Édition du 31 mars 2020

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Planète

Rapport 2019 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions

Résumé analytique

Nous publions des extraits du rappors de l’ONU (programme pour l’environnement) qui évalue l’écart entre les besoins et les perspectives en matières de réduction des émissions. La principale conclusion c’est que ce sont les pays du G-20 qui se traînent les pieds tant dans l’établissement des cibles que dans la mise en oeuvre des moyens qui permettraient de les atteindre.

1. Les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter malgré les avertissements de la communauté scientifique et les engagements des gouvernements.

Les émissions de GES ont augmenté de 1,5 % par an au cours de la dernière décennie et n’ont connu qu’une brève stabilisation entre 2014 et 2016.

Les émissions de CO2 issues des combustibles fossiles et provenant de la consommation énergétique et de l’industrie, qui représentent la majeure partie du total des émissions de GES, ont augmenté de 2 % en 2018, atteignant le niveau record de 37,5 Gt-CO2 par an.

2. Les membres du G20 représentent 78 % des émissions mondiales de GES. Collectivement, ils sont en passe de tenir les engagements limités pris à Cancún pour 2020. En revanche, sept pays ne sont pas sur la bonne voie pour réaliser leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) d’ici à 2030, et il est impossible de se prononcer pour trois d’entre eux.

Toutefois, selon les prévisions actuelles, plusieurs pays membres du G20 [1] (Afrique du Sud, Canada, États- Unis d’Amérique, Indonésie, Mexique et République de Corée) devraient manquer à leurs engagements, ou il est incertain qu’ils les atteindront.

3. Malgré l’augmentation du nombre de pays ayant annoncé des objectifs de zéro émission nette de GES d’ici à 2050, seules quelques stratégies à long terme ont pour l’instant été officiellement présentées à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatique (CCNUCC).

Cependant, à l’heure actuelle, sur les quelques pays ayant présenté à la CCNUCC des stratégies à long terme assorties d’un calendrier visant à atteindre zéro émission nette, aucun n’est membre du G20.

4. L’écart à combler entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions est important. En 2030, les émissions annuelles devront être inférieures de 15 Gt éq- CO2 par rapport aux CDN non conditionnelles actuelles pour atteindre l’objectif de 2 °C, et de 32 Gt éq-CO2 pour atteindre l’objectif de 1,5 °C.

5. Il est nécessaire de renforcer considérablement les CDN en 2020. Les pays doivent tripler le niveau d’ambition de leurs CDN pour atteindre l’objectif fixé bien en deçà de 2°C, et ils doivent faire plus que quintupler ce niveau pour atteindre l’objectif de 1,5 °C.

Le mécanisme de relèvement de l’Accord de Paris prévoit de renforcer les CDN tous les cinq ans. Les parties à l’Accord de Paris ont fixé à 2020 la prochaine échéance critique de ce processus de relèvement, en invitant les pays à communiquer ou à mettre à jour leurs CDN à ce moment là. Compte tenu du décalage entre les décisions politiques et les réductions d’émissions qui devraient en résulter, un relèvement des CDN en 2025 sera trop tardif pour résorber l’écart important qui s’est creusé en matière de réduction des émissions d’ici à 2030.

6. L’action renforcée des membres du G20 sera essentielle à l’effort mondial de réduction des émissions.

En 2009, les membres du G20 ont adopté une décision visant à éliminer progressivement les subventions en faveur des combustibles fossiles, bien qu’aucun pays ne se soit pour l’heure pleinement engagé à les supprimer dans un délai précis.

Bien que de nombreux pays, y compris la plupart des membres du G20, se soient engagés en faveur d’objectifs visant à réduire la déforestation à zéro au cours des dernières décennies, ces engagements ne font généralement l’objet d’aucune action sur le terrain.

7. La décarbonisation de l’économie mondiale exigera des transformations structurelles profondes qui devraient avoir pour objectif d’apporter de multiples avantages connexes à l’humanité et aux écosystèmes planétaires.

La légitimité de la décarbonisation exige donc une mobilisation sociale d’envergure et des investissements massifs dans la cohésion sociale, afin d’éviter le rejet du changement et la résistance à ce dernier. Il convient d’assurer une transition juste et opportune vers la durabilité, en tenant compte des intérêts et des droits des personnes vulnérables aux effets du changement climatique, des régions où la décarbonisation exige des ajustements structurels et des générations futures.

8. Les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, associées à l’électrification des utilisations finales, sont essentielles à la réussite de la transition énergétique et à la réduction des émissions de CO2 dues à l’énergie.

9. La demande d’efficacité matérielle offre des possibilités substantielles d’atténuation des GES qui viennent compléter celles obtenues grâce à la transformation du système énergétique.

Malgré le fait que la demande d’efficacité matérielle permette d’élargir l’éventail des stratégies d’atténuation des émissions, elle a jusqu’ici été largement négligée dans les processus d’élaboration des politiques climatiques, et constituera un élément clé de la transition au niveau intersectoriel.


[1Le G20 comprend l’Union européenne ainsi que les 19 pays suivants : l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Indonésie, l’Italie, le Japon, le Mexique, le Royaume-Uni, la Russie et la Turquie.

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