Édition du 19 janvier 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Un billet de la coordonnatrice de la LDL

Le coût de la relance économique est bien cher payé pour le droit au travail

Bonjour, Aujourd’hui, nous sommes le 1er mai, la Journée internationale des travailleurs et travailleuses. Drôle de période pour souligner cette journée puisque le « business as usual » a repris le plancher dans les derniers jours. Ce « business as usual » - ou communément appelée relance économique/déconfinement - se fait au prix de violations de droit importantes, notamment ceux des travailleurs et travailleuses.

Pourtant, dans le contexte de la crise sanitaire, la sécurité et la santé au travail revêtent une importance majeure pour la santé publique. Ce sont des aspects essentiels du travail décent, qui devraient être garanties. Mais, avec la relance telle que présentée jusqu’à maintenant, le droit à la santé, à la sécurité et à la vie des travailleurs et travailleuses est en jeu. Pourquoi ? Parce qu’il manque de tests, de médicaments, d’équipements de protection tels que les masques et surtout, il manque clairement d’organisation pour parler d’un déconfinement sécuritaire.

Que l’on pense aux travailleurs et aux travailleuses du réseau de la santé et des services sociaux, qui s’épuisent depuis des semaines et qui tombent comme des mouches. La situation n’est guère mieux pour ceux et celles qui travaillent dans les résidences privées pour aîné-e-s. Dans les centres de détention, de plus en plus de personnel commencent à être infectés. En rouvrant les écoles primaires et les services de garde sans consulter les enseignant-e-s et les éducatrices et éducateurs, on les plonge dans l’incertitude sur la gestion des enfants et la santé de tout le monde dans un contexte aussi difficile. En ce qui concerne les travailleurs et travailleuses des commerces essentiels tels que les épiceries, les dépanneurs et les restaurants, depuis le début de la crise, on sait très bien qu’ils et elles n’ont pas tous accès à du matériel de protection.

En plus de tout cela, le gouvernement Legault tient mordicus à forcer la négociation des conventions collectives des 500 000 employé-e-s de la fonction publique et des services publics, mettant une pression indue sur ces derniers et dernières ainsi que leurs syndicats en pleine urgence nationale. On peut s’attendre à des conditions de travail à rabais pour remercier tous ces gens qui tiennent notre secteur public à bout de bras.

Le gouvernement Legault engage aussi le Québec dans la relance économique en avisant les travailleurs et travailleuses qui hésiteraient à renvoyer leurs enfants en services de garde ou à l’école primaire (on peut les comprendre) qu’ils n’ont pas d’autres options. La crainte d’une recrudescence de la contagion n’est pas une bonne raison pour ne pas aller travailler, vous perdrez votre emploi si vous n’êtes pas « docile » (pour reprendre le lapsus de la vice-première ministre, Geneviève Guilbault).

Et que dire des diverses « primes salariales » annoncées, et partiellement payées, pour les services essentiels, qui sont prévues pour ne durer que le temps de la crise sanitaire ?

Le coût de la relance économique est bien cher payé pour le droit au travail.

Eve-Marie Lacasse
Coordonnatrice

Eve-Marie Lacasse

Coordonatrice de la Ligue des droits et libertés.

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