Pour le SPGQ, non seulement ne faut-il pas geler l’embauche, mais il faut mettre définitivement au rancart la politique de non-remplacement d’un employé sur deux partant à la retraite. Rappelons que le coût journalier maximum pour une ressource interne (analyste expert en informatique) est de 400 $ (salaire + bénéfices marginaux). En comparaison, le coût d’une ressource externe (sous-traitance) est au minimum de 571 $ par jour et peut facilement s’élever à 647 $ par jour. Pire, le contribuable doit absolument savoir que pour certains domaines d’expertise, le coût d’une ressource externe peut atteindre 1200 $ par jour !
Or, le gel de l’embauche pourrait bien se traduire par un recours accru à la sous-traitance. « Cette décision revient hélas année après année, gouvernement après gouvernement, affaiblissant chaque fois la capacité de l’État d’attirer la main d’oeuvre dont il aura bien besoin, alors même que des dizaines de milliers d’emplois professionnels devront être renouvelés à court terme, et ce dans un marché de l’emploi caractérisé par une forte compétition. »
Tout comme il l’a fait sous le gouvernement précédent, Monsieur Perron exprime sa crainte d’une répercussion excessivement négative d’un vision à courte vue de la gestion des ressources humaines. « Combien de talents seront perdus parce que le Conseil du trésor répète mécaniquement les mêmes erreurs, sans compter la mauvaise réputation que le gouvernement perpétue ainsi auprès de candidatures potentielles », s’interroge le président du SPGQ ? Combien aussi de millions devront être dépensés en sous-traitance pour palier cette politique à courte-vue ?
Pourtant, la Commission Charbonneau nous démontre à quel point déshabiller l’État pour habiller le privé a des conséquences néfastes sur l’intégrité de l’administration publique, un des chevaux de bataille du nouveau premier ministre. « Devant ces arguments, nous maintenons l’espoir de voir le gouvernement se ranger du côté du gros bon sens et réinvestir dans son expertise pour sauver des sommes considérables dans les dépenses publiques" conclut M. Perron.

