Édition du 26 octobre 2021

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Syndicalisme

L'affaiblissement du pouvoir de négociation des salarié-es responsable de la hausse des inégalités (IRIS)

MONTRÉAL, le 26 août 2014 - La diminution du rapport de force des salarié-es face à leurs employeurs est à l’origine de la hausse des inégalités au Québec. C’est ce que révèle une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) publiée aujourd’hui.

« On l’a démontré plus d’une fois et notre recherche le valide : bien que le Québec soit en période de croissance, cet enrichissement ne profite absolument pas à tout le monde de la même façon. Concrètement, cela signifie un envol des salaires des salarié-es les plus rémunéré-es, et une stagnation, voire même un recul des salaires chez les moins fortunés », constate Paul-André Lapointe, chercheur-associé à l’IRIS.

L’étude de M. Lapointe va cependant plus loin : « Notre recherche montre que le pouvoir de négociation du 99% des salariés suit la tendance inverse à la part des revenus du travail capté par le 1%. Par exemple, les salarié-es du secteur public se sont appauvris au cours des trente dernières années, avec un salaire de 2010 inférieur de 11,6% à celui de 1978 si on tient compte du coût de la vie. De plus, le secteur public tire de la patte face au secteur privé, avec un écart de rémunération de 13,2% », observe le professeur en relations industrielles à l’Université Laval.

« Les études démontrent clairement qu’un haut taux de syndicalisation et une activité syndicale forte agissent comme réducteurs des inégalités sociales, en améliorant les conditions des syndiqués, en provoquant un effet levier sur les salarié-es non-syndiquées et en répartissant plus équitablement la richesse à travers le salaire. Or depuis le milieu des années 1980, on remarque un affaissement du pouvoir de négociation chez les syndicats, causé entre autres par le développement d’emplois atypiques, la sous-traitance, les lock-outs ou la délocalisation, en plus du contexte politique qui empêche les employés du secteur public de se bâtir un rapport de force sans se faire imposer une loi spéciale », déplore le chercheur.

Au-delà de l’affaiblissement des syndicats, l’étude présente d’autres facteurs qui diminuent le rapport de force des travailleurs et travailleuses, particulièrement celui les moins fortuné-es. Ces facteurs sont la financiarisation de l’économie, la mondialisation qui amène des délocalisations d’entreprises, le progrès technologique et la réduction de la couverture des politiques sociales. Rassemblés, ces éléments avantagent les salarié-es ayant un plus grand pouvoir de négociations, c’est-à-dire les cadres supérieurs et les médecins, et nuit aux autres.

Au Québec, est-ce que l’enrichissement profite vraiment à tout le monde ? est disponible sur : iris-recherche.qc.ca

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