Édition du 1er décembre 2020

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Éducation

Rentrée scolaire - Un plan qui confirme que l'éducation n'est pas encore la priorité au Québec (CSQ)

MONTRÉAL, le 17 août 2020 - Représentant la majorité du personnel en éducation au Québec, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses fédérations du réseau scolaire jugent insuffisante l’annonce du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, concernant le déploiement de trois mesures favorisant la réussite éducative.

Un 20 millions de dollars insuffisant

Sur le fond des trois mesures annoncées, la CSQ juge que le montant de 20 millions de dollars pour embaucher des ressources supplémentaires est loin d’être suffisant pour répondre aux immenses besoins du terrain, en plus d’être non récurrent. « On souhaitait un plan ambitieux et costaud, mais la période de l’économie des bouts de chandelles en éducation n’est pas encore révolue. On parle d’un peu plus de 6 000 dollars par établissement scolaire pour toute l’année, un montant dérisoire. Tout en étant très modeste, cette annonce vient déjà ajouter de la pression à la rentrée scolaire de 2021, parce qu’elle crée aujourd’hui des solutions qui ne seront pas là l’an prochain. Alors que les établissements scolaires sont fermés depuis presque six mois et que les besoins en éducation sont plus grands que jamais, l’investissement est timide et il n’est surtout pas structurant. En ne pérennisant pas les ressources pour les équipes-écoles, cette annonce ne permettra pas de conclure que l’éducation est une priorité pour le gouvernement du Québec », explique Sonia Ethier, présidente de la Centrale.

L’allègement bureaucratique : l’expertise de l’équipe-école enfin reconnue

Relativement à l’allègement des mesures administratives pour le personnel scolaire à l’endroit des élèves en difficulté, la centrale syndicale salue l’introduction de cette annonce fort attendue par le milieu et estime que c’est la « bonne nouvelle du jour ». Toutefois, l’organisation spécifie que cette mesure ne permettra pas à elle seule de régler les problèmes de fond vécus par les équipes-écoles sur le terrain. L’allègement bureaucratique étant prévu pour une durée de deux ans, la CSQ espère être partie prenante des discussions pour instaurer de façon permanente cette solution dans les établissements scolaires, au bénéfice de tous.

Une opération marketing

Finalement, la présidente de la Centrale considère que la campagne publicitaire annoncée par le ministère de l’Éducation relève d’une nouvelle opération marketing. « Si une nouvelle campagne de promotion sur la persévérance n’est pas une mauvaise idée pour l’éducation, ce n’est pas non plus la meilleure. Ces campagnes ne sont pas des solutions structurantes et permanentes pour répondre aux besoins des élèves, particulièrement ceux éprouvant des difficultés scolaires », mentionne Sonia Ethier.

De grands oubliés : l’éducation des adulte, la formation professionnelle et les services de garde scolaires

La CSQ déplore, par ailleurs, l’absence de mesures annoncées aujourd’hui pour l’éducation des adultes, la formation professionnelle et les services de garde en milieu scolaire, les grands oubliés du plan du ministre. « Il aurait été souhaitable que le gouvernement dépose un plan inclusif touchant toutes les tranches d’âge, d’autant plus que ces secteurs sont névralgiques pour permettre d’intervenir directement dans la prévention du décrochage scolaire », conclut Sonia Ethier.

Citations

« Quand le gouvernement Legault dit que l’éducation est sa priorité, on s’attend à ce que ça se traduise en investissements concrets sur le terrain auprès des équipes-écoles. Le plan d’aujourd’hui ne permet pas d’arriver à cette conclusion. On attendait un plan ambitieux avec des mesures structurantes, c’est malheureusement raté. En complément, le rappel de cinq mesures déjà annoncées dans le plan budgétaire de mars dernier donne des allures de réchauffé. » - Sonia Ethier, présidente de la CSQ

« Ce n’est clairement pas le coup de barre que les enseignants attendaient, même si on avance dans la bonne direction. Les besoins, qui étaient déjà immenses, ont été amplifiés par la pandémie et davantage de ressources devront être consenties. N’oublions pas une autre clé importante pour soutenir les profs : ils ont besoin de temps, autant pour préparer leur matériel et encadrer tous leurs élèves que pour leur enseigner. » - Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ)

« Avec plus de 3 000 écoles au Québec, un investissement de 20 millions de dollars ne représente même pas 6 500 dollars par école. C’est bien trop peu pour aider réellement les élèves en difficulté ! On fait encore une fois la promotion des emplois précaires pour le personnel de soutien scolaire qui travaille en lien avec le service direct aux élèves. Alors qu’il faut rattraper des retards majeurs liés à la pandémie, il s’agit d’un non-sens. Encore plus pour un ministre qui se vante de faire de l’éducation une priorité. » - Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)

« Depuis quelques années, les annonces d’ajouts de ressources se succèdent et se ressemblent. Elles se traduisent rarement en l’embauche de ressources professionnelles, car elles n’établissent pas de seuils de service clairs pour répondre à l’ensemble des besoins des élèves. L’allègement des processus de validation est un pas dans la bonne direction, mais une réflexion plus approfondie devra être amorcée sur les services à rendre. Ça prend des montants protégés qui garantissent des ressources professionnelles dans des équipes multidisciplinaires et équilibrées, afin d’offrir un ensemble de services à chaque école. » - Jacques Landry, président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ)

« Nous espérons que les mesures annoncées ce matin vont offrir aux élèves un meilleur suivi pour contribuer au rattrapage scolaire et bonifier l’offre de services spécialisés rapidement, puisque les besoins sont grands. Dans cet esprit, nous souhaitons que les établissements privés puissent également disposer de sommes supplémentaires pour leur permettre d’offrir à leurs élèves un accompagnement équivalent. » - Stéphane Lapointe, président de la Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP-CSQ)

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