Édition du 20 octobre 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

États-Unis

Trump refuse de promettre un transfert du pouvoir sans résistance

Donald Trump a refusé lors de plusieurs interviews de promettre qu’il quitterait sans résistance le pouvoir s’il perdait la prochaine présidentielle. Ces déclarations provoquent la consternation parmi le public, le Parti démocrate et même dans le propre parti de Trump.

Paru sur le site du NPA, 29 septembre
Dan La Botz

Trump prétend que les bulletins de vote par correspondance – plus largement utilisés en raison de la pandémie de coronavirus qui a fait 205 000 morts – sont une « arnaque ». Il dit qu’il y aura une fraude électorale massive, bien que les bulletins de vote par correspondance soient utilisés par certains États depuis des années et qu’il n’y ait aucune preuve de fraude. Toute l’Amérique discute maintenant de la possibilité d’un maintien illégal de Trump au pouvoir.
Trump veut fausser les élections

La leader démocrate à la Chambre, Nancy Pelosi, a déclaré à Trump : « Vous n’êtes pas en Corée du Nord ; vous n’êtes pas en Turquie ; vous n’êtes pas en Russie, Monsieur le Président, et en passant, vous n’êtes pas en Arabie saoudite. Vous êtes aux États-Unis d’Amérique. C’est une démocratie, alors pourquoi n’essayez-vous pas un instant d’honorer votre serment à la Constitution des États-Unis ? » Même le chef du Sénat républicain, Mitch McConnell, qui a fermement soutenu Trump, s’est senti obligé de faire une déclaration, en tweetant : « Le vainqueur des élections du 3 novembre inaugurera son mandat le 20 janvier. Il y aura une transition ordonnée comme il y en a eu tous les quatre ans depuis 1792. » La plupart des politiciens républicains essaient d’éviter les commentaires.

Joe Biden est en tête des sondages dans les États incertains (« swing states »). De nombreuses femmes, des électeurEs blancs de la classe ouvrière et des électeurEs plus âgés abandonnent Trump. Celui-ci a donc travaillé pour fausser les élections. Il a réduit les ressources du service postal, ce qui empêchera le retour rapide des bulletins de vote par correspondance. Il a intenté des poursuites contre quatre États – l’Iowa, le Nevada, le New Jersey et le Montana – et contre la nation Navajo pour rendre le vote par correspondance plus difficile. Il affirme que les bulletins de vote par correspondance ne permettront pas de déterminer le vainqueur de l’élection. On s’attend à ce que, dans certains États, le décompte final n’ait pas lieu pendant des jours, voire des semaines, après le jour du scrutin. Trump fait pression pour pourvoir immédiatement la vacance à la Cour suprême créée par la mort de Ruth Bader Ginsburg, affirmant que la Cour pourrait devoir décider du résultat de l’élection.
Que pourrait-il se passer après le scrutin ?

- Il est pratiquement impossible pour Trump de remporter le vote populaire, mais s’il obtient une majorité claire au collège électoral, il sera le vainqueur et conservera ses fonctions, libre de continuer à procéder à la transformation autoritaire du système politique.

- Si Trump remporte une élection que les Démocrates jugent injuste ou volée, le Parti démocrate intentera des recours judiciaires pour annuler l’élection mais le procureur général (ministre de la Justice, nommé par Trump) fera en sorte de retarder toute décision. Il y aura sans aucun doute des manifestations massives. Trump pourrait appeler l’armée à réprimer les manifestations. Ses partisans, souvent armés, pourraient également venir combattre ses adversaires.

- Si Trump perd clairement les élections mais refuse de reconnaître sa défaite et de quitter la Maison Blanche avant le 20 janvier, cela pourrait ouvrir un conflit encore plus profond. Dans ce cas de figure, l’armée pourrait devenir un facteur décisif en refusant d’obéir aux ordres de Trump, et œuvrer à sa destitution et à l’installation de Joe Biden au pouvoir. Si cela devait se produire, le rôle des militaires dans la société américaine serait fondamentalement changé. L’armée deviendrait la « gardienne de la démocratie », une perspective qui semblerait vicier l’idée de démocratie elle-même.

- Presque tous les scénarios que nous pouvons imaginer pourraient bien conduire à des affrontements dans les rues entre les partisans de Trump et ses adversaires à une échelle beaucoup plus grande et plus violente que ce que nous avons vu jusqu’à présent.

Dans ce contexte et sans illusion sur Joe Biden, une partie de la gauche appelle à voter pour le candidat démocrate afin qu’il soit plus difficile pour Trump de revendiquer la victoire et de justifier son maintien au pouvoir. Face à Trump, les socialistes démocrates d’Amérique (DSA) ont recruté des milliers de nouveaux membres. Toute la gauche peut jouer un rôle plus important dans l’impulsion d’un puissant mouvement de résistance et la construction du nouveau parti socialiste dont nous avons besoin.

Traduction Henri Wilno

Dan La Botz

L’auteur est un professeur d’université américain et un militant de l’organisation socialiste Solidarity.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : États-Unis

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...