Édition du 22 juin 2021

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Syndicalisme

43e Congrès de la CSQ - « Soyons plus que jamais solidaires dans le changement » - Sonia Ethier, présidente de la CSQ

QUÉBEC, le 28 juin 2021 - À l’occasion de l’ouverture du 43e Congrès de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui se tient du 28 au 30 juin, en ligne, la présidente de l’organisation, Sonia Ethier, a tenu sa dernière allocution officielle en plaidant en faveur du rôle crucial des centrales syndicales dans un monde confronté aux transformations du travail suivant la pandémie.

La solidarité comme réponse

À la fin d’un triennat qui aura été marqué par une crise mondiale d’une ampleur inédite, Sonia Ethier rappelle que ses objectifs de rapprocher la CSQ de ses membres et de la population ont fait en sorte que la Centrale en est ressortie plus forte. « Nous avons toujours été solidaires dans le changement. Cela constitue le moteur de notre action, et c’est pourquoi les syndicats de la CSQ ont fait le choix de s’allier pour mener des luttes collectives qui vont bien au-delà des frontières de leurs milieux de travail », a-t-elle mentionné.

En soulignant la force du lien unissant les membres de la CSQ afin de changer le monde, un geste à la fois, la présidente sortante de la CSQ a réitéré le rôle essentiel des centrales syndicales pour faire progresser la société et améliorer concrètement la vie des citoyennes et des citoyens. « Changer notre monde, c’est l’objectif que nous partageons toutes et tous ensemble. Quand j’ai commencé à enseigner, il n’y avait même pas de listes de rappel pour le personnel. Les congés de maternité n’existaient pas. On ne parlait même pas d’équité salariale, et le réseau de la petite enfance n’était même pas dans les plans du gouvernement. Ces exemples suffisent à nous convaincre de l’importante responsabilité que nous avons, toutes et tous, entre les mains : influencer le cours de l’histoire. Parce que les luttes passées nous enseignent qu’on obtient seulement ce qu’on va chercher soi-même. Personne ne va le faire à notre place », a-t-elle exprimé devant les membres réunis en assemblée virtuelle.

Un rôle politique à assumer

Pour la présidente sortante de la CSQ, les luttes sociales ont toutes en commun d’être plus grandes que les organisations syndicales, définissant l’ADN de l’action politique des centrales. La pandémie ayant même mis sous tutelle les parlements et le rôle des oppositions, Sonia Ethier a mentionné que la crise a mis en lumière le rôle essentiel des syndicats, plus que jamais. « Au moment de notre histoire où on est même allé jusqu’à suspendre la démocratie, les centrales syndicales ont été le dernier rempart dans la protection des droits des citoyens. Pendant des semaines, nous avons été l’ultime "chien de garde" pour ce qui est de la défense des droits des travailleuses et des travailleurs et de la protection des services publics », a-t-elle rappelé.

Devant cette importante responsabilité des centrales syndicales, Sonia Ethier mentionne que le plus grand risque planant actuellement sur le milieu du travail et la société est l’éclatement de la solidarité. « Dans plusieurs régimes politiques, on a comme premier réflexe d’attaquer les syndicats, sinon de les mettre à la solde du gouvernement. Ne nous faisons pas d’illusions : nous sommes souvent confrontés à des personnes qui aspirent à un monde où les syndicats qui ne se mêlent pas des enjeux sociaux se multiplient et, surtout, se montrent vulnérables au chantage et aux pressions gouvernementales », fait-elle valoir.

Jusqu’où acceptera-t-on de se faire mener par l’austérité ?

Mais au moment de remettre nos sociétés en marche, quelle direction le Québec doit-il prendre ? Dans son allocution d’ouverture du Congrès, Sonia Ethier invite les membres à continuer d’assumer pleinement et publiquement leur rôle fondamental d’acteurs sociaux et politiques, dans l’objectif de lutter pour une société plus juste et plus égalitaire. Après une génération de coupes, de rationalisation budgétaire et d’austérité, elle insiste sur l’importance de tenir tête aux discours moralisateurs sur la capacité de payer qui se font déjà entendre alors que la crise n’est même pas encore terminée. « Jusqu’où devra-t-on collectivement descendre avant de comprendre que la cour de l’austérité est pleine ? Allons-nous accepter d’assister, dans les prochaines années, au retour des coupes budgétaires, qui ont causé tant de torts en ce qui concerne les services aux élèves, aux étudiants et aux patients ? Rappelons-nous qu’il aura même fallu l’intervention de l’armée canadienne pour pallier les lacunes des conditions de travail que nous décrions depuis tellement d’années. Nous serons toujours à une crise près de la déconstruction de nos acquis et de reculs sociaux. Ainsi, notre rôle est de rappeler au gouvernement qu’on ne peut pas passer son temps à défaire ce qu’on a pris des dizaines d’années à construire », a-t-elle lancé.

Choisir l’avenir que nous voulons

Invitant les membres à prendre, à leur tour, le flambeau pour les luttes et les combats sociaux à venir, la présidente de la CSQ considère essentiel que l’organisation continue de rester proche de ses membres et d’occuper toutes les tribunes possibles pour associer la population aux nombreux bénéfices d’avoir des services publics forts. « C’est à nous de continuer à dire "non" aux approches comptables, sans vision, qui étouffent nos milieux de travail et sacrifient notre bien-être depuis 25 ans en causant de la surcharge, un manque de ressources et de la sous-valorisation. Pour relever le défi, nous devons revenir aux grands principes qui ont guidé notre organisation depuis ses débuts. Ne permettez jamais à personne de limiter vos rêves et vos aspirations. C’est vous qui êtes désormais le rempart de la solidarité, et, forts de cette responsabilité, vous devez poursuivre votre idéal de société », a-t-elle conclu.

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