Édition du 20 octobre 2020

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Négociations du secteur public

Milieux familiaux - À court d'arguments, le ministre de la Famille dit n'importe quoi (CSQ)

MONTRÉAL, le 23 sept. 2020 - Au troisième jour de la grève générale illimitée des services éducatifs en milieu familial, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) invitent le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, à cesser de colporter des faussetés sur le dos des responsables de services éducatifs (RSE) en milieu familial.

Alors que les intervenantes en milieu familial tiennent une grève générale illimitée pour revendiquer un avancement économique pour les femmes en emploi et dénoncer leur taux horaire de 12,42 dollars (en bas du salaire minimum), la CSQ et la FIPEQ-CSQ ont été estomaquées d’entendre le ministre de la Famille répandre, en toute connaissance de cause, quatre affirmations mensongères à propos du conflit de travail qui sévit. Les organisations demandent au ministre de cesser dès maintenant d’orienter sa stratégie de communication sur des tactiques malicieuses allant à l’encontre des faits et qui constituent une insulte à l’intelligence du réseau éducatif en milieu familial. De deux choses l’une : ou le ministre tient ces propos sachant sciemment qu’ils sont mensongers ; ou il ne connaît strictement rien à la réalité d’un service éducatif en milieu familial. Dans les deux cas, il met de l’huile sur le feu. « Être à court d’arguments pour refuser un meilleur salaire à 10 000 femmes au Québec ne justifie pas l’inacceptable. Après un salaire indécent, on a maintenant affaire à des propos indécents de la part du ministre ! On demande au gouvernement d’agir et de lui demander d’arrêter de dire n’importe quoi », affirment Sonia Ethier et Valérie Grenon, respectivement présidente de la CSQ et présidente de la FIPEQ-CSQ.

Comme première fausseté, le ministre Lacombe a mentionné hier à l’Assemblée nationale qu’une RSE en milieu familial gagnait un salaire moyen de 55 000 dollars par année. Ce chiffre est une aberration avancée en toute connaissance de cause par le ministre, parce qu’il s’agit d’un revenu avant les dépenses qui ne tient pas compte de l’ensemble des coûts inhérents à la garde de six enfants à temps plein. En mentionnant qu’une RSE gagne 55 000 dollars, le ministre considère que le lait et la nourriture consommés par les enfants, par exemple, sont un revenu ! Pour appuyer l’absurdité du chiffre du ministre, la FIPEQ-CSQ rappelle que le ministère de la Famille, dans son propre règlement sur les retraits préventifs de travailleuses enceintes, utilise le revenu après dépenses d’une RSE dans le calcul de l’indemnité. L’utilisation du montant de 55 000 dollars dans le discours du ministre est donc une manifestation claire de mauvaise foi de sa part.

Comme deuxième fausseté, le ministre a laissé entendre que la négociation avec les milieux familiaux a été interrompue durant tout le mois d’août, faute de disponibilité de la part du négociateur de la FIPEQ-CSQ, qui aurait été « en vacances ». Les organisations nient formellement ce propos et condamnent ce salissage en règle. Elles réitèrent que le service de négociations pour les RSE en milieu familial a interpellé le ministère de la Famille dès le mois de juillet pour poursuivre le dialogue durant tout l’été. Ces demandes sont restées lettres mortes.

Comme troisième fausseté, le ministre de la Famille a mentionné, hier, que le coût des demandes financières de la FIPEQ-CSQ se chiffrait à un milliard de dollars. La CSQ et la FIPEQ-CSQ font part que ce montant, lancé par le ministre, est, en plus d’être faux, fondé sur un contexte de quatre ans plutôt qu’une base annualisée de 190 millions de dollars. Pour démontrer que le ministre fait la diversion avec un chiffre sorti tout droit de nulle part, les syndicats rappellent que le coût total des RSE avec encadrement des bureaux coordonnateurs se chiffrait à 607 millions de dollars au total pour l’année financière 2019-2020. De ce montant, 543,6 millions de dollars ont été versés aux RSE. Par ailleurs, il importe de rappeler que le gouvernement du Québec reçoit chaque année, et depuis trois ans, 87 millions de dollars du gouvernement fédéral dans le cadre de son programme de soutien aux services de garde.

Comme quatrième fausseté, le ministre de la Famille a affirmé, hier, au Salon bleu de l’Assemblée nationale, que le statut de salariée aux RSE en milieu familial avait été offert à la table de négociation, ce que la FIPEQ-CSQ dément formellement.

« En plus de refuser de payer décemment 10 000 intervenantes qui s’occupent à temps plein de nos enfants, le ministre choisit sciemment de se lancer dans une joute mensongère sur le dos de femmes qui demandent d’arrêter d’être rémunérées sous le salaire minimum. Pendant que la deuxième vague de la COVID-19 débute, le gouvernement peut-il ramener son ministre à la raison et lui demander d’arrêter de mettre le feu avec ses déclarations aussi mensongères qu’incendiaires ? », mentionne Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

« En constatant la stratégie de communication vers laquelle le ministre de la Famille fait le choix de se diriger, il y a lieu de s’inquiéter, parce que cela démontre à quel point le gouvernement est prêt à tout pour ne pas favoriser l’avancement économique des femmes. Est-ce qu’il est dorénavant permis de dire n’importe quoi, n’importe quand ? Les « faits alternatifs » au sud de chez nous ont-ils gagné le cabinet du ministre ? Il serait grand temps que le ministre s’en tienne à la réalité du terrain et négocie pour l’amélioration de la condition financière des travailleuses. Les parents et les enfants le méritent ! », se demande Valérie Grenon, présidente de la FIPEQ-CSQ.

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