Édition du 12 mars 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 18 décembre 2018

Se préparer à riposter à l’offensive de la droite

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Le temps des fêtes de fin d’année est souvent propice à des annonces que les gouvernements voudraient discrètes, voir à l’abri de l’attention des citoyen.ne.s. Le projet Gazoduk.com est de cette mouture. Alors que François Legault se fait du capital écologique en définissant le pétrole albertain d’énergie sale, il prépare la table à un projet encore plus destructeur pour le Québec.Le collectif « Coule pas chez nous » prévient que les promoteurs comptent bien lancer le projet bientôt. Préparons les pancartes, les tracts et les manifs, le lobby du pétrole relance la partie.

La réforme du mode de scrutin sera au programme pour l’année 2019. La CAQ s’est engagée à déposer un projet de loi à ce sujet. Les débats sur les tenants et aboutissants seront nombreux. Isabelle Lacroix brosse un tableau des enjeux et implications entourant cette réforme importante pour des gains démocratiques au Québec.

Plusieurs médias, ceux de Québecor en particulier, versent dans la complaisance avec l’extrême-droite. Ils les qualifient plutôt de populistes ou de nationalistes ou même passent sous silence leur orientation. Ils leur fournissent une tribune comme s’il s’agissait de mouvance comme les autres. Xavier Camus en offre un autre exemple avec le cas d’André Sirois, invité à l’émission de Mario Dumont. L’invité intervenait dans le cadre de discussions sur le Pacte des migrants. Évidemment, ce fut un concert de préjugés et de complots d’invasion islamistes évoqués par celui qui est présenté comme un ex-employé de l’ONU.

Justine Chénier d’Amnistie internationale soulève le risque de la disparition des langues millénaires autochtones canadiennes. Expliquant la situation par les politiques coloniales qui durent depuis la formation du Canada, elle propose « un processus de soutien et de valorisation de ces dernières à l’échelle nationale. »

Bernard Rioux dénonce le fait que la droite conservatrice au Canada et au Québec se braque contre le Pacte des Nations Unies sur les migrations malgré ses limites qui sont décrites dans cet article.

Nous profitons du moment pour vous souhaiter à tous les lecteurs et les lectrices de Presse-toi à gauche une bonne fin d’année. Que cette courte période permette de recharger nos batteries afin d’être en mesure de riposter à l’offensive de la droite au pouvoir qui ne manquera pas de nous défier.

Sur la scène internationale

Pour la période des fêtes, nous vous invitons à lire les chroniques Planète et économie. Nous y avons retenu des textes développant des analyses plus approfondies des phénomènes environnementaux et économiques.

Pour la situation internationale, notre attention porte sur le Proche Orient, l’Afrique et le phénomène des gilets jaunes.

Au Proche-Orient

Cet article dénonce le colonialisme d’Israël si concrètement que l’horreur apparaît dans toute sa laideur.

Couper des oliviers palestiniens, pour s’emparer, demain, de terres Ce qui y est dépeint c’est le difficile accès des Palestiniens et Palestiniennes à leurs terres. Et quand ils et elles réussissent à pouvoir y aller, c’est pour s’apercevoir du vandalisme de leurs oliveraies. Des malfrats israéliens saccagent les oliviers, volent les récoltes et endommagent l’avenir des arbres. Les poursuites en justice n’existent pas et les personnes qui causent de tels méfaits s’en tirent les pattes blanches. La lecture du texte nous donne la rage au coeur.

Sur l’Afrique

Ces trois textes sur l’Afrique brossent un tableau de la situation économique sous l’angle du panafricanisme et des possibilités pour les pays africains de s’en sortir en développant le libre échange.

Zone de libre-échange continentale africaine : Quel panafricanisme ? Dans le premier texte ce qui est abordé c’est le dynamisme économique africain et l’espoir que le panafricanisme peut régler les problèmes économiques et sociaux de l’Afrique. « Afro-optimisme qui semble en corrélation avec une renaissance ou un renouvellement du discours panafricaniste hors des murs de l’UA, au sein de l’intelligentsia africaine, dans le patronat africain. À en croire des laudateurs du supposé dynamisme économique africain, il n’y aurait pas d’incompatibilité entre l’idéal panafricaniste d’émancipation des peuples africains et l’enracinement de la supposée dynamique économique africaine dans la néolibéralisation de la mondialisation capitaliste…. »

Dans la deuxième partie, l’échange des marchandises y est abordé. Mais cet échange est vite qualifié d’inégale : « Autrement dit, du point de vue capitaliste partagé par tous les États africains, des économies nationales productrices d’une diversité de marchandises auraient favorisé l’existence de ZLE régionales au sein desquelles, grâce à « une politique de redistribution significative » (J. Berthelot), les déséquilibres, les inégalités auraient été atténués. P

Enfin le troisième article pose clairement à qui sert la notion de panafricanisme : « Un panafricanisme pour le secteur dominant du capital, qui, tout en détruisant des emplois du secteur dominé du capital, peut certes, en créer d’autres, pour les classes populaires. Car l’exploitation de la force de travail lui est vitale, aussi pour son expansion. » Ou du point vue de la classe ouvrière : « Du point de vue de l’émancipation des classes populaires africaines, structurellement perdantes dans l’ordre capitaliste, l’enrayement de la ZLECAf ne serait donc pas à déplorer. Sa mise en œuvre, d’autant plus qu’en relation avec l’APE et d’autres accords de libre-échange bilatéraux, ne pourra qu’être, en général, facteur de plus de malheur pour ces damné·e·s de la terre. »

La conclusion générale porte évidemment sur une appréciation de la mondialisation en Afrique « la libération et l’unité africaine ne se réaliseront que par la lutte contre les alliés africains du capital international » (Walter Rodney) [18]. Le panafricanisme émancipateur ne peut qu’être écologiste, féministe, socialiste, contre toutes les autres oppressions (ethniques/raciales, sexuelles, etc.). »

En Europe

La situation en Europe demeure marquée par les mobilisations des gilets jaunes. Presse toi à gauche à créer un dossier que vous pouvez consulter pour lire tous les articles sur le sujet. Nous en avons retenu deux portant un angle nouveau sur le sujet.

Les femmes dans le mouvement des gilets jaunes : révolte de classe, transgression de genre Les femmes participent et participent même beaucoup à cette lutte. L’article tient à souligner cette présence. « Depuis quelques jours, les médias rendent compte de la présence importante des femmes de tous âges dans la mobilisation des gilets jaunes. Sur le terrain, elles sont effectivement présentes sur les ronds-points et apparaissent régulièrement dans les médias » Il fait aussi des clins d’oeil à l’histoire en montrant comment les femmes ont été de toutes les grandes manifestations de révoltes . « La participation des femmes dans les grèves et les mouvements sociaux n’a rien de nouveau, en particulier contre la vie chère. Dès le XVIIIe siècle, elles sont parties prenantes des révoltes, que celles-ci soient frumentaires, antifiscales ou antiseigneuriales : elles peuvent alors prendre le devant de la scène, exhorter les hommes à les suivre ».

L’article conclut sur la place des femmes dans la représentation politique et parle de l’invisibilité des femmes : « Ce qui change peut-être dans la publicisation du mouvement des gilets jaunes, c’est que l’invisibilité des femmes est partiellement rendue visible et débattue (même si cela reste tendanciel car certaines soirées sur BFMTV par exemple donnent davantage la parole à des hommes). Un phénomène probablement lié au gain de légitimité de la parole des femmes ces derniers mois. »

Comme deuxième article sur les gilets jaunes, nous trouvons important de souligner l’aspect répressif du gouvernement Macron. Répression macroniste contre le peuple desGilets jaunes : un état d’urgence qui ne dit pas son nom. L’article démontre concrètement les violences policières. « Finalement, sur la seule journée du samedi 8 décembre, les forces de police ont interpellé 1 723 personnes participant au mouvement, dont 1 082 rien que sur Paris, lesquelles ont débouchées sur 820 gardes à vue. »

En plus de ces statistiques, il illustre concrètement les formes de blessures, l’usage d’armes de guerre et les conséquences sur les personnes manifestantes. La surtâche pour les services hospitaliers sont aussi mentionnée. « Malheureusement, pour faire face à un tel afflux de blessés, dont nous ne dressons là qu’une liste trop partielle, les services de santé pâtissent d’un manque flagrant de ressources qui pourraient être facilement mobilisées en rétablissant l’Impôt sur la fortune (ISF) par exemple. »

L’article s’achève aussi sur la couverture journalistique et mentionne la répression dont les journalistes sont victimes. « Quatre syndicats de journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT et FO, ont demandé lundi 10 décembre à être reçus « en urgence » par Emmanuel Macron après des « dérapages inadmissibles » des forces de l’ordre, notamment à Paris, contre des reporters de terrain et des photographes en marge de la manifestation des Gilets jaunes. Ils « exigent des explications de la préfecture de police, du ministère de l’Intérieur et du gouvernement sur les consignes qui ont été données pour en arriver à cette situation » [16]. « Dès 8h du matin, samedi, de nombreux photographes de presse, clairement identifiés comme tels, se sont fait confisquer leur équipement de protection individuel (casques, lunettes, masque à gaz), parfois sous la menace d’une garde à vue », écrivent-ils dans un communiqué commun. »

Et nous tenons à rapporter la conclusion pour montrer comment la répression sert le monde des affaires. « 16 décembre 2018 : … Par ailleurs, le Flash-Ball, après avoir grièvement blessés de nombreux manifestant·e·s, dont Alexandre et Bruno de Villiers-le-Bel qui ont perdu un œil en 2009, est maintenant destiné à l’exportation pour des opérations de maintiens de l’ordre à l’étranger. Comme les méthodes de guerre contre-révolutionnaire employées par l’armée française pendant la guerre d’Algérie, ensuite enseignées aux États-Unis et en Amérique latine pour le maintien de dictatures en place, le matériel et savoir-faire français en matière de répression passe les frontières. »

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