Tiré d’À l’encontre.
Le correspondant d’Enab Baladi à Quneitra (située sur le plateau du Golan)a indiqué que l’armée israélienne avait fermé la route reliant les villages d’al-Asbah et de Koudna dans la campagne sud de Quneitra. Parallèlement, elle a fermé la route de Ruwayhina menant aux terres agricoles à l’ouest du village, ainsi que la route d’Umm al-Azam al-Shouli dans l’ouest de Quneitra à l’aide de talus de terre.
Qutaiba al-Tahan, originaire du village de Kudna, a déclaré à Enab Baladi que les forces israéliennes avaient fermé la route principale entre Kudna et al-Asbah, dans la campagne sud-ouest de Quneitra. Toute personne souhaitant se déplacer entre les deux villages doit désormais parcourir 10 kilomètres supplémentaires et est contrainte de passer par la ville de Rafid.
Vendredi 3 avril, l’armée israélienne a également directement tiré sur un jeune homme près de Tal al-Daraiyat, dans la région d’al-Zaaroura, qui appartient à la ville de Rafid, au sud de Quneitra, le tuant sur le coup.
Qutaiba a ajouté que les forces israéliennes avaient également fermé la route de Mazraat al-Fityan entre Kudna et al-Asbah, coupant ainsi les deux villages des terres agricoles voisines.
Dans la campagne centrale, plusieurs habitants ont déclaré à Enab Baladi que toute personne souhaitant se rendre de Rasem al-Shouli aux villages d’Umm al-Azam et d’al-Qahtaniyah doit désormais parcourir 15 kilomètres, alors que la distance réelle n’est que d’un kilomètre.
Les forces israéliennes ont également fermé des routes agricoles secondaires afin de renforcer les restrictions sur les déplacements des habitants et de limiter leur mobilité, notamment en raison de la présence de bases militaires israéliennes autour du village d’Umm al-Azam.
Les forces israéliennes avaient auparavant coupé des routes et érigé des fortifications, alors que des campagnes de mobilisation se propageaient sur les réseaux sociaux dans le sud de la Syrie pour rejeter une loi adoptée par la Knesset israélienne autorisant l’exécution de prisonniers palestiniens.
Enab Baladi a suivi les manifestations organisées dans plusieurs villes syriennes depuis l’adoption de cette loi. Les manifestants brandissaient des pancartes appelant à soutenir les Palestiniens, à se tenir à leurs côtés et à faire annuler la loi. Ils ont également condamné ce qu’ils ont qualifié de « décisions injustes et de violations persistantes » visant des prisonniers.
Le 30 mars, les membres de la Knesset israélienne ont voté à une majorité de 62 voix contre 47 en faveur de l’adoption de la pendaison comme peine par défaut pour les résidents de Cisjordanie reconnus coupables par des tribunaux militaires d’avoir commis ce que la loi qualifie d’« actes terroristes meurtriers ».
Sur un autre front, la Direction des médias de Quneitra a démenti que des roquettes aient été tirées depuis le côté syrien vers le Golan occupé, soulignant qu’il s’agissait d’« allégations sans fondement ».
La direction a appelé les médias à « respecter les normes professionnelles » en vérifiant les informations avant leur publication et à s’appuyer sur des sources officielles, afin d’éviter ce qu’elle a qualifié de « propagation de rumeurs ou de confusion ».
La chaîne libanaise al-Mayadeen, proche du Hezbollah et de l’Iran, avait cité des médias israéliens rapportant que des roquettes avaient été tirées depuis la Syrie vers le Golan.
Enab Baladi n’avait constaté aucune revendication de responsabilité pour les tirs de roquettes vers le Golan au moment de la publication de cet article.
Israël a poursuivi ses incursions quasi quotidiennes en territoire syrien, sous prétexte de protéger sa sécurité nationale, depuis les premières heures qui ont suivi la chute de l’ancien régime syrien le 8 décembre 2024.
Dans le même temps, le gouvernement syrien continue d’exiger le retrait des forces israéliennes de son territoire et le retour à l’accord de désengagement de 1974 signé entre les deux parties.
Effondrement de remblais de terre
Des remblais de terre construits par l’armée israélienne lors de la construction d’une route militaire connue sous le nom de « Sufa 53 » se sont effondrés à la suite de fortes pluies dans la région.
Cet effondrement, survenu le 30 mars, a provoqué des crues soudaines qui ont menacé les terres agricoles autour de Jubata al-Khashab, dans la campagne nord de Quneitra.
Les eaux de crue ont submergé certaines terres agricoles et habitations autour des villages d’Ofania, d’Ain al-Bayda et de Jubata al-Khashab, dans le nord de Quneitra.
Selon le correspondant d’Enab Baladi, les dégâts ont touché des champs plantés de blé, de fèves et d’orge, et ont également inondé certaines habitations situées près des canaux de drainage.
Ces eaux font initialement partie du quota d’eau alloué au gouvernorat, mais les autorités d’occupation les avaient auparavant empêchées d’atteindre la région en y construisant des remblais de terre.
Bien que les inondations n’aient pas touché de vastes zones, les agriculteurs ont exprimé leur inquiétude quant aux dégâts causés aux cultures avant la saison des récoltes et à l’érosion des sols.
Route « Sufa 53 »
Environ six mois avant la chute de l’ancien régime, les forces d’occupation israéliennes ont construit des tranchées et des remblais de terre le long de la ligne de barbelés, du nord au sud, sur le flanc ouest, à l’intérieur de la zone tampon, afin d’établir une route militaire facilitant leurs déplacements dans la région.
L’armée israélienne a baptisé cette nouvelle route militaire située en territoire syrien « Sufa 53 ».
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une expansion militaire le long de la bande frontalière avec le plateau du Golan occupé et vise à faciliter la circulation des véhicules militaires à l’intérieur du territoire syrien près de la frontière.
Les travaux sur la route ont commencé à la mi-2022, lorsqu’une force militaire israélienne est entrée sur le territoire syrien avec six chars Merkava et deux bulldozers militaires, accompagnés de plusieurs soldats chargés de surveiller la frontière et les engins, selon des correspondants locaux dans le gouvernorat de Quneitra.
Les travaux s’étendent sur au moins 100 mètres à l’intérieur du territoire syrien, tandis que dans certaines zones, ils atteignent une profondeur d’un kilomètre, les bulldozers creusant la route et défrichant les terres le long du tracé.
Article publié sur le site syrien Enab Baladi, le 4 avril 2026 ; traduction par la rédaction de A l’encontre
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