TORONTO, Le 6 novembre 2008 – La tentative de Wal-Mart Canada d’infirmer les accusations d’infraction du code du travail de la Saskatchewan a été repoussée par la Commission des relations de travail de la Saskatchewan (CRTS). La décision a été rendue à peine quelques jours après que de nombreuses objections furent déposées en vue de contrecarrer les ambitions bancaires de Wal-Mart, et 10 semaines avant que les accusations pesant contre Wal-Mart soient étudiées par la Cour suprême du Canada à la suite de la fermeture d’un magasin Wal-Mart syndiqué en 2005.
Cette fermeture du magasin au Québec fut également l’objet d’un jugement qui vient d’être rendu par la CRTS, à l’effet que l’impact de la fermeture peut aussi avoir violé le code du travail de la Saskatchewan. Des accusations de pratiques déloyales de travail ont été déposées en Saskatchewan par la section locale 1400 des TUAC Canada en 2005 lorsque Wal-Mart a d’abord menacé et a ensuite procédé à la fermeture de son magasin de Jonquière au Québec après que les employés y aient formé un syndicat.
La section locale 1400 a plaidé que la fermeture de Jonquière a intimidé les employés de Wal-Mart en Saskatchewan et à travers le Canada qui avaient l’intention de se syndiquer. Wal-Mart a riposté en demandant de faire abandonner l’affaire, qualifiant les accusations de « frivoles », et en s’objectant à l’autorité de la CRTS de juger la compagnie sur les actions qu’elle avait prises dans une autre province.
Dans une décision écrite rendue le 24 octobre, la CRTS a rejeté les objections de Wal-Mart au jugement de la cause comme étant, « …sans fondement. La cause du syndicat est défendable… Le fait que les actions de Wal-Mart sur lesquelles reposent les allégations aient été commises à l’extérieur des confins géographiques de la Saskatchewan ne veut pas dire… qu’un employeur ayant son siège social ailleurs ne puisse pas, par des actions commises au ou par ledit siège social, intimider ses employés dans une autre province. »
Selon Wayne Hanley, président national des TUAC Canada, « Wal-Mart ne peut pas se cacher derrière les frontières provinciales. La compagnie ne peut pas prétendre, lorsqu’elle ferme un magasin aussitôt que les employés se syndiquent, que cela n’effraye pas d’autres travailleurs qui veulent aussi se syndiquer. Elle l’a fait à Jonquière il y a quatre ans et elle l’a fait encore à Gatineau le mois dernier. Wal-Mart continue de montrer partout au pays qu’elle n’a aucun respect des lois du travail du Canada, ni de la Charte des droits et libertés qui garantit aux travailleurs et aux travailleuses le droit de se syndiquer pour fins de négociation collective. »
« Wal-Mart établit ses propres règles du jeu, et comme la CRTS l’a mentionné la semaine dernière, l’impact de ses actions se fait sentir à travers le pays », explique Hanley. « Est-ce le genre de compagnie digne de la confiance des Canadiens en tant que banque ? » demande Hanley. Les TUAC Canada, le Congrès du travail du Canada et d’autres groupes revendiquent des audiences publiques sur la récente demande de permis par Wal-Mart Canada qui aspire à faire son entrée dans le secteur bancaire.
Le comportement de la compagnie sera aussi scruté sous la loupe en janvier lorsque la Cour suprême du Canada commencera à juger des accusations contre Wal-Mart portant sur la violation des droits de ses employés de Jonquière en vertu de la Charte lorsqu’elle a fermé son magasin après l’entrée du syndicat.

