Édition du 14 mai 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Point de mire du 16 avril 2019

Quand l’accumulation des facteurs de crise prépare des changements brusques

Dans ces points de mire, Presse-toi à gauche présente synthétiquement des éléments d’analyses d’articles publiés dans l’édition de la semaine et explicite ses partis-pris sur les points d’actualité et les débats en cours. Points de mire, pour bien marquer où nous voulons en venir !

Le débat se poursuit dans le contexte de l’étude du projet de loi caquiste sur la laïcité. Yves Bergeron souligne les contradictions dans le discours du ministre Jolin-Barette lorsque la tension monte. Soulignant les incohérences du dit projet supposément« modéré » et sur la durée du débat, il évoque la stratégie en vue de la consolidation de la base électorale de la CAQ et de la marginalisation du PQ.
 
Sébastien Barraud explique le tournant opéré par Québec solidaire sur le projet de loi sur la laïcité. Il y voit notamment un avantage pour reconstruire le mouvement indépendantiste décolonial en incluant les minorités racisées dans cette lutte.
 
Bernard Rioux analyse la stratégie de Gaz Métro-Energir afin de nous faire croire que le gaz naturel serait une énergie verte de transition. Or, les avis scientifiques du GIEC divergent de cette prétention. Mais Energir à grand renfort de lobbyistes entend nous enfoncer dans la gorge cette fausse solution. L’auteur dénonce le gouvernement Legault qui assure la continuité dans la politique vis-à-vis le gaz naturel que les libéraux qui les ont précédés et qui fait preuve d’un aveuglement volontaire dans cette affaire.
 
Colin Ménard-Yelle dénonce les manoeuvres de la compagnie ‘Sayona Mining LTD’ dans le dossier de l’ouverture d’une mine de lithium dans le Témiscamingue et y voit une forme de néo-colonialisme ainsi que des risques pour les nappes d’eau de la région et une aire protégée. Il plaide pour le respect des enjeux environnementaux ainsi que la nationalisation de la ressource.
 
Enfin, lors du récent Conseil national de Québec solidaire, Samir Saul a présenté une conférence sur le racisme et l’islamophobie. Nous vous présentons la captation vidéo de cette conférence. Merci à Pierre Beaudet et Ronald Cameron pour cette opportunité.

Sur la scène internationale

Cette semaine, pour examiner la situation internationale, nous sommes partis de deux analyses globalisantes pour ensuite s’attarder davantage à trois pays en particulier : Vénézuéla, Zappatistes, Philippines.

GLOBALEMENT

À l’échelle planétaire, nous avons retenu une analyse de l’agriculture en système capitaliste et une réflexion sur la rencontre des grandes multinationales et des chefs d’État avec le sommet de Davos.

La naissance d’une dette agricole et alimentaire

L’article définit au départ la crise de l’agriculture mondiale :malnutrition, pillage des terres, gaspillage de nourriture et obésité. Pour l’auteur, ce portrait démontre : « l’absurdité du modèle agricole dominant, gangrené par des impératifs de profit sans borne et de concurrence à outrance. »

L’article se concentre ensuite sur un court récit historique, mais précis de cette crise. L’auteur relève trois moments historiques. Il aborde la colonisation :

« Dès la colonisation, la structure de la production alimentaire des pays du tiers-monde fut totalement transformée dans le but de fournir aux métropoles les ressources dont elles avaient besoin. »ensuite il décrit la situation avec l’accession à l’indépendance de plusieurs colonies à la fin de la Deuxième Guerre mondiale : « Cette mise au pas des agriculteurs du Sud se poursuivit après les indépendances. Ici encore, l’utilisation de la dette fut fondamentale, puisque les plans d’ajustement structurel imposés par le FMI et la Banque mondiale ne firent que renforcer la priorité déjà donnée aux cultures d’exportation, nécessaires à l’accumulation de devises. » et enfin la situation à l’ère de la mondialisation et des politiques néolibérales : « Alors que l’on interdit aux États du Sud, via les plans d’ajustement structurel ou l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de soutenir leurs petits producteurs, les gouvernements étasuniens et européens subventionnent leurs agriculteurs à coups de milliards de dollars. »

En deuxième temps l’auteur explicite la notion d’accaparement des terres. Il parle d’accentuation du phénomène au détriment de la petite agriculture paysanne : « Ces dix dernières années, le phénomène d’accaparement des terres a littéralement explosé, concernant plus de 200 millions d’hectares. Outre les entreprises et les investisseurs financiers (spéculateurs, banques, fonds de pension, hedge funds…), ce sont les États manquant de potentialités agricoles qui achètent des milliers d’hectares. On assiste ainsi à une véritable ruée vers les terres arables de la part de l’Arabie Saoudite, du Qatar, de l’Union européenne ou encore de la Corée du Sud. Et de nombreux États se voient contraints de vendre leurs terres aux plus offrants, notamment pour satisfaire les exigences du FMI. »

L’article se termine sur deux constats : « L’organisation actuelle de l’agriculture a donc pour effet, d’une part, de désarmer totalement les économies du Sud et, d’autre part, de standardiser la production agricole en se focalisant uniquement sur les cultures potentiellement les plus rémunératrices. » et : « L’état actuel de l’agriculture mondiale est donc une parfaite illustration du fait que les peuples subissent les conséquences de décisions prises par une infime minorité (les 1 %) pour qui la conduite des affaires est uniquement guidée par des perspectives de profit à court terme. »

Face à cela, l’auteur nous invite à passer à l’action : « Reconnaître cela doit nous conduire à nous réapproprier notre alimentation, par le démantèlement des grands groupes, l’imposition de véritables réformes agraires, la mise en œuvre de politiques de soutien aux petits producteurs et aux pratiques de l’agroécologie (plus efficace que l’agriculture intensive [31]), une relocalisation de la production, et surtout une autonomie nationale, régionale et locale accrue. En somme, il faut interrompre le creusement de cette dette alimentaire en déconcentrant la production agricole et en promouvant une agriculture de proximité, par et pour les paysans. »

Le Sommet de Davos à fait les manchettes ces dernières semaines. Il nous faut en faire un bilan. Nous avons choisi quelques phrases tiré d’un vidéo à voir de Gustave Massiah.

Gustave Massiah : « La mondialisation néolibérale se porte bien et n’a jamais été autant en danger »

Voici donc les réflexions retenues : « La mondialisation néolibérale ne s’est jamais aussi bien portée et n’a jamais été autant en danger. » « Voilà ce que ceux du Forum Économique Mondial de Davos veulent : le maintien de l’ordre, la répression et l’imposition des discriminations. »« La corruption, ce n’est pas acheter des gens, c’est la fusion entre la classe politique et la classe financière qui abolit l’autonomie de la première. » « On rentre dans la deuxième phase de la décolonisation : la première, c’était l’indépendance des États – et on en a vu les limites – et maintenant se pose la question de la libération des peuples. » « La lutte continue ; et on ne sait pas ni quand, ni comment on pourrait gagner, mais c’est possible. »

VENEZUELA

Deux appels internationaux pour informer et sensibiliser les militants et militantes à la situation de crise au Vénézuéla sont apparus dans les médias. Les deux font des constats très similaires.

Pour une solution démocratique, par et pour le peuple vénézuélien

Dans cet appel, en entrée de jeu, les objectifs sont avancés : « l’autoritarisme du gouvernement de Maduro », l’autoproclamation de Juan Guaido comme président par intérim et « l’interventionnisme américain ». Il y a donc critique des politiques du gouvernement Maduro et reconnaissance de graves souffrances pour le peuple Vénézuélien. Il y a aussi mention des pressions indues faites par les États-Unis et tous les gouvernements les appuyant. Enfin il y est affirmé : « La sortie de la crise profonde que traverse la société vénézuélienne doit être pacifique, constitutionnelle et doit rétablir la souveraineté du peuple vénézuélien. »

La deuxième déclaration reprend presque le même cheminement.

Pour une sortie démocratique, où le peuple vénézuélien décide

La crise y est aussi analysée et la situation d’un pays souffrant et vulnérable y est mentionnée. Les pressions internationales sont aussi bien identifiées : « La création d’un État parallèle centré sur l’Assemblée nationale et la Cour suprême de justice en exil, appuyée par les États-Unis et le soi-disant Groupe de Lima, ouvre la voie à une aggravation de la crise et au déclenchement d’un conflit armé interne, qui pourrait devenir une guerre civile avec une participation internationale. Ce scénario dévastateur pour la population et pour la République pourrait provoquer le démembrement du pays, comme ce fut le cas dans d’autres régions du monde à la suite d’interventions impérialistes récentes. »

Enfin la déclaration proclame que : « La situation actuelle ne représente plus seulement une menace pour la possibilité de démocratie, mais pour la vie même de millions de Vénézuéliens et pour la stabilité de la région. » Comme troisième article sur le Venezuela nous avons choisi un court article qui insiste sur l’ingérence américaine et étrangère.

Contre l’intervention putschiste, pour une sortie démocratique de la crise

On y trouve dénonciation de l’intervention américaine : « Nous soutenons fermement les campagnes condamnant cette tentative de coup d’État et d’intervention impérialiste, qui viole le cadre minimum de la souveraineté nationale » L’affirmation de l’importance de la démocratie : « Les problèmes politiques, sociaux et économiques indéniables du Venezuela ne peuvent être résolus démocratiquement que sans interventions impérialistes qui n’ont aucune crédibilité dans la défense proclamée de la « démocratie et des droits de l’homme ». Enfin l’appel à la mobilisation pour une solution pacifique : « Nous appelons toutes les forces révolutionnaires, progressistes et démocratiques à se mobiliser contre cette nouvelle intervention impérialiste et à défendre la souveraineté du peuple vénézuélien afin de résoudre leurs problèmes politiques, sociaux et économiques de manière démocratique et pacifique, sans sabotage de leur économie, sans menace d’intervention armée et en respectant la majorité exprimée dans les urnes. »

LES ZAPATISTES

Nous avons retenu cet article, car la lutte zapatiste est un peu passée sous le radar de la situation mondiale ces dernières années.

Lettre mondiale de solidarité et de soutien à la résistance et l’autonomie zapatistes

Pourtant cette lutte a été et est encore très pertinente. C’est ce que ce texte nous remémore : « Il y a 25 ans, son « Ya Basta ! » fut un événement de grande portée et l’une des premières réactions marquantes à la globalisation néolibérale, ouvrant la voie à la critique d’un modèle dont le triomphe paraissait alors absolu et définitif. » Mais il y est aussi fait mention de l’importance de la question autochtone : « Ce fut aussi, et c’est encore aujourd’hui, l’expression de la lutte légitime des peuples indiens contre la domination et le mépris subis durant des siècles, et pour l’exercice de leur droit à l’autonomie » Enfin il nous faut retenir l’importance pour le mouvement zapatiste de la lutte pour la démocratie participative. C’est l’organisation d’autogouvernement populaire avec conseils de base qui instaure une démocratie populaire.

Mais actuellement ce mouvement mène une lutte contre de nouveaux projets du gouvernement mexicain qui vient entraver leur autonomie territoriale : « Nous exprimons notre préoccupation face à la situation que connaissent les communautés zapatistes et les peuples indiens du Mexique, du fait de la multiplication des projets miniers, touristiques, agro-industriels, d’infrastructures ou autres, qui affectent leurs territoires et leurs modes »

Une lutte à suivre attentivement : Comme dernier élément, nous avons jeté un coup d’oeil au pays du cher président Duterte.

Philippines : Des syndicalistes fichés, leurs dirigeants menacés de mort

C’est un très court article suivi d’une pétition à signer dénonçant les abus contre les syndicalistes de l’enseignement. « l’Alliance des enseignants concernés dénonçait le harcèlement et les menaces auxquelles ses membres et dirigeants étaient confrontés » « La police nie toute implication, mais le syndicat a appris que le fichage illégal de ses membres était toujours effectué par la police dans différentes régions du pays »

Bonne lecture

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