Édition du 12 novembre 2019

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Economie québécoise

Mensonges fiscaux

Les vertus imputées aux baisses d’impôts des entreprises sont de purs mensonges. Emplois, investissements et croissance grâce aux diminutions d’impôts est intégralement faux.

Ces allégements fiscaux servent plutôt aux entreprises à hausser leurs dividendes, racheter leurs actions, augmenter la pitance de leurs dirigeants et acquérir d’autres firmes afin de diminuer la concurrence. Leurs niaiseries ne résistent pas aux faits.

Prenons l’Institut C.D. Howe et le lucide autoproclamé Pierre Fortin, qui ont affirmé : « Pour stimuler la croissance, c’est l’impôt des entreprises qu’il faut réduire » (Les Affaires, 26 mars 2005). L’ex-conseiller de Bernard Landry, Maxime Bernier, a proposé d’abolir l’impôt des entreprises (Le Devoir, 28 mai 2010). Complètement « crack pot ». Leur patente de baisses d’impôts, c’est même pas idéologique, c’est de la complicité.

La revue américaine BusinessWeek est plus crédible. Dans un dossier du 30 décembre 2002, elle signalait que lorsque Bill Clinton a augmenté substantiellement l’impôt des compagnies dans les années 90, le républicain ultraconservateur Newt Gingrinch avait dit : « La hausse d’impôts va tuer l’emploi et mener à une récession ». La vérité est que ces hausses d’impôts ont conduit à « la plus longue expansion économique de l’histoire des États-Unis, à une augmentation annuelle de 2,5 % de la productivité, à un gros surplus budgétaire (effaçant l’énorme déficit généré par les républicains) et à un taux de chômage tombé à 3,9 %». Ce sont des faits indéniables, non des préjugés. Et que dire de l’Irlande, en faillite avec ses bas taux d’impôts aux entreprises, et la Nouvelle-Zélande, qui l’a échappé belle avant de les accroître.

Si c’est si merveilleux, pourquoi ces baisses d’impôts ont-elles été un fiasco également en Grande-Bretagne et en Islande ? Pourquoi n’assiste-t-on pas à un exode massif des entreprises en Scandinavie ? Actuellement, le Canada est le pays développé qui taxe le moins les entreprises, à des taux nettement inférieurs que les States. Mais, pour Harper, c’est pas assez… Le taux effectif est beaucoup plus bas que le taux statutaire d’impôts grâce au déluge d’exonérations. C’est pourquoi la moitié des entreprises au Québec ne paient pas d’impôt.

Dans le BusinessWeek du 20 novembre 2006, on affirmait que : « Il y a peu d’évidence que les baisses d’impôts ont un impact véritable sur la croissance » et la revue américaine Foreign Policy mentionnait qu’il y a « peu de preuves que les taux de taxation élevés fassent fuir les investisseurs qui sont plus préoccupés par les infrastructures, les services publics, le niveau d’éducation, etc. » (Le Devoir, 12 janvier 2002). Ça peut pas être plus limpide, mais ils vont continuer à vous mentir ! Baisses d’impôts ou pas, les firmes canadiennes continueront d’être des cancres en matière d’innovation, véritable moteur de croissance.

Cet article est tiré du site web du journal Métro

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