Édition du 27 septembre 2022

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Rapport du commissaire au développement durable sur la gestion des barrages - Québec doit reprendre en main les inspections, réclame le SFPQ

QUÉBEC, le 4 juin 2015 - Devant les craintes soulevées par le commissaire au développement durable du Québec concernant la sécurité des quelque 5 900 barrages sur le territoire québécois, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) est d’avis que la surveillance des barrages à forte contenance doit être revue à la hausse.

Dans son rapport déposé hier, le commissaire au développement durable, Jean Cinq-Mars, est cinglant à l’endroit du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Il reproche au MDDELCC de ne pas avoir réussi à assurer le respect de la Loi en matière d’évaluation de la sécurité des barrages. En effet, le ministère n’a reçu des propriétaires de barrages qu’environ 10 % de dossiers complets relativement à l’évaluation de la sécurité. Pour près du quart des barrages, il n’a toujours rien reçu six ans après.

« La Commission Nicolet, mise sur pied à la suite du débordement des barrages au Saguenay en 1996, avait recommandé d’augmenter la surveillance des barrages, et non pas de la diminuer. Or, presque 20 ans plus tard, non seulement les propriétaires privés de ces ouvrages ne font pas leurs devoirs mais, en plus, le ministère peine à exercer un contrôle et une surveillance pour éviter d’autres catastrophes », indique Lucie Martineau, présidente générale du SFPQ.

Le commissaire au développement durable reproche également au MDDELCC d’avoir réduit de manière importante la fréquence de ses activités de surveillance des barrages. Ainsi, les inspections ne respectent plus le minimum requis et le ministère ne parvient pas à assurer l’entretien des barrages sous sa responsabilité. Le ministère ne respecte pas les exigences relatives aux plans de mesures d’urgence. Pour près de 20 % des barrages, les plans n’ont pas été produits ou ne sont pas conformes. « 

C’est honteux d’apprendre que le ministère ne respecte pas la fréquence des inspections de ses propres ouvrages dont plusieurs sont à forte contenance dans des zones habitées. Une situation que le SFPQ a dénoncée l’an passé. On imagine à peine les conséquences dramatiques pour les populations si l’un d’eux défaillait. Pourtant, le ministère dispose de l’expertise pour mener à bien l’inspection de ses barrages et ceux du privé. Encore faut-il que le ministère démontre une volonté réelle d’appliquer la réglementation avec le personnel nécessaire sur le terrain », questionne Mme Martineau.

Le rapport dévastateur du commissaire est une autre preuve, selon le Syndicat, que le gouvernement doit mettre un terme aux politiques de réduction de la masse salariale et de restrictions budgétaires, surtout lorsqu’il s’agit d’enjeux de sécurité publique. « Cette façon de faire conduit à une gestion du risque plus élevé. Moins d’inspections et de contrôle exercé par l’État laissent place à un laxisme dangereux dans un domaine comme la gestion des barrages où la sécurité doit être à son maximum, surtout lorsqu’on se souvient des conséquences graves que nous avons connu lors du déluge du Saguenay », conclut Lucie Martineau.

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