Édition du 7 avril 2020

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Canada

Non à la décision du gouvernement canadien de prendre la direction de la MINUSTAH en Haïti

Le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’occupation d’Haïti (REHMONCO) dénonce et condamne énergiquement le choix du gouvernement libéral, dirigé par le premier ministre Justin Trudeau, de renforcer l’occupation militaire d’Haïti. Selon Le Devoir (9 mars 2016), le Canada aurait l’intention d’envoyer 2000 soldats en Haïti, l’objectif étant de prendre la direction des forces de l’occupation de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) dans le pays. Cette stratégie, qui aurait été discutée à Ottawa lors de la visite du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, viserait à permettre au Canada de briguer un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Il ne fait aucun doute que ce projet du gouvernement libéral s’inscrit dans le cadre du prolongement de la politique de domination des puissances impérialistes sur Haïti. Rappelons que le Canada, tout comme les États-Unis et la France, a pris part dans les pratiques de domination et d’exploitation d’Haïti. Pour ne donner qu’un exemple, de 1960 à 1972, la Société d’exploitation et de développement économique et naturel (SEDREN), une filière de la canadienne Consolidated Halliwell, a exploité systématiquement les mines de cuivre du nord d’Haïti. Et cela sans aucune retombée pour l’économie nationale puisque cette exploitation a eu lieu sous le gouvernement sanguinaire des Duvalier que le Canada a soutenu à coup de millions de dollars tout au long de la décennie 1970.

Il faut aussi souligner que le Canada était en première ligne dans les évènements de 2004 qui ont servi de prétextes pour introduire, sous couvert des Nations Unies, les forces militaires impérialistes sur le sol haïtien. Depuis cette date, les « exploits » de la MINUSTAH sont maculés de sang et marqués d’horreur. C’est ainsi que ces militaires ont massacré plusieurs dizaines d’Haïtiens dans les quartiers populaires de Port-au-Prince, dont Cité-soleil, Bel Air, Fort-National. Ils ont commis d’innombrables viols sur des adolescentes un peu partout sur le territoire national. Ils ont introduit dans le pays une épidémie de choléra qui a déjà causé plus de 10 000 morts.

Soulignons que toutes ces exactions criminelles ont été commises en toute impunité, sans même une condamnation formelle de la part des Nations Unies. Le refus systématique de l’ONU de dédommager les victimes du choléra témoigne clairement du flagrant mépris de la dite communauté internationale envers le peuple haïtien. Un mépris d’autant plus profond que plusieurs institutions (dont l’université Harvard) ont indiqué sans aucune équivoque la responsabilité des soldats de la MINUSTAH dans l’introduction de l’épidémie dans le pays.

Après 12 ans d’avilissement et de répression du peuple haïtien, le gouvernement libéral veut maintenant prendre le relais de commandement des forces d’occupation. La rhétorique humanitaire du gouvernement Trudeau ne peut dissimuler le projet qui est à la base de cette décision : continuer l’expropriation des richesses naturelles du pays ainsi que l’exploitation sauvage de la main-d’œuvre ouvrière.

Face à ce projet macabre du gouvernement libéral, le REHMONCO demande aux organisations progressistes du Canada de soutenir la lutte des organisations progressistes et populaires haïtiennes contre l’occupation d’Haïti. Cette politique impérialiste a déjà causé beaucoup de ravages au pays. Les plaies sont béantes et sanglantes. C’est toujours le peuple haïtien qui en fait les frais en termes de morts, d’infectés et d’expropriés.

Le REHMONCO exige sans délai le départ de la MINUSTAH d’Haïti et le dédommagement des victimes du choléra.

Renel Exentus et Ricardo Gustave pour le REHMONCO (rehmoncohaiti1915@gmail.com)

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