurs vont tenter d’organiser des actions féministes.
Mais le 8 mars s’organise à part, à côté de toute cette préparation parce que le 8 mars c’est aussi la participation des centrales syndicales.
Le 8 mars : Générations debout
Le 8 mars 2026 a comme thème « Générations debout ». En mémoire de « Québécoises debout » slogan des années 70. Il souligne aussi la présence de plusieurs générations de femmes dans la mouvance féministe que ce soit dans le mouvement syndical, étudiant ou communautaire.
Cette présence est exigeante. Plusieurs groupes de femmes connaissent des remises en question, des questionnements sinon des affrontements montrant les clivages générationnels. Les femmes de différentes époques issues de différents milieux militants ont vécu différemment les questionnements féministes que ce soit l’égalité au travail, le harcèlement sexuel ou les violences conjugales-domestiques. Elles ont des expérience différentes, analysent les situations différemment.
Comment concilier tout cela. C’est ce que le thème de cette année pose comme défi. Il est essentiel de travailler toutes ensembles dans le contexte d’extrême droitisation actuel.
Le projet de loi 1
Autre mobilisation importante : les revendications contre le Projet de Loi 1.Le mouvement des femmes a obtenu du gouvernement Legault de retirer la clause sur l’avortement contenu dans le projet de loi. C’est une victoire. Il fallait éviter d’ouvrir une porte à des mesures de restrictions de l’accès à l’avortement en l’instituant dans la constitution.
Mais d’autres points demeurent critiques pour le communautaire et qui touche l’autonomie des groupes qui, si financés par l’État, ne pourraient plus prendre position contre certaines lois. Le gouvernement refuse de reconnaître avoir fait sa constitution derrière une porte close, refuse de partager ces réflexions et veut l’imposer comme un projet de loi ordinaire alors qu’un projet de constitution partout dans le monde se fait avec le peuple. La démocratie en prend un coup.
Conclusion
La situation est à la fois mobilisante : 8 mars et grève du communautaire mais est à la fois bien fragile.
Le gouvernement Legault semble bien décidé à poursuivre ses attaques tout azimut contre les droits. Comment le faire reculer ? Sur l’avortement les groupes féministes ont réussi mais sur l’ensemble du Projet de Loi 1 tout demeure encore en place malgré plusieurs oppositions de la société civile (Ligue de droits et liberté, Barreau du Québec etc.). C’est là que la mobilisation prend de l’importance. La grève du communautaire surtout si elle est très suivie (plus de 3000 groupes à travers le Québec) devraient avoir son impact. Déjà que cela a fait la une du Devoir. La participation à la fois des groupes et des personnes utilisatrices des services de ces groupes devra être développer. C’est la société au complet qui doit reconnaître tout le travail fait par l’implication communautaire et citoyenne.
La grève dans le communautaire est en fait une grève féministe. Les intervenantes de ce secteur sont majoritairement des femmes. C’est comme les grèves dans le secteur public. Mais ça n’apparaît pas comme ça au premier abord. Au 8 mars, on parlera donc de grève du communautaire pas de grève féministe.
Il faudra donc continuer à développer des solidarités, à consolider les liens entre les groupes et à obtenir le soutien des centrales syndicales.
Chloé Matte Gagné
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