Édition du 7 avril 2020

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Services publics

Privatisation envisagée de Postes Canada : moins de services pour le même tarif (IRIS)

MONTRÉAL, 16 avril 2014 - Si Postes Canada était privatisé comme certains le suggèrent, les Canadien-nes ne bénéficieraient pas d’une baisse de prix, mais obtiendraient plutôt de moins bons services. C’est ce que montre une note de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) publiée aujourd’hui. Le document propose également des alternatives à cette privatisation.

« Voilà plusieurs années que divers pays européens se sont lancés dans une privatisation ou une libéralisation de leurs services postaux. Nous pouvons ainsi nous baser sur ce qui s’est passé là-bas pour comprendre ce qui pourrait arriver ici si nous suivons l’une de ces voies. La première chose que l’on constate dans le marché des postes européen, c’est que ce qui importe pour les consommateurs et consommatrices n’a pas beaucoup changé : ils continuent d’utiliser à plus de 90% les services des entreprises qui formaient les anciens monopoles et ils n’ont pas connu d’importantes variations du prix du timbre, ni à la hausse ni à la baisse. » constate Simon Tremblay-Pepin, co-auteur de la note.

La note se penche sur les autres avantages et inconvénients d’une arrivée de la concurrence.

« L’avantage le plus important, c’est le prix du gros. Les entreprises ou organisations qui font beaucoup d’envois pourraient obtenir des réductions de prix. En contrepartie, la majorité des Canadien-nes verront réduire le nombre de bureaux de poste et de boîtes postales. De plus, il est également fort probable, à la lumière des expériences européennes, que le gouvernement doive se résoudre à subventionner les services postaux privés s’il souhaite qu’ils soient universels. Au final, de notre point de vue, les inconvénients dépassent les maigres avantages d’une privatisation. », souligne Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l’IRIS.

« Des options autres que la diminution actuelle des services ou la privatisation doivent être envisagées. Nos collègues du Centre canadien de politiques alternatives ont mis de l’avant une idée de service bancaire postal qui ne manque pas d’intérêt, bien qu’elle présente des défis de mise en place au Québec. Postes Canada pourrait envisager l’augmentation de ses revenus plutôt que tenter de réduire ses dépenses, par exemple en exploitant mieux la hausse du nombre d’envois de colis ou en trouvant de nouvelles utilisations pour son service quotidien de livraison à domicile. » conclut Simon Tremblay-Pepin.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) a participé au financement de cette note socio-économique. Faut-il privatiser Postes Canada ? est disponible gratuitement sur : www.iris-recherche.qc.ca.

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