Édition du 9 décembre 2025

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec

Manifester contre le virage à droite de la CAQ : Ok, mais les autres ?

La manifestation organisée par les principales organisations syndicales québecoises a eu lieu ce samedi et elle fut importante. Depuis les récentes négos dans les secteurs public et para-public, nous n’avions pas vu de mobilisation aussi massive. Elle a eu lieu dans un contexte où la CAQ au pouvoir montre ses vraies couleurs de parti des élites, incompétent et revanchard. Un parti qui tente par tous les moyens de détourner l’attention de la population suite aux échecs retentissants de ses politiques (Northvolt, régime forestier, crise du logement, 3e lien à Québec, etc.).

Après avoir blâmé l’immigration, les médecins et la guerre tarifaire de Donald Trump, voilà que les caquistes déclarent la guerre aux syndicats. « Encadrement » du droit de grève avec la loi 14 et maintenant la loi 3 qui contraint les centrales et leurs syndicats affiliés à une série de mesures administratives qui visent à affaiblir leur pouvoir de contester hors des négos de conventions collectives, voilà les défis que pose la CAQ au mouvement ouvrier.

Les organisations syndicales préparent la riposte. Tout d’abord, elles contestent la loi 14 devant les tribunaux. Elles affirment avec raison que les lois 3 et 14 briment le droit de grève et qu’elle remet trop de pouvoir entre les mains du ministre. Le Barreau du Québec partage cet avis. Puis la manif du 29 novembre dernier se tenait la grande manifestation afin d’« affirmer que la justice sociale n’est pas négociable et qu’on ne bâtit pas une société forte en rétrécissant le débat. Ensemble, faisons entendre la voix d’un Québec fier, solidaire et résolument tourné vers l’avenir ». Les centrales rappellent l’état lamentable du réseau de la santé et des écoles délabrées.

La CAQ adopte en effet l’approche actuelle des partis de droite partout en occident, stratégie qui consiste à marcher sur les pas des partis de l’extrême-droite qui ont le vent dans les voiles, à adopter en partie son langage, ses politiques notamment en matière d’immigration pensant ainsi gruger des appuis électoraux acquis à ces partis. Ici c’est la base électorale des conservateurs qui est visée. Couper l’herbe sous le pied du parti d’Eric Duhaime est le but de la CAQ. Le PQ emboîte le pas dans ce sens, sa position de tête dans les sondages le poussant à mettre ses cartes programmatiques sur la table, et le PLQ compte demeurer le parti du grand capital pan-canadien malgré les crises qui le traverse.

Dans ce contexte, la mobilisation des centrales doit s’appuyer non seulement sur la volonté de bloquer le virage à droite de la CAQ mais aussi celui de l’ensemble des partis qui se situent dans l’axe néo-libéral. Or le mot d’ordre pourrait porter à croire que, comme dans de trop nombreuses élections tant fédérales que québécoises, les centrales adoptent la politique du « moins pire ». Celle-ci consiste à identifier le parti qu’elle considère le plus dangereux pour le « modèle québecois » et à appeler à voter pour le partis le plus en mesure de bloquer l’élection de cet indésirable. Mais ce faisant, on ne fait qu’encourager un système d’alternance entre deux partis qui s’opposent en apparence mais qui comportent davantage de ressemblance que de différences en matière d’orientation politique. Le PQ et le PLQ en sont des exemples probants alors qu’ils s’échangeaient le pouvoir et adoptaient des politiques plutôt similaires et surtout une hostilité commune envers les syndicats.

Paul St-Pierre-Plamondon a montré ses vraies couleurs suite au passage de la présidente de la FTQ Magalie Picard à la commission parlementaire étudiant le projet de loi 3. Celle-ci a refuser de serrer la main du ministre Boulet et l’a notamment qualifié d’« innocent ». Elle a aussi menacé le gouvernement caquiste d’une grève sociale ce qui a permis de montrer les vraies couleurs des partis CAQ-PQ-PLQ-PCQ au Québec, tous unis contre le mouvement syndical. PSPP a même refusé de se présenter au congrès de la FTQ, la plus importante centrale au Québec. Personne ne pourra prétendre parmi ces formations politiques avoir un préjugés favorable aux travailleurs comme le laissait entendre le PQ à une certaine époque. Ce qui laisse une seule option aux mouvement ouvrier pour construire un mouvement qui non seulement s’oppose aux politiques anti-syndicales mais qui construit une alternative capable d’imposer une autre logique.

Québec solidaire représente la seule option qui partage avec le mouvement syndical, féministe et communautaire l’orientation commune vers une société compatible avec les objectifs du mouvement ouvrier. Une coalition qui regrouperait les organisations des classes populaires et le parti de gauche pourrait imposer une dynamique profitable à toutes les parties, les organisations s’assurant de l’application de politiques qui leur sont favorables et QS recompose sa base électorale de façon plus organique avec les organisations que se sont donnés les populations. Une telle union aurait alors le potentiel d’imposer une toute autre logique à la politique québécoise, vers une indépendance véritable au service des classes populaires.

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