Édition du 22 juin 2021

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Féminisme

Les centres de femmes en colère contre la ministre Guilbault

Les centres de femmes du Québec sont en colère contre la ministre de la Sécurité publique qui affirme, à l’occasion du 13e féminicide depuis janvier, que son gouvernement a fait tout en son pouvoir pour lutter contre la violence conjugale, alors que c’est totalement faux.

« Les propos de la ministre Guilbault sont immensément insensibles, mais le plus inquiétant, c’est qu’ils témoignent de son grand manque de compétence en matière de violences faites aux femmes. Si elle fait tout en son pouvoir Madame Guilbault, alors pourquoi les femmes continuent de perdre la vie aux mains de la violence conjugale ? C’est une année record », s’exclame Katia Dinardo, co-coordonnatrice de L’R des centres de femmes.

Depuis mars, la ministre Guilbault est responsable de mettre en œuvre les 190 recommandations du Comité d’experts sur l’accompagnement des personnes victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale, mais presque rien n’a été fait. Considérant les féminicides qui s’accumulent et la violence qui augmente, c’est inacceptable.

« On nous sert la cassette de politiciens. On nous dit « on fait tout ce qu’on peut faire, faites-nous confiance, n’ayez pas peur, on est sur le dossier », alors qu’en réalité, ce que fait le gouvernement est insuffisant. Quelle hypocrisie ! Met-elle en œuvre les recommandations ? Travaille-t-elle avec les gens du milieu pour s’assurer que son approche répond aux vrais besoins ? Inclut-elle les ressources qui travaillent en prévention afin de sortir les femmes du cycle de la violence dans sa démarche ? A-t-elle rencontré des femmes autochtones pour s’assurer que sa démarche ne laisse personne derrière ? La réponse à toutes ces questions est non », explique Mme Dinardo.

« Entendre la ministre de la Sécurité publique dire qu’il semble qu’on ne pourra jamais empêcher tous les féminicides, c’est sincèrement une insulte à toutes les femmes qui sont ou sortent de relations violentes et qui attendent toujours d’avoir accès à des ressources qui les refusent par manque de place ou de personnel. Ces ressources ne fournissent plus à la demande à cause d’un sous-financement chronique et il n’y a rien de nouveau là », poursuit Mme Dinardo.

Le treizième féminicide fait craindre le pire aux femmes

« Madame Piché avait un interdit de contact contre son ex-conjoint et elle est quand même la treizième victime cette année. On reçoit des appels de femmes qui ont peur elles-aussi et qui ne se sentent pas du tout en sécurité et ce, même si la police est impliquée dans leur dossier. Une des recommandations du Comité, c’est justement que le système de justice assure la sécurité de la personne victime après une judiciarisation de son cas. C’est une piste d’action qui aurait un impact direct sur la violence, mais qui, comme la plupart des 190 recommandations, n’a pas été mise en œuvre. Elle est où la ministre Guilbeault », s’interroge Mme Dinardo.

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