Édition du 20 septembre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Féminisme

Québec : États généraux du mouvement des femmes

Bonne nouvelle. 350 femmes représentatives du mouvement des femmes se sont rencontrées à l’Université Laval les 25-26 mai dernier sous le thème : « Le féminisme dans tous ses états. Retraçons notre histoire, préparons nos luttes. »

C’est sous 6 problématiques que les femmes ont discuté en ateliers :

- État, démocratie et capitalisme
- Violences patriarcales et masculines
- Intersections des oppressions et alliances
- Mouvement des femmes : survie, autonomie et renouveau
- Paroles des femmes dans les sphères publiques
- Projet de société féministe : accès. Pouvoirs et alternatives

Les femmes autochtones ont aussi tenu leur atelier sur leur situation.
Le projet était ambitieux car les femmes devaient retenir en ateliers deux défis.

Dans un deuxième temps, rediscuter du même sujet avec son atelier sœur (14 ateliers avaient été organisés au départ : 2 par sujet) pour des 4 défis retenus en choisir encore une fois deux.

Finalement en plénière faire consensus pour un défi par thème. Tout cela sous forme délibérante, dans une perspective de work in progress et en ayant comme toile de fonds que tous les éléments discutés seraient remis au comité chargé de la rédaction de la thématique. Rien ne serait mis de côté ou négligé.

A dix-sept heures le pari était gagné, les femmes avaient choisi, pour presque toutes les thématiques, un défi à relever.

En observant un peu

Nous avons remarqué la forte délégation des femmes syndicalistes : la coordination femmes de la CSN, des femmes représentatives de la FTQ, de la FAE, de la CSQ, de l’APTS, une délégation du SFPQ et sûrement d’autres que nous n’avons pu rencontrer. Il faut y voir là un signe important de l’unité du mouvement des femmes. Il n’est pas toujours facile pour les féministes d’intervenir dans les organisations mixtes où les camarades exigent des comptes et sont réticents à avancer des sous quand les activités ne s’adressent qu’aux femmes. Certaines d’entre elles, voulant en finir avec cet esclavage, avançaient l’idée de budget au prorata des femmes représentées.
Nous avons aussi noté l’importance de la diversité et la multicité du mouvement. C’est une problématique nouvelle dans le mouvement des femmes au carrefour des questions de laïcité, de l’immigration du lesbianisme, du colonialisme et de la diversité sexuelle. Cette thématique faisait consensus mais l’application posait certains problèmes. Les ateliers ont donc eu de la difficulté à retenir un seul défi. La plénière a donc dû discuter de quatre enjeux. De jeunes femmes ont cependant présenté une proposition en quatre temps qui aurait pu rejoindre les femmes mais la procédure et le manque de temps n’ont pas permis d’en discuter.

Certaines tensions sont apparues tout au long de la plénière. Des femmes, en partie jeunes, sont aussi venues au micro dénoncer l’attitude agressive de certaines intervenantes, les applaudissements ou les commentaires déplacés pour acquiescer ou désapprouver des interventions. Elles ont aussi insisté sur les patterns dominants hétérosexistes à éviter.

Les luttes étudiantes ont aussi teinté les débats. Deux propositions sont arrivées à la fin des discussions pour donner d’abord appuis aux luttes étudiantes, dénoncer la loi 78 et les mesures répressives de l’État et dans un deuxième temps dénoncer les stratégies de développement du Plan Nord et le sort réservé aux communautés autochtones.

Fait cocasse à noter en résumant les discussions de l’atelier des femmes autochtones, la présentatrice a demandé de ne plus crier le slogan « Dehors Charest , on va te trouver une job dans l’nord »…Elle nous a demandé de ne pas leur faire ça à elles !!!!

En conclusion

Présidente de la FFQ, madame Alexa Conradi, a fait la clôture de la journée en remerciant les participantes et toutes les organisatrices pour tout le travail accompli. Mais il en reste bien plus à faire. Car en regardant les défis retenus c’est à un projet féministe de société que les États généraux ont convenu d’écrire. Mais ce défi est-il le seul que le mouvement des femmes devait se donner ? Quelles seront les revendications avancées dans la prochaine conjoncture contre Harper, la droite, la période électorale et la crise économique ? Un projet de société féministe remplira-t-il ces exigences ? La réalité politique et sociale nous le dira.

Chloé Matte Gagné

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