23 février 2026 | tiré de Rabble.ca
https://rabble.ca/politics/canadian-politics/avi-lewis-answers-rabbles-ndp-leadership-questionnaire/
Veuillez indiquer à nos lecteurs trois politiques que vous défendriez en tant que chef du NPD.
En tant que chef du NPD, je défendrai la création d’options publiquesdans tous les secteurs de notre économie où le marché est défaillant. Alors qu’un Canadien sur quatre vit dans un foyer en situation d’insécurité alimentaire et que le recours aux banques alimentaires explose, Galen Weston, propriétaire de Loblaws, vaut 18 milliards de dollars. Il s’agit là d’un échec classique du marché, qui montre qui profite et qui souffre de notre économie actuelle, où chaque secteur est dominé par une poignée d’entreprises qui s’entendent entre elles. C’est pourquoi notre campagne propose une option publique pour les téléphones cellulaires, Internet, les services bancaires postaux et les produits alimentaires. Imaginez Costco géré comme un service public : un réseau public de 50 épiceries à travers le pays offrirait des prix alimentaires 30 à 45 % moins chers et coûterait 300 millions de dollars par an à gérer. Cela ne représente que la moitié d’un pour cent du budget de la défense.
Deuxièmement, nous nous engageons en faveur d’un Green New Dealvisant à créer plus d’un million d’emplois syndiqués bien rémunérés dans tout le pays en investissant 2 % du PIB canadien dans la lutte contre l’urgence climatique, créant ainsi des décennies d’emploi pour les travailleurs du commerce, les aides-soignants, les travailleurs des transports, les jeunes, les scientifiques, les travailleurs du secteur des énergies fossiles, etc. Ce travail sera soutenu par une nouvelle génération d’entreprises publiques vertes telles que les services publics de quartier, les fabricants et installateurs de pompes à chaleur, l’économie des soins (les soins sont une activité à faible émission de carbone !), les usines de bus électriques, etc.
Troisièmement, un plafonnement national des loyers qui redonnera le pouvoir aux locataires et mettra fin aux hausses de loyer excessives. Ce plafonnement signifiera que les loyers ne pourront pas être augmentés au-delà du taux d’inflation dans chaque province ou territoire, y compris pour les logements vacants, de sorte que les propriétaires ne pourront pas augmenter les loyers entre deux locataires. Le gouvernement fédéral peut y parvenir en mettant en œuvre une législation de soutien qui renforce les contrôles provinciaux et territoriaux des loyers.
Quelles initiatives législatives du gouvernement Carney modifieriez-vous, si vous le pouviez, et de quelle manière ?
Tout d’abord, j’abrogerais les dispositions relatives aux grands projets du projet de loi C-5. Ce projet de loi permet au gouvernement fédéral d’approuver des projets, y compris des infrastructures liées aux combustibles fossiles, sans passer par des consultations et des évaluations environnementales. C’est le genre de projet de loi qui ferait rougir Stephen Harper, car il ignore les droits des Autochtones et méprise de manière flagrante le fait que nous sommes en situation d’urgence climatique. Nous avons besoin de lignes électriques, pas de pipelines, surtout s’ils sont mis en place à la hâte malgré les objections des communautés qui tentent de protéger notre air, notre eau et nos terres.
De plus, le projet de loi C-12 porte atteinte aux droits fondamentaux des migrants, des réfugiés et de tous les citoyens canadiens. Plutôt que de nous protéger, ce projet de loi crée une machine à expulser qui nous rapproche toujours plus des horreurs qui se produisent aux États-Unis. Cette loi ouvre la voie à une nouvelle vague de violations des droits humains et déchire le tissu social des communautés. Nous devrions abandonner cette loi et suivre l’exemple de l’Espagne, qui accorde un statut légalà un demi-million de travailleurs migrants.
Enfin, je suis profondément préoccupé par les dispositions du projet de loi C-9 qui restreignent notre droit constitutionnel de manifester pacifiquement. Le projet de loi C-9 est une atteinte à nos libertés civiles et à nos droits garantis par la Charte. Il vise à limiter la liberté d’expression et la capacité des gens à s’organiser et à s’exprimer pour la justice, y compris et en particulier ceux qui s’organisent pour la justice en Palestine. Je soutiens la coalition multiconfessionnelle d’organisations à l’échelle nationale, qui comprend denombreux groupes de la société civile et le Congrès du travail du Canada, qui demandent au gouvernement fédéral de retirer cette dangereuse législation.
Comment lutteriez-vous contre le séparatisme au Québec et en Alberta ?
L’attisement du séparatisme en Alberta par Danielle Smith, qui a ouvert la voie à la tenue d’un référendum, est une évolution dangereuse. Cette cause semble être alimentée par l’ingérence étrangère américaine, les responsables de l’administration Trump ayant rencontré les principaux séparatistes. Nous devons rejeter fermement ces efforts et faire tout notre possible pour aider Naheed Nenshi à remporter les prochaines élections provinciales. Lors de ma rencontre avec M. Nenshi, j’ai souligné que je ferais tout mon possible pour y parvenir et je l’ai remercié pour son travail constant et celui du NPD de l’Alberta dans leur opposition au gouvernement le plus à droite de ce pays.
En plus d’être dangereux, cela détourne l’attention du programme de coupes budgétaires et de privatisation de Danielle Smith. Le gouvernement de l’UCP a récemment adopté le projet de loi 11, qui prévoit la mise en place d’un système de santé à deux vitesses à l’américaine en Alberta. Il s’agit d’une invitation ouverte aux compagnies d’assurance maladie américaines à venir cannibaliser notre précieux système de santé public. Nous ne devons pas laisser cela se produire. C’est pourquoi le gouvernement fédéral doit commencer à appliquer rigoureusement la Loi canadienne sur la santé, afin de mettre fin à cette vente de l’assurance maladie.
En ce qui concerne le séparatisme québécois, la clé pour y remédier, selon le NPD, est de démontrer que nous sommes une option viable pour la majorité progressiste du Québec. Cela implique d’avoir un leader qui soit non seulement capable de communiquer avec les Québécois en français, mais aussi un leader qui comprenne la culture et la politique uniques du Québec. Cela signifie défendre la Déclaration de Sherbrooke et établir des liens avec les Québécois sur la base de valeurs et d’idées sociales-démocrates communes. Je suis fier de bénéficier du soutien de Charles Taylor, qui a maintenu la flamme du NPD au Québec pendant des décennies avant la vague orange. La tâche de renouer avec le Québec serait fondamentale si j’avais l’honneur d’occuper le poste de chef.
Quelles seraient vos conditions pour soutenir un gouvernement libéral minoritaire ?
Si le NPD détient un équilibre clair du pouvoir sous ma direction, je voudrais n’avoir qu’une seule exigence : la représentation proportionnelle. Pas un engagement à l’étudier plus avant, à le faire plus tard, à organiser un référendum ou tout autre moyen pour les libéraux de se dérober à leur engagement, mais sa mise en œuvre complète après une assemblée citoyenne chargée de décider du type exact de système électoral. C’est la réforme qui déclenche toutes les autres réformes et qui mettra fin une fois pour toutes au phénomène du « vote stratégique », où les gens se sentent obligés de voter contre quelque chose plutôt que de voter pour le parti ou le candidat qui correspond vraiment à leurs valeurs.
Elle est également essentielle pour éviter les fausses majorités, où un parti qui remporte 36 % des voix exerce un pouvoir presque absolu. Que se passera-t-il si Poilievre remporte les prochaines élections dans un tel scénario ? Tous les progrès réalisés par le NPD au cours de la dernière législature, des soins dentaires aux premières étapes de l’assurance-médicaments, seront remis en question. C’est pourquoi la réforme électorale est si importante. Plutôt que de présenter une liste de revendications, le NPD devrait poser une condition claire la prochaine fois, à savoir la représentation proportionnelle.
Si vous étiez responsable des relations entre le Canada et les États-Unis, quelle serait votre stratégie pour traiter avec l’administration Trump ?
Nous avons besoin d’une politique étrangère indépendante qui vise à établir des alliances avec un ensemble de pays partageant les mêmes idées. L’union fait la force, et nous devrions donner la priorité à l’approfondissement des liens avec les gouvernements progressistes, notamment le Mexique, le Brésil, la Colombie et l’Espagne, afin de nous opposer collectivement à Trump. Tous ces pays n’ont pas hésité à tracer leur propre voie sur la scène internationale, notamment en condamnant le génocide en Palestine et en s’opposant à l’intimidation des petites nations de l’hémisphère occidental par l’administration Trump. Le gouvernement Carney est resté silencieux sur ces questions, et le NPD doit être une voix de principe pour les droits de l’homme et la justice, sans exception. En outre, nous ne devrions pas chercher à approfondir l’intégration militaire avec les États-Unis, comme le système de défense antimissile « Golden Dome », que le premier ministre Carney continue d’envisager.
Outre une politique étrangère indépendante, nous devons également bâtir une économie nationale indépendante et résiliente, capable de résister aux chocs des droits de douane imposés par Trump. Notre économie est devenue beaucoup trop interdépendante et dépendante de notre voisin du sud. C’est pourquoi nous proposons un plan visant à étendre la propriété publique, en créant de nouvelles sociétés d’État canadiennes afin de fournir des services abordables, allant des produits alimentaires aux télécommunications en passant par les services bancaires postaux. Enfin, nous devons riposter aux droits de douane en imposant une taxe sur les exportations de pétrole et de gaz vers les États-Unis, ce qui contribuera également à financer la création d’emplois durables et la transition vers les énergies propres dont nous avons désespérément besoin.
Quelles mesures prendriez-vous pour réduire les inégalités économiques croissantes au Canada ?
Notre campagne propose un plan fiscal complet pour les 99 % afin de lutter contre les inégalités et de collecter les fonds nécessaires pour financer correctement nos services publics. Les inégalités dans ce pays ont atteint des niveaux inimaginables. Les 1 % les plus riches possèdent près d’un quart de la richesse nette du Canada. Parallèlement, les six plus grandes banques ont engrangé 70 milliards de dollars de bénéfices l’année dernière. Des sources de richesse sont générées, mais elles ne profitent pas aux travailleurs, elles restent concentrées au sommet. Nous avons besoin d’un gouvernement qui ait le courage et la volonté politique de s’attaquer enfin à ce problème.
C’est exactement ce que propose notre plan. Son élément central est un impôt sur la fortune de 1 % pour les 1 % les plus riches, qui passe à 3 % pour les plus grandes fortunes. Une telle taxe n’aurait d’impact que sur un petit nombre de personnes, mais elle pourrait générer 40 milliards de dollars par an de nouvelles recettes. En outre, nous demandons que les revenus provenant des gains en capital soient traités de la même manière que les revenus d’emploi, qu’une taxe soit prélevée sur les successions supérieures à 5 millions de dollars, qu’une nouvelle tranche d’imposition soit créée pour les Canadiens les plus riches, qu’une taxe soit prélevée sur les bénéfices excédentaires des entreprises et que l’ARC dispose des ressources nécessaires pour lutter contre la fraude fiscale.
En matière de soutien au revenu, nous sortirions les gens de la pauvreté en augmentant considérablement le soutien au revenu pour les personnes handicapées (en portant la Prestation canadienne pour personnes handicapées à 2 150 dollars par mois), les personnes âgées, les familles avec enfants et les adultes à faible revenu. Nous créerions également un cadre national pour un revenu de base garanti, comme le propose Leah Gazan dans le projet de loi C-223, afin d’établir un seuil social en dessous duquel personne ne peut tomber.
Quelles mesures sont nécessaires pour autonomiser les communautés autochtones au Canada et assurer leur prospérité ?
L’autonomisation et le soutien des communautés autochtones sont présents à plusieurs niveaux dans notre programme électoral, depuis notre vision d’une révolution des bus électriques qui reconnecte les communautés et améliore la sécurité sur toutes les routes de l’espoir de ce pays, jusqu’à l’investissement dans l’économie des soins, y compris les services de garde d’enfants et de soins aux personnes âgées adaptés à la culture, en passant par la garantie que les communautés autochtones touchées bénéficient de la richesse générée par l’exploitation minière sur les territoires traditionnels.
En ce qui concerne le développement des terres autochtones, le principe du consentement libre, préalable et éclairé énoncé dans la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones doit être pleinement respecté et honoré. Cela nécessite une consultation véritable et significative en partenariat et en collaboration avec les gouvernements des Premières Nations, des Métis et des Inuits, y compris avec les systèmes et structures de gouvernance traditionnels. Une consultation significative implique de veiller à ce que toutes les voix communautaires qui souhaitent participer soient incluses dans le processus officiel des projets, mais aussi que les communautés puissent maintenir un dialogue avec le gouvernement fédéral si de nouvelles questions se posent pendant le développement et l’exploitation des projets.
Un autre élément absolument crucial est l’adoption d’une stratégie de logement « pour les Autochtones, par les Autochtones ». La crise du logement qui touche les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis est une urgence nationale. Près d’un Autochtone sur six vit dans un logement nécessitant des réparations importantes et considéré comme inadapté au nombre de personnes qui y vivent. Il s’agit d’une violation des droits humains fondamentaux, qui a des conséquences désastreuses sur la santé et le bien-être des personnes. Cette stratégie permettrait de combler le fossé entre les communautés autochtones et non autochtones en matière de logement, grâce à des investissements massifs dans des projets de logement urbains, ruraux et nordiques, en collaboration avec les dirigeants autochtones.
Enfin, je tiens à saluer le plan de Tanille Johnston pour la réconciliation et l’autonomisation des Autochtones, un document remarquable que je soutiens pleinement.
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