Édition du 21 juin 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Montréal contre les pipelines

La crise climatique qui nous menace est une occasion incroyable d’unir nos forces. C’est non seulement l’opportunité pour nous de lutter contre les choses qui causent des dommages dans le monde, mais c’est aussi la possiblité de se battre pour créer quelque chose de mieux. Saisissons ce moment afin de briser les inégalités et les injustices de notre société, et de construire un monde qui est sain et sécuritaire pour tous et toutes.

La proposition pour le plus grand oléoduc de sables bitumineux en Amérique du Nord sera formellement déposée sous peu, ce qui en fait un moment d’importance pour le mouvement climatique. En tant que membres de Justice Climatique Montréal (CJM), nous avons suivi la proposition pour le projet Énergie est de TransCanada depuis un certain temps. Pour nous, cet oléoduc représente une menace supplémentaire pour l’eau et l’air des communautés en aval des sables bitumineux qui sont déjà négativement affectées par cet immense projet. C’est aussi une menace pour les communautés le long de l’oléoduc et une cause d’augmentation catastrophique des émissions de CO2, qui affectera d’une manière disproportionnée les personnes des pays du Sud.

Les effets négatifs de l’oléoduc ne peuvent être niés, mais d’une perspective de justice climatique, il ne s’agit pas simplement de s’attarder à arrêter les catastrophes et problèmes supplémentaires. La lutte contre Énergie est représente une chance de changer radicalement l’orientation de notre société. C’est une opportunité de choisir de s’aligner avec les limites écologiques dont nous dépendons, plutôt que d’opter pour la dévastation environnementale d’une extraction toujours croissante. C’est aussi une opportunité de faire face aux inégalités et oppressions grandissantes en solidarisant nos relations et aussi de mettre fin à la domination d’une minorité de la population et d’entamer un processus de justice qui inclut les crimes d’exploitation.

Ce qui suit ne considère pas juste les choses auxquelles nous nous opposons. Plutôt, nous cherchons à faire partie

Le projet d’Énergie et l’Office national de l’énergie

La corporation TransCanada cherche l’approbation de l’Office national de l’énergie (ONÉ) pour le projet d’oléoduc Énergie est. Ce projet convertira un oléoduc qui est déjà en place depuis plusieurs décennies et qui traverse présentement le continent de la Saskatchewan jusqu’au Québec. La proposition inclut d’y ajouter des extensions pour qu’il puisse se rendre de l’Alberta jusqu’au Nouveau-Brunswick. L’oléoduc aurait deux points d’arrivée : un terminal au port à Cacouna, au Québec, et à une raffinerie à Saint Jean (Saint John), au Nouveau-Brunswick. L’objectif de ce projet est de transporter 1,1 million de barils de pétrole brut des sables bitumineux par jour. Ainsi, l’oléoduc Énergie est serait le plus grand projet d’infrastructure énergétique au Canada depuis la construction du réseau férroviaire du Canadien Pacifique.

Selon l’Institut Pembina, (1) Énergie est représente :

- Entre 900,000 et 2,5 millions de barils d’eau par jour pollués avec des hydrocarbures aromatiques polycycliques, du benzène, de l’arsenic, du plomb et d’autres polluants

- Des milliers de tonnes de dioxyde de sulfure, de l’oxyde d’azote et des composés

- Des milliers de tonnes de dioxyde de sulfure, de l’oxyde d’azote et des composés organiques volatils, tous des composés qui contribuent aux pluies acides
En somme, les sables bitumineux...

- sont en train de drainer jusqu’à 15 % de la rivière Athabasca

- sont la source de gaz à effet de serre qui croit le plus rapidement au Canada

- en train de créer des bassins de décantation 50 % plus large que le territoire de la ville de Vancouver

- ont seulement vu 0,15 % de leur aire d’extraction totale (715 km au total) être certifiée comme réhabilitée

- via leur raffinage seulement, contribuent 7 % des gaz à effet de serre au Canada (2010)

Pour ces raisons, le pétrole lourd des sables bitumineux est communément appelé « un des combustibles les plus sales, coûteux et destructeur au monde ». (2)

Une fois que le projet aura été déposé à l’ONÉ, il sera soumis à un an d’évaluation et d’audiences publiques. Cependant, malgré une image qui veut que l’ONÉ soit « neutre » et « objective », leurs méthodes d’évalution sont biaisées et la participation citoyenne dans les audiences publiques est de plus en plus limitées. Les intervenants citoyens doivent participer à un long processus arbitraire d’application afin de témoigner. De plus, l’ONÉ a tranché qu’il ne considèrera pas les enjeux des changements climatiques (3) comme un des effets cumulatifs des projets d’oléoducs malgré que la construction d’Énergie est mènera inévitablement à une expansion des sables bitumineux de l’Alberta et l’augmentation de l’utilisation des combustibles fossiles. Finalement, même si l’ONÉ produirait une recommendation qui s’opposerait au projet de TransCanada, l’office n’a pas de pouvoir contraignant à cet effet. Un changement de loi a fait que le cabinet des ministres fédéraux pourrait voter pour approver le projet même si l’ONÉ le rejette. (4)

Plusieurs raisons peuvent nous convaincre de s’opposer à Énergie est à titre de projet d’infrastructure isolé. Le fait que c’est un vieil oléoduc de gaz naturel qui sera utilisé pour transporter le pétrole brut issu des sables bitumineux - qui est beaucoup plus lourd et corrosif - mène certains à conclure qu’un, ou plusieurs, déversements ne sont qu’une question de temps. Par contre, puisqu’Énergie est joue un rôle dans l’expansion des sables bitumineux de l’Alberta, ceci implique que ce projet comporte aussi les problèmes inhérents associés à l’extraction, à la production et à la consommation des sables bitumineux.

Les communautés, et particulièrement les communautés autochtones, vivant autour des sites d’extraction de sables bitumineux « font face à de plus grands risques pour la santé dû à une plus grande pollution de l’air et de l’eau, et rapportent de plus en plus de cas de cancers ». (5) (6) De plus, ils sont littéralement entrain de voir leur source d’alimentation traditionnelle disparaître à mesure que la forêt boréale se fait dépouiller et que les populations d’animaux altèrent leurs trajectoires de migration ou deviennent malades et meurent.

À l’autre extrémité du processus, malgré la rhétorique voulant que ces projets amélioreraient la sécurité énergétique des consommateurs en Amérique, Énergie est est en fait une composante clé de l’augmentation de l’exportation du pétrole issu des sables bitumineux, pour aller vers d’autres marchés comme l’Europe et l’Asie. Pour le moment, le pétrole des sables bitumineux demeure largement enclavé dans les terres et les projets d’oléoducs comme Énergie est, la Ligne 9B d’Enbridge et Northern Gateway sont nécessaires pour transporter le bitume outre-mer.

Finalement, la consommation et combustion des hydrocarbures comme le pétrole des sables bitumineux continuent d’accentuer notre trajectoire vers l’emballement dangereux du climat, sans mentionner des terres, eaux et une atmosphère de plus en plus pollués. Les oléoducs sont nécessaires à l’expansion des sables bitumineux. Le gouvernement canadien actuel planifie de tripler la production des sables bitumineux dans les deux prochaines décennies, à partir du 1,9 million de barils par jour de production en 2012, (7) et Énergie est est une composante significative dans cette hausse prévue. Ainsi, travailler pour arrêter le flux du bitume dans cet oléoduc fait partie intégrante de la lutte mondiale contre les forces qui causent les changements climatiques.

La justice climatique pour toutes et tous : renforcer notre analyse

Dans le but d’avoir une approche plus réaliste, objective et étendue, il est essentiel de discuter du projet Énergie est et de tous les projets similaires dans une perspective de justice climatique. Un cadre commun pour la justice climatique se compose de trois parties : les racines profondes, les fardeaux inégaux, et les fausses solutions. (8) (9)

Les « racines profondes » sont les raisons systémiques qui font que ces projets continuent d’être proposés et d’acquérir une légitimité dans notre société.

Le terme « fardeaux inégaux » est utilisé pour identifier quelle fraction de la population, à un niveau systémique, bénéfice du projet par rapport aux personnes les plus vulnérables à ses effets négatifs.

Finalement, ce que l’on désigne par de « fausses solutions » réfère à des solutions proposées pour des problèmes comme la sécurité des oléoducs ou le réchauffement climatique, mais qui ne s’attaquent pas à la racine des problèmes. Au contraire, les fausses solutions profitent à ceux qui bénéficient déjà du statu quo. Le cadre, dans son ensemble, nous permet de considérer plus que les simples impacts à court terme de projets individuels ou ceux susceptibles de nous affecter personnellement. Plutôt, nous nous basons sur une compréhension des inégalités de pouvoir permettant à certaines personnes de bénéficier de la façon de faire actuelle, alors que d’autres groupes se trouvent assujettis à ses impacts négatifs.

Les racines profondes d’Énergie est sont les mêmes causes que l’on trouve à la racine de plusieurs formes d’oppression :

- Le capitalisme qui cherche à augmenter les profits corporatifs de la production de pétrole, et ce, malgré les signes prépondérants de la crise climatique

- Le colonialisme, par lequel certaines personnes exploitent ou contrôlent des parcelles de terres sans le consentement des premiers occupants de ces terres

- Le patriarcat, qui perçoit les hommes comme des être plus habilités que les femmes dans le processus de prise de décisions

- La suprémacie blanche qui voit les gens de couleur comme étant des personnes de moindre importance ; et

- L’extractivisme, qui fait la promotion de l’idée que nous devons continuer à extraire plus de ressources limitées du sol, plutôt que de réduire notre consommation ou d’allonger le cycle de vie des matériaux déjà extraits. (10)

Énergie est, ainsi que l’entièreté de l’économie extractive basée sur un usage intensif des hydrocarbures, perpétue systématiquement des fardeaux inégaux sous la forme de dommages subis de manière disproportionnée par les personnes autochtones et racialisées, les femmes, les pauvres et la majorité des populations des pays du Sud, où le colonialisme continue de garder la majorité des habitants dans un état de précarité.

Tel que mentionné précédemment, les communautés autochtones près des sables bitumineux de l’Alberta voient des membres de leurs communautés devenir malades et mourir de cancers rares à cause des effets en aval de l’extraction et des bassins de décantation, tandis que leur sources d’alimentation traditionnelles disparaissent. De plus, l’héritage colonial de sous-financement chronique des besoins fondamentaux comme l’eau potable, la nourriture et le logement des Premières nations de la part du gouvernement canadien mène à une terrible double impasse pour certaines de ces communautés lorsque les entreprises extractives, avec l’appui de ce même gouvernement, les approchent avec l’offre d’opportunités de « développement économique » à court terme s’ils laissent les projets aller de l’avant.

Le racisme systémique et le colonialisme impliquent que les peuples racialisés (c’est-à-dire non blancs) d’autres parties du monde subissent le plus grand dommage associé à ces projets. Sur le site même des sables bitumineux, par exemple, les travailleurs racialisés sont souvent assignés aux emplois les plus dangereux, les moins bien payés, et ne bénéficiant pas de la protection syndicale ; ceci entraîne des tragédies comme un accident qui a causé la mort de deux travailleurs temporaires chinois et blessé quatre autres. (11) À l’échelle mondiale, ce sont les peuples des pays du Sud qui sont disproportionnellement affectés par les changements climatiques et les inondations, sécheresses, feux de forêts et tempêtes extrêmes qui y sont associés. Ainsi, Énergie est et l’extraction que ce projet supporte sont la cause de déplacements : que ce soit les Autochtones qui quittent leurs communautés quand les conditions deviennent intolérables, les travailleurs migrants qui laissent leurs maisons pour travailler ailleurs en raison du manque d’assurance de subsistance dans les endroits d’ou ils viennent, ou encore les personnes qui sont obligées de se déplacer en raison de effets de la crise climatique.

De plus, une analyse fondée sur les genres montre que les femmes sont disproportionnellement affectées par les impacts des changements climatiques tels que les pénuries d’eau et de nourriture ainsi que les déplacements à travers le monde. Alors que les hommes sont aussi affectés, les femmes dans leurs positions de proche-aidant, de chefs de ménages, de fermières et d’approvisionneuses en eau doivent travailler plus fort alors que les ressources deviennent plus difficiles d’accès. Au niveau national, les femmes autochtones sont aussi injustement affectées par un projet comme Énergie est en raison du système de gouvernance imposé par le gouvernement fédéral aux communautés autochtones. Alors que les formes traditionnelles de gouvernance considèrent les femmes comme des figures centrales dans les processus de décisions de la communauté, le gouvernement du Canada ne reconnait que les conseils de bandes - qu’il a mis sur pied et financé - comme ayant le pouvoir de consentir aux projets. En même temps, les projets extractivistes, constituent souvent des lieux de hauts niveaux de violence sexualisée en raison de multiples facteurs interreliés. De grands nombres d’hommes qui s’installent pour le travail sans lien avec la communauté, de hauts taux d’abus d’alcool et de drogues dans des environnements isolés et des prix de logements anormalement gonflés signifient que les femmes présentes dans ces communautés font face à de plus grands obstacles pour quitter des relations abusives. (12) (13)

De surcroît, une perspective historique démontre que les femmes ne sont pas que disproprotionnellement affectées par les projets extractivistes, mais que l’oppression des femmes a toujours fait partie intégrante du projet capitaliste et colonialiste de contrôler et d’exploiter les ressources naturelles. L’imposition de structures sociales patriarcales comme force de colonisation, par exemple, a été un outil pour affaiblir la fibre sociale de communautés et leurs efforts de résistance.

En terme de bénéfices économiques, Énergie est est légalement destiné au profit des actionnaires de TransCanada. L’association canadienne des producteurs de pétrole a indiqué que 94 % des bénéfices économiques de l’industrie des sables bitumineux seront réalisés en Alberta. (14) De tous les matériaux étant extraits de la planète, la presqu’entièreté des bénéfices sont contrôlés et appréciés par un très petit groupe d’individus puissants. Contrairement aux communications des compagnies et gouvernements déclarant que des projets comme les oléoducs et les sables bitumineux sont « bons pour le Canada » en entier, il est clair qu’à l’intérieur même des frontières de cette nation, beaucoup souffrent au nom de l’accumulation de la richesse pour une minorité puissante. À l’échelle mondiale, les inégalités sont encore plus grandes.

Énergie est est vanté comme une solution pour le transport du pétrole en comparaison aux trains et camions. Il s’agit d’une fausse solution. Énergie est perpétue les systèmes extractivistes qui placent des fardeaux inégaux sur les peuples à travers le monde. Ce projet n’est pas accompagné d’une stratégie pour démanteler ces systèmes oppressifs. L’installation de cet oléoduc ne serait probablement pas associé à une réduction du transport des sables bitumineux par rail et les déclarations contraires sont fausses et ont pour but de nous distraire.

Similairement, les appels à de meilleures mesures de sécurité sur l’oléoduc ou encore une « plus grande efficacité » aux sites d’extraction des sables bitumineux sont de fausses solutions : ces mesures ne pourront pas réduire les effets toxiques des sables bitumineux ou la catastrophe lente que sont les changements climatiques. Bien que cette analyse porte sur Énergie est spécifiquement, il y a beaucoup d’autres fausses solutions présentes dans les discussions sur la crise climatique. Celles-ci incluent la capture et le stockage de carbone, les marchés de compensation et échanges de crédits carbone, et ont été l’objet de critiques ailleurs. (15)

La résistance est fertile : Arrêter les oléoducs et créer un monde meilleur

Ayant tout cela à l’esprit, nous disposons de différents échéanciers au sein desquels nous devons agir. Nous disposons d’environ un an pour nous mobiliser contre l’oléoduc d’Énergie est avant son approbation et le début de sa construction. À plus grande échelle, le temps file en matière de changement climatique, et si les opinions varient sur le temps qu’il reste - s’il en reste - avant que la crise ne soit vraiment inévitable, l’urgence de la situation ne fait aucun doute.

Les oléoducs répondent à la volonté d’accroître l’extraction toxique et nuisible des sables bitumineux. D’ici un an ou deux, nous devrons multiplier les efforts de mobilisation et les occasions de freiner Énergie est, qui pourrait être le plus grand projet entrepris au Canada depuis les cent dernières années. Les communautés autochtones et non-autochtones qui se sont opposées ensemble aux projets d’oléoducs Kinder Morgan et Northern Gateway sur la côte ouest, et au projet d’oléoduc Keystone XL aux États-Unis, entre autres mouvements de résistance, sont une grande source d’inspiration.

Alors que les oléoducs et les changements climatiques sont les désastres contre lesquels nous devons lutter, CJM invite les lectrices et lecteurs à considérer aussi tout le potentiel qui existe à l’intérieur d’une échéance qui devient rapidement de plus en plus étroite. Plusieurs d’entre nous avons réalisé que pour quitter la voie des changements climatiques accélérés, nous ne pouvons nous contenter de freiner des projets extractivistes spécifiques, permettant un ralentissement de la destruction environnementale et du génocide des communautés autochtones appuyé par l’État. En réalité, il est nécessaire de transformer radicalement les priorités de notre société, actuellement orientée vers la croissance constante de la production, de la consommation et des marges de profit.

Il s’agit d’une tâche énorme, et effrayante. Il est difficile de savoir comment jeter les bases d’une telle transformation, après des siècles d’un système capitaliste axé sur la croissance illimitée, et devant la rareté des expériences alternatives, particulièrement pour ceux et celles d’entre nous qui vivons dans une société colonisatrice occidentale. Pourtant plusieurs principes fondamentaux porteurs d’un grand potentiel existent déjà dans notre tissu social.

Par exemple, le fait de prioriser le partage et la collaboration, plutôt que l’individualisme et la compétition, contribue à renforcer le tissu social et forger une solidarité entre nous. Réutiliser et recycler les matériaux permet de développer des habiletés souvent occultées par les lignes d’assemblage industrielles. Cela permet également de développer de la résilience en augmentant notre autosuffisance et en favorisant la créativité, tout en perturbant le prémisse capitaliste qui propose de consommer constamment de nouveaux produits et de reléguer les vieux produits au dépotoir. Construire des relations avec les autres êtres humains et avec l’ensemble de l’environnement, les maintenir, les valoriser et les nourrir davantage que nos possessions matérielles ; voilà qui peut aider à réorienter nos priorités vers quelque chose de plus humain. Cultiver sa propre nourriture, ou appuyer des gens qui le font, contribue à reprendre des mains des corporations multinationales et se réapproprier des éléments nécessaires à notre survie. Il est aussi possible de soutenir des coopératives d’alimentation, de logement ou de travail, qui distribuent la richesse d’un projet de façon horizontale parmi leurs membres ou leurs utilisateurs et utilisatrices, plutôt que de favoriser la concentration de la richesse aux mains du patronat ou des propriétaires, et la concentration de l’effort au sein des travailleurs et travailleuses.

Les exemples mentionnés précédemment font tous partie des processus de création des mouvements et des communautés, qui sont susceptibles de réaliser un avenir sain et sécuritaire pour toutes et tous. Les blocages, les grèves, les manifestations et les actions directes sont une forme de résistance contre un système qui engendre tant de souffrance. Mais même si nous nous engageons dans l’action directe pour renverser la machine capitaliste, colonialiste et extractiviste, le long processus de reconfiguration de nos rapports sociaux et économiques contribue également à éroder les fondations qui soutiennent cette machine.

Nous vivons un moment réellement exaltant. Les mesures d’austérité appliquées par les gouvernements visent l’instauration d’une ambiance de crise, de précarité et de rareté susceptible de fragiliser les relations sociales et de diviser les gens pour mieux les contrôler. Résistons ! Résistons et profitons de ce moment de tensions et d’intersection entre plusieurs crises afin de bâtir un monde dans lequel toutes et tous peuvent s’épanouir. Notre planète, belle, diverse et fascinante, offre tant de possibilités. Nous, êtres humains brillants, créatifs et compatissants, sommes capables de tellement mieux. Les combats pour un monde plus juste se mènent depuis des siècles ; ôsons voir ce dont nous sommes capables en unissant nos efforts.

Notes

1. http://www.pembina.org/oil-sands/os101

2. http://www.nwf.org/What-We-Do/Energy-and-Climate/Drilling-and-Mining/Tar-Sands.aspx

3. http://www.thestar.com/news/world/2014/08/15/u_of_t_professor_launches_challenge_against_national_energy_board.html

4. http://www.cbc.ca/news/politics/cabinet-to-get-final-say-on-pipeline-projects-1.1217699

5. http://www.nrdc.org/energy/tar-sands-health-effects.asp

6. http://business.financialpost.com/2014/07/08/oil-sands-pollution-linked-to-higher-cancer-rates-in-fort-chipewyan-study-finds/

7. http://www.energy.alberta.ca/ourbusiness/oilsands.asp

8. http://www.sourcewatch.org/index.php/Environmental_justice

9. https://www.policyalternatives.ca/sites/default/files/uploads/publications/ourselves/docs/Preview-Climate%20Change%20Who%20carries%20burden.pdf

10. http://iris-recherche.qc.ca/blogue/leconomie-extractive

11. http://oilsandstruth.org/53-charges-cnrl-contractors-deaths-foreign-workers

12. http://oilsandstruth.org/hunger-strikers-seek-money-women%E2%80%99s-shelter-fort-mcmurray

13. http://www.fortmcmurraytoday.com/2012/06/10/sod-turning-marks-beginning-for-new-crisis-society-facility

14. http://appstore.capp.ca/oilsands/page/jobs-2012-01-23-02-01-02

15. http://no-redd.com/no-redd-papers/

Justice climatique Montréal

Nous sommes un groupe qui revendique la justice environnementale et climatique. Notre mission passe par l’éducation, la mobilisation et l’action collective, en solidarité avec les communautés directement touchées par l’injustice environnementale.

Justice Climatique Montréal (aussi connu sous le nom Climate Justice Montreal) s’est formé après la convergence de centaines de jeunes militants contre les changements climatiques à Ottawa, dans le cadre de Power Shift Canada 2009. Après trois jours d’ateliers, de discussions et de protestations à l’extérieur et à l’intérieur du parlement, le contingent montréalais à décidé qu’il était temps de prendre action au Québec.

http://justiceclimatiquemontreal.ca/

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