Sodoma
Frédéric Martel
Cet essai porte sur l’homosexualité de l’Église et nous en révèle les faces cachées. Il nous en décrit l’ampleur et les ramifications, des petits séminaires aux hautes sphères du Vatican ; il nous en détaille également les luttes internes entre l’homophobie la plus radicale, paradoxalement promue par des prélats eux-mêmes homosexuels, et sa composante plus homophile, dont les représentants sont souvent des hétérosexuels. Pendant quatre années, l’auteur a vécu à l’intérieur du Vatican et mené l’enquête dans une trentaine de pays, y interrogeant des dizaines de cardinaux et des centaines d’évêques et de prêtres. Il couvre en général les pontificats de Paul VI à François. Même si certaines affirmations y sont à prendre avec un grain de sel, on ne peut globalement qu’admirer la profondeur de cette enquête sidérante, qui nous permet de comprendre bien des choses au sein de l’Église.
Extrait :
Comme beaucoup de prêtres italiens, comme la majorité d’entre eux, je suis entré au séminaire parce que j’avais un problème avec ma sexualité, me raconte Ménalque, lors d’un de nos déjeuners. Je ne savais pas ce que c’était et j’ai mis longtemps à comprendre. C’était bien sûr une homosexualité refoulée, une répression interne si forte qu’elle était non seulement indicible mais incompréhensible, même pour moi. Et comme la plupart des prêtres, ne pas avoir à draguer les filles, ne pas avoir à se marier, fut pour moi un véritable soulagement. L’homosexualité fut l’un des ressorts de ma vocation. Le sacerdoce célibataire est un problème pour un jeune prêtre hétérosexuel ; c’était une aubaine pour le jeune gay que j’étais. C’était une libération.
Le virus et la proie
Pierre Lefebvre
Ce bouquin n’est pas aussi intense que je ne l’aurais cru, même s’il est tout de même fort intéressant. Un type possédant peu écrit une longue lettre à une autre qui, lui, possède beaucoup. De cette rencontre souhaitée mais impossible, nous dit le narrateur, émerge un important réquisitoire contre la violence de l’ordre en place et contre l’inégalité des forces dans nos sociétés.
Extrait :
Réussir, monsieur, y pensez-vous ? Quelle tristesse. Je ne connais pour ma part rien de plus honteux, de plus humiliant, de plus dégradant que la réussite. De plus horrible, aussi. L’état du monde, monsieur, sa misère lamentable, sa boursouflure grotesque, les ravages accomplis chaque jour par l’industrie, n’importe laquelle – pétrolière, minière, pornographique, culturelle –, d’où pensez-vous que ça découle si ce n’est de la réussite de ceux et celles qui réussissent ?
Les Caves du Vatican
André Gide
Gide voyait ce roman comme une sotie, une critique bouffonne de la société et des mœurs de son temps. Il se déroule à l’époque du pontificat de Léon XIII, à la fin du XIXe siècle. Une foule de personnages s’y entrecroisent autour d’une escroquerie sur la libération du pape que l’on retiendrait prisonnier. Un roman qui réunit habillement le caractère entraînant propre aux romans policiers et la critique mordante d’une société qui nous ressemble encore beaucoup.
Extrait :
Voici ma thèse : Savez-vous ce qu’il faut pour faire de l’honnête homme un gredin ? Il suffit d’un dépaysement, d’un oubli ! Oui, Monsieur, un trou dans la mémoire, et la sincérité se fait jour !… La cessation d’une continuité ; une simple interruption de courant.
La littérature française en 100 romans
Yves Stalloni
Ce livre m’a été offert pour Noël par ma femme il y a quelques années. C’est une sélection parmi d’autres des meilleurs romans de langue française que j’ai trouvée fort valable et même très intéressante. Comme l’auteur a tenté de couvrir toutes les époques et les principaux mouvements littéraires, certains romans que j’aurais pour ma part retenus en ont été écartés, par exemple « Les Thibault » de Roger Martin du Gard, « Jean-Christophe » de Romain Rolland ou encore un roman d’Alexandre Dumas ou même de Georges Simenon. Quelques titres, parmi cette vaste sélection, pour vous donner le goût de lire : « Le roman de Renart », « Tristan et Yseut », « Gargantua » de François Rabelais, « La Princesse de Clèves » de Madame de LaFayette, « Lettres persanes » de Montesquieu, « Candide ou l’optimisme » de Voltaire, « Le père Goriot » d’Honoré de Balzac, « Le Rouge et le Noir » de Stendhal, « La mare au diable » de Georges Sand, « Les Misérables » de Victor Hugo...
Extrait :
Poursuivant le cycle, commencé en 1870, des Rougon-Macquart, cette « histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire », Zola publie, en 1885, un roman au titre métaphorique, Germinal, qui marque son retour à la peinture des milieux populaires et sera triomphalement accueilli.
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :






Un message, un commentaire ?