Le Cabinet de sécurité israélien a pris, le 8 février 2026, une série de décisions qui soustraient des portions importantes du Territoire de la Cisjordanie à l’Autorité palestinienne. Rappelons que les Accords d’Oslo de 1993 divisaient la Cisjordanie en trois zones (A, sous contrôle
palestinien ; B, sous contrôle sécuritaire israélien et administratif palestinien et C, sous contrôle exclusif israélien ; la zone C représentant 60 % du territoire). Au nombre des mesures adoptées : l’autorisation pour les Israélien·nes d’acheter des terres en Cisjordanie sans avoir à demander un permis de transaction à l’Autorité palestinienne, l’extension du pouvoir décisionnel israélien dans les zones A et B, ce qui pourrait accélérer la destruction de maisons palestiniennes, et la prise de contrôle israélienne du Caveau des patriarches à Hébron et du Tombeau de Rachel à Bethléem.
Le 15 février 2026, le gouvernement israélien a aussi approuvé une proposition visant à enregistrer de vastes zones de la Cisjordanie occupée comme « propriété de l’État », une première depuis le début de l’occupation du territoire en 1967.
De plus, le parlement israélien étudie actuellement un projet de loi visant à transférer la gestion des sites archéologiques de Cisjordanie au ministère israélien du Patrimoine.
Tout ceci s’ajoute à l’expulsion de 694 Palestinien·nes de leur domicile pour le seul mois de janvier 2026 et aux attaques incessantes des colons qui empêchent les Palestinien·nes de cultiver leurs terres et tuent plusieurs d’entre eux.
Ces mesures rendent possible l’annexion pure et simple de la Cisjordanie, comme s’en sont vantés le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et le ministre de la Défense, Israël Katz. Une telle politique est contraire à la Charte de l’ONU (qui interdit l’acquisition de territoires par la force), aux conventions de Genève (qui interdisent le transfert de population d’une
puissance occupante dans le territoire occupé), aux résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU, de même qu’à l’avis de la Cour internationale de justice de juillet 2024 qui déclarait illégales l’occupation et la colonisation israéliennes des Territoires palestiniens conquis en 1967.
La Coalition du Québec URGENCE Palestine demande au gouvernement canadien, qui a reconnu l’État palestinien, d’adopter immédiatement des sanctions à l’encontre d’Israël, dont la révocation de l’Accord de libre-échange Canada-Israël. Elle demande aussi au gouvernement québécois de fermer son bureau à Tel Aviv. Le Canada et le Québec doivent marquer fermement leur désaccord avec la volonté clairement exprimée de l’État d’Israël de s’emparer de l’ensemble du territoire de Palestine et ainsi s’associer aux divers pays qui accentuent leurs pressions politiques et économiques sur Israël afin d’exiger le respect du droit international et du droit à l’autodétermination du peuple palestinien.
*Citations :*
« Il est important que le Canada concrétise son engagement en faveur d’un État palestinien et agisse immédiatement pour empêcher Israël de procéder à l’annexion de la Cisjordanie, après avoir rasé Gaza ».
– Diane Lamoureux, Coalition du Québec URGENCE Palestine
« Par son inaction, le Canada est complice non seulement du génocide à
Gaza, qui est toujours en cours, mais aussi de la dépossession violente du
peuple palestinien en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qui s’est grandement
accélérée depuis octobre 2023 ».– Raymond Legault, Coalition du Québec URGENCE Palestine
*La Coalition du Québec URGENCE Palestine*, constituée en février 2024, compte 54 organismes membres (groupes de défense des droits, syndicaux, citoyens et communautaires), représentant des centaines de milliers de Québécois·es. La Coalition vise à rendre visible l’indignation de la société civile québécoise devant le génocide à Gaza et à rassembler les organisations qui réclament la fin de l’occupation en Palestine, de la
dépossession et de l’extermination des Palestinien·nes.
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