Édition du 15 octobre 2019

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Asie/Proche-Orient

Il faut défendre le lait populaire en Inde

« Nous prenons soin des vaches et les vaches prennent soin de nous » déclare Marayal, une agricultrice de Thalavady, au Kerala. Ses deux vaches donnent de 6 à 10 litres de lait par jour, qu’elle vend entre 30 et 40 cents le litre.

(GRAIN | 27 January 2014 | Against the grain )

D’un bout à l’autre de l’Inde, on trouve des millions de petits producteurs laitiers comme Marayal. Avec une ou deux vaches, ces petits producteurs fournissent des millions d’autres familles et des centaines de milliers de salles de traites informelles et de petits vendeurs de thé dans tout le pays. Ces petites entreprises non agréées préfèrent acheter le lait directement aux éleveurs laitiers artisanaux qui fournissent du lait frais à moindre coût.

En Inde, soixante-dix millions de ménages ruraux, soit plus de la moitié du total des familles rurales, élèvent des animaux pour leur lait. Plus de la moitié du lait produit, principalement par des bufflones, sert à nourrir les personnes vivant dans leur communauté. Un quart est transformé localement en yaourts, ghee [beurre clarifié] ou autres produits laitiers.

Le secteur laitier indien emploie environ 90 millions de personnes dont 75 millions de femmes. C’est une source de revenus importante pour les petits paysans et les agriculteurs marginaux, les pauvres sans terres et des millions de familles rurales. Représentant 22 % du PIB agricole total, il reste le plus gros secteur agricole de l’Inde. Le pays est le plus grand producteur laitier du monde, assurant plus de 15 % de la production laitière mondiale. Le lait est un élément essentiel du régime alimentaire indien : les 108 millions de tonnes de lait produits annuellement sont pratiquement entièrement consommés dans le pays.

On a beaucoup insisté sur l’importance des coopératives laitières de l’Inde dans la "révolution blanche" qui a vu la production de lait tripler entre 1980 et 2006. Mais la vérité est liée au secteur du lait populaire qui compte encore pour 85 % du marché laitier national. Ce sont les petits producteurs et les marchés locaux indiens qui ont mené l’expansion massive de la production laitière nationale durant cette période et de ce fait, les bénéfices de cette explosion de la production ont été largement redistribués.

Durant les années 1980 et 1990, le Conseil national de développement laitier a mis en œuvre les deuxième et troisième phases du programme destiné à augmenter la production et la consommation du lait. L’Opération abondance avait pour objectif d’améliorer la nutrition et de réduire la pauvreté en reliant les producteurs laitiers des villages indiens aux marchés urbains. Le succès du programme a permis aux agriculteurs et même aux travailleurs agricoles sans terres d’acquérir un revenu stable.

Avis aux grandes entreprises : pas touche au lait populaire !

Malheureusement, le secteur laitier indien a été mis à rude épreuve dans les dernières années et les négociations organisées autour des accords de libre-échange, comme l’accord UE-Inde, ont pris une direction qui laisse présager de nouvelles difficultés. Dans le contexte de crise économique vécu par les pays occidentaux, l’Inde représente pour les puissantes transnationales un vaste potentiel à mettre à profit. L’accord de libre-échange (ALE) UE-Inde est essentiellement une réponse aux exigences des grandes entreprises.

EUCOLAIT, l’association des représentants de l’industrie et du commerce laitiers européens, fait pression sur les négociateurs européens pour obtenir que l’Union européenne ait les mêmes droits d’accès au marché laitier indien que certains autres pays. Dans une déclaration datée de décembre 2011, EUCOLAIT soulignait que l’Inde occupe la position de premier producteur de lait mondial et pourrait devenir un importateur régulier de produits laitiers. Il ajoutait que l’UE devait donc tenir bon et négocier un accord ambitieux ouvrant véritablement l’accès au secteur laitier aux entreprises européennes.

Cependant, le gouvernement indien bénéficie d’un fort soutien au niveau national pour prendre les mesures qui permettraient de protéger les intérêts des petits producteurs laitiers du pays. Au cours d’un panel parlementaire en avril 2013, les membres parlementaires de la Commission agricole ont déclaré qu’il fallait protéger les intérêts des producteurs laitiers indiens contre les monopoles et les pratiques commerciales discriminatoires et inégales. Les mouvements paysans exercent également de fortes pressions pour mettre fin à l’ALE UE-Inde qui favoriserait encore davantage la libéralisation en Inde et détruirait le secteur agricole, le secteur laitier tout particulièrement.

L’investissement étranger a déjà tendance à croître dans le secteur laitier indien, surtout depuis que le gouvernement a, vers la fin de 2012, permis aux détaillants étrangers d’acquérir jusqu’à 51 % des commerces de détail multimarques et une participation de 100 % dans le commerce de détail à marque unique. Selon Kevin Bellamy de Rabobank, le plus grand prêteur de l’agrobusiness, c’est la première étape nécessaire à l’introduction des produits laitiers étrangers sur le marcher laitier indien.

Afin de contourner l’opposition initiale à sa politique concernant les investissements étrangers directs (IDE) dans le commerce de détail, le gouvernement central indien a délégué la décision finale aux gouvernements des États. Jusqu’à présent, sur les 30 gouvernements du pays, seuls 10 se sont déclarés totalement en faveur de la nouvelle politique d’investissements directs étrangers ; sept États s’y opposent et les États restants n’ont pas encore pris de décision. La position des gouvernements des États correspond étroitement à l’importance des coopératives laitières dans chaque État. Dans certains d’entre eux, comme au Karnataka, le gouvernement est très impliqué dans les coopératives, qui constituent également pour lui une bonne source de recettes publiques.

Rôle des coopératives dans le secteur laitier en Inde

Il existe en Inde quelque 96 000 coopératives laitières, qui fonctionnent selon un système à plusieurs niveaux : le niveau primaire, celui du district et celui de l’État. Le Karnataka est l’un des États où le rôle des coopératives s’est révélé crucial. La Fédération laitière du Karnataka (KMF) est la plus grande fédération de coopératives laitières de l’Inde du sud ; ce sont les producteurs laitiers de l’État de Karnataka qui en sont les propriétaires et les gestionnaires. KMF rassemble plus de 2,23 millions de producteurs de lait du Karnataka dans plus de 12 066 sociétés coopératives laitières au niveau des villages, réparties en 13 syndicats de coopératives laitières dans l’État.

L’une des coopératives de district à Chamrajanagar reçoit entre 85 et 90 000 litres de lait par jour qui proviennent de ses 225 coopératives primaires. Le lait est ramassé deux fois par jour dans 60 centres de collecte de lait en vrac ; il y a en moyenne un centre pour cinq villages. Puis le lait est transporté vers les centres de réfrigération à Chamrajanagar. Le district dispose de trois citernes de réfrigération géantes d’une capacité de 30 000 litres chacune.

Les paysans qui vendent le lait sont payés entre 7 et 21 roupies par litre (11-34 cents), selon la teneur en matières sèches non-grasses (MSNG) que l’on mesure à l’aide de galactomètres disponibles dans tous les centres de collecte. La teneur en MSNG du lait reçu par les coopératives est en moyenne de 8,4 %. Le lait est ensuite conditionné en emballages de 1 à 2,5 litres, sous le nom de marque de Nandini. La Fédération laitière du Karnataka vend le lait aux consommateurs à 32 roupies le litre (50 cents).

Le Karnataka produit un total de cinq millions de litres de lait par an, ce qui dépasse largement la quantité consommée dans l’État, qui se monte à trois millions de litres. Le surplus est transformé en poudre de lait (poudre de lait écrémé et poudre de lait entier) par SKA Dairy Foods, une entreprise privée qui a obtenu un contrat avec le gouvernement suite à une procédure d’appel d’offres. Les coopératives payent à SKA 2,5 paishas [100 paishas = 1 roupie] par kilo de lait en poudre. La coopérative de Chamrajanagar a une énorme capacité de stockage : elle peut stocker 85 000 kilos de lait en poudre. Comme le prix de vente du lait en poudre est dix fois celui du lait frais, le lait en poudre est un produit important pour la coopérative, ainsi que le ghee. Une partie de la production de lait en poudre est utilisée par le gouvernement du Karnataka pour son programme de subventions alimentaires pour les écoles : de la poudre de lait écrémé pour les écoliers des classes 1 à 6 et de la poudre de lait entier pour les classes 7 à 10. Le surplus restant est alors vendu à d’autres États comme le Tamil Nadu, ou même à Delhi. C’est une source majeure de recettes pour l’État.

Grâce à un maillage extensif des villages du Karnataka, le système utilisé par KMF assure un revenu aux petits producteurs laitiers dans tout l’État. Mais le système coopératif n’est pas non plus parfait. L’un des problèmes les plus courants est le délai de paiement des agriculteurs. En effet, les producteurs sont censés être payés chaque semaine, mais selon un agriculteur des environs du village de Rajarajeswar Nagar, les paiements se font quelquefois attendre plus d’un mois. La transparence financière entre les divers niveaux de coopératives et entre les membres eux-mêmes pose également problème : un seul représentant des deux premiers niveaux du système coopératif participe au niveau supérieur.

La coopérative du Karnataka et les autres ont une énorme capacité tant pour la collecte directe du lait auprès des producteurs que pour le transport vers les marchés. Les mégafermes laitières, au contraire, n’ont pas grand intérêt à assurer la collecte et le transport. Beaucoup de grandes entreprises laitières préfèrent s’appuyer sur les importations de poudre de lait d’Europe ou de Nouvelle-Zélande pour répondre à la demande.

Les coopératives ont également joué un rôle crucial dans la résistance à l’ALE UE-Inde. Amul, l’une des principales coopératives laitières de l’État de Gujarat, a écrit plusieurs fois au ministre du Commerce pour expliquer qu’il était fortement opposé à ce que le gouvernement accorde quelque avantage que ce soit en termes de taxe à l’importation sur les produits laitiers.

Place aux mégafermes laitières

Les nouvelles mesures prises par l’Inde en matière d’IDE et de commerce non seulement ouvrent le pays aux importations de produits laitiers, mais elles facilitent aussi l’absorption des entreprises locales de production et de transformation. En 2011, le groupe Carlyle, l’une des plus grosses sociétés de capital investissement des États-Unis, a pris une participation de 20 % dans Tirumala Milk Products, une entreprise privée qui gère 1,2 million de litres de lait par jour ; ce lait provient de son réseau d’approvisionnement et de distribution en Andhra Pradesh, au Karnataka et au Tamil Nadu. En 2012, Danone, le géant laitier français, a entamé des négociations pour acquérir une participation majoritaire dans Tirumala. La même année, Rabobank a investi 18,5 millions de dollars US pour prendre une participation dans Prabhat Dairy of Maharashtra par l’intermédiaire de son India Agribusiness Fund [fond de capital-investissement spécialiste du secteur de l’agrobusiness en Inde]. En août 2013, Rabobank a investi 12 millions de dollars supplémentaires dans Prabhat et PROPARCO, l’institution financière de développement française, a contribué à hauteur de 9 millions à la transaction.

Une partie de ces investissements étrangers dans la production laitière est impulsée par l’expansion globale des investissements étrangers dans le domaine de l’alimentation. Quand des entreprises comme McDonald’s font leur entrée en Inde, elles sont suivies par leurs principaux fournisseurs mondiaux. Ainsi quand McDonald’s a commencé à ouvrir ses restaurants en Inde vers la fin des années 1990, son principal fournisseur de produits laitiers, l’Américain Schreiber Foods, a lancé un partenariat avec une famille indienne influente, la famille Goenka, pour établir à Maharashtra une grande entreprise de transformation de produits laitiers, connue aujourd’hui sous le nom de Schreiber-Dynamix.

L’entreprise a mis en place un système d’agriculture contractuelle et des centres de collecte pour ramasser le lait des producteurs locaux. Elle a aussi commencé à agrandir sa propre ferme pour pouvoir subvenir à ses besoins. En novembre 2010, elle a inauguré une exploitation laitière "prête pour l’avenir" : 6 000 vaches sur 120 hectares dans le district de Pune, avec le soutien de la State Bank of India [banque centrale indienne]. Dynamix est aussi le fournisseur de Danone, Nestlé, Yum ! et Kentucky Fried Chicken. En février 2013, Nestlé a investi directement dans une société de collecte laitière liée à Schreiber-Dynamix en achetant une participation de 26 % dans Indocon Agro and Allied Activities Pvt Ltd, une compagnie spécialisée dans la collecte du lait en Inde de l’Ouest.

Au sein des entreprises laitières privées, la tendance est très clairement à la création de chaînes d’approvisionnement verticalement intégrées ; c’est ainsi que fonctionnent leurs propres mégafermes. Le plus grand producteur mondial de lait, Fonterra, a un partenariat avec Indian Farmers’ Fertiliser Co-operative [IFFCO, le plus grand producteur et distributeur d’engrais en Inde] et la compagnie financière indienne Global Dairy Health (GDH), pour établir une ferme de 13 000 vaches sur 65 hectares de terres situées dans une zone économique spéciale (IFFCO Kisan SEZ) près de Nellore, en Andhra Pradesh. Le projet semble actuellement être en attente depuis que le ministère de l’Élevage d’Andhra Pradesh a rejeté la demande d’autorisation pour les entreprises d’importer de Nouvelle-Zélande 9 000 vaches à fort rendement et enceintes. Mais un plan directeur pour la mise en place de la zone économique spéciale été approuvé en 2012 et c’est Kalyan Chakravarthy de GDH qui en a été nommé le directeur exécutif.

GDH a également l’intention d’établir d’autres mégafermes. Dans une présentation de décembre 2010, la compagnie décrivait trois projets agricoles en cours : celui de Nellore avec IFFCO et Fonterra, un second concernant 3 500 vaches à Bangalore avec un "partenaire local stratégique" qui devait démarrer en 2011, et un troisième de 3 500 vaches avec un partenaire local sur la côte nord de l’Andhra Pradesh, à la frontière de l’Orissa.

La multinationale de négoce en céréales, Cargill, a elle aussi l’intention d’entrer sur le secteur laitier indien. En 2010, Cargill a annoncé qu’il allait investir dans des fermes laitières en Chine et en Inde, par le biais de son fonds de couverture, Black River Asset Management. Ensuite en 2012, la filiale de Black River, Cargill Ventures, a réalisé son premier investissement dans le secteur laitier indien : elle a investi 15 millions de dollars US (800 millions de roupies indiennes) dans Dodla Dairy dont le siège est aussi en Andhra Pradesh, à Nellore. Dodla avait reçu initialement un financement d’un fonds de capital investissement privé indien, Ventureast.

Quel rapport entre le lait et la souveraineté alimentaire indienne ?

Comme le dit Marayal, « nous ne nous voyons pas vraiment comme des producteurs laitiers, mais cela fait partie de notre vie. » Pour tous les petits producteurs comme elle, vaches et buffles représentent une source de revenus stable et durable.

Le réseau dynamique des petits producteurs et des coopératives laitières dont est fait presque tout le secteur laitier indien est un modèle à suivre. Mais il est aujourd’hui menacé par les accords de libre-échange et la libéralisation des politiques d’investissement.

L’ouverture de l’Inde aux importations de lait en poudre et autres produits laitiers hautement subventionnés en provenance de l’Union européenne va permettre aux transformateurs et aux détaillants de peser de tout leur poids sur le prix du lait local, obligeant ainsi les petits producteurs à accepter des prix inférieurs à leur coût de production.

C’est pourquoi les paysans, les coopératives et les syndicats indiens ont été en première ligne des mouvements de protestation contre l’accord de libre-échange UE-Inde. Ils sont conscients de la nécessité de maintenir des droits de douane élevés. Ces droits ne signifient pas une augmentation des prix pour les consommateurs, mais sont bien au contraire un moyen de protéger le pays contre le dumping et d’empêcher les grandes entreprises de transformation de substituer au vrai lait des produits laitiers transformés bon marché, voire même des produits sans lait.

Les investisseurs et les grandes compagnies laitières font tout leur possible pour mettre la main sur les marchés laitiers en Inde et partout dans le Sud. Cargill ne s’intéresse pas seulement à l’Inde : il investit des centaines de millions de dollars dans des mégafermes en Chine. Fonterra poursuit son expansion agressive en Chine et au Brésil. Si ces sociétés parviennent à leurs fins, c’est la catastrophe économique et sociale assurée pour des millions de personnes.

Toutefois l’expérience montre que le lait populaire est capable de résister aux forces redoutables qui s’acharnent contre lui. En Colombie, les petits producteurs, les vendeurs de rue et les consommateurs ont formé une alliance et forcé ainsi le gouvernement à reconnaître que le lait populaire – leche popular – est légal et essentiel. Cette réussite repose sur trois piliers. Premièrement, le lait populaire satisfait actuellement le plus gros de la demande en besoins laitiers et la grande industrie laitière n’est pas à même de le remplacer. Deuxièmement, des millions de personnes dépendent pour leur subsistance de la production de lait artisanale ; là encore l’industrie laitière n’est pas une alternative. Et finalement, le système du lait populaire fournit à des millions de familles un lait de qualité sain, frais et nutritif, à un prix abordable.

En tant que pierre angulaire de la souveraineté alimentaire en Colombie, en Inde et ailleurs, c’est bien le système de production laitière qu’il faut défendre. Le lait doit rester aux mains des peuples.


Sri Lanka : la production de lait naturel - Une question qui concerne les peuples, pas les grandes entreprises

par Linus Jayatilake, National Movement of Sri Lankan Dairy Farmers (le mouvement des producteurs laitiers sri-lankais)

Au Sri-Lanka, la population est encore responsable aujourd’hui d’environ 53 % de la production laitière. Si le gouvernement sri-lankais reste cohérent avec sa politique de Production nationale de lait, il devrait mettre un terme à l’importation de poudre de lait. Il faut prendre immédiatement des mesures pour concentrer les efforts sur la production locale de lait frais pour les enfants et les malades en priorité. Il est même recommandé de rationner le lait tant que la production n’est pas excédentaire.

Les importations de vaches étrangères et de ressources génétiques doivent être arrêtées. La population bovine disponible (vaches et buffles), correctement nourrie et protégée, sera suffisante pour permettre un nouveau départ. Même les Bos Indicus en provenance d’Inde ne devraient pas être importés. Il existe suffisamment d’animaux hybrides au Sri Lanka, la Sahiwal et la Gir pour le lait, et les Khillari comme bêtes de trait.

Un Bos Indicus sri-lankais peut donner au moins cinq bouteilles de lait (1 bouteille fait 750 ml) ou plus par jour. Cet animal peut prospérer sur diverses espèces d’herbe. Il n’a absolument pas besoin d’aliments concentrés. Il permet donc une production bon marché de lait riche en crème et en protéines. Les populations de buffles, espèces locales et espèces indiennes, doivent être développées. Le Bos Indicus sri-lankais devrait être principalement réservé à l’agriculture intégrée et pour le labour et le transport en zone rurale. L’urine et la bouse de vache sont les éléments les plus essentiels pour le sol, et la biota du sol. Les paysans indiens appellent cela Jeewa Amurthaya, c’est-à-dire source de richesse, et la force d’une nation dépend de la santé de son sol, de ses plantes et de ses êtres vivants.

Le lait populaire est un outil qui permet de réduire la pauvreté et d’améliorer la santé. Il fournit un moyen de subsistance et une alimentation saine, abordable et nutritive. Les revenus obtenus sont redistribués de façon égale et cohérente dans tout le secteur. Avec le lait populaire, tout le monde est gagnant, sauf les grandes entreprises. Et c’est bien ce qui explique l’intensité des pressions visant à le détruire. Que peuvent-nous offrir les grandes compagnies laitières ? À la place d’un lait frais de qualité, produit et distribué selon les modes les plus durables, on nous propose du lait en poudre et du lait transformé, en provenance de mégafermes hautement polluantes, vendu dans toutes sortes d’emballages, et deux fois plus cher !

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