Édition du 2 juin 2020

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Syndicalisme

M. Legault, pourquoi les vacances sont importantes

L’auteur est président du SCFP-3247 du CISSS de la Montérégie-Ouest. Il est le représentant de 4 000 employés essentiels

2020/05/15 | lettre

Les vacances consistent en premier lieu à ne pas travailler. À prendre un peu de temps pour soi et pour passer du temps en famille. Ce temps de pause qui nous permet d’essayer de nous détacher de nos préoccupations liées au travail est essentiel pour permettre aux employés du réseau de la santé et des services sociaux de recharger leur batterie.

Vous le savez depuis longtemps que la bataille sera longue et que même si tout le monde dit que « ça va bien aller », il est difficile d’y croire si nos « anges gardiens » ne sont même pas en mesure de prendre des congés leurs permettant de souffler un peu.

Les vacances servent à faire le plein d’énergie et de motivation, afin de revenir dans une meilleure forme à la fois physique, intellectuelle et émotive. Elles permettent de décompresser, de renforcer le système immunitaire, d’avoir un sommeil plus réparateur, de consolider la famille, de se retirer de la vie quotidienne intense. D’essayer d’enlever toutes ces images et cette peur ressentie quand ils vont au front à chaque jour, c’est la récompense du devoir accompli.

Si vous voulez que vos « anges gardiens » demeurent motivés et qu’ils puissent être en mesure de demeurer efficaces, vous devez leur permettre d’obtenir des congés. Il serait malsain de croire que si un travailleur se donne à temps plein sans relâche sans lui offrir de pause qu’à long terme ce sera « rentable » pour parler d’un point de vue plus économique.

En fait, en octroyant des congés cela procure des avantages, incluant un meilleur moral des troupes sur le lieu de travail, un engagement et un dévouement accru à long terme et une rétention améliorée. Sans compter que ces avantages qui ont un impact considérable pour la santé des travailleurs, permettent d’avoir un effet direct et mesurable sur les résultats de l’organisation, donc des soins et des services donnés aux patients.

Plusieurs personnes salariées du réseau de la santé et des services sociaux, vos fameux anges gardiens sont épuisés, éprouvent de la détresse psychologique, se sentent parfois abandonnées et n’arrivent pas à obtenir des périodes de repos.

Comme vous leur demandez d’être des athlètes de haut niveau en leur imposant un rythme effréné, n’est-il pas responsable de leur accorder le temps de faire le plein afin qu’ils puissent être en mesure de fournir les efforts nécessaires jusqu’à la ligne d’arrivée ? L’être humain, par définition, est incapable de toujours donner son maximum sans se reposer.

Tous les jours, ces hommes et ces femmes dévouées prennent soins de nos parents, de nos grands-parents et des êtres chers que nous sommes forcés de tenir loin de nous, mais qui prend soin d’eux ?

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