Édition du 19 octobre 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

États-Unis

Alors que la vie revient à la normale aux USA, les tueries de masse reprennent

À Atlanta, en Géorgie, le 16 mars, un homme armé a tué huit personnes dans trois salons de massage, dont six femmes asiatiques. Puis, le 22 mars à Boulder, Colorado, un homme armé a tué dix personnes. Le 31 mars 2021, à Orange, en Californie, un homme armé a assassiné quatre personnes, dont un un garçon de neuf ans. Depuis la fusillade d’Atlanta, il y a eu au moins vingt fusillades de masse aux États-Unis.

8 avril 2021 | tiré de l’Hebdo L’Anticapitaliste - 563
https://lanticapitaliste.org/actualite/international/alors-que-la-vie-revient-la-normale-aux-usa-les-tueries-de-masse-reprennent

Depuis la fin des années 1970, quand elles sont devenues courantes, des fusillades de masse ont eu lieu dans toutes les régions du pays, dans les villes, les villages et les zones rurales. Elles ont lieu dans les écoles, lors de concerts, dans les églises, dans les immeubles de bureaux et les centres commerciaux. Elles se produisent lors de fêtes d’anniversaire et de mariages.

400 millions d’armes à feu

Les tireurs sont presque tous des hommes, qui peuvent être blancs, noirs, latinos ou arabes. Ils peuvent avoir connu les victimes ou non. Les motifs peuvent être personnels ou politiques, et bon nombre d’entre eux semblent souffrir de troubles mentaux. Alors que les tireurs utilisent parfois des armes de poing, ces évènements impliquent très souvent des fusils d’assaut, des armes automatiques de grande puissance pouvant contenir de 30 à 100 cartouches.

Les fusillades de masse, comme les fusillades en général, découlent généralement de problèmes sociaux : pauvreté, criminalité, maladie mentale et familles en détresse. Mais c’est la disponibilité immédiate des armes à feu qui rend un tel meurtre de masse possible. En Amérique, il y a 330 millions de personnes et 400 millions d’armes à feu. On peut acheter un pistolet ou même un fusil d’assaut pour 500 dollars. L’année dernière, en partie en raison des manifestations de Black Lives Matter et de l’appel à la remise en cause de la police, les ÉtatsunienEs, principalement blancs mais pas seulement, ont acheté 40 millions d’armes à feu supplémentaires.

Près de 20 000 morts par arme à feu

Alors que les fusillades de masse font la une des journaux télévisés, elles ne sont qu’une partie du problème de la violence armée en Amérique. L’année dernière, près de 20 000 ÉtatsunienEs ont été tués par armes à feu dans des meurtres, des suicides et des accidents. Beaucoup de ces décès résultent de combats entre gangs rivaux. La police, pour sa part, a tué par balles environ 985 personnes. En majorité des Blancs, mais la proportion de Noirs et de Latinos est plus élevée que leur part dans la population.

La plupart des ÉtatsunienEs (60 %) souhaiteraient désormais des lois plus strictes sur le contrôle des armes à feu, une proportion en hausse de près de 10 % par rapport à il y a quelques années. À l’heure actuelle, les repris de justice et les personnes certifiées malades mentales ne peuvent pas acheter d’armes à feu, mais presque tous les autres adultes peuvent le faire. Cela dépend des lois qui varient selon les États. En fait, si vous ne pouvez pas acheter une arme à feu dans votre État, vous pouvez souvent aller dans l’État voisin et en acheter une.

Blocages du Parti républicain

Pourtant, le gouvernement s’est avéré incapable de faire quoi que ce soit face à ce problème. Pourquoi donc ? Les réformateurs appellent à l’octroi de licences pour toutes les ventes d’armes à feu, à la vérification des antécédents universels, à l’interdiction des gros chargeurs et à l’interdiction de la vente d’armes d’assaut, tout en donnant aux juges le pouvoir de confisquer leurs armes à ceux qui présentent un danger pour eux-mêmes ou pour les autres.

Le Parti républicain a bloqué presque toutes les lois de réforme des armes à feu, arguant qu’elles sont anticonstitutionnelles car contraires au deuxième amendement de la Constitution : « Une milice bien réglementée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple à porter les armes ne doit pas être violé. » Ceci est interprété comme signifiant que n’importe qui peut posséder une arme à feu.

Les Démocrates, en particulier les progressistes, ont en général soutenu les projets de législation sur le contrôle des armes à feu. Les Socialistes démocrates d’Amérique (DSA) n’ont pas de position officielle, mais des articles dans ses journaux suggèrent que DSA soutient également le contrôle des armes à feu. Certains socialistes américains, cependant, ont organisé des clubs d’armes à feu, faisant valoir que l’extrême droite (et des policiers souvent racistes) ne devrait pas avoir le monopole des armes.

Malgré l’horreur de la poursuite des meurtres de masse, des meurtres de gangs et de la violence armée de toutes sortes, le Sénat américain étant partagé entre 51 voix démocrates et 50 voix républicaines, il restera difficile d’adopter des lois sur le contrôle des armes à feu.

Traduction Henri Wilno

Dan La Botz

L’auteur est un professeur d’université américain et un militant de l’organisation socialiste Solidarity.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : États-Unis

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...