Édition du 10 mars 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Revue de presse des mémoires pré-budgétaires d'organisations syndicales et populaires

Voici un assemblage des communiqués émis en vue du dépôt du budget Girard le 18 mars prochain. Des mémoires peuvent encore être publiés et peut-être que certains ont été oubliés. Si le vôtre ne figure pas dans ce document, vous pouvez nous le faire parvenir à redaction@pressegauche.org


Mémoire du FRAPRU dans le cadre des Consultations prébudgétaires 2026-2027 (extraits

Introduction

UNE CRISE DU LOGEMENT CHER Dans plusieurs municipalités, la pénurie de logements semble sur le point de se résorber. La crise est pourtant loin d’être finie puisque ce sont les logements les plus chers qui sont disponibles. Depuis 2018, soit le début de la pénurie de logements à l’échelle provinciale, le loyer moyen a augmenté de 62 % au Québec. Les records de mises en chantier de logements locatifs sont applaudis, mais force est de constater que les logements neufs contribuent pour beaucoup à l’explosion des loyers. Dans les logements existants, le loyer augmente généralement plus vite que l’inflation et les revenus. Bien que le moratoire sur certains types d’éviction ait pu temporairement atténuer la pression pour les locataires, il demeure largement insuffisant. De nombreux propriétaires ont adapté leurs stratégies pour obtenir l’éviction de leurs locataires, et tout laisse craindre que le moratoire puisse être levé avant 2027.

Les logements disponibles à la location sont pour leur part beaucoup plus chers que les loyers moyens. Cette situation rend la recherche de logement extrêmement difficile pour de nombreux ménages qu’ils s’agissent de familles qui s’agrandissent, se séparent ou se recomposent, de femmes victimes de violence conjugale, de jeunes adultes qui quittent le nid familial ou la DPJ, d’immigrants·es ou d’autres locataires qui espèrent simplement améliorer leurs conditions de logement. Par exemple, dans la RMR de Montréal, le dernier rapport de la SCHL sur le marché locatif indique que le loyer moyen d’un logement inoccupé toutes typologies confondues était de 1628 $ à l’automne 2025 et de 2 141 $ pour un logement familial de 3 chambres à coucher et plus.

Dans ce contexte, les besoins des locataires ne diminuent pas. L’itinérance continue de prendre de l’ampleur. L’insécurité alimentaire touche maintenant un locataire sur trois, selon une récente étude de l’Observatoire québécois des inégalités1. Les demandes pour nonpaiement de loyer, dont la plupart se concluent par une éviction, sont en hausse. En parallèle, le nombre de personnes et de familles sans-logis demeure élevé toute l’année durant. De plus en plus de locataires qui ne pensaient jamais avoir besoin d’un logement social en ont désormais besoin, de toute urgence. Plus les prix des loyers augmentent, plus le revenu maximal pour bénéficier d’un supplément au loyer est relevé, ce faisant, le nombre de locataires admissibles augmente lui aussi. Plus de ménages sont admissibles aux logements subventionnés dont les logements sociaux publics sont les plus grands pourvoyeurs, mais ce sont précisément ces logements que l’on construit le moins ! Résultat : au moment de la perte du logement, les locataires constatent à leurs dépens l’absence de filet social. Des milliers de personnes et de familles sont condamnées à patienter sur des listes d’attente et à se retrouver dans des situations de précarité parce que l’État faillit à ses obligations.

L’analyse des taux d’inoccupation ventilés par quartile de loyers démontre pourtant qu’il y a une disponibilité de logement dans les braquettes supérieures de loyers. Une simple stratégie basée sur l’augmentation de l’offre sans égards aux coûts ne fonctionnera pas pour s’attaquer au problème central : le coût des loyers. Cette politique de l’offre néglige également la typologie des logements construits : les logements familiaux de trois chambres et plus demeurent très rares, puisqu’ils sont moins rentables pour le secteur privé. Pour s’attaquer à l’inabordabilité, au-delà de l’encadrement du marché privé, il faut se fixer des objectifs de construction de logements sociaux moins chers que le loyer moyen du marché. C’est la seule manière de tirer vers le bas le prix des loyers et de répondre aux besoins déjà non répondus par ce même marché privé. Les aides financières à la personne et les programmes soutenant des logements dits « abordables » ou « hors marché » n’y parviennent pas.

Pour répondre aux besoins des milliers de personnes et de familles du Québec qui subissent mois après mois les conséquences désastreuses de la cherté des loyers, il faut plus que jamais du logement social. Tant son nombre et sa proportion sur le parc locatif n’auront pas significativement augmenté, c’est à ce type de logement qu’il faut consacrer les investissements publics québécois, afin de s’attaquer réellement à la crise de l’abordabilité.

(...)

Recommandations

En prévision du prochain budget, le FRAPRU recommande au ministre des Finances :

1. Le financement d’au moins 10 000 logements sociaux : a. accessibles financièrement, dont les loyers sont significativement moins chers que le loyer médian du marché ; b. via des programmes gouvernementaux complets, pérennes et dédiés au logement social, incluant en priorité la mise en place d’un programme québécois de logements publics de type HLM ; c. avec un nombre suffisant de logements subventionnés pour répondre aux besoins des collectivités ; d. incluant des logements adaptés ou adaptables, par l’entremise d’un financement adéquat du Programme d’adaptation à domicile.

2. L’utilisation à des fins de logement social de l’entièreté des sommes fédérales estimées à 3 milliards $ que le Québec pourrait se voir attribuer par Maisons Canada. Ces fonds doivent évidemment s’ajouter aux investissements provinciaux en logement social et non les remplacer.

3. Des mécanismes permettant d’assurer un contrôle démocratique, impliquant les locataires et les communautés locales, pour tout financement public destiné au logement social, hors marché ou sans but lucratif, afin d’en assurer la pérennité.

4. De réserver les fonds publics insuffisants destinés à la réalisation de nouveaux logements pour des logements servant l’intérêt public et contribuant à lutter contre l’inabordabilité. Conséquemment, nous recommandons le retrait du financement public accordé : a. à des catégories de logements « abordables » dont les loyers sont supérieurs aux loyers moyens du marché qui contribuent à la hausse du loyer moyen plutôt que la ralentir ; b. à des logements dont la propriété sera privée, puisque non seulement l’abordabilité de ceux-ci n’est pas pérenne, mais ils ne contribuent pas à grossir le patrimoine collectif du logement social sans but lucratif pour les générations futures. Ils contribuent à enrichir des intérêts privés et à creuser les inégalités de patrimoine.

5. Que les programmes qui permettent le développement de logements sociaux prévoient l’arrimage du financement du Soutien communautaire en logement social et communautaire (SCLSC) et que ce financement soit à la hauteur des besoins, pour atteindre annuellement au moins 50 millions $, comme le demandent plusieurs regroupements du milieu de l’itinérance et de l’habitation sociale, comme le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec, la Fédération des locataires de HLM du Québec et le Regroupement des Offices d’Habitation du Québec.

6. De lutter davantage contre la pauvreté, le mal-logement et l’itinérance en agissant sur les revenus : a. en augmentant les prestations sociales pour qu’elles couvrent l’ensemble des besoins de base et en élargissant les modalités du programme de Revenu de base à l’ensemble des personnes assistées sociales, incluant celles sans contraintes sévères à l’emploi ; b. en modernisant la notion de vie maritale pour les prestataires de l’aide sociale en administrant un chèque par personne et que celui-ci puisse couvrir les besoins de base en établissant les prestations sans tenir compte du revenu de la personne conjointe et en établissant le statut de vie maritale seulement lorsque les personnes se déclarent conjointes et abolir les critères tels que l’entraide et la vie commune renommée ; c. en augmentant le salaire minimum à au moins 20 $ de l’heure.

7. La mise en place d’un impôt sur le patrimoine du 1 % des plus riches et la pleine imposition des gains en capital, afin de rétablir une plus grande justice fiscale et de financer notamment un plan de développement du logement sur plusieurs années, dans l’objectif d’en doubler le nombre d’ici 2040.

8. Nous appuyons la demande portée par le Réseau québécois de l’action communautaire autonome d’investir 2,6 milliards de dollars supplémentaires pour assurer un financement de base stable et prévisible des organismes d’action communautaire autonome, incluant les 155 millions $ pour la DCD revendiqués par le Regroupement des organismes en défense collective des droits. L’insuffisance du filet social et les crises sociales, dont celle du logement et de l’itinérance, augmentent les besoins et la charge de travail de la majorité des groupes d’action communautaire autonome, particulièrement ceux de défense collective des droits (DCD) dont fonts partis les groupes membres participants du FRAPRU, il est plus pressant que jamais d’augmenter le soutien à la mission globale des groupes d’action communautaire autonome, incluant ceux de défense collective des droits (DCD) et d’inclure un mécanisme permanent d’indexation.

Pour lire l’intégral du rapport


Mémoire prébudgétaire 2026-2027 du Collectif pour un Québec sans pauvreté
Par le Collectif pour un Québec sans pauvreté

En 2002, l’Assemblée nationale du Québec a adopté la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. L’objet de cette loi, adoptée à l’unanimité, est de « guider le gouvernement et l’ensemble de la société québécoise vers la planification et la réalisation d’actions pour combattre la pauvreté, en prévenir les causes, en atténuer les effets sur les individus et les familles, contrer l’exclusion sociale et tendre vers un Québec sans pauvreté ».

Presque vingt-cinq ans plus tard, et après quatre plans de lutte contre la pauvreté, un constat ressort : aucun des gouvernements successifs n’a pris au sérieux l’objet de cette loi, qui est d’aspirer à éliminer la pauvreté au Québec.

Pour espérer « tendre vers un Québec sans pauvreté », le gouvernement devra inévitablement changer de discours et reconnaître que la pauvreté est inacceptable, car elle constitue un déni des droits et libertés ainsi qu’une atteinte au respect et à la protection de la dignité des personnes qui la subissent.

Ce mémoire porte neuf recommandations regroupées en trois catégories :

Recommandations visant à améliorer le revenu des personnes en situation de pauvreté :

  Hausser les protections publiques de façon à assurer à tous les ménages un revenu au moins égal à la Mesure du panier de consommation (MPC).

  Augmenter le salaire minimum pour qu’une personne seule qui travaille 35 heures par semaine vive hors de la pauvreté.

  Recommandations visant à alléger le fardeau financier des personnes en situation de pauvreté :

Adopter une politique globale en habitation, basée sur la reconnaissance du droit au logement.

  Adopter une loi-cadre sur le droit à l’alimentation.

  Interdire le privé en santé et élargir la couverture du régime public d’assurance maladie à un plus grand nombre de soins de santé.

  Assurer la gratuité et l’accès universel à l’éducation, des centres de la petite enfance aux études supérieures.

Recommandations visant à réformer la fiscalité afin de la rendre plus progressive et ainsi accroître la marge de manœuvre du gouvernement :

  Faire passer de 4 à 8 le nombre de paliers d’imposition pour les particuliers.

  Instaurer un impôt sur le patrimoine.

  Imposer la totalité des gains en capital des particuliers.

Document PDF : mémoire prébudgétaire 2026-2027 : https://www.pauvrete.qc.ca/wp-content/uploads/2026/02/Memoire-prebudgetaire-2026-2027.pdf


53 maisons d’aide et d’hébergement devant l’Assemblée nationale : protéger les femmes et les enfants doit être une réelle priorité politique
Par le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugaale

À l’initiative du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, une coalition de 53 maisons ont mené une action éclair devant l’Hôtel du Parlement aujourd’hui, pour interpeller les députés de toutes les formations politiques à faire de la lutte contre la violence conjugale une réelle priorité politique.

« Face aux nombreux féminicides et à la demande d’aide qui explose, il n’est plus possible que le gouvernement maintienne le statut quo. Le sur-place budgétaire des trois dernières années met en péril la santé et la vie des femmes et des enfants victimes de violence conjugale » alerte Annick Brazeau, présidente du Regroupement.

Dans ce rassemblement silencieux, une centaine de travailleuses de maisons tenaient des silhouettes de femmes et d’enfants grandeur nature sur lesquelles on pouvait lire le prénom, l’âge et les impacts concrets de la violence sur leur vie : des bambins anxieux, des ados en souffrance, des femmes présentant des blessures, des dépressions, des douleurs chroniques.

« Au-delà des féminicides, il y a des milliers de femmes et d’enfants dont la violence affecte la santé, physique et mentale. Ces conséquences sont parfois invisibles et s’étendent sur des années. En investissant contre la violence conjugale, le gouvernement peut non seulement sauver des vies humaines, mais aussi des coûts sociaux et des coûts de santé faramineux » souligne Nathalie Villeneuve, coordonnatrice de la Maison Hina en Montérégie.

Malgré un rattrapage financier important entre 2020 et 2022, les investissements du gouvernement de Monsieur Legault ne suffisent plus à répondre à l’urgence. Rencontrée à la toute fin de la semaine dernière, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Madame Bélanger, s’est montrée sensible au sort des victimes. Les besoins, aujourd’hui, nécessiteraient un investissement de 50,2 millions de $ pour la centaine de maisons qui existent.

« Ne pas investir pour lutter contre la violence conjugale coûte bien plus cher à la société qu’investir. La ministre Bélanger saura-t-elle convaincre son collègue des Finances de délier les cordons de la bourse ? » s’inquiète Annick Brazeau.

La délégation menée par le Regroupement a remis 125 cahiers de demandes à des députées membres du Cercle des femmes parlementaires, avec l’espoir que chacune et chacun des député.e.s portera, dans un esprit transpartisan, ces préoccupations dans l’enceinte de l’Assemblée nationale pour voter un budget 2026 à la hauteur des besoins des femmes et de leurs enfants.


Des milliards que le gouvernement doit aller récupérer
Par la CSN

Au moment où l’économie québécoise est secouée par la guerre tarifaire américaine et où les services publics sont en crise, le gouvernement Legault doit récupérer les sommes astronomiques dont il se prive afin de redresser les finances publiques et répondre aux besoins de la population.

C’est le message envoyé aujourd’hui par la CSN, qui rencontrera, avec les autres centrales syndicales cet après-midi, le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires menées par celui-ci.

« Au cours des sept dernières années, le gouvernement de François Legault a fait des choix budgétaires qui ont gravement nui à la société québécoise », rappelle la présidente de la CSN, Caroline Senneville. « Des baisses d’impôts, qui ont profité surtout aux mieux nantis, une ouverture toujours plus grande au secteur privé qui englouti des sommes colossales, des millions perdus dans la filière batterie sans même qu’un seul emploi ne soit créé, sans parler de cet entêtement à rembourser la dette du Québec coûte que coûte, malgré les indicateurs révélant que celle-ci est sous contrôle… Ces choix ont un coût, et ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en font les frais. »

« Alors qu’il termine son dernier tour de piste, le premier ministre Legault a l’occasion de réparer certaines erreurs de son gouvernement. Qu’il la saisisse », ajoute la leader syndicale.

Dans le mémoire qu’elle présentera au ministre Girard, la CSN rappelle que la baisse d’impôt octroyée dans le budget de 2023, qui a surtout favorisé les contribuables gagnant plus de 100 000 $, représente aujourd’hui un manque à gagner annuel de 1,8 G$. En vue du prochain budget du Québec, la CSN met de l’avant plusieurs recommandations : un renforcement de la progressivité de l’impôt sur les revenus des particuliers, une amélioration de la fiscalité sur le patrimoine et l’interruption des versements au Fonds des générations.

Ces sommes doivent être dévolues à la consolidation de nos réseaux publics, notamment en matière de santé et d’éducation. Rappelant que l’interruption du recours aux agences de placement a permis d’économiser près de 700 millions en un peu plus d’un an, la CSN invite le gouvernement à freiner l’ouverture toujours plus grande au secteur privé mise de l’avant par Santé Québec.

Alors que les établissements de santé et d’enseignement font couramment les manchettes en raison de leur vétusté, le gouvernement doit accroître ses investissements dans les infrastructures publiques. Cependant, l’aventure électoraliste du 3e lien, qui a déjà mené à la perte de millions en deniers publics et qui pourrait engloutir jusqu’à 11 milliards de dollars, ne reflète aucunement les besoins réels du Québec et doit être rayée du prochain budget, estime la CSN.

D’autres mesures figurent dans le mémoire présenté par la centrale syndicale : le retour à 2030, plutôt qu’à 2035 pour l’atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre, jumelé à une augmentation des budgets alloués au transport collectif, permettront au Québec de faire face aux défis posés par la crise climatique.

Enfin, la CSN urge le gouvernement du Québec à mettre en place une politique structurante pour sauver l’industrie des médias et de la culture, ainsi qu’une seconde pour le secteur forestier, qui a déjà coûté des milliers d’emplois en région. La mise en branle d’un plan ambitieux de chantier en habitation, priorisant le logement social, lui permettrait de faire d’une pierre deux coups, estime la centrale syndicale.


Des groupes sociaux haussent le ton face à l’austérité et aux attaques antidémocratiques du gouvernement Legault
Par la Coalition Main rouge et la Coalition régionale pour la justice climatique et sociale

Dans le cadre de la Journée mondiale pour la justice sociale, des centaines de manifestantEs des groupes sociaux, communautaires et syndicaux de Québec et de Chaudière-Appalaches ont envahi l’édifice Marie-Guyart. Les manifestant·e·s haussent le ton face au retour à l’austérité, au virage antidémocratique et aux reculs en matière environnementale. Les groupes de Québec et de Chaudière-Appalaches répondaient ainsi à l’appel à l’action lancé par la Coalition Main Rouge.

Pour Véronique Laflamme, porte-parole de la Coalition Main Rouge, la forte mobilisation des groupes n’est pas une surprise : « Alors que le gouvernement tente de diviser la société, le retour à l’austérité renforce les solidarités. Des dizaines d’organismes de plusieurs régions ont répondu à notre appel et se mobilisent aujourd’hui pour des solutions basées sur une meilleure répartition de la richesse. »

L’annonce du départ de François Legault et de plusieurs ténors du gouvernement ne calme en rien l’insatisfaction qui gronde dans la population. « Malgré la démission du premier ministre, le gouvernement de la CAQ a réussi à coaliser la société civile en opposition à sa vision de notre société », dénonce d’emblée Françoise Proulx-Duperré, du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

« Après les attaques antisyndicales, la CAQ s’attaque à tous les contre-pouvoirs à travers une série de projets de loi qui tendent à centraliser les pouvoirs. Pour la CSN, c’est clair, il faut faire front contre les projets radicaux de ce gouvernement qui n’a plus la légitimité pour poursuivre ses réformes », poursuit le porte-parole.

« Nous sommes scandalisé·e·s par les compressions annoncées dans les services publics et les programmes sociaux. Le gouvernement dilapide nos impôts et c’est notre filet social qui se fissure, c’est tellement injuste. Avec le budget qui s’en vient, nous sommes vraiment inquiet·e·s des conséquences du sous-financement sur la qualité de nos services de santé, d’éducation, et sur l’ensemble de notre filet social », dénonce à son tour Élodie Dubois, porte-parole étudiante pour la manifestation.

« Les étudiant·e·s s’alarment également de voir le gouvernement faire marche arrière sur à peu près toutes les mesures environnementales des dernières années. Sommes-nous en train de sacrifier notre avenir au nom d’une pensée à très court terme qui ne favorise que les élites économiques ? », poursuit-elle.

Les groupes sociaux promettent de talonner la CAQ jusqu’à l’abandon des réformes autoritaires et l’annulation des compressions budgétaires dans les services publics et les programmes sociaux. Ils demandent à l’État de réinvestir dans le filet social et de rétablir les mesures de transition environnementale.


Consultations prébudgétaires 2026-2027 - Réviser les choix budgétaires et mettre en place un financement stable et suffisant des réseaux publics pour une plus grande équité sociale
Par la CSQ

Le financement des réseaux publics à la hauteur des besoins est possible si on a le courage politique d’améliorer notre régime fiscal, a fait valoir la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), lors d’une rencontre avec le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires.

« La dernière année a amené son lot d’incertitudes et d’inquiétudes pour les Québécoises et les Québécois : la saga des mesures tarifaires et les politiques du président américain, la crise du logement ainsi que celle de l’itinérance, la surinflation alimentaire, etc. Autant de défis auxquels le Québec devra continuer de faire face dans les mois à venir. Et pour stimuler l’économie d’ici, nos réseaux publics et l’éducation demeurent des leviers de premier choix pour contribuer à stabiliser l’économie et participer à la création de la richesse », fait valoir Éric Gingras, président de la CSQ.

La CSQ insiste sur le fait que l’éducation, la santé, les services sociaux, la petite enfance et les programmes sociaux, notamment, forment un moteur économique crucial. Ils sont aussi nécessaires pour répondre aux besoins croissants de la population québécoise.

« Nos réseaux publics sont considérés comme des dépenses et c’est un problème. On peut faire autrement avec la volonté politique d’améliorer le régime fiscal. Il faut que la politique budgétaire reflète mieux ce rôle de l’État et permette de financer durablement les réseaux d’éducation et de santé, notamment, sans alourdir le fardeau de la classe moyenne. On peut d’ailleurs commencer en corrigeant des choix fiscaux récents et en renforçant l’équité salariale », insiste Éric Gingras.

La CSQ rappelle que depuis 2018, les différentes baisses de contributions fiscales ont entrainé une perte de revenus d’au moins 4 milliards de dollars, sans compter l’effet des crédits d’impôt élargis. De plus, la réforme fiscale de 2023, qui a coûté plus de 1,8 milliard de dollars par année depuis, bénéficie davantage aux contribuables à haut revenu qu’à la classe moyenne.

Dans son mémoire présenté au ministre des Finances, la CSQ présente 14 propositions détaillées, articulées autour de la fiscalité des contribuables, des taxes responsables, de la fiscalité des entreprises et d’une réduction des dépenses. Au nombre des pistes mises de l’avant par la Centrale, on compte notamment :

  Que le gouvernement du Québec développe le réseau des CPE et finance la transformation des garderies non subventionnées en centres de la petite enfance (CPE). Cela aurait pour effet de garantir la pérennité et la qualité des services éducatifs à la petite enfance et de maintenir la place prépondérante des CPE dans le réseau.

  Que le gouvernement du Québec s’engage à consacrer minimalement 5 % du PIB aux dépenses des portefeuilles du réseau scolaire et des cégeps.

  Que l’augmentation du budget du réseau de la santé et des services sociaux pour l’année 2026-2027 soit de 5 % au minimum.

  Que le gouvernement du Québec instaure une pause temporaire de trois ans pour les versements des revenus consacrés au Fonds des générations.

  Que le gouvernement du Québec augmente le quatrième palier d’imposition afin de renforcer la progressivité du régime fiscal.

  Que le gouvernement du Québec instaure une taxe spécifique de 30 cents par litre sur les boissons sucrées et édulcorées afin d’en réduire la consommation et d’améliorer la santé de la population, tout en allouant les revenus générés à des programmes de prévention en santé.

  Que le gouvernement du Québec augmente le salaire minimum à 20 $ l’heure. Cette mesure améliorerait non seulement les conditions de vie de quelque 300 000 travailleuses et travailleurs, mais elle permettrait aussi de récupérer 500 millions de dollars grâce à une augmentation des revenus fiscaux et à un réaménagement de certains transferts sociaux.

  Que le gouvernement augmente de façon substantielle, récurrente et pluriannuelle les crédits budgétaires consacrés au logement hors marché, dans le but de permettre la réalisation rapide d’un nombre suffisant de logements sociaux, coopératifs et communautaires pour répondre à la crise actuelle et stabiliser le marché locatif.

Pour la CSQ, il est clair que les inégalités sociales et scolaires commencent avant l’entrée à l’école, par l’accès insuffisant à des services de garde éducatifs de qualité. Les familles les moins fortunées ont plus de difficulté à obtenir une place en CPE que celles en meilleure situation financière. De plus, il faut s’assurer ensuite de consolider tout le parcours éducatif. De la petite enfance jusqu’au cégep, les besoins augmentent beaucoup plus rapidement que les budgets. Si le Québec souhaite réellement placer l’éducation au haut de ses priorités, il doit investir autant que les pays qui sont leaders en la matière.

À l’heure actuelle, l’objectif de financement des dépenses militaires du Canada est de 5 % du PIB. « Pour une mission aussi fondamentale de l’État qu’est l’éducation, il me semble qu’on devrait s’assurer d’avoir des objectifs de financement dignes de ce nom. Alors pourquoi le gouvernement du Québec ne s’engagerait-il pas à consacrer au moins 5 % du PIB aux dépenses d’éducation et du réseau collégial ? Plus qu’un filet social, nos réseaux publics sont le tissu de notre cohésion sociale », conclut le président de la CSQ, tout en ajoutant que 5 % du PIB pour l’éducation est aussi le seuil qui nous permettrait de rejoindre les leaders du financement de l’éducation dans le monde.

Le mémoire de la CSQ déposé auprès du ministre des Finances est disponible ici.


Consultations prébudgétaires 2026-2027 - La FTQ demande à la CAQ de mettre fin à ses politiques d’austérité
Par la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), dans le cadre des consultations prébudgétaires, rencontre ce lundi le ministre des Finances du Québec, Eric Girard. La FTQ estime que le prochain budget doit contenir des mesures pour réduire les inégalités sociales ; financer adéquatement les services publics ; mettre en place une politique industrielle ambitieuse tout en soutenant les travailleurs et travailleuses face à l’incertitude économique ; apporter des solutions à la crise de l’habitation ; soutenir la lutte contre les changements climatiques.

« Le gouvernement de la CAQ doit mettre à profit ce dernier exercice budgétaire avant les élections pour adopter des mesures concrètes visant à réduire les inégalités sociales qui ont explosé et adopter des mesures pour mieux soutenir les travailleurs et travailleuses, ainsi que les entreprises impactées par la guerre tarifaire. En clair, le gouvernement doit mettre fin aux distractions avec des projets de loi et des lois dont le seul objectif est de diviser la société », déclare le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.

Dans son mémoire, la FTQ souligne que le Québec a la responsabilité de veiller au bien-être et à l’épanouissement de sa population. « Nous avons besoin d’un filet social tissé serré et de services publics de qualité, particulièrement en santé et éducation. Québec doit renoncer à tout scénario de compression. Longtemps niée par le gouvernement de la CAQ, la crise du logement frappe durement la population, et cela c’est sans parler de la crise de l’itinérance et des banques alimentaires de plus en plus fréquentées par des travailleurs et travailleuses. On ne peut plus rester les bras croisés en espérant que le temps va tout arranger », ajoute le secrétaire général.

« Par ailleurs, Québec ne peut mettre de côté la lutte contre les changements climatiques. Mais cela doit se faire de manière équitable tout en prenant soin des travailleurs et travailleuses avec une politique de transition juste. Enfin, la FTQ tend la main au gouvernement et l’invite à reprendre le dialogue social afin de travailler ensemble à faire du Québec une société plus juste, plus démocratique et plus verte », conclut le secrétaire général, Olivier Carrière.

Pour consulter le mémoire de la FTQ : ftq.qc.ca/memoire-consultations-prebudgetaires-26-27/


Prioriser notre santé et notre bien-être : et si on osait pour vrai ? L’APTS propose un bouclier budgétaire pour protéger le réseau public
Par l’Alliance du Personnel professionnel et Technique de la Santé

À l’approche du dépôt du prochain budget du Québec et dans le cadre de l’édition Agenda 2026 de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai ?, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) dévoile son deuxième thème de l’année : Prioriser notre santé et notre bien-être : et si on osait pour vrai ? Au cœur de cette proposition : la mise en place d’un bouclier budgétaire afin d’assurer un financement stable, prévisible et suffisant du réseau de la santé et des services sociaux (RSSS).

Depuis plus de 30 ans, le Québec s’est doté de lois budgétaires parmi les plus restrictives au pays, notamment en matière d’équilibre budgétaire et de réduction de la dette. Résultat : malgré l’augmentation constante des besoins de la population, le réseau public est régulièrement soumis à des compressions qui fragilisent l’accès, la continuité et la qualité des soins et des services.

« On demande au réseau de faire toujours plus, avec toujours moins. En 2025-2026 encore, le financement accordé ne couvrait même pas l’évolution des besoins. Ce n’est pas une question de structure ; c’est un problème de priorités politiques », affirme Robert Comeau, président de l’APTS.

En février : faire de la santé une priorité non-négociable

L’APTS rappelle que le Québec traverse actuellement une troisième période d’austérité budgétaire en 30 ans, sous couvert de gestion « responsable » des finances publiques. Cette année encore, le personnel du réseau devra répondre aux besoins croissants de la population sans que le financement accordé par le ministère des Finances ne soit à la hauteur.

Pour le seul budget 2025-2026, l’APTS évalue à 1,1 G$ l’écart entre le financement réel du réseau et ce qui aurait été nécessaire pour mitiger l’impact de la croissance et du vieillissement de la population, de l’inflation et de l’évolution des pratiques cliniques. Un sous-financement qui se traduit directement par des services fragilisés, des listes d’attente qui s’allongent et une pression accrue sur le personnel.

Face à ce constat, l’APTS propose l’instauration d’un bouclier budgétaire : un cadre légal obligeant le gouvernement à financer la santé et les services sociaux à la hauteur des besoins réels de la population. Concrètement, ce bouclier repose sur trois piliers :

· l’évaluation annuelle de l’impact budgétaire de l’évolution des besoins, en tenant compte des changements démographiques, des pratiques cliniques et des projections d’inflation ;

· l’attribution de ce mandat à une instance indépendante, comme le bureau de la Vérificatrice générale ;

· l’obligation pour le ministère des Finances de rendre disponibles, à chaque budget, les sommes identifiées comme nécessaires.

« Instaurer un bouclier budgétaire, c’est envoyer un message clair : au Québec, la santé et le bien-être de la population ne sont pas des variables d’ajustement. Ce sont des priorités absolues, qui doivent être protégées contre les cycles d’austérité », souligne Émilie Charbonneau, 1re vice-présidente de l’APTS.

Et si on osait pour vrai ?

Pour l’APTS, il est temps de sortir du faux dilemme entre rigueur budgétaire et qualité des services. Si le Québec accepte depuis des décennies de se doter de règles strictes pour encadrer le déficit et la dette, il doit désormais faire preuve de la même rigueur pour protéger l’accès aux soins et aux services.

« Oser pour vrai, c’est reconnaître que la santé et le bien-être de la population méritent au minimum le même niveau de protection que les impératifs financiers. Le bouclier budgétaire est un choix politique clair, responsable et nécessaire », conclut Robert Comeau.

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