Quand le monde patronal fait front commun pour s’attaquer aux syndicats, comme c’est le cas présentement, dans le cas de la présente grève dans les transports en commun à Montréal, cela devrait être le devoir des syndicats québécois de faire de même, de ne surtout pas laisser seuls les travailleurs actuellement ciblés, de mobiliser leurs membres et de contre-attaquer aussi fort qu’il le faudra pour faire obstacle à cette nouvelle attaque au droit de grève. Notre position.
Pas plus tard que ce matin, le mouvement syndical albertain, par la voie du président de la Fédération des travailleurs de l’Alberta, Gil McGowan, annonçait que son mouvement était en train de préparer une réponse " grande, audacieuse et sans précédent " à la décision récente du gouvernement conservateur de cette province d’adopter une loi spéciale pour briser une grève des 55,000 professeurs de cette province, en n’excluant toujours pas, en même temps, la possibilité de même tenir une grève générale contre ce gouvernement.
Le mouvement syndical albertain n’est pourtant pas reconnu comme étant particulièrement militant et pourtant, eux, comprennent que lorsqu’on est attaqué, il faut savoir faire front commun.
Plus souvent qu’autrement, tel n’est pas ce qu’ils auront fait et à chaque fois, il l’auront payé chèrement.
La grande question, que tous et toutes devraient se poser en même temps est la suivante : si, même en Alberta, les gens semblent prêts à s’unir selon le principe " Une attaque contre un est aussi une attaque contre tous ", alors qu’attendons-nous pour faire de même ?
Qu’attendons-nous pour avertir dès à présent le gouvernement Legault du fait que si celui-ci devait effectivement aller de l’avant avec sa nouvelle menace de devancer la mise en application de sa fameuse loi 89, pour casser sans plus attendre la grève, qu’alors ils devraient tout autant être prêts à en payer le prix, et cela, pas juste dans un avenir qui resterait vague au possible, mais bien dès à présent, et que cela lui coûtera aussi très cher.
Depuis plusieurs jours, autant les Chambres de Commerce , que le Conseil du Patronat, que diverses autres associations patronales répètent à l’unisson que la grève actuelle au niveau du transport en commun à Montréal serait intolérable et exige haut et fort que le gouvernement Legault bouge sans plus tarder contre ces travailleurs.
Même la nouvelle mairesse de Montréal, soit Soraya Martinez Ferrada, toute très libérale qu’elle était et demeure, s’est joint à ce mouvement. Elle n’est supposée entrer en fonction que dans plusieurs semaines, mais déjà, elle serait intervenue pour dire qu’elle désirait dire, haut et fort, que la date limite pour mettre fin à cette grève serait le 15 novembre. Pas plus tard.
Le mouvement syndical québécois ne doit pas juste faire front commun. Il doit dès à présent commencer à hausser le ton et faire comprendre autant à madame Ferrada, qu’au gouvernement Legault, ainsi qu’à tout le monde patronal, qu’aussi forts qu’ils peuvent penser être, que le mouvement syndical, lui, peut être encore plus fort.
Tel est ce que nous pensons que les syndicats, à ce point, devraient faire. S’ils ne le font pas, alors ce sera une porte ouverte pour que tout ce beau monde renchérisse également dans un paquet d’autres conflits de travail à venir pour répéter le même scénario et continuer de s’en prendre à eux.
Oui, une solution négociée serait toujours possible. Encore faudrait-il que la partie patronale, du côté de la STM, veuille en même temps vraiment négocier, et non juste se rabattre sur cette loi 89 qui s’en vient et, dans leur tête, pourra toujours finir par s’abattre sur les syndiqués. La population montréalaise, de son côté, devrait aussi rappeler à nos politiciens qui sont les vrais responsables du merdier actuel, ainsi que le fait que ce ne sont pas les travailleurs de la STM qui seraient à pointer du doigt dans tout cela et qu’eux aussi se retrouvent tout autant pris dans une situation très difficile.
Le fait que le ministre du Travail, soit Jean Boulet, ait en même temps — cela se passait également il y a quelque jours — son autre projet de loi, avec le NO 3, qui est l’autre volet de son offensive anti-syndicale, avec cette fois d’autres mesures visant cette fois à restreindre les sources de revenus des syndicats, démontre on ne peut mieux l’urgence de réagir. Tout de suite et ce, de manière non équivoque.
Le PQ devrait tout autant sortir haut et fort pour dénoncer la manière dont la CAQ, de concert avec la nouvelle mairesse, ainsi que de larges sections du monde patronal, dans cet autre dossier chaud, tente désespérément de manipuler l’opinion publique dans un but au fonds abject.
Madame Soraya déclarait encore ce soir que les syndicats avaient le devoir de négocier, comme si c’était eux qui refusaient de négocier. C’est le monde à l’envers, mais le mépris, lui, n’aura qu’un temps.
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