Édition du 24 novembre 2020

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Mouvement contre le racisme

Il s'appelait Sheffield Matthews : les Montréalais-e-s manifestent contre le meurtre d’un homme noir par le SPVM

Date : Samedi le 7 novembre 2020

Heure : 14h

Lieu : Parc Trenholme (NDG)

Montréal, le 7 novembre 2020 - Le meurtre d’un homme noir par le Service de
police de la Ville de Montréal (SPVM) provoque une autre manifestation
importante contre le racisme et la violence policière à Montréal. Sheffield
Matthews a été tué par le SPVM dans la matinée du 29 octobre, alors qu’il
était en détresse et en besoin d’assistance. Une manifestation contre le
racisme et la violence policière, ainsi qu’en soutien aux familles
ébranlées par la perte prématurée d’un être cher suite à un crime policier,
aura lieu aujourd’hui, samedi le 7 novembre à 14h00, au parc Trenholme.

Sheffield Matthews était un père de famille et un travailleur du réseau de
la santé. Son meurtre évoque le souvenir douloureux de deux autres hommes
noirs tués par le SPVM dans le même quartier de Notre-Dame-de-Grâce :
Anthony Griffin en 1987 et Nicholas Gibbs en 2018. La mort de Matthews
s’inscrit aussi dans une histoire plus large de meurtres policiers à
Montréal, dans laquelle les personnes noires sont représentées de manière
disproportionnée. Sur les 64 personnes tuées par le SPVM entre 1987 et
2020, 12 (18%) étaient des personnes noires, alors que les personnes noires
ne représentent que 9% de la population montréalaise.

« Le meurtre de Sheffield Matthews est une autre mort de trop, qui s’ajoute
à une liste déjà trop longue de personnes, souvent noires, dont la vie n’a
pas compté aux yeux des agent.e.s du SPVM », a déclaré Marlihan Lopez, de
Black Lives Matter Montréal. « La mort prématurée et injustifiée de
Sheffield Matthews est une autre mort qui aurait pu et aurait dû être
évitée. Nous ne resterons pas silencieux. »

Matthews était aux prises avec des troubles de santé mentale et aurait été
en crise lorsque la police a été appelée sur les lieux. Les réponses de la
police aux problèmes de santé mentale font l’objet de critiques
croissantes. Un rapport de Radio-Canada a révélé que 70 % des 460 personnes
tuées par les forces policières au Canada entre 2001 et 2017 souffraient de
problèmes de santé mentale, de problèmes de consommation de drogue ou des
deux. Au cours des dernières années, le SPVM a tué quatre hommes noirs en
détresse : Nicholas Gibbs, Pierre Coriolan, Alain Magloire et maintenant
Sheffield Matthews.

« Être noir et en détresse ne devrait pas être une condamnation à mort, mais
l’histoire se répète d’année en année », a déclaré Chiakoun Yapi, de Black
Lives Matter Montréal. « Nous savons depuis des décennies que les réponses
de la police aux problèmes de santé mentale sont souvent mortelles et
toujours inadéquates. Il existe des alternatives claires, axées sur les
soins plutôt que la répression. Mais malgré cela, et malgré les cris de nos
communautés, les gouvernements refusent de mettre en œuvre des alternatives
aux interventions policières. »

Une enquête sur le meurtre de Sheffield Matthews est menée par le Bureau
des enquêtes indépendantes (BEI), l’organisme provincial chargé d’enquêter
lorsqu’une mort ou des sévices corporels importants sont le résultat d’une
intervention policière. Le BEI, qui a commencé ses activités en 2016, est
de plus en plus critiqué pour son manque de transparence, d’indépendance et
d’impartialité. Le BEI a ouvert 133 enquêtes entre 2016 et 2020. Seulement
cinq de ces enquêtes ont donné lieu à des accusations contre un policier et
aucune n’a abouti à une condamnation.

« Le racisme anti-noir tue, et une mort prématurée et injustifiée sera
toujours une mort de trop », a déclaré Marlihan Lopez, de Black Lives
Matter Montréal. « Devant le déni répété de l’existence du racisme
systémique malgré sa violence plusieurs fois prouvée, devant l’impunité
policière qui se poursuit malgré la création du Bureau des enquêtes
indépendantes, devant l’inaction qui fait suite aux multiples commissions,
rapports et consultations, et devant le silence complice des médias qui ne
s’intéressent à la violence anti-noire que lorsqu’elle est états-unienne,
notre message est clair : nous attendons des instances gouvernementales
qu’elles appellent les choses par leur nom, qu’elles en assument la
responsabilité et qu’elles y mettent fin. »

La manifestation de samedi honorera la vie de Sheffield Matthews et
s’inscrit dans le mouvement grandissant pour le définancement de la police
et le réinvestissement dans les communautés. « Il n’y aura pas de paix sans
justice » , a déclaré Chiakoun Yapi, de Black Lives Matter Montréal. « Et la
justice implique un soutien public inconditionnel aux familles des
victimes, le désarmement des corps policiers, le financement de ressources
en santé mentale notamment pour les personnes autochtones, noires et
racisées, et à terme l’abolition de la police. »

Pour plus d’informations, contactez : blacklivesmatter.montreal@gmail.com

Source : Black Lives Matter Montreal

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