Édition du 21 septembre 2021

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Négociations du secteur public

Négociation - Tel un « sit-in », les professionnelles en soins s'installent au ministère de la Santé et des Services sociaux (FIQ)

QUÉBEC, le 22 nov. 2020 - Manifestant leur ras-le-bol face au gouvernement qui tarde à conclure positivement la négociation de leurs conditions de travail, les professionnelles en soins de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ et de la FIQ | Secteur privé s’installent à l’extérieur des bureaux du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Placardant l’édifice de différents messages, elles se sont établies à l’extérieur et pourraient y passer quelques heures par jour pendant plusieurs jours si c’est nécessaire. « À l’image des « sit-in » que les professionnelles en soins doivent régulièrement faire pour se faire entendre de leurs gestionnaires, nous prenons place ici pour dire au gouvernement qu’il doit obligatoirement donner des incitatifs afin que les professionnelles en soins aient envie d’occuper un poste à temps complet.

Visiblement, il n’a pas compris les raisons pour lesquelles les professionnelles en soins choisissent en grand nombre de travailler à temps partiel. Si des avancées ont été réalisées sur les ratios professionnelles en soins / patient-e-s, notamment en CHSLD, et sur le nombre de postes à temps complet, il sera impossible de voir le réseau s’améliorer si de réelles mesures pour rendre le temps complet attrayant ne sont pas au rendez-vous. Ces trois enjeux importants sont intimement liés les uns aux autres et doivent être considérés comme indissociables. Les professionnelles en soins demandent d’être respectées, valorisées et reconnues pour leur travail. Le temps presse et le gouvernement doit conclure une entente avec nous, car il risque d’y avoir de grands dérangements à la grandeur du Québec », de dire Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

L’autre pandémie : celle de « l’écœurantite aiguë »

Cette nouvelle démonstration de mobilisation des professionnelles en soins met également la table à la nouvelle campagne de publicité de la FIQ qui commencera à la radio demain, le 23 novembre à travers tout le Québec et qui illustrera l’exaspération des infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques. « Au moment où la pandémie de la COVID-19 frappe le Québec depuis des mois, une autre pandémie décime les professionnelles en soins, celle de « l’écœurantite aiguë ». Si cette dernière n’est pas récente, les conséquences sont de plus en plus graves et désastreuses tant pour elles que pour leurs patient-e-s. Devant leurs droits qui sont constamment bafoués, cette exaspération gagne de plus en plus de terrain au sein des membres que l’on représente. Le gouvernement a le devoir d’y remédier en leur donnant des conditions de travail dignes du travail exceptionnel qu’elles accomplissent », d’expliquer Roberto Bomba, trésorier et co-responsable de la négociation.

L’enjeu du temps complet

Pour la Fédération, ce débarquement devant les bureaux du MSSS est inévitable devant la sourde oreille du gouvernement face à l’enjeu de rendre les postes à temps complet plus attrayants. Comment attirer une relève et avoir plus de professionnelles qui désirent occuper un poste à temps complet ? Ce n’est clairement pas en les obligeant à travailler à temps complet que le gouvernement y arrivera. « Il faut au préalable leur garantir un poste sur une équipe de travail stable et complète, tant sur le quart de travail que sur le centre d’activités, avec un ratio de patient-e-s adéquat, qu’elles puissent connaître leur horaire à l’avance, bénéficier de congés et d’un revenu bonifié, et évidemment qu’elles ne soient plus prises en otage par le TSO. Voilà à nouveau le message que les infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques veulent répéter au gouvernement dans le cadre de ce sit-in symbolique. Il a le devoir de les entendre et de remédier à la situation », de poursuivre Jérôme Rousseau, vice-président et co-responsable de la négociation.

Depuis plus d’un an, la Fédération présente ses solutions au gouvernement et lui explique que ça prend des changements concrets. « On a continué de le faire en pleine pandémie parce qu’il est évident que le système de santé est à l’agonie et que les patient-e-s et les professionnelles en soins méritent mieux, beaucoup mieux ! Après tant de mois vraiment éprouvants, c’est le temps de régler. Le réseau de la santé est à ce point fragilisé qu’on ne peut plus attendre », de conclure Mme Bédard.

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