Édition du 12 novembre 2019

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Éducation

Mise à Mort de la culture

Réponse aux propos du Directeur général de la Fédération des cégeps, M. Tramblay

Vous trouverez ci-joint une réponse aux propos du Directeur général de la Fédération des cégeps, M. Tremblay, rapporté ce vendredi 28 août dans les différents médias.

Hugues Bonenfant est président de la Nouvelle Alliance pour la Philosophie Au Collège (NAPAC)


On ne peut que sursauter devant l’ironie des propos du président de la fédération des cégeps rapportés dans le Devoir du 28 août 2015, M. Tremblay affirme que la mission des cégeps est en danger en raison des coupures budgétaires.

M. Tremblay donne l’impression de s’inquiéter des cégeps. Il se contente de souligner que les coupures nuisent à l’efficacité pour que se termine l’arrimage des cégeps au marché. Or, c’est précisément ce désir de réduire l’éducation à la formation, inscrit dans le projet d’école du 21è siècle du gouvernement Couillard, qui met en péril la mission des cégeps. Ce désir est aussi celui de la Fédération, à preuve la remise en cause de l’épreuve de français que propose M. Tremblay dans le Journal de Montréal du 28 août 2015.

Cette logique est exactement celle du rapport Demers que M. Tremblay encense et dont il réclame l’application au nom de la rentabilité, on s’attaque à ce qui constitue le fondement même de notre culture, son véhicule essentiel, la langue.

En effet, le rapport Demers vise précisément à faire des cégeps l’antichambre du marché, un lieu de formation que nous payons, nous contribuables, et dont nous déchargeons d’autant les entreprises privées. Ce rapport fait l’objet d’une planification de mise en œuvre actuellement, et M. Tremblay, qui feint de s’en inquiéter, le sait bien. Cette mise en œuvre se fait en dehors de tout débat public, par un comité para ministériel dirigé par Mme Nicole Rouiller, situation que Mme Véronique Hivon avait dénoncée en janvier dernier.

On y propose notamment la mise à mort de la formation générale commune.

Quelle est, ou était, la mission des cégeps, que M. Tremblay se garde bien de mentionner ? Elle visait un objectif magnifique, qui consistait à concilier la formation technique et professionnelle avec l’accès à une culture qui, jusque là, était réservée à une petite élite économique.

Les réformes que proposent le rapport Demers ont comme conséquences de gommer presque totalement le second aspect de cette mission, laissant ce qui relève de la culture aux collèges privés où les femmes des privilégiés de notre société pourront poursuivre leurs études en toute quiétude et réduisant le reste de la population à de la main d’oeuvre en devenir…

Les cégeps visaient à augmenter la mobilité sociale, on vise maintenant à l’abolir, tout simplement


Èvènement : Cégep Inc. La destruction oprogrammée de la culture"

Hugues Bonenfant, Amélie Hébert, Éric Martin, Sébastien Mussi, Annie Thériault, professeures et professeurs de philosophie, membres de l’exécutif de la Nouvelle alliance pour la philosophie au collège, co-organisatrice, en partenariat la Chaire Unesco d’étude sur les fondements philosophiques de la justice et de la société démocratique de l’UQAM, de l’événement "Cégep Inc. La destruction programmée de la culture" (avec Micheline Lanctôt, Yvon Rivard, Guy Rocher, et d’autres), qui se tiendra le 19 septembre à partir de 10h à l’auditorium de la Grande Bibliothèque. L’entrée est gratuite.

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