Édition du 7 avril 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

États-Unis

En démarrant sa campagne, Beto O’Rourke fustige les politiques de D. Trump en immigration

Ce sont des frères humains qui méritent d’être traités en frères humains.

Beto O’Rourke a officiellement lancé sa campagne à la nomination démocrate, dans sa ville d’El Paso au Texas, samedi (30 mars) dans la rue qui mène directement à Juarez au Mexique. L’évènement se passe au moment où l’administration Trump détient des centaines de migrants.es de l’Amérique centrale derrière des clôtures barbelées sous un pont de la ville, à quelques coins de rue du rassemblement. Le Président a annoncé cette semaine qu’il envisageait de fermer la frontière avec le Mexique et qu’il allait couper l’aide financière au Guatemala, au Honduras et au El Salvador.

Ari Berman, Mother Jones, 30 mars 2019
Traduction, Alexandra Cyr

Beto O’Rourke a 46 ans. Il a été candidat à la Chambre et au Sénat. Il a vertement critiqué les politiques du Président Trump dans son discours, lui reprochant entre autre, de séparer les enfants de leurs parents (immigrants.es) : « Nous ne trouverons pas la sécurité avec des murs ni avec la militarisation. Nous devons faire plus que suivre les lois de notre pays sur l’asile ; nous devons garantir que jamais plus nous ne retirerons un.e enfant des bras de sa mère au moment le plus désespérant. Il faut, tous et toutes les réunir ».

En ce moment, l’administration Trump détient plus de 500 personnes sous le Pont Notre à El Paso (…). Un résident de la ville a déclaré au New York Times que ce camp « ressemblait à un camp de concentration ». Parlant de ces migrants.es maintenus.es sous le pont, B. O’Rourke a déclaré : « Ce sont nos frères humains qui méritent d’être traités comme tel ».

Les quelques milliers de personnes qui composaient la foule (autour du candidat) portaient des pancartes où on pouvait lire : « Viva Beto » ! et « C’est ce pourquoi nous nous battons ». Le candidat a donné une description plus que positive de sa ville. D. Trump l’avait faussement décrite comme la plus dangereuse de toutes les villes du pays lors de son adresse sur l’état de l’Union, (en janvier). En fait elle est l’une des plus sûre. B. O’Rourke a expliqué : « Nous sommes en sécurité parce que nous sommes dans une ville d’immigrants.es et de requérants.es du droit d’asile ».

Parmi les candidats.es démocrates à l’investiture, il est celui qui a critiqué le plus fortement les politiques d’immigration de l’actuelle administration. En février, il a organisé une contremanifestation lorsque le Président a fait campagne à El Paso pour que son projet de construction d’un mur à la frontière soit mieux soutenu. Lors de cet événement, D. Trump a faussement prétendu que B. O’Rourke n’avait rassemblé que 200 ou 300 personnes alors qu’il y en avait des milliers.

B. O’Rourke a annoncé sa candidature le 14 mars dernier et il a ramassé 6,1 millions de dollars durant les 24 premières heures. C’est plus que B. Sanders et bien plus que les autres candadats.es sans exception. Les derniers sondages le mettent en 3ième ou 4ième place dans les intentions de vote dans tout le pays, entre B. Sanders et l’ex vice-président Joe Biden et quasi à égalité avec Kamala Harris.

Choisir El Paso pour son allocution d’ouverture de campagne était symbolique à plusieurs égards. Sa défaite étonnamment serrée contre le Sénateur républicain Ted Cruz en 2018, lui laisse à penser que c’est une preuve que le Texas peut devenir démocrate : « Cet État et ses 38 votes (au collège électoral) compte comme il ne l’a jamais fait ».

Mais le Texas a longtemps souffert de changements dans les habitudes de vote. B. O’Rourke, qui veut combattre les lois républicaines qui visent à restreindre le vote, déploie des ambitions de réformes démocratiques qui passent par la restauration de la loi sur les droits de vote, la fin du redécoupage des circonscriptions selon le parti au pouvoir, l’introduction de l’enregistrement automatique sur les listes électorales, l’enregistrement le jour même du vote et la fin du financement de la politique par les grandes entreprises. Il déclare donc : « Quand les droits de vote ne sont pas respectés mais plutôt retirés, nous ne sommes plus qu’une démocratie de nom ».

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : États-Unis

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...