Édition du 14 avril 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Analyse du projet de plate-forme de QS sur l’Environnement, la transition écologique et les transports (thème 3)

Face à l’urgence écologique et à l’ampleur des transformations nécessaires, un programme véritablement de gauche devrait affirmer sans ambiguïté que la transition socioécologique est impossible dans le cadre du capitalisme, qu’elle exige une rupture démocratique avec ce système, passant par la nationalisation et la socialisation des secteurs stratégiques — énergie, transport, ressources naturelles, système financier —, par une planification écologique démocratique substituant la satisfaction des besoins collectifs à la loi du profit, et par une politique fiscale redistributive massif transférant la richesse des classes dominantes vers la majorité populaire et les communautés. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que la transition socioécologique peut être à la fois rapide, juste et durable.

Introduction : entre réformisme gestionnaire et ambition de transition socioécologique

La proposition de plateforme 2026 de Québec solidaire, dans son Thème 3 consacré à l’environnement, à la transition socioécologique et aux transports, est révélatrice d’une contradiction fondamentale : elle ambitionne une transformation écologique profonde tout en refusant systématiquement de nommer, d’analyser et d’affronter le système qui produit la crise qu’elle prétend résoudre, le système capitaliste.

L’invisibilisation du capitalisme comme fondement de la crise

Avant même d’examiner les sept mesures, il faut s’arrêter sur le préambule du Thème 3, car il établit le cadre idéologique dans lequel s’inscrivent toutes les propositions subséquentes. Ce préambule est symptomatique d’une démarche réformiste classique : il décrit correctement les effets — inondations, canicules, feux de forêt, perte de biodiversité — sans jamais nommer leur cause structurelle. La crise climatique y apparaît comme un phénomène qui « s’impose à nous », une sorte de fatalité naturelle face à laquelle la société doit « s’adapter » et « réduire ses émissions ».

En effaçant la dynamique capitaliste — la compulsion à l’accumulation sans limites, la subordination de toute décision productive au taux de profit, la prédation systématique de la nature comme condition de la valorisation du capital — le texte opère ce que l’on pourrait appeler une dépolitisation de l’écologie. La crise devient une question technique et gestionnaire, non une question de pouvoir et de rapports de classe. Pourtant, les bouleversements climatiques et la chute de la biodiversité trouvent leurs fondements dans la croissance illimitée du capital et le règne du capital sur l’ensemble du système de production, de répartition et d’échange. Le refus de poser cette prémisse analytique n’est pas une simple lacune rhétorique : il détermine l’ensemble des limites politiques qui s’ensuivent.

Le préambule parle également de « responsabilité collective » face aux changements climatiques, ce qui tend à équilibrer les responsabilités entre les classes sociales et entre les nations, effaçant l’inégalité fondamentale des responsabilités entre la classe dominante — qui contrôle les décisions d’investissement productif — et la majorité populaire qui en subit les conséquences. C’est exactement la stratégie idéologique que les États capitalistes ont déployée depuis les années 1980 pour déplacer la question climatique vers les comportements individuels des consommateurs.

Mesure 1 : Faire payer les industries polluantes — une fiscalité sans remise en cause de la propriété

La première mesure propose d’exiger « des compensations financières substantielles et la réparation des dommages » des grandes industries polluantes, de conditionner les subventions gouvernementales au respect des normes environnementales, et de réduire le gaspillage d’électricité et d’eau dans les secteurs industriels à forte intensité énergétique.

Cette approche s’inscrit dans la logique du pollueur-payeur, qui est fondamentalement une logique de régulation marchande. Elle part du présupposé que les grandes industries peuvent continuer à exister sous leur forme actuelle, à condition de payer pour les dommages causés.

Plus fondamentalement, la mesure ne remet pas en question le régime de propriété des grandes industries polluantes. Ce sont des entreprises privées — souvent des multinationales — qui prennent leurs décisions d’investissement en fonction de la rentabilité, non de l’intérêt collectif ou écologique. Accorder aux « instances de gouvernance locale et régionale » le pouvoir de « faire des recommandations concernant » le refus de projets non bénéfiques est très différent d’un pouvoir de décision effectif sur ce qui est produit. Cette formulation consultative illustre le refus du texte de poser la question du contrôle démocratique réel sur les décisions économiques.

Les principes d’une véritable plateforme de gauche exigent au contraire la socialisation des secteurs stratégiques, incluant un « droit de veto des salarié·e·s sur les licenciements » et la « démocratisation des entreprises ». Faire payer sans démocratiser ni socialiser, c’est accepter que les rapports de production capitalistes demeurent intacts, et que la lutte climatique soit une affaire de négociation avec les détenteurs du capital, non une transformation des rapports sociaux de production.

Mesure 2 : Les transports collectifs — une ambition nécessaire, mais incomplète

La deuxième mesure représente sans doute l’une des plus substantielles du Thème 3. Elle propose un réinvestissement à court terme dans les sociétés de transport, une réduction du prix des titres de transport, et, à moyen long terme, le financement des villes pour développer des réseaux complémentaires de transport collectif. L’opération de ces réseaux serait confiée « aux instances de gouvernance locale et régionale ou à des instances publiques ».

La direction identifiée est juste : les transports représentent le premier émetteur de GES au Québec, et la priorité au transport collectif public est une nécessité écologique et sociale. Cependant, la mesure souffre de plusieurs lacunes importantes.

Premièrement, la mesure ne prend pas position sur la gratuité des transports collectifs, qui est une condition de la « dé-marchandisation des services essentiels ». « Réduire significativement le prix » n’est pas équivalent à abolir la tarification, qui reproduit une logique marchande dans l’accès à la mobilité.

Deuxièmement, et plus fondamentalement, la mesure s’abstient totalement de poser la question d’une politique industrielle publique pour la production du matériel roulant. Le Québec et le Canada importent une partie substantielle de leurs tramways, de leurs trains et de leurs autobus de constructeurs étrangers. Le développement d’une filière publique de construction de matériel de transport collectif — autobus électriques, tramways, trains — serait pourtant une condition de la maîtrise publique de la transition et de la création d’emplois de qualité dans les régions. Et cela exigerait la nationalisation/socialisation des industries produisant ces moyens de transport ainsi que l’expropriation du CN et du CP pour pouvoir mettre en place un plan remplaçant le transport des marchandises par camions par le ferroutage.

Troisièmement, rien n’est dit sur la réduction du transport aérien, qui représente une fraction croissante des émissions mondiales de GES, ni sur la restructuration du transport des marchandises, dominé par le camionnage. Une politique de transport écologique cohérente implique nécessairement de toucher à ces deux secteurs, ce qui suppose une confrontation directe avec de puissants intérêts économiques privés que la plateforme évite d’aborder.

Mesure 3 : L’environnement au cœur du développement économique — le piège du capitalisme vert

La troisième mesure est idéologiquement la plus problématique, car elle constitue le cœur de la vision économique du Thème 3. Elle propose d’appuyer le modèle de développement économique sur « la création d’emplois dans les secteurs favorisant la transition verte », de développer des « filières d’avenir » comme l’économie circulaire, les énergies renouvelables et l’électrification des transports, et d’appliquer « le principe du zéro perte d’emploi nette à l’intérieur de chaque région ».

Cette vision correspond en tous points au « capitalisme vert » ou « croissance verte » : l’idée que le système économique capitaliste peut être reformaté pour devenir compatible avec les limites écologiques de la planète, sans transformation des rapports de propriété ni remise en cause de la dynamique d’accumulation. Cette vision est insuffisante et illusoire.

Le capitalisme vert repose sur une contradiction interne : le capital ne peut pas renoncer à la croissance sans cesser d’être du capital. La compulsion à l’accumulation est structurelle, pas accidentelle. Les « filières d’avenir » promues par la plateforme-énergies renouvelables, électrification des transports — peuvent certes réduire certaines émissions dans certains secteurs, mais elles ne réduisent pas nécessairement la consommation totale de ressources naturelles ni l’empreinte matérielle globale de l’économie. Une voiture électrique demeure une voiture, avec tout ce que cela implique en termes d’extraction de lithium, de cobalt, de terres rares, d’artificialisation du territoire par les infrastructures routières.

Les objectifs de réduction des GES — « 37,5%, et idéalement 45%, d’ici 2030 » et « carboneutralité au plus tard d’ici 2050 » — sont formulés comme des engagements gouvernementaux, sans préciser les mécanismes contraignants qui permettraient de les atteindre dans un contexte où les décisions d’investissement productif demeurent entre les mains du capital privé. Un plan de transition contraignant vers la carboneutralité assortie d’une planification écologique démocratique, ce qui suppose que la planification remplace la loi du marché comme mécanisme de coordination économique.

Le principe du « zéro perte d’emploi nette à l’intérieur de chaque région » est louable dans ses intentions, mais il révèle une pensée qui reste prisonnière du cadre capitaliste : la transition est conditionnée par sa compatibilité avec la reproduction de l’emploi dans un système où le travail est une marchandise. Une véritable politique de transition socioécologique poserait plutôt la question de la réduction généralisée du temps de travail « sans perte de salaire pour partager l’emploi et réduire l’empreinte matérielle », rompant ainsi avec la logique de la croissance de l’emploi comme fin en soi.

Mesure 4 : L’adaptation aux réalités climatiques — le biais adaptatif comme résignation

La quatrième mesure, qui porte sur l’adaptation des territoires aux « nouvelles réalités climatiques », est révélatrice d’un glissement idéologique important. Elle propose des « chantiers régionaux d’adaptation » face aux chaleurs extrêmes, inondations et érosion, avec un réaménagement architectural et territorial confié aux instances régionales.

L’adaptation est nécessaire, mais la proposition de plateforme lui accorde une place qui révèle implicitement un certain degré de résignation face à l’inévitabilité des dérèglements climatiques. Une politique de gauche authentique ne peut pas se contenter d’adapter les communautés à un monde qui se réchauffe ; elle doit simultanément et prioritairement s’attaquer aux causes de ce réchauffement. Or, dans la logique de la Mesure 3, les émissions ne seront pas réduites à la hauteur nécessaire, et l’adaptation devient de facto la réponse principale. C’est l’exact renversement des priorités que commande la justice climatique.

De plus, la mesure reste entièrement dans une logique d’action étatique et gouvernementale, sans poser la question des responsabilités des grandes entreprises dans la production des conditions qui rendent l’adaptation nécessaire ni des mécanismes de financement par les pollueurs de ces chantiers d’adaptation. La justice climatique exige non seulement que les coûts de l’adaptation soient pris en charge collectivement, mais qu’ils soient financés en priorité par ceux qui ont le plus contribué à créer la nécessité de cette adaptation.

Mesure 5 : La protection du territoire — entre bonne intention et lacunes structurelles

La cinquième mesure propose de « collaborer avec les communautés locales, régionales et autochtones pour garantir la protection de 30% du territoire dans toutes les régions », en « priorisant le sud du Québec », et d’accorder un « statut juridique particulier au fleuve Saint-Laurent ».
L’objectif de protection de 30% du territoire est conforme aux engagements internationaux issus du Cadre de Kunming-Montréal sur la biodiversité. Cependant, l’approche révèle une limitation fondamentale : elle se concentre sur la protection des espaces naturels sans remettre en question les régimes d’exploitation qui menacent ces espaces. Protéger 30% du territoire sans nationaliser ni socialiser les industries forestières et minières qui opèrent sur les 70% restants, c’est accepter que la prédation capitaliste de la nature continue, et se contenter simplement de la circonscrire géographiquement.

La mention des droits des « Premières Nations et des Inuit » dans ce contexte est positive, mais elle reste dans un registre vague de « collaboration », sans engagement clair sur la mise en œuvre du droit à l’autodétermination des peuples autochtones ni sur la cogestion réelle des territoires et le partage des revenus des ressources.

Le statut juridique particulier accordé au fleuve Saint-Laurent est une mesure innovante et intéressante, mais elle reste symbolique si elle n’est pas accompagnée d’une politique d’interdiction des pratiques industrielles, agricoles et municipales qui contribuent à la dégradation de ce fleuve, et si les mécanismes de financement de sa restauration ne sont pas clairement établis au détriment des pollueurs.

Mesure 6 : L’agriculture et les pêches — des circuits courts sans rupture avec l’agro-industrie et la pêche industrielle

La sixième mesure propose « de protéger les terres agricoles contre la spéculation, de soutenir la relève agricole, de faciliter la mise en marché directe des producteurs vers la population, et de « miser sur les réseaux de distribution locale et régionale ».

Ces propositions s’inscrivent dans une vision de l’agriculture paysanne et des circuits courts qui est cohérente avec les objectifs de souveraineté alimentaire. Cependant, la mesure souffre d’une lacune analytique fondamentale : elle ignore la structure capitaliste de l’agriculture québécoise. Les producteurs agricoles sont pris en étau entre, d’un côté, les fournisseurs d’intrants — semences brevetées, engrais chimiques, pesticides, machinerie — qui sont dominés par de grands oligopoles mondiaux, comme Bayer-Monsanto ou BASF, et de l’autre, les grands monopoles de distribution qui dictent les prix à la production. Cette double subordination est la cause principale de l’endettement chronique des agriculteurs et agricultrices et de la perpétuation du modèle agro-industriel.

Soutenir les circuits courts et la mise en marché directe sans briser ces monopoles, c’est proposer des solutions marginales à un problème structurel. Une véritable politique de souveraineté alimentaire exigerait, la réduction de l’endettement par la mise sur pied d’une caisse nationale pour diminuer les coûts de financement des intrants comme de la distribution de la production, l’interdiction de l’importation de productions agricoles ne respectant pas les normes environnementales, et la sortie d’une agriculture centrée sur la production carnée en mettant fin aux élevages industriels. Sur ce dernier point, la mesure 6 est totalement silencieuse, alors que la production animale intensive est l’une des principales sources d’émissions de GES dans le secteur agricole et l’une des causes majeures de l’effondrement de la biodiversité.

Mesure 7 : L’interdiction des nouveaux pipelines — une mesure juste, mais insuffisante

La septième mesure est la plus explicitement anticapitaliste du Thème 3 : elle propose d’interdire « tout nouveau projet de transformation et de transport des énergies fossiles au Québec » et de protéger Hydro-Québec « de toute forme de privatisation pour la production et la distribution électrique ».

Cette mesure est juste et nécessaire. Elle correspond à la revendication d’une sortie des hydrocarbures et fin des subventions aux énergies fossiles. Elle protège Hydro-Québec de la privatisation, mais ne propose pas sa démocratisation et sa socialisation réelles.

La nationalisation d’Hydro-Québec est un acquis historique important, mais elle a produit une étatisation, non une socialisation. Les décisions stratégiques d’Hydro-Québec — développement de l’exportation vers les États-Unis, partenariat avec des producteurs privés éoliens, ententes avec Énergir permettant le maintien du gaz naturel dans le mix énergétique québécois — ont été prises par des élites technocratiques et managériales, sans contrôle citoyen ni participation des travailleurs. La protection contre la privatisation est nécessaire, mais insuffisante ; ce qu’il faut, c’est une socialisation d’Hydro-Québec instituant des mécanismes démocratiques de contrôle citoyen et travailleur sur les choix énergétiques du Québec.

De plus, la mesure 7 reste silencieuse sur la nationalisation/socialisation de l’ensemble du secteur des énergies renouvelables, qui risque d’être développé par des producteurs privés bénéficiant des ressources collectives. Le modèle actuel, où Hydro-Québec achète l’électricité produite par des parcs éoliens privés à des tarifs garantis, constitue une forme de socialisation des risques et de privatisation des profits qui est en contradiction directe avec la logique d’une souveraineté énergétique collective.

Conclusion : un réformisme gestionnaire face aux exigences de la rupture avec les fondements de la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité

L’analyse du Thème 3 du projet de plateforme 2026 de Québec solidaire révèle un texte caractérisé par trois lacunes fondamentales du point de vue d’une gauche anticapitaliste cohérente.

La première est analytique : le capitalisme n’est jamais nommé comme système générateur de la crise climatique. La crise est décrite comme un phénomène technique et climatique, non comme le produit d’un mode de production spécifique fondé sur l’accumulation illimitée et la prédation de la nature. Cette invisibilisation du capitalisme prive le programme de sa capacité à identifier les acteurs de la crise et les rapports de force à renverser.

La deuxième est structurelle : les rapports de propriété capitaliste ne sont jamais remis en question. Les grandes entreprises industrielles, minières, agroalimentaires et énergétiques restent des acteurs privés avec lesquels l’État négocie, non des institutions à socialiser pour les soumettre au contrôle démocratique collectif. Or, sans transformation du régime de propriété dans les secteurs stratégiques, aucune planification écologique démocratique n’est possible : les décisions d’investissement resteront soumises à la logique du profit, non à la logique des besoins sociaux et écologiques.

La troisième est politique : le programme reste fondamentalement dans une logique gouvernementale et étatiste, sans articuler une perspective de construction du pouvoir populaire capable d’imposer une transformation structurelle face aux résistances prévisibles des classes dominantes. Les allusions à la participation citoyenne et aux droits des peuples autochtones restent à l’état de déclarations d’intention, sans mécanismes institutionnels permettant un contrôle réel des décisions économiques et écologiques.

Face à l’urgence écologique et à l’ampleur des transformations nécessaires, un programme véritablement de gauche devrait affirmer sans ambiguïté que la transition socioécologique est impossible dans le cadre du capitalisme, qu’elle exige une rupture démocratique avec ce système, passant par la nationalisation et la socialisation des secteurs stratégiques — énergie, transport, ressources naturelles, système financier —, par une planification écologique démocratique substituant la satisfaction des besoins collectifs à la loi du profit, et par une politique fiscale redistributive massif transférant la richesse des classes dominantes vers la majorité populaire et les communautés. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que la transition socioécologique peut être à la fois rapide, juste et durable.

Bernard Rioux

Militant socialiste depuis le début des années 70, il a été impliqué dans le processus d’unification de la gauche politique. Il a participé à la fondation du Parti de la démocratie socialiste et à celle de l’Union des Forces progressistes. Militant de Québec solidaire, il participe au collectif de Gauche socialiste où il a été longtemps responsable de son site, lagauche.com (maintenant la gauche.ca). Il est un membre fondateur de Presse-toi à gauche.

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