Édition du 30 novembre 2021

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Garderies

Saccage du réseau des services de garde éducatifs - Des milliers de cartes postales remises au premier ministre en faveur d'un réinvestissement massif (CSN)

MONTRÉAL, le 3 déc. 2016 - Le gouvernement du Québec doit enfin écouter le cri du cœur de dizaines de milliers de parents et de travailleuses et travailleurs des services de garde en centres de la petite enfance, en milieu familial régi et en milieu scolaire. Il doit réinvestir massivement pour assurer le développement des services de qualité dispensés à près de 400 000 enfants. C’est l’essentiel du message livré aujourd’hui par des manifestants venus déposer des dizaines de milliers de cartes postales aux bureaux de Philippe Couillard, à Montréal, tout comme à Saint-Félicien.

Au total, près de 80 000 cartes postales ont été signées par la population et les travailleuses et travailleurs de toutes les régions depuis le lancement de la campagne de la CSN Un réseau qui fait grandir, le 28 février dernier. De ce nombre, 25 000 cartes ont déjà été déposées à l’Assemblée nationale, le 15 mars dernier, pour réclamer du gouvernement un changement de cap.

« Le premier ministre Philippe Couillard doit se montrer sensible à cette démarche qui a permis de rejoindre un à un des parents, des salarié-es, des spécialistes et des personnalités de tous horizons et ce, dans toutes les régions, affirme Jacques Létourneau, président de la CSN. Tous réclament la fin de la modulation des tarifs selon le revenu familial, l’arrêt des compressions budgétaires récurrentes de dizaines de millions de dollars et un réinvestissement significatif dans le réseau des services de garde. Deux années d’austérité ont permis au gouvernement d’engranger des surplus de 3,7 milliards de dollars en 2016, dont 1,5 milliard dédiés au Fonds des générations. Il a donc amplement les marges de manœuvre pour remettre le réseau sur ses rails. »

Un choc tarifaire déplorable

La CSN rappelle que le gouvernement a imposé, le 1er avril 2015, des hausses tarifaires additionnelles et indexées annuellement aux parents fréquentant un service de garde régi à contribution réduite pour un total de 160 millions de dollars par année, tout en mettant ainsi en cause l’universalité et l’accessibilité aux services de garde. En milieu scolaire, la contribution a aussi augmenté, en plus d’une hausse du coût des activités pédagogiques.

Un parti pris pour les garderies commerciales

Au fil des ans, la CSN constate que les gouvernements libéraux successifs ont mis en place des mesures pour favoriser le développement de garderies commerciales : pour certaines, en leur accordant davantage de places à contribution réduite et, pour d’autres, par le biais de la bonification du crédit d’impôt versé aux parents pour frais de garde. En 2003, ces garderies privées représentaient 16 % du total des places, contre 35 % aujourd’hui.

Des compressions inadmissibles

Les compressions de 300 millions de dollars imposées depuis 2014 font très mal aux enfants et aux travailleuses et travailleurs. En CPE : diminution des heures consacrées à l’alimentation, à la désinfection et à l’entretien sanitaire, à l’accompagnement des enfants aux besoins spécifiques ainsi que le non-remplacement du personnel. En milieu familial régi : baisse des ressources dédiées à l’aide pédagogique et à l’aide aux enfants ayant des besoins spécifiques. En milieu scolaire : réduction des achats de matériel ainsi que du temps de planification et de préparation au détriment de la diversité des activités des enfants.

À bout de souffle !

« Ça ne peut plus continuer ! lancent en cœur Louise Labrie, représentante du secteur des CPE, Julie Legault, du Syndicat des responsables en service de garde (RSG) en milieu familial de l’Outaouais, toutes deux de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), et Gabrielle Messier, du Syndicat du soutien scolaire Chemin-du-Roy affilié à la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN). Tout le monde est à bout de souffle tellement on nous oblige à faire beaucoup plus avec beaucoup moins. C’est sans compter les impacts extrêmement négatifs sur la santé physique et psychologique de nos travailleuses et de nos travailleurs de même que pour les RSG qui, dans bien des cas, sont contraintes d’abandonner leur service de garde pour aller au secteur privé. »

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