Édition du 3 décembre 2019

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Amiante

L’industrie de l’amiante n’est pas compatible avec une économie verte

Écrite avant la tenue de la conférence Rio+20, ce texte de l’analyste des politiques en santé environnementale de la Fondation Suzuki, madame Lisa Gue, tombe à pile suite à l’annonce par le gouvernement Charest d’un prêt de 58 M$ pour la relance de la mine Jeffrey à Asbestos et ce contre l’avis de l’ensemble des médecins spécialisés en santé publique. Cette décision qui fait du Québec un complice dans la mort annoncée de milliers de travailleuses et de travailleurs des pays importateurs d’amiante est une nouvelle occasion de se mobiliser contre cette industrie de la mort.

La semaine prochaine, les représentants des nations se réunissent à Rio de Janeiro au Brésil, afin de souligner le 20ème anniversaire du Sommet de la Terre en 1992. Sous le thème l’économie verte, la conférence Rio+20 s’annonce comme une occasion historique de définir les voies vers un monde plus sécuritaire, plus équitable, plus vert et plus prospère pour tous).

Jean Charest, aujourd’hui premier ministre du Québec, était ministre fédéral de l’Environnement en 1992 et chef de la délégation canadienne au Sommet de la Terre où les principes du développement durable on été proclamés.

Nous avons profité de l’approche de cette conférence internationale pour écrire au premier ministre Charest afin de lui demander de démontrer de façon concrète son engagement pour le développement durable et une économie verte en cessant d’appuyer le commerce mortel de l’amiante.

Au même moment, l’Association canadienne des médecins pour l’environnement , ainsi que d’autres organismes de santé, interpellent le ministre de la santé Yves Bolduc afin qu’il se prononce contre la garantie de prêt qui permettrait de relancer l’exploitation d’amiante à la Mine Jeffrey. Toutefois, M. Bolduc demeure étrangement silencieux sur le dossier amiante...

La poussière d’amiante peut causer le cancer lorsqu’elle est inhalée. Fréquemment utilisé en construction par le passé, son usage au Canada est rare de nos jours et ce, pour des raisons de santé. Toutefois, jusqu’à récemment, nous exportions l’amiante québécoise dans les pays en voie de développement comme l’Indonésie, la Thaïlande, le Mexique et le Sri Lanka. Les deux dernières mines d’amiante au Québec ont dernièrement cessé leurs activités, mais le gouvernement provincial considère la demande de la nouvelle propriétaire de la Mine Jeffrey pour une garanti de prêt de 58 millions de dollars, ce qui lui permettrait d’extraire 200 000 tonnes d’amiante par année.

Selon la définition du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, l’économie verte entraîne une amélioration du bien-être et de l’équité sociale, tout en réduisant considérablement les risques de pénuries écologiques. Promouvoir l’exploitation et l’exportation de l’amiante du Québec — un cancérigène reconnu — est incompatible avec une économie verte et ne s’aligne pas avec les objectifs du développement durable.

Plus d’une quarantaine des groupes provenant du Québec, du Canada et de partout autours du monde ont cosigné notre lettre à M. Charest, y compris l’Association pour la santé publique du Québec , l’Association des médecins spécialistes en santé communautaire du Québec , le Collège québécois des médecins de famille et la Société canadienne du cancer.

Si le premier ministre prends au sérieux les thèmes de la conférence Rio+20, il mettra fin à l’exploitation et l’exportation de l’amiante au Québec et refusera la garanti de prêt à la Mine Jeffrey. Ce serait une bonne façon de rendre hommage au Sommet de la Terre de Rio lors de son 20ième anniversaire.

Lisa Gue

Fondation David Suzuki

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