Édition du 24 mars 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Revue de presse entourant la présentation du budget du ministre des finances Eric Girard

Le ministre des finances de la CAQ Eric Girard présente son budget 2020-2021. Vous trouverez ici les communiqués émis par les organisations syndicales et populaires ainsi que de la gauche politique. Ils sont présentés selon leur ordre de publication, le plus récent apparaissant au début.


Réaction : Un budget qui ignore la crise climatique (ENvironnement JEUnesse)

Québec, le 10 mars 2020 – Dans un contexte de crise climatique et de mobilisation de toutes les générations pour une transition écologique, le budget dévoilé aujourd’hui devait présenter des mesures ambitieuses pour l’environnement et le climat.

Or, « le gouvernement Legault a manqué l’occasion de présenter un budget à la hauteur de la crise climatique », déplore Catherine Gauthier, directrice générale d’ENvironnement JEUnesse. « Ce n’est ni un budget qui répond à l’urgence climatique, ni un budget qui permette de transformer notre société pour assurer un avenir viable aux plus jeunes générations et celles à venir. »
Pas de plan pour le climat, mais un Plan pour une économie verte

Si une somme de 6,7 milliards de dollars sur six ans est prévue pour lutter contre les changements climatiques, 6,2 milliards de dollars seront dépensés dans le cadre du Plan pour une économie verte (PEV) 2030 qui sera dévoilé prochainement par le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Pour Catherine Gauthier, qui a également coordonné le groupe de travail jeunesse dans le cadre de l’élaboration du Plan d’électrification et de changements climatiques (PECC), l’orientation même du plan est préoccupante. « Le nom du plan est révélateur. On ne parle pas d’un plan environnemental, ni climatique, mais bien d’un Plan pour une économie verte », souligne-t-elle.

Le budget présenté s’inscrit dans une vision business as usual où on reconduit des programmes existants (Roulez vert, Chauffez vert, ÉcoPerformance, etc.) sans proposer de programmes innovants. Ainsi, le budget ne permet pas de tendre vers une réduction de la consommation, ni de respecter les limites de la Terre.

- 1,4 milliard de dollars sont investis pour offrir des rabais à l’achat de véhicules électriques dans le cadre du programme Roulez vert, mais sans s’attaquer à la réduction du nombre de véhicules sur nos routes.

- Le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2020-2030 prévoit encore des investissements en transport routier deux fois plus importants que ceux en transport collectif. Seulement 33,6% des investissements en transport sont dédiés au transport collectif.

- La logique extractiviste prédomine, avec des investissements de 172 millions de dollars pour faire du fleuve Saint-Laurent un « corridor économique performant et intelligent pour en tirer profit » ou alors 97 millions de dollars pour vider le sous-sol québécois de ses minéraux tels que le lithium.

- Un maigre 50 millions de dollars sur 5 ans est dédié aux aires protégées, alors qu’au moins le double serait nécessaire selon Nature Québec.

- À même l’enveloppe centrale, on prévoit un tunnel entre Québec et Lévis à un stade de planification, le gouvernement s’entêtant à aller de l’avant malgré l’avis défavorable de toutes et tous les expert·e·s.

De nombreuses propositions de la part de la jeunesse

Les mesures pour une transition écologique sont nombreuses, et ENvironnement JEUnesse a soumis un ensemble de propositions au gouvernement dans le cadre de la dernière année seulement. Le gouvernement Legault aurait pu proposer des mesures innovantes en matière de transport interurbain, mettre sur pied un plan d’aménagement du territoire pour réduire la place de l’auto solo dans nos vies, élaborer des mesures visant une sobriété (réduction de la consommation et des déchets à la source, lutte contre l’obsolescence, etc.) ou encore adopter un principe d’exemplarité de toutes les institutions telles que les écoles, les hôpitaux et les bâtiments gouvernementaux.


Budget du Québec 2020-2021 - Un pas intéressant dans la lutte contre les paradis fiscaux (Collectif Échec aux paradis fiscaux)

MONTRÉAL, le 12 mars 2020 /CNW Telbec/ - Le collectif Échec aux paradis fiscaux (EPF) salue l’annonce du gouvernement Legault de créer un Registre public des bénéficiaires ultimes (RBU) des entreprises et des fiducies. Le RBU est un nouvel outil intéressant de lutte contre les paradis fiscaux. Le collectif accueille également positivement l’engagement du gouvernement du Québec d’intensifier la lutte contre l’évasion fiscale et l’évitement fiscal à l’aide de nouveaux investissements de 19,7 millions sur 5 ans. Il réitère toutefois que le gouvernement du Québec doit accentuer la pression sur le gouvernement fédéral afin d’accélérer la mise en œuvre de nouvelles mesures pour contrer le recours aux paradis fiscaux.

EPF réclamait la mise en place d’un RBU depuis plusieurs années. Un tel registre permet d’identifier la personne physique qui contrôle ou possède un actif (par exemple, une part d’une société) et qui retire un bénéfice des activités de l’entité assujettie. L’objectif du RBU est de percer l’opacité corporative et de dresser un portrait clair des structures des entités privées assujetties. Comme il est possible qu’une entreprise soit contrôlée par une autre société, le RBU permet d’augmenter significativement la transparence corporative en identifiant qui contrôle et profite des activités de l’entreprise assujettie. Le RBU donne ainsi aux autorités fiscales un puissant outil pour assurer le respect des lois fiscales. Le RBU public donne en outre confiance à la population en imposant une exigence élevée de transparence aux entreprises et aux entités juridiques assujetties.

Le collectif EPF se réjouit particulièrement de voir que le registre sera public et qu’il sera enchâssé au registre des entreprises du Québec (REQ). Avec l’élargissement de la recherche par nom au REQ, EPF reconnaît que le gouvernement fait un pas en avant dans l’établissement d’une transparence corporative efficace au Québec.

Malgré tout, nous émettons quelques réserves : le critère de détenir à partir de 25 % des parts dans une société pour qu’une personne physique soit dans l’obligation de s’inscrire au RBU est trop permissif. Nous réclamons un seuil de détention à 10 %. Autre faille du régime annoncé lors du budget : les sociétés par actions cotées en bourse ne sont pas soumises au registre. Bien que ces données soient accessibles autrement, nous estimons que l’enjeu de l’accessibilité des données n’a pas été retenu ici. De plus, le ministère des Finances affirme que les informations exigées sont de nature déclaratoire sans élaborer sur les moyens de les vérifier.

« Nous demeurons satisfaits de voir le gouvernement avancer concrètement sur la transparence corporative et de prendre le leadership dans l’ensemble canadien sur cette question », affirme William Ross, coordonnateur du collectif Échec aux paradis fiscaux, avant de conclure avec un avertissement : « Nous talonnerons le gouvernement sur ce dossier afin de nous assurer que le projet de loi sur le Registre public des bénéficiaires ultimes soit rapidement adopté et qu’il réponde aux objectifs poursuivis ».


Vingt-deux groupes citoyens pour le climat et des acteurs du secteur de l’éducation réagissent au budget du gouvernement Legault
Budget 2019-2020 du gouvernement Legault :
vert du côté pile, noir du côté face

Montréal, le 10 mars 2020 - Vingt-deux groupes citoyens pour le climat et des acteurs du secteur de l’éducation unissent leurs voix pour déplorer que malgré des marges de manoeuvre records, le budget 2019-2020 de François Legault ne soit pas à la hauteur des besoins engendrés par l’urgence climatique et marque le maintien de plusieurs orientations gouvernementales qui feront augmenter et non diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec.

« François Legault nous propose un budget vert du côté pile, mais noir du côté face, estime Carole Dupuis du Mouvement écocitoyen UNEplanète. Notre crainte, c’est que la Politique-cadre d’électrification et de lutte contre les changements climatiques, à venir bientôt, témoigne des mêmes contradictions en mettant de l’avant tout un train de mesures mais sans avoir l’ambition nécessaire ni s’attaquer à plusieurs des principales sources d’émission de GES. La décennie qui commence déterminera si on réussira ou non à endiguer l’emballement climatique : on n’a plus le temps d’avancer moins vite qu’on le pourrait. »

Tout en soulignant que le budget 2019-2020 annonce certaines mesures porteuses, y compris le début d’un rattrapage en matière de transport collectif, les groupes regrettent que les modélisations du gouvernement se fondent sur une cible trop faible de réduction des émissions de GES (-37,5 % en 2030 par rapport à 1990) et sur l’évolution hypothétique des technologies plutôt que sur le respect des capacités de la nature. Ils estiment aussi que l’effet de ces investissements sera mitigé et insuffisant en l’absence de signaux financiers tout aussi forts pour décourager la consommation d’énergies fossiles, notamment l’auto solo et les voitures à essence.
Selon eux, un budget cohérent visant la réduction des GES aurait exclu toute dépense d’investissement dans l’extension du réseau autoroutier, ce qui n’est pas le cas. Il aurait certes prévu l’électrification du parc automobile gouvernemental et maintenu les mesures incitatives à l’achat de véhicules électriques, mais surtout inclus un malus vraiment dissuasif à l’immatriculation de véhicules à essence, surtout les camionnettes et les VUS. Il aurait annoncé la fin des investissements dans le développement des aéroports régionaux et affecté des sommes substantielles au covoiturage ainsi qu’au transport interurbain terrestre.

Selon les groupes, un budget cohérent aurait aussi mis fin à toute subvention à la consommation et au développement des énergies fossiles, un autre sujet dont il n’a pas été question dans le discours du budget. En matière de chauffage des bâtiments, il aurait prévu des sommes conséquentes pour électrifier non seulement les nouveaux bâtiments publics et les bâtiments chauffés au mazout, mais bien tous les bâtiments publics et privés actuellement chauffés au gaz naturel.

Les groupes se réjouissent d’apprendre qu’un montant d’environ 830 000 $ par an, pendant trois ans, soit prévu pour financer une campagne de sensibilisation et d’éducation sur la transition énergétique. Les signataires déplorent toutefois que le budget ne semble pas prévoir le financement du vaste exercice de dialogue social et de planification territoriale qui serait indispensable pour engager la population dans l’élaboration et le déploiement des virages à opérer dans un contexte d’urgence climatique et d’effondrement de la biodiversité. « Les acteurs des milieux de l’éducation croient essentiel que le Québec se dote d’une réelle stratégie intersectorielle d’éducation et de dialogue social pour aborder la crise environnementale », souligne à ce sujet Laurence Brière, professeure associée au Centr’ERE.

Globalement, les groupes considèrent que malgré certains progrès, le budget 2020-2021 maintient le Québec dans un modèle dépassé, ancré dans l’illusion de la croissance infinie, alors que l’urgence climatique nous donne l’occasion de façonner un nouveau projet de société carboneutre, plus résiliente et plus juste. Pour eux, l’expression « Plus de richesse, moins de GES » mise de l’avant par le Premier Ministre manque de sensibilité pour les jeunes car elle réduit la transition à un projet de développement économique.

« La richesse, pour nous, c’est la possibilité d’un avenir où les générations montantes et futures auront une vie décente, à l’abri des crises alimentaires, des pénuries d’eau et des conflits sociaux qui nous attendent sur une Terre plus chaude de 3 ou 4 degrés. C’est aussi faire notre part pour empêcher que les peuples des pays du Sud ainsi que les Premiers peuples, qui ont peu ou pas contribué à la crise climatique, souffrent encore davantage. Le budget 2020-2021 ne nous amène pas dans cette direction, mais vise plutôt à nous permettre d’accaparer, autrement, toujours plus de richesse matérielle au détriment de la Planète et des populations vulnérables. Nous ne nous reconnaissons pas dans cette vision et nous réclamons mieux du gouvernement du Québec », affirme Maude Prud’homme, déléguée à la transition énergétique du Réseau québécois des groupes écologistes.
ANNEXE - Principales attentes des groupes signataires par rapport à la future Politique-cadre d’électrification et de lutte contre les changements climatiques

Signataires

Action Climat Outaouais, Réal Lalande
Action Environnement Basses-Laurentides Lucie Massé
Alerte Pétrole Rive-Sud, Marie Samson et Monique Hains
Alternatives Bécancour, François Poisson
Centr’ERE, UQAM, Laurence Brière, professeure associée
Coalition climat Montréal, Jean-François Boisvert
Coalition Éducation-Environnement-Écocitoyenneté, Hugue Asselin
Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités de la MRC de Maskinongé, Pierre Foisy
Comité vigilance hydrocarbures MRC L’Assomption, Louise Morand
CVH (Comité Vigilance Hydrocarbures) Lavaltrie, Guy Boudreau
Équipe de la DUC (Déclaration d’Urgence Climatique), Normand Beaudet
Extinction Rebellion Ville de Québec, Anne Rufiange
Goldboro, parlons-en !, Alexandre Ouellet
GROUVIDHAM, Sylvie Berthaud
La Planète s’invite au Parlement , François Geoffroy
Lotbinière en transition, Irène Dupuis
Marc Brullemans, biophysicien
MCT (Mobilisation climat Trois-Rivières), Joyce Renaud
Mobilisation Environnement Ahuntsic-Cartierville , Bruno Detuncq
Mouvement écocitoyen UNEplanète, Carole Dupuis
Regroupement vigilance hydrocarbure des Chenaux, Gaétan Lebel
Réseau québécois des groupes écologistes, Maude Prud’homme
SOS Territoire, Guillaume Girard
Transition Capitale-Nationale, Michel Côté

Annexe- Principales attentes des groupes signataires par rapport à la future Politique-cadre d’électrification et de lutte contre les changements climatiques

1. Un budget carbone et une loi climat obligeant l’atteinte d’objectifs cohérents avec le plafonnement du réchauffement planétaire à 1,5 degré par rapport à l’ère pré-industrielle ;
2. Une véritable responsabilité gouvernementale par rapport à la loi climat et à sa mise en oeuvre à toutes les étapes ;
3. Une campagne massive d’information, d’éducation et de dialogue social sur la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité ainsi que sur les virages à opérer pour les juguler ;
4. Des orientations assurant la progressivité des mesures fiscales et réglementaires à adopter, la protection des travailleuses et travailleurs touchés ainsi que le respect des droits de la personne, y compris ceux des peuples autochtones, ceux des populations touchées par des projets extractifs en lien avec l’électrification et ceux des réfugié.e.s climatiques ;
5. La mise en place de politiques économiques et énergétiques renforçant la résilience de nos collectivités, assurant la protection des écosystèmes et menant à une réduction substantielle, à la source, de la demande en matières et en énergie ;
6. Dans le respect du principe de subsidiarité, un soutien significatif à la mise en place de démarches territoriales rassemblant les acteurs du milieu, y compris les citoyen.ne.s, afin de planifier et déployer une transition juste vers des collectivités zéro émission nette ;
7. La fin des investissements publics dans les énergies fossiles et le bannissement immédiat de tout nouveau projet menant à la consommation d’énergies fossiles, notamment les infrastructures autoroutières et aéroportuaires, l’aménagement de stations de ravitaillement au gaz naturel, l’extension du réseau de gaz naturel et le projet GNL Québec ;
8. Une sortie planifiée de la consommation de gaz fossile, notamment pour le chauffage des bâtiments ;
9. Le rejet définitif des forages pétroliers et gaziers sur le territoire québécois ;
10. Une politique industrielle menant à la décarbonation du chauffage et des procédés ;
11. Une politique nationale d’aménagement des territoires et de l’urbanisme durable ;
12. Des mesures fortes pour l’abandon progressif des voitures à essence et de l’auto solo : dates limites pour la vente et la circulation de voitures à essence ; malus conséquent, d’ici là, sur les véhicules à essence, surtout les


Réaction de la FIPEQ-CSQ au budget du Québec (Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec)

MONTRÉAL, le 11 mars 2020 - Plus de budget pour les maternelles 4 ans, réduction du budget en CPE, réduction du budget en milieu familial, appauvrissement des intervenantes en petite enfance.

« On se voit le 1er avril en grève générale illimitée en milieu familial. On rappelle au gouvernement que la convention collective des CPE vient à échéance le 31 mars. C’est le temps de changer. Maintenant. »
- Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ)


Budget 2020-2021 : 75 millions pour le communautaire (Réseau québécois de l’’action communautaire autonome)

MONTRÉAL, le 11 mars 2020 /CNW Telbec/ - Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) prend note des efforts du gouvernement pour augmenter le financement des organismes d’action communautaire autonome, mais reste sur sa faim face à l’ensemble des besoins exprimés par ceux-ci.

Ce serait près de 75 M$ de plus qui seraient injectés dans la mission des organismes d’action communautaire en 2020-2021 :

- Corporations de développement communautaire : 180 000 $ (60 organismes)

- Défense collective des droits : 800 000 $ (320 organismes)

- Santé et services sociaux : 40 000 000 $ (3 000 organismes)

- Maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale : 24 000 000 $ confirmé pour 5 ans (environ 240 organismes)

- Famille : 9 000 000 $ (240 organismes)

- Haltes-garderies communautaires : 1 000 000 $ (40 organismes)

Les sommes investies ne représentent que 16% des besoins exprimés par les organismes, qui sont évalués à 460M$.

D’autres secteurs du communautaire sont encore laissés pour compte tels les OSBL d’habitation, l’immigration ou encore les groupes écologistes. « Compte tenu des 6.7 G$ investis pour lutter contre les changements climatiques, il est très décevant de constater qu’il n’y a aucun investissement pour les groupes écologistes », soulève Marie-Line Audet, présidente du RQ-ACA. « Particulièrement lorsqu’on sait que ce sont eux qui ont fait tout le travail d’éducation populaire et qu’ils sont au cœur même de ces luttes » poursuit-elle.

« Avec les surplus budgétaires - accumulés au détriment du filet social québécois - le gouvernement avait les moyens de faire beaucoup plus pour le communautaire », se désole Caroline Toupin, coordonnatrice du RQ-ACA. C’est d’autant plus décevant dans un contexte où il s’est clairement engagé, dans la dernière année, à travailler sur un nouveau Plan d’action gouvernemental en matière d’action communautaire afin de mieux soutenir le communautaire.

Il est certain que les organismes nourrissent beaucoup d’attentes envers ce gouvernement. Pour le RQ-ACA, il est temps de régler, une fois pour tout, le sous-financement des organismes communautaires afin que ceux-ci puissent répondre davantage aux besoins de la population et lutter pour une plus grande justice sociale.


Budget 2020 - 150 ressources, une goutte d’eau dans l’océan des besoins en éducation (FPPE-CSQ)

MONTRÉAL, le 11 mars 2020 /CNW Telbec/ - La Fédération des professionnelles et professionnels de l’Éducation du Québec (FPPE-CSQ) est plus que déçue du budget 2020, alors qu’elle calcule que moins de 150 ressources professionnelles pourraient être ajoutées dans les centres de services scolaires.

La FPPE-CSQ estime à 2000[1] professionnelles et professionnels en service direct à l’élève le nombre de ressources qu’il faudrait minimalement ajouter pour répondre à la demande en services spécialisés dans les écoles du Québec. Le budget 2020 en consent dix fois moins.

« Ce mince ajout, bien en deçà de nos attentes et même de ce qui avait été promis au dernier budget, représente une goutte d’eau dans l’océan des besoins exprimés avec désespoir par les enseignants, les parents et les professionnels eux-mêmes épuisés », affirme Jacques Landry, le président de la FPPE-CSQ.

Une fois répartis dans les 72 centres de services scolaires du Québec, les 150 ajouts paraissent en effet dérisoires, surtout que la FPPE-CSQ doute fort qu’ils se traduisent tous en embauche de professionnels.

Par exemple, l’annonce d’ajout de 650 postes professionnels du budget de l’an dernier ne s’est traduite que par l’ouverture de 300 postes.

Des « machines à évaluer »

« C’est désespérant qu’après toutes ces années de dénonciation, on en soit encore à convaincre un gouvernement d’ajouter des ressources professionnelles », se désole Jacques Landry.


1 Pour un plancher de services professionnels en Education, Mémoire présenté au ministre des Finances, Monsieur Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires 2019-2020 par la Fédération des professionnelles et professionnels de l’Éducation du Québec (FPPE-CSQ), http://www.fppe.ca/wp-content/uploads/2019/03/FPPE-m%C3%A9moire-pr%C3%A9budg%C3%A9taire-25022019-v2.pdf.

La FPPE-CSQ l’a pourtant déploré à plusieurs reprises au cours des années, les professionnelles et professionnels sont trop peu nombreux, ce qui les cantonne dans un rôle de « machines à évaluer des élèves », sans jamais pouvoir faire ce pour quoi ils ont été formés, c’est-à-dire offrir de l’aide aux élèves ou aux enseignants, du suivi, de l’intervention et faire de la prévention. C’est tout le milieu scolaire qui perd dans cette situation, et particulièrement l’élève.

« De budget en budget, nous sommes perplexes de constater que Québec ajoute ou retranche des services professionnels au gré de l’humeur du gouvernement en place, sans logique, sans organisation cohérente, sans critères objectifs d’allocation des ressources. Ça prend une vision pour les services professionnels au Québec, et ça presse ! », conclut le président de la FPPE-CSQ.


Budget du Québec 2020-2021 - Un pas en avant, mais un pas timide face aux causes autochtones (Conseil de la Nation Atikamekw)

NITASKINAN, QC, le 10 mars 2020 - Le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA) reconnaît avec une satisfaction mesurée l’effort budgétaire de 200 millions de dollars sur cinq ans consenti aujourd’hui par le gouvernement du Québec pour le bien-être des communautés autochtones. S’il s’agit d’une mesure qui permettra sans aucun doute un pas en avant pour répondre aux nombreux appels à l’action du Rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées ainsi qu’aux recommandations du Rapport Viens, le CNA craint que ce pas reste bien timide lorsqu’on reconnaît l’ampleur des besoins et l’urgence de faire avancer la justice.

« Si au cours des derniers mois, les enjeux autochtones ont été relevés avec autant de retentissements, c’est parce qu’il est reconnu que négliger avec légèreté le respect de nos droits est inacceptable. On espérait que le gouvernement du Québec profite du budget pour marquer une détermination plus structurée pour l’avancement des dossiers autochtones », a commenté Constant Awashish, Grand chef de la Nation Atikamekw.

Le budget 2020-2021 du gouvernement du Québec a été l’occasion augmenter sa politique économique avec une série d’ambitions en faveur du développement régional, du développement forestier ou encore du secteur du tourisme. Le CNA interpelle le gouvernement pour que son action économique soit envisagée dans une approche collaborative, inclusive et durable, surtout si ce développement est envisagé sur un territoire ancestral.

« Il ne s’agit pas simplement de faire un effort budgétaire, il s’agit maintenant d’atteindre les objectifs. L’exclusion sociale et les injustices ont trop longtemps alimenté la pauvreté au sein de nos communautés. On doit prendre le taureau par les deux cornes, si on souhaite vraiment réussir » a ajouté M. Awashish.


Budget 2020-2021 : « Un budget loin des investissements massifs dans tous les secteurs de la société dont nous avons besoin pour lutter contre la crise environnementale », dit Nature Québec

Québec, le 10 mars 2020 – En réaction au budget 2020-2021, Nature Québec déplore le manque d’ambition du gouvernement en matière de financement de la lutte contre la crise climatique, de la transition juste et de la protection de la nature. L’organisme environnemental national, qui travaille à la conservation des milieux naturels et à l’utilisation durable des ressources depuis 1981, considère que le budget est loin de proposer les investissements massifs dans tous les secteurs de la société que recommande la science pour lutter contre la crise environnementale.

Mme Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec, dénonce particulièrement le manque de financement pour développer un réseau représentatif et connecté d’aires protégées et respecter nos engagements internationaux en matière de conservation. « Le budget propose un maigre 50 millions $ sur 5 ans pour accroître la superficie d’aires protégées, alors que nous avons besoin du double, soit 100 millions $ sur 5 ans pour la conservation afin de permettre l’injection de fonds fédéraux au Québec à travers le nouveau Fonds de la nature du Canada », soutien Mme Simard. En comparaison, le gouvernement prévoit des investissements de plus de 115 millions $ en soutien au secteur forestier, dont 46 millions $ pour accroître les volumes de bois disponibles à la récolte. « La conservation des milieux naturels devrait être au moins autant soutenue par le gouvernement que la coupe des forêts », explique Mme Simard.

L’organisme déplore aussi le manque de moyens financiers octroyés au Ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC), qui doit devenir, avec le projet de loi 44, le maître d’œuvre de la lutte à la crise climatique au sein de gouvernement québécois. « Bien que le MELCC voit son budget augmenter de 28,5%, ce ministère demeure l’enfant pauvre du gouvernement, avec à peine 1,4% des dépenses totales du gouvernement », explique Mme Simard. En comparaison, le service de la dette recevra l’équivalent de 7,0% des dépenses du gouvernement. « La dette à laquelle nous devons nous attaquer sans tarder est notre dette environnementale. Il est temps que le gouvernement investisse pour assurer un avenir aux générations futures », soutient Mme Simard.

Bien que Nature Québec accueille favorablement les investissements de plus de 6 milliards $ sur 6 ans dans la mise en œuvre de la Politique-cadre d’électrification et de lutte contre les changements climatiques, l’organisme considère que ces sommes sont encore insuffisantes pour permettre de diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre québécoises tel que le recommande la science climatique. « Trop peu est encore investi dans le secteur résidentiel, en adaptation, en agriculture et alimentation durables, en restauration et conservation des milieux naturels, en protection des sources d’eau potable, en verdissement urbain et en sensibilisation du public à l’importance de lutter contre la crise environnementale », déplore Mme Simard.

L’organisme salue les investissements annoncés en transports collectifs. « Nous sommes satisfait.es des sommes de 13,6 milliards $ qui seront investies en transports collectifs dans les prochaines années, mais le réseau routier aura encore droit au double des investissements en transports collectifs. Il faut mettre un frein au développement de nouveaux ponts, tunnels et routes, qui encouragent l’utilisation de l’auto solo et l’étalement urbain », soutient Mme Simard.« Il ne faut pas non plus mettre tous nos œufs dans le même panier du transport. C’est d’un vaste plan de transition juste dont nous avons besoin et cela doit inclure tous les aspects de la société, qui sont présentement oubliés dans le budget », explique Mme Simard.« Avec des surplus de plusieurs milliards cette année et dans les années à venir, le gouvernement aurait la possibilité d’investir massivement pour transformer rapidement, radicalement et de manière inédite tous les aspects de la société, tel que le recommande le GIEC », conclut Mme Simard.


Budget du Québec - Des miettes pour la fonction publique, constate le SFPQ (Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec)

Québec, le 10 mars 2020 - Malgré des surplus budgétaires records, le gouvernement Legault entend limiter la croissance des dépenses dans le secteur de la fonction publique à seulement 2,1 %, déplore le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ). Du même souffle le gouvernement annonce, dans son Budget 2020-2021, qu’il entend dégager des mesures d’efficacité de plus de 400 millions cette année. Au chapitre des effectifs, le gouvernement de la CAQ garde le cap sur l’abolition de 5 000 postes administratifs d’ici 2023-24.

« Après avoir engrangé des milliards de dollars, le gouvernement annonce des réinvestissements précis, mais promet très peu d’embauches dans la fonction publique. Encore une fois, la CAQ cible les ministères et organismes pour réduire les dépenses et limiter les investissements alors que les réseaux de la santé et de l’éducation obtiennent plus du double des investissements. Sans personnel supplémentaire pour rebâtir la fonction publique après des années de restrictions et d’austérité, le gouvernement ne peut répondre à ses présents objectifs ; il continuera plutôt à gérer le risque et demeurera en mode réaction plutôt qu’en mode prévention. La qualité des services publics que nos membres offrent à la population risque encore d’écoper, et ce particulièrement en région », constate Christian Daigle, président général du SFPQ.

Parmi les promesses de ce budget, il y a la mise en place d’un plan pour une économie verte qui pourra compter sur un budget de 6,2 milliards en 6 ans. Or, malgré toutes les sommes d’argent investies dans ce programme, le gouvernement n’entend pas mettre en place un programme d’inspections en environnement plus efficace ou l’embauche de personnes inspectrices pour mieux contrôler les pollueurs et ainsi jouer son rôle de chien de garde, déplore le SFPQ. « Malgré la pluie de millions de dollars en transports collectifs, le gouvernement rate les cibles. Autant au ministère des Transports, où il n’investit pas pour l’embauche et la rétention de personnel ou encore dans l’entretien à l’interne du réseau routier, qu’au ministère de l’Environnement qui ne dispose toujours pas des effectifs nécessaires afin de remplir ses objectifs d’inspection », déplore monsieur Daigle.

Négociation

Concernant le renouvellement des conventions collectives du secteur public, le gouvernement Legault n’a pas d’argent neuf à mettre sur la table, constate le SFPQ. « Le gouvernement veut revoir la façon d’embaucher, souhaite avoir des employés compétents, motivés mais il n’a pas plus d’argent pour la négo en cours et leurs conditions de travail. Dans une situation de plein emploi, on ne choisit pas l’employeur qui paie le moins, le gouvernement devra en tenir compte s’il veut cesser d’être un club-école pour les autres employeurs », conclut monsieur Daigle.


Budget 2020-2021 - Le réseau des services éducatifs à la petite enfance mérite mieux (Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Le Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance (CQSEPE) accueille de façon mitigée le budget 2020-2021 déposé en fin d’après-midi. Bien qu’une hausse du financement soit annoncée, le gouvernement caquiste, en s’entêtant à développer encore et encore des classes de maternelle 4 ans, semble de nouveau oublier que le réseau des services éducatifs est un acteur d’une importance capitale dans la réussite éducative des enfants et que la vie débute bien avant 5 ans.

Qualité des services

Considérant les besoins grandissants du réseau des services éducatifs, le CQSEPE espérait donc un investissement plus important pour les tout-petits : « Tel que nous le mentionnons fréquemment, nous saluons la volonté du ministère de la Famille d’améliorer la qualité de façon continue dans le réseau en mettant sur pied des mesures comme l’évaluation de la qualité, le dossier éducatif de l’enfant et la mise à jour du programme éducatif. Par contre, cette qualité a un coût élevé et elle passe indéniablement par l’embauche de personnel dédié au soutien à la pédagogie. Et actuellement, ce n’est malheureusement pas possible partout », affirme madame Francine Lessard, directrice générale du CQSEPE.

Développement de nouvelles places

Les 6000 nouvelles places annoncées dans le budget sont nettement insuffisantes selon les statistiques dont nous disposons actuellement. Cependant, il s’agit d’un pas dans la bonne direction et nous comptons sur les instances concernées pour multiplier les facilitateurs afin de s’assurer que les places soient disponibles rapidement. « Nous souhaitons que tous les parents du Québec puissent avoir accès à des places de qualité et cela inclut les parents qui doivent composer avec des horaires de travail atypique », ajoute madame Lessard.


Budget Girard 2020 : La FQPPU salue les investissements importants en environnement et en enseignement supérieur (Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université)

MONTRÉAL, le 10 mars 2020 - La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) est satisfaite des investissements supplémentaires de 186 millions de dollars (5,9%) consentis au fonctionnement des universités pour l’année 2020-21 par le ministre des Finances, Éric Girard, dans son deuxième budget.

Les compressions faites dans les universités par le gouvernement précédent avaient affecté durement les conditions de travail et d’étude. Dans ce contexte, la FQPPU estime que la croissance annuelle moyenne prévue de 4,6% pour le portefeuille Éducation et Enseignement supérieur d’ici 2022-23 est une bonne nouvelle. Elle accueille aussi positivement les efforts de 300 millions de dollars d’ici 2024-25 pour améliorer la diplomation en enseignement supérieur. Elle invite néanmoins le législateur à réfléchir à la formule de répartition des sommes consenties aux universités pour éviter la concurrence induite par un financement basé presque exclusivement sur la fréquentation étudiante.

En ce qui a trait aux sommes consenties à la recherche universitaire, la FQPPU reste toutefois sur son appétit. En effet, malgré l’augmentation du corps professoral universitaire et des effectifs étudiants aux cycles supérieurs, puis en dépit de l’inflation, l’enveloppe consentie aux Fonds de recherche du Québec ne jouit d’aucune augmentation cette année.

Le développement de créneaux d’expertise en enseignement supérieur (150M$ d’ici 2024-25), la création de secteurs stratégiques dans les universités en région (10M$ d’ici 2024-25) et la bonification du crédit d’impôt pour renforcer la R-D sont des mesures susceptibles de stimuler l’innovation. Il est cependant nécessaire de prévoir des investissements équivalents en recherche fondamentale afin de ne pas créer un déséquilibre dans le financement de la recherche. La volonté affichée du gouvernement de renforcer les liens entre les entreprises et les universités devrait, selon la FQPPU, conduire ce dernier à renforcer la législation applicable au sujet de la liberté académique du personnel d’enseignement et de recherche. La Fédération fera prochainement des propositions au gouvernement en ce sens.

Enfin, la FQPPU se réjouit des investissements de 6,7 milliards de dollars sur six ans voués à la lutte aux changements climatiques et l’annonce du dépôt prochain d’une politique-cadre en cette matière. Les 473 millions de dollars prévus pour des projets en concertation avec le milieu municipal et scientifique sont également à saluer. Étant donné que l’enjeu des changements climatiques nécessite une action globale s’appuyant sur l’expertise scientifique d’une multitude de disciplines, la FQPPU est disposée à accompagner le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, dans ses réflexions sur les meilleures façons de mettre à profit l’expertise de ses membres dans la lutte aux changements climatiques.


Réaction de la FIQ au budget du Québec 2020-2021 - « Vu l’état déplorable du réseau de la santé, nous sommes loin du coup de barre que le gouvernement nous promettait », s’indigne Nancy Bédard, présidente de la FIQ (Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec-FIQ, malgré les efforts consentis par le gouvernement, est déçue par le budget 2020-2021, déposé par Éric Girard, le ministre des Finances du Québec. Les surplus budgétaires historiques du gouvernement Legault étaient pourtant l’occasion de lancer un message d’espoir aux professionnelles en soins dont les conditions de travail se dégradent sans cesse.

Des promesses à la dure réalité

Que ce soit en campagne électorale ou bien depuis son élection, le gouvernement s’est engagé à « réparer » le système de santé et de services sociaux, à abolir le temps supplémentaire obligatoire, afin de permettre aux professionnelles en soins de donner des soins sécuritaires et de qualité.

En faisant le choix politique d’augmenter ses dépenses en matière de santé et de services sociaux de 5,3 %, ce qui franchit légèrement le seuil des coûts de système, le gouvernement opte pour un choix conservateur qui maintiendra seulement l’état actuel du système de santé, sans toutefois l’améliorer réellement. « Je me mets dans la peau d’une professionnelle en soins qui attendait des solutions concrètes, lorsque sa réalité est de savoir quand elle commence à travailler, mais jamais quand elle finit. Il n’y a pas de réponse pour elle, elle partira au travail aujourd’hui avec le même désespoir qu’hier. C’est inacceptable. Les budgets sont disponibles. Nous faisons tout simplement face à des orientations politiques. », déclare Nancy Bédard, présidente de la FIQ.

Un budget mystère

Comme pour le budget 2019-2020, il faudra trouver dans ce budget l’argent promis pour l’embauche de personnel, notamment de professionnelles en soins. « À ce jour, la FIQ cherche toujours les fameux 200 millions dédiés à l’augmentation de la main-d’œuvre du dernier budget. La situation est toujours aussi catastrophique et aucune amélioration ne peut être attribuée à ce prétendu investissement sur le terrain, comme en témoignent régulièrement nos membres. On a le sentiment que l’histoire se répète », déplore Nancy Bédard.

Pour la FIQ, la solution est pourtant simple et documentée : elle demandait 600 millions pour la mise en place d’un plan de déploiement graduel des ratios sécuritaires à l’ensemble du réseau de la santé. Sur 5 ans, il devait commencer par pérenniser les 16 projets ratios actuels. « En faisant l’impasse sur cette demande en dépit des surplus budgétaires enregistrés, le gouvernement ignore cruellement la réalité de milliers de professionnelles qui en ont assez de travailler à se rendre malades. La ministre McCann s’était pourtant engagée à améliorer significativement les conditions d’exercice des professionnelles en soins. Malgré la croissance des dépenses de santé, on cherche toujours une trace concrète de cet engagement ! », s’insurge Nancy Bédard.

Proches aidantes et femmes victimes de violence conjugale

La FIQ salue l’effort fait par le gouvernement pour aider les personnes avec des besoins particulier et vulnérables. Composée à près de 90 % de femmes, la FIQ était particulièrement attentive aux investissements du gouvernement dans les services aux proches aidantes et dans l’aide aux femmes victimes de violence conjugale. Toutefois, dans les deux cas, les intentions sont louables, mais les moyens d’action semblent insuffisants.


Budget 2020-2021 : un autre rendez-vous manqué pour l’éducation et les services publics ! (Centrale des syndicats du Québec)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Le gouvernement ne cède pas à la panique du coronavirus. Il reconnaît l’excellente situation de ses finances publiques. « Pourtant, malgré un surplus surprise de 2 milliards de dollars, le gouvernement reste timide dans ses investissements dans les services publics. On constate un chapelet de mesurettes qui sont loin des changements structurants qui sont attendus par les milieux. Si le gouvernement voulait revaloriser les réseaux de la petite enfance, de l’éducation et de la santé et effacer les cicatrices de l’austérité passée, c’est un rendez-vous manqué ! », se désole Sonia Ethier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

L’éducation à l’ombre de l’économie

« Une chance que le ministre Girard fait un lien entre l’éducation et l’économie, sinon elle aurait été oubliée. Le gouvernement aurait pu profiter du contexte favorable de ses finances pour faire de l’éducation SA priorité ! », s’étonne Sonia Ethier. Dans les 141 millions de nouveaux investissements dans les réseaux scolaires, la CSQ retrouve quelques mesures positives, mais trop timides : on retrouve notamment 20,8 millions de dollars pour ajouter du personnel professionnel, de soutien ou enseignant pour soutenir les élèves en difficulté. « Considérant les coupes passées et les difficultés de recrutement actuelles, il aurait fallu être plus agressif. Cette mesure est réellement ’’minimale’’ », mentionne Sonia Ethier. Quant à lui, l’ajout de 150 classes spécialisées, bien qu’elles s’additionnent aux 150 de l’année dernière, demeure insuffisant étant donné les 3000 écoles au Québec. « Nous sommes surpris que le gouvernement veuille consacrer une partie de ces ressources aux élèves doués alors que les projets particuliers pullulent déjà dans les écoles », commente Sonia Ethier.

La CSQ dénonce l’entêtement du ministre de l’Éducation : « Il persiste et signe sur les maternelles 4 ans. Il veut ajouter encore 2000 classes de plus d’ici 5 ans, alors qu’il y a une explosion des coûts et un manque criant de locaux et de personnel. Aussi, il continue de réduire la taxe scolaire. Cette année encore, c’est 182 millions de dollars de moins pour les écoles », s’insurge Sonia Ethier, présidente de la CSQ.

Les nouveaux investissements en éducation supérieure semblent moins répondre à la nécessité d’améliorer la qualité et l’accessibilité des études qu’à bien arrimer la formation avec les besoins des employeurs. La majorité des ressources est dirigée vers la création de nouveaux programmes axés sur « l’innovation », des bourses d’excellence ou de l’aide à la recherche.

Amélioration modeste en petite enfance

En petite enfance, la CSQ dénonce l’absence totale de vision du gouvernement. « Pour répondre au manque de places dans les services éducatifs à la petite enfance dans plusieurs régions, le gouvernement s’engage à ouvrir de nouvelles places. Mais ça va prendre 5 ans pour ouvrir 2500 nouvelles places dans les réseaux. On en aurait pris plus, surtout considérant sa volonté de convertir 3500 places de garderies privées en places de garderies privées subventionnées. Avec son absence de vision, le gouvernement est en train de donner raison aux éducatrices en milieu familial de déclencher une grève générale illimitée », dénonce Sonia Ethier.

Des dépenses en santé à la limite des besoins

En santé aussi on retrouve un égrenage de petites mesures. « Plusieurs investissements pour les populations en difficulté ou à besoins particuliers et les communautés autochtones sont bienvenus. Par contre, l’augmentation de 5,3 % du budget de la santé est nettement insuffisante pour résoudre les problèmes urgents de surcharge de travail, de manque de personnel et de listes d’attente. On attend de voir comment seront dépliés les 488 millions de dollars pour améliorer l’accessibilité aux soins…, mais ça semble encore loin de projets qui stabiliseraient les équipes de travail comme les ratios infirmières-patients », rappelle Sonia Ethier.

L’éveil tardif de la CAQ

On ne peut que saluer la prise de conscience de la CAQ quant à l’urgence d’agir en faveur d’une transition écologique juste. Son Plan pour une économie verte, présenté comme la pièce maîtresse du budget, regroupe peu de mesures structurantes. Un signal encore plus fort en faveur du transport collectif se fait attendre.

Rappel des offres insultantes

Bien que le budget ne soit pas l’endroit indiqué pour faire des annonces en négociation, le gouvernement ne peut pas faire abstraction du contexte de pénurie de main-d’œuvre criante s’il veut réussir à mettre en place ses annonces budgétaires. « Le budget répète les offres insultantes de décembre dernier. Ce n’est pas ça qui va permettre d’attirer et de retenir le personnel nécessaire dans les réseaux des services publics. Le gouvernement n’a mis sur la table que 7 % sur cinq ans… Malgré le discours qu’il répète, aucune offre concrète supplémentaire pour le personnel des écoles ou les CHSLD n’a été déposée, rien de plus que le 6 sous l’heure pour les éducatrices en milieu familial », rappelle Sonia Ethier.

Une réelle valorisation

« Le gouvernement dit vouloir consolider les services en petite enfance, en éducation, en santé et services sociaux et dans les ministères. Il va falloir qu’il utilise sa marge de manœuvre pour réinvestir réellement et pour offrir des conditions de travail et salariales aux personnes qui portent ces services à bout de bras », déclare Sonia Ethier, présidente de la CSQ.


Budget 2020 - Violence conjugale : des efforts à saluer, une conversation à poursuivre (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale)

MONTRÉAL, le 10 mars 2020 - Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue les investissements annoncés dans le budget dévoilé aujourd’hui. « L’urgence de la situation a été entendue par les ministres concernés et par le ministre des Finances, nous devrons toutefois poursuivre la discussion avec la ministre Charest, la ministre McCann, la ministre LeBel et les autres ministres concernées pour répondre à l’ensemble des besoins des ressources pour les femmes victimes et mettre en place les mesures nécessaires à la diminution de la violence conjugale », affirme madame Chantal Arseneault, présidente du Regroupement.

Mieux répondre aux besoins des femmes victimes de violence conjugale et de leurs enfants.

Le budget annonce l’ajout de 24M$ pour les maisons d’aide et d’hébergement, les maisons de deuxième étape et l’adaptation des services aux besoins de femmes vulnérables. Le Regroupement a chiffré les besoins d’investissement supplémentaire pour ses 43 membres et 12 autres maisons pour femmes victimes de violence conjugale non affiliées à 24,5M$. Tenant compte du fait qu’il s’agit de la moitié des ressources d’hébergement pour femmes du Québec, le double serait nécessaire pour couvrir l’ensemble des maisons du Québec. Et c’est sans compter les sommes nécessaires pour augmenter le nombre de places estimées à 6,9M$ par le Regroupement. De plus, l’Alliance des maisons de 2e étape chiffre le développement de son réseau à 6M$.« Le Regroupement y voit un premier pas appréciable, mais compte poursuivre la discussion avec les ministres concernées pour que ces sommes soient accessibles aux maisons de toutes les régions et que les fonds nécessaires soient injectés dans les prochains budgets », indique Madame Arseneault.

Ces 24M$ s’ajoutent à une injection annoncée l’an dernier pour 4 ans sans garantie de récurrence. Pour que ces sommes aient leur plein effet, il faudra travailler à ce qu’elles deviennent récurrentes et soient transférées dans le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). « Avec un budget non récurrent, les maisons ne peuvent développer des services à long terme, ni améliorer les conditions de travail de leur personnel », souligne Madame Arseneault. « Pire encore, sans assurance de pérennité financière, l’argent qui devrait financer les bâtisses pour ouvrir de nouvelles ressources, notamment des maisons de deuxième étape, n’est pas injecté », ajoute Madame Arseneault.

Plus de mesures pour combattre la violence conjugale et assurer la sécurité des victimes

Le Regroupement applaudit la décision du gouvernement de financer des cellules d’intervention rapide qui permettent aux intervenant.e.s de gérer collectivement les situations de violence conjugale à haut risque d’agressions graves ou d’homicide. « Le Regroupement avait proposé à la ministre Charest de financer les mécanismes d’actions concertées qui existent déjà et d’en développer dans l’ensemble du Québec, nous avons été entendues et nous sommes convaincues que l’implantation de tels mécanismes dans plus de régions permettra de sauver des vies » affirme Madame Arseneault.

Aussi, 36M$ permettront à la ministre Charest et à ses collègues d’accentuer la lutte contre la violence conjugale pour les cinq prochaines années. « C’est un message porteur d’espoir. Là aussi, le Regroupement espère que les sommes seront non seulement récurrentes mais que la ministre Charest pourra compter sur plus de moyens pour réaliser le plan d’action sur lequel elle travaille actuellement », ajoute la présidente du Regroupement.

Une amélioration de l’indemnisation des victimes d’actes criminels

Le budget 2020 annonce des crédits supplémentaires qui permettront une réelle réforme du régime d’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) en 2022-2023. « Le Regroupement demande depuis de nombreuses années que tous les crimes contre la personne donnent droit aux bénéfices de l’IVAC. Cette réforme devrait permettre à plusieurs femmes victimes de violence conjugale, actuellement exclues, d’être admissibles », espère Madame Arseneault.

De par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et les enfants victimes de violence conjugale. Dans une perspective de prévention, il déploie un éventail de stratégies pour aider tous les acteurs de la société québécoise à mieux comprendre, dépister et agir en matière de violence conjugale.


Budget 2020-2021 : un beau jour pour la culture (Coalition La culture, le coeur du Québec)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - La Coalition La culture, le cœur du Québec (CCCQ) accueille avec satisfaction les annonces du ministre des Finances concernant la culture et les communications. Le budget d’aujourd’hui se démarque de ceux des dernières années puisque l’on observe une véritable croissance des dépenses consacrées aux arts et à la culture. Les dépenses de programmes se situent en effet désormais à 861,3 M$ comparativement à une projection de 785 M$ si la tendance historique s’était maintenue. 

Ainsi, le Conseil des arts et lettres du Québec et la Société de développement des entreprises culturelles voient leurs crédits de transfert croître respectivement de 9,8 M$ et de 52,5 M$. De nouvelles sommes qui seront consacrées à la création, la production et la diffusion de la culture québécoise et dont la Coalition souhaite ardemment qu’elles améliorent les conditions de vie et de pratique des artistes, des artisans et des travailleurs et travailleuses culturels.

Plusieurs des mesures annoncées aujourd’hui viennent aussi soutenir et appuyer le développement culturel des régions, notamment en valorisation du patrimoine. Ainsi, le Plan québécois des infrastructures 2020-2030 prévoit, dès cette année, une bonification de 41,8 M$ à cet effet.

La CCCQ se réjouit de la reconnaissance par le gouvernement de l’apport économique et social de la culture. Par ces mesures concrètes, le gouvernement mise enfin sur la culture pour affirmer la spécificité du Québec dans le monde.

Depuis sa fondation en 2017, la Coalition La Culture, le cœur du Québec milite en faveur de l’amélioration des conditions socioéconomiques des ressources humaines en arts et en culture. Cette amélioration demande une augmentation du budget du ministère de la Culture et des Communications à hauteur de 2 % du budget provincial. Le budget d’aujourd’hui portant les dépenses en culture à 1,2 % des dépenses consolidées totales, il constitue un pas dans la bonne direction.

La culture, un secteur économique d’importance

La CCCQ rappelle que la culture a un impact important sur le reste de l’économie. Ainsi, chaque dollar de production économique (PIB) en culture génère de 0,70 $ à 0,90 $ en production additionnelle dans le reste de l’économie, la moyenne pour les industries étant de 0,70 $. De plus, chaque tranche de 100 M$ dépensés en culture, hors secteur des télécommunications, représente 1540 emplois contre 1030 dans le secteur industriel. En outre, les revenus fiscaux des activités économiques associées à la culture compensent largement les subventions accordées pour permettre aux artistes et créateurs du Québec de faire vivre et rayonner des productions qui se distinguent dans le monde entier.

La culture et le progrès social

La CCCQ rappelle aussi que si l’évaluation adéquate des répercussions économiques de la culture reste complexe, la meilleure quantification ne peut capter l’ensemble des valeurs artistiques, humaines et émotionnelles liées à l’expérience et au partage de la culture. En outre, on ne compte plus les expériences de réussites économiques et sociales de plusieurs villes et régions qui ont placé les investissements culturels et patrimoniaux au cœur de leurs stratégies de développement.


Budget Girard : des mesures insuffisantes et trop faibles (Centrale des syndicats démocratiques)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - La Centrale des syndicats démocratiques (CSD) trouve insuffisantes les mesures présentées dans le budget Girard, dont elle déplore également le manque de cohésion. Le gouvernement manque de vision sur l’importance de soutenir et développer le secteur manufacturier qui est essentiel à la santé économique du Québec. 

Le gouvernement devrait adopter une véritable politique industrielle pour le Québec. Cela permettrait d’avoir une vision large et à long terme et de conjuguer les différents enjeux entourant le développement économique des régions, les investissements des entreprises, la productivité, la transition énergétique. Une telle politique viendrait également appuyer la problématique de la main-d’œuvre, que ce soit la rareté de la main-d’œuvre, l’intégration des personnes immigrantes ou la formation professionnelle.

Le C3i, une fausse bonne idée

Le nouveau crédit d’impôt à l’investissement et à l’innovation (C3i) ne résoudra pas le déficit de productivité du Québec. « Le gouvernement revient avec une mesure fiscale pour stimuler la productivité et l’innovation, type de mesure qui a pourtant déjà prouvé son inefficacité par le passé », résume Luc Vachon, président de la CSD.

Pas assez pour les régions

Des mesures concrètes visant à renforcer le développement économique des régions manquent au budget Girard. « Le développement économique des régions passe par une diversification de l’économie, il faut innover plus que nous le faisons déjà et ça passe aussi par la création d’emploi. Il faut que la planification économique du Québec soit appuyée par l’instauration d’une réelle politique industrielle », d’ajouter M. Vachon.

Les grands oubliés de la protection de l’enfance

Pour faire face à la hausse des signalements à la direction de la protection de la jeunesse (DPJ), le gouvernement a annoncé des mesures visant à embaucher davantage d’intervenants. Toutefois, on ne trouve aucune autre mesure pour le reste du réseau, notamment les intervenants qui prennent le relai après le signalement. « Le réseau craque de partout, on ne peut pas être contre l’embauche de plus d’intervenants, mais il n’y a rien pour soutenir les familles d’accueil qui prennent soin de nos jeunes confiés à la DPJ », de conclure le président de la CSD.


Budget provincial 2020 : trop d’aînés laissés pour compte, juge le Réseau FADOQ

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - « Ce 2e budget Girard n’aidera en rien la cause des retraités qui se retrouvent floués par la terminaison d’un régime de retraite, pas plus qu’il ne permettra de régler les graves problèmes de ratios en santé », se désole la présidente du Réseau FADOQ, Gisèle Tassé-Goodman.

La plus grande organisation d’aînés au pays déplore que le nouvel exercice financier du gouvernement Legault ne propose aucune nouvelle structure pour préserver les fonds de pension des travailleurs. En marge des consultations prébudgétaires, le Réseau FADOQ avait mis en lumière l’urgence d’implanter un régime d’assurance fonds de pension afin de mieux protéger les intérêts des travailleurs.

« Le gouvernement Legault agit de façon irresponsable en prenant parti pour les entreprises alors que certaines d’entre elles laissent accumuler des déficits dans les caisses de retraite. Nous ne comprenons pas pourquoi le premier ministre et son ministre des Finances acceptent avec fatalité l’écroulement de ces régimes et l’immense chamboulement de vie que cela entraîne », critique Mme Tassé-Goodman.

Toujours en lien avec le monde du travail, le Réseau FADOQ note également que le gouvernement du Québec ne prévoit pas de nouvelles mesures pour les travailleurs d’expérience. « Alors que l’économie du Québec est en pleine rareté de main-d’œuvre, il est étonnant que la Coalition avenir Québec ne fasse pas plus preuve d’imagination afin d’inciter les travailleurs d’expérience à réintégrer le marché de l’emploi », souligne Mme Tassé-Goodman.

Mieux soutenir les professionnels de la santé 

Bien que de l’argent supplémentaire soit prévu afin d’embaucher du personnel soignant, l’instauration de nouveaux ratios professionnels en soins/patients, pourtant pressante, se fait encore attendre. Le Réseau FADOQ est déçu que le gouvernement Legault n’ait pas pris acte une fois pour toutes des résultats encourageants des projets-pilotes mis en place en 2018, projets-pilotes qui ont connu un tel succès qu’ils ont tous été prolongés au-delà de leur durée prévue initialement.

« La maltraitance organisationnelle et le travail jusqu’à l’épuisement sont des conséquences directes des problèmes de ratios. Il est nécessaire d’implanter des méthodes adaptées à la réalité et aux besoins de la population québécoise. Notre organisation s’explique mal pourquoi le gouvernement caquiste fait encore la sourde oreille à ce sujet, martèle Mme Tassé-Goodman. Il faut humaniser le système en soutenant avec plus de conviction les différents professionnels pour que ceux-ci puissent offrir les soins adéquats aux patients. Il faut revoir l’organisation du travail, valoriser les professions de la santé et éliminer le temps supplémentaire obligatoire. »

Toutefois, le rehaussement des investissements au niveau des soins à domicile est bien accueilli. Le Réseau FADOQ recommandait d’ailleurs une augmentation et une intensification de la prestation de soins à domicile dans le cadre de son mémoire prébudgétaire.

Ne pas se ruiner pour une place en CHSLD

Le Réseau FADOQ juge que le gouvernement aurait dû revoir les paramètres de la contribution financière des adultes hébergés en soins de longue durée. Depuis 1983, la valeur des biens et propriétés pris en compte afin de déterminer la réduction ou l’exonération de la contribution financière des adultes hébergés en centre de soins de longue durée n’a jamais été indexée.

« La réalité, c’est que ça coûte de plus en plus cher d’être hébergé dans un établissement de soins de longue durée et qu’il y a de moins en moins d’accès au programme d’exonération. Ce n’est pas normal que des gens se ruinent pour une place en CHSLD, de même que dans les futures maisons des aînés », déplore Mme Tassé-Goodman.

L’élément positif : des investissements afin de créer 900 nouvelles places en CHSLD. Une nécessité, alors que plus de 3 000 personnes sont en attente d’une place et que les maisons des aînés ne sont pas prêtes à accueillir de nouveaux résidents. 

Enfin une modification du crédit d’impôt pour aidant naturel

Le Réseau FADOQ applaudit la décision du gouvernement de modifier le crédit d’impôt pour aidant naturel. Comme demandé, cette mesure fiscale est simplifiée, bonifiée et accessible à plus de Québécoises et Québécois. Les sommes associées à cette mesure fiscale ont été rehaussées et le crédit d’impôt est maintenant remboursable, de telle sorte que les moins nantis y auront accès. Il s’agissait d’une demande de longue date du Réseau. Les proches aidants recevront enfin une plus grande aide financière.

« Lors de la dernière campagne électorale, la Coalition avenir Québec s’était engagée à bonifier ce crédit d’impôt jusqu’à hauteur de 2 500 $. Deux ans plus tard, cette promesse est enfin réalisée », fait valoir Mme Tassé-Goodman.

Le Réseau FADOQ rappelle que 20 % des proches aidants vivent de l’insécurité financière et que leurs responsabilités entraînent une perte de revenu d’environ 16 000 $ par année, eux qui pourtant comblent chaque jour le manque de ressources de notre système public.

De grands absents

Par ailleurs, le Réseau FADOQ déplore que la couverture du vaccin contre le zona soit un grand absent du budget, alors même qu’il s’agissait d’une recommandation du Comité sur l’immunisation du Québec. De plus, rien n’est instauré afin de soutenir les moins nantis pour l’achat d’une prothèse dentaire, de lunettes et d’appareils auditifs.


Budget du Québec 2020 - Le retour des services sociaux et de la santé publique comme acteurs clés du réseau de la santé et des services sociaux (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - C’est un accueil favorable que l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a réservé au deuxième budget du gouvernement Legault. En ciblant les services sociaux et la santé publique, le gouvernement confirme la véracité des constats que l’APTS avait faits au cours des dernières années sur le manque de financement de la première ligne et des mesures en prévention.

« Si on veut une population en santé, il faut investir en prévention et dans la première ligne. Avec des dépenses dans les services sociaux qui dépassent la moyenne du ministère, ce budget redonne aux services en santé publique, en santé mentale, en déficience intellectuelle et troubles du spectre de l’autisme, en déficience physique, en soutien aux personnes âgées ainsi qu’auprès des jeunes en difficulté le rôle d’acteurs clés pour améliorer la santé globale de la population », a commenté Andrée Poirier, présidente de l’APTS.

Alors que le premier budget du ministre des Finances, Éric Girard, avait mis de côté le refinancement des services sociaux, à l’exception du soutien aux personnes âgées, ce deuxième budget redresse la barre et permet de corriger en partie le sous-financement découlant de l’austérité libérale. Par contre, il reste encore beaucoup de travail à faire pour revenir au niveau de financement d’il y a 10 ans.

« Avec ce budget, les ministres McCann, Carmant et Blais ont la marge de manœuvre nécessaire pour agir auprès des populations vulnérables. Pour réussir, il faut améliorer les conditions de travail, enrayer la surcharge, mettre un stop à la violence et assurer que le personnel professionnel et technique puisse travailler dans un milieu sécuritaire », a poursuivi Andrée Poirier.

Protection de la jeunesse

Bien que les investissements dans la protection de la jeunesse n’atteignent pas encore les besoins qu’elle évalue à 270 millions $, l’APTS salue l’effort de 90 millions $ récurrents pour prendre soin des jeunes en position vulnérable. Avec les 65 millions $ annoncés au cours de l’année passée par le ministre Lionel Carmant, plus de la moitié du chemin a été parcouru en un an.

« Nous martelons le même message depuis des mois : il est urgent de donner aux intervenant·e·s œuvrant dans les centres jeunesse les outils nécessaires pour qu’ils et elles puissent réaliser leur travail dans des conditions favorisant le succès de leur intervention auprès des enfants. Oui, ça passe par des investissements importants, mais ça passe aussi par une amélioration de l’organisation du travail. Et pour réussir cette opération, il faut que les intervenant·e·s soient impliqué·e·s dans le processus. On aura beau dégager des budgets pour embaucher du personnel, si les conditions de travail sont exécrables personne ne viendra travailler dans le réseau de la santé et des services sociaux », a rappelé la présidente de l’APTS.

Fonds des générations

Un bémol au tableau, les versements au Fonds des générations sont maintenus. Pour l’APTS, le gouvernement Legault se prive ainsi de montants importants pour renforcer les services publics. « Le Fonds des générations a rempli sa fonction. Nous avons maintenant la marge de manœuvre pour offrir aux Québécoises et aux Québécois les services auxquels ils et elles ont droit et dont les plus vulnérables ont grandement besoin », a conclu Andrée Poirier.


Budget Québec 2020 : Le gouvernement ne répond pas à toutes les recommandations de la Commission Laurent (Fédération québécoise des organismes communautaires Famille)

Des avancées intéressantes, mais des déceptions importantes pour les familles québécoises et le milieu communautaire dans le second budget caquiste, selon la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - C’est avec une certaine réserve que la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille (FQOCF) accueille le deuxième budget du gouvernement Legault, présenté ce mardi par le ministre des Finances, M. Eric Girard, à l’Assemblée nationale.

La FQOCF attendait particulièrement de voir quelles suites le gouvernement allait donner aux cinq premières « recommandACTIONS » dévoilées par la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ), en décembre dernier. La commission présidée par Régine Laurent y recommandait entre autres de bonifier, à un minimum de 200 000 $ par année, le financement accordé aux 260 organismes communautaires Famille (OCF) du Québec.

Présente à Québec pour l’occasion, la directrice générale de la FQOCF, Mme Marie-Eve Brunet Kitchen, a déploré le fait que le gouvernement n’ait répondu que partiellement aux demandes de la Commission Laurent, plus spécifiquement en ce qui concerne le financement des OCF. En effet, le budget 2020 prévoit une hausse annuelle de 9 millions $ du soutien financier accordé à ces organismes. Cette somme représente moins de 35 000 $ par OCF, portant la moyenne nationale à seulement 100 000 $ par année, ce qui est bien en-dessous de l’objectif fixé par la Commission Laurent.

« C’est certes une reconnaissance de l’impact positif des OCF pour les familles québécoises, mais nous aurions évidemment préféré que les sommes réclamées par la FQOCF et la Commission Laurent soient rendues disponibles dès cette année. Le gouvernement parle de son côté d’un "premier geste". Considérant qu’en décembre dernier, la Commission Laurent affirmait l’urgence d’agir pour la jeunesse québécoise, nous invitons le gouvernement à considérer l’accompagnement des parents comme un aspect incontournable du développement des enfants ainsi qu’à investir, sans plus attendre, pour répondre convenablement à ces demandes, comme il s’y était engagé. »
- Marie-Eve Brunet Kitchen, directrice générale
 Fédération québécoise des organismes communautaires Famille

Quelle forme prendra le programme Agir tôt ?

Le déploiement du nouveau programme Agir tôt était également dans la mire de la FQOCF. Rappelons que ce programme vise le dépistage précoce des troubles de développement chez les enfants de moins de 5 ans.

La Fédération espère que le gouvernement, en plus d’agir de manière transversale entre les différents ministères concernés - soit la Santé, l’Éducation et la Famille - réservera une place privilégiée au milieu communautaire Famille dans ce programme.

« Les OCF, puisqu’ils possèdent une fine expertise des réalités parentales et familiales dans toutes les régions du Québec, mais aussi parce qu’ils sont des alliés naturels du domaine de la santé et des services sociaux depuis de nombreuses décennies déjà, devraient impérativement être impliqués dans le nouveau programme Agir tôt », ajoute Mme Brunet Kitchen.

Soutien aux familles d’enfants ayant des besoins particuliers

Parmi les points plus positifs, la FQOCF salue la bonification de l’aide accordée aux parents d’enfants handicapés de 18 ans et plus avec, notamment, l’ajout de l’admissibilité des enfants majeurs handicapés à des prestations de solidarité sociale plus généreuses, ainsi qu’un minimum de 20,5 heures de services d’aide à domicile pour donner un peu de répit aux parents concernés.

« Partout au Québec, les OCF reçoivent beaucoup de demandes de soutien de la part de parents d’enfants ayant des besoins particuliers. Les ressources d’aide ne suffisaient pas, jusqu’ici, à répondre aux défis spécifiques de ces parents. Les mesures dévoilées en ce sens aujourd’hui, en plus de celles annoncées l’an dernier, auront donc des retombées concrètes pour les familles concernées », conclut Mme Brunet Kitchen.


Budget 2020-2021 - Avec François Legault, les élèves du réseau public perdent à tout coup ! (Fédération autonome de l’enseignement)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Malgré ses promesses, le gouvernement de François Legault ne consacre que 697 millions de dollars de plus au réseau des écoles publiques en 2020-2021 (dont près de 182 millions de dollars pour compenser l’uniformisation des taxes scolaires), soit une baisse de 13 millions de dollars par rapport à l’an dernier. Ces sommes ne sont pas suffisantes pour parler d’un réel réinvestissement en éducation, selon la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). Le gouvernement Legault fait le choix de ne pas financer le réseau des centres de services scolaires à la hauteur des besoins, alors que les surplus budgétaires du Québec n’ont jamais été aussi importants.

Le rapport de l’économiste Jean-Michel Cousineau intitulé « Combien ça coûte réparer l’école publique ? », produit pour le compte de la FAE en 2019, démontre bien que le gouvernement de François Legault devait consentir, pour l’année 2020-2021, un montant minimum de 1 milliard 75 millions de dollars au réseau des écoles publiques avant de pouvoir prétendre qu’il réinvestissait véritablement. Ce montant comprend :

• 419 millions $ pour couvrir les coûts de système ;
• 250 millions $ pour rembourser une partie des compressions effectuées entre 2010 et 2016 ;
• 225 millions $ pour compenser l’uniformisation des taxes scolaires, et enfin ;
• 181 millions de dollars pour couvrir le manque à gagner pour l’année 2019-2020 pour laquelle 891 millions de dollars étaient requis alors que 710 millions ont été consentis.

« Le gouvernement de François Legault doit arrêter de jouer avec l’avenir des élèves québécois et investir à la hauteur des besoins. Le financement des services aux élèves n’est pas une loterie. Investir en éducation, c’est gagnant pour tout le Québec », a déclaré Sylvain Mallette, président de la FAE.

Loto budget

La FAE a profité de sa présence au huis clos budgétaire pour remettre aux journalistes et parlementaires présents un billet de loterie qui permet de rappeler que les mauvais choix faits par les gouvernements ont des conséquences sur le réseau des écoles publiques, sur les enseignantes et enseignants ainsi que sur les élèves jeunes et adultes. Le billet « Loto Budget » dévoile trois cases à gratter :

• La première « Qu’est-ce qu’on gagne à mal payer les profs ? » avec comme réponse « Pénurie de personnel » ;
• La deuxième « Qu’est-ce qu’on gagne à sous-financer les services de soutien ? » avec comme réponse « Décrochage scolaire » et ;
• La troisième « Qu’est-ce qu’on gagne à maintenir le financement public des écoles privées ? » avec comme réponse « Inégalité des chances ».

Investir en éducation, c’est gagnant !

Avec cet outil de communication, la FAE rappelle que les écoles publiques ont été privées de plus de 1 milliard 488 millions de dollars entre 2010 et 2016. Encore aujourd’hui, les effets de ces mauvais choix budgétaires se font sentir dans le réseau des écoles publiques, particulièrement auprès des élèves vulnérables. La FAE s’explique donc très mal que François Legault, qui prétend avoir fait de l’éducation une priorité nationale, ait changé de cap. Pourtant, au 30 novembre 2019, le solde budgétaire, au sens de la Loi sur l’équilibre budgétaire, affichait un surplus de 4,5 milliards de dollars. Quant à lui, avec un versement de 2,7 milliards de dollars en 2020-2021, le Fonds des générations atteindra plus de 11 milliards de dollars. Le gouvernement dispose de la marge de manœuvre nécessaire pour réinvestir dans le réseau des écoles publiques.

Financement public des écoles privées

Par ailleurs, le deuxième budget du ministre des Finances, Éric Girard, maintient le financement public des écoles privées, qui s’élèvera à près de 564 millions de dollars pour la prochaine année. En plus de la subvention gouvernementale, dont les coûts sont connus, il est important de prendre en considération les autres coûts ou les manques à gagner que doivent assumer les différents paliers de gouvernement dans le maintien du financement public du réseau d’enseignement privé. Ainsi, certains coûts ne sont jamais pris en considération lorsque la question du financement public des écoles privées est abordée. Il faut penser, entre autres, aux crédits d’impôt offerts pour les dons aux fondations des écoles privées, qui s’élèvent en moyenne à 50 millions de dollars par année.

« C’est connu et reconnu : l’école québécoise est la plus inégalitaire au pays, selon un rapport du Conseil supérieur de l’éducation (CSE). "La multiplication des programmes particuliers sélectifs et des établissements privés entraîne des inégalités de traitement au bénéfice des plus favorisés, poursuit-on, en dénonçant une forme de ségrégation qui conduit à un système d’écoles à plusieurs vitesses, indique-t-on dans ce rapport. Non seulement le système scolaire contribuerait à reproduire les inégalités sociales, mais les élèves en difficulté et provenant de milieux défavorisés sont surreprésentés dans les classes ordinaires des écoles publiques." En agissant de la sorte, le gouvernement de François Legault met en péril les notions de justice sociale et d’égalité des chances et maintient le Québec au dernier rang au Canada. Pour un gouvernement qui disait vouloir prendre soin des Québécoises et Québécois, c’est raté ! », a souligné M. Mallette

Les profs valent au moins la moyenne canadienne

Le gouvernement propose aux profs des augmentations salariales de l’ordre de 7 % sur 5 ans. À cela s’ajouterait un montant forfaitaire de 1000 $ exclusivement réservé aux personnes ayant atteint le maximum de l’échelle salariale au 31 mars 2020 et offrant une prestation de travail à cette date. Selon le gouvernement, ce montant représente 1 % d’augmentation. Il n’est toutefois pas récurrent et n’est pas cotisable au régime de retraite. Le tableau qui suit présente l’offre patronale salariale :

« En ce qui a trait à l’échelle salariale des profs et à la diminution promise du nombre d’échelons, il n’en est aucunement fait mention dans les propositions patronales. Quant à l’inflation, le gouvernement prévoit qu’elle atteindra 2,2 % pour l’année 2020, puis s’élèvera à 2 % pour les trois années subséquentes (2021, 2022, 2023). À la lumière de ces projections, le premier ministre et le président du Conseil du trésor ne démontrent aucune volonté de rattraper le retard salarial des profs… ils sont déterminés à les laisser les moins bien payés au Canada ! », a indiqué M. Mallette.

Statistique Canada a récemment publié un tableau comparatif des salaires des profs des établissements publics au Canada pour l’année 20181. Cette étude démontre que le Québec est bon dernier en matière de rémunération de son personnel enseignant. Les profs sont aussi les seuls à devoir attendre 15 ans pour atteindre le maximum de l’échelle salariale. Le salaire actuel à l’entrée pour la quasi-totalité des profs est de 46 115 $2. L’objectif de la négociation est donc d’obtenir un salaire à la hauteur de l’apport des profs à la société québécoise. Voici l’échelle proposée par la FAE qui serait en vigueur dès le 1er avril 2020 :

« Les revendications salariales portées par la FAE permettent de répondre de manière concrète aux phénomènes de pénurie de personnel et de désertion professionnelle. De plus, depuis trop longtemps, les enseignantes et enseignants voient leur pouvoir d’achat s’étioler. Pourtant, alors que le personnel enseignant contribue à la vitalité économique du Québec, il ne profite pas de l’enrichissement collectif qui permet au gouvernement québécois d’engranger des surplus importants. Le premier ministre François Legault ne peut plus faire la sourde oreille », a conclu M. Mallette.


1 STATISTIQUE CANADA, Indicateurs de l’éducation au Canada : une perspective internationale, produit n° 81-604-X au catalogue de Statistique Canada, Ottawa, Ontario, 2018, pages 119 et 120.

2 Baccalauréat de 4 ans (120 crédits), échelon 3.


Budget 2020-2021 - Un timide pas pour le réseau des CPE selon l’AQCPE (Association québécoise des centres de la petite enfance)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Bien que son souhait était d’obtenir 7 500 nouvelles places en CPE, l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) salue la décision du gouvernement d’en créer 2 500 au cours des 5 prochaines années. Un petit pas qui s’ajoute au plan annoncé du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

Citation

« S’il lance un signal positif aux parents, le gouvernement ne répond pas encore entièrement aux besoins. Presque quotidiennement, les médias rapportent les cas de parents qui ne peuvent retourner au travail à la suite de leur congé parental, car ils ne trouvent pas de milieu éducatif pour leur enfant », a déclaré Geneviève Bélisle, directrice générale de l’AQCPE.

Conversion des places : oui, mais…

L’AQCPE reconnaît la volonté du gouvernement de convertir 3 500 places de garderies non subventionnées en garderies subventionnées, afin de permettre à un plus grand nombre de parents d’accéder à une place à tarif réduit. 

Néanmoins, afin d’agir en cohérence avec ses ambitions de favoriser la réussite éducative des enfants, l’AQCPE l’encourage à convertir ces places de garderies non subventionnées en CPE, et non en garderies subventionnées. De fait, les évaluations faites par le gouvernement, notamment celles de l’Institut de la statistique du Québec Grandir en qualité, démontrent que la qualité éducative des garderies subventionnées n’est pas significativement supérieure à celle des garderies non subventionnées, contrairement aux CPE qui permettent d’offrir des services d’une qualité nettement supérieure, favorisant ainsi un soutien optimal au développement de l’enfant.

Agir en prévenant et en accompagnant

D’ailleurs, dans le contexte de la Commission Laurent et de l’initiative Agir tôt, l’AQCPE réitère sa demande au gouvernement de compléter le réseau des CPE, afin d’offrir une éducation de qualité à tous les enfants.

Il est le seul ayant l’expertise et la capacité d’agir tant en prévention qu’en accompagnement des enfants, notamment ceux ayant des besoins particuliers. « Le réseau des CPE est une des solutions concrètes quant aux enjeux de la détection et de l’accompagnement des enfants vulnérables. Nous avons la capacité de travailler encore plus étroitement avec le réseau de la Santé et des Services sociaux et de bâtir des passerelles avec le réseau de l’éducation, afin de répondre adéquatement aux besoins de ces enfants, avec toute l’intensité et la continuité nécessaire », a conclu Mme Bélisle.


Où est notre argent ? : L’augmentation de 46,4M$ en AFE est un premier pas, mais le ministre Roberge doit remettre les sommes dues aux étudiantes et aux étudiants (Fédération étudiante collégiale du Québec et l’Union étudiante du Québec)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l’Union étudiante du Québec (UEQ) constatent que le gouvernement de la CAQ effectue un premier pas en injectant 46,4 M$ en aide financière aux études (AFE). Ces sommes incluent celles liées à l’indexation normale du programme, indexation qui est partie prenante du consensus québécois au sujet des droits de scolarité.

Cependant, la FECQ et l’UEQ considèrent que ces sommes sont loin des montants qu’elles réclament pour compenser la perte de deux crédits d’impôt auxquels les étudiantes et étudiants avaient droit avant 2016. Elles réclament que le ministre Roberge fasse suite à leur demande et injecte les sommes dues dans les dépenses admises de l’AFE.

MISE EN CONTEXTE

• En 2016, l’abolition du crédit d’impôt pour études et du crédit d’impôt pour manuels par le Canada ont permis un investissement massif dans le programme de prêts et bourses aux étudiants ;
• La communauté étudiante québécoise n’étant pas admissible à ce programme, la province reçoit un transfert compensatoire, qui augmente chaque année depuis 2016 ;
• La perte du crédit d’impôt retire 277 M$ à la communauté étudiante du Québec.
• En 2017, le gouvernement du Québec a accédé à la demande des associations et a investi 80M$ en aide financière aux études chaque année.

CITATIONS

« Nous n’allons pas cracher sur cette augmentation de 46,4 M$ en AFE, mais on est loin des sommes dus aux étudiantes et étudiants. » , président de l’Union étudiante du Québec

« Il faudra des gestes concrets de la part du ministre Roberge pour assurer les étudiantes et étudiants qu’il ne leur fait pas la sourde oreille et que les sommes annoncées dans le budget 2020-2021 ne sont qu’un premier pas. » Philippe Clément, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec


La FTQ réagit au budget de la CAQ - Malgré les investissements annoncés, la FTQ reste inquiète pour l’avenir des services publics

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) reste grandement préoccupée par le second budget du ministre des Finances Éric Girard, surtout en ce qui a trait aux services publics. « Les sommes attendues pour rebâtir nos services publics ne sont pas au rendez-vous. C’est décevant, particulièrement lorsque l’on considère que le gouvernement nage dans les surplus. Surplus, rappelons-le, accumulé sur le dos des travailleurs et des travailleuses victimes de l’austérité du gouvernement libéral. Le gouvernement propose en santé et en éducation des augmentations à peine supérieures à la hausse des coûts de système. Aussi, au lieu d’être versés dans le Fonds des générations, les surplus devraient être investis dans les services publics, qui profiteront également aux générations futures », déclare le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Enjeux environnementaux : le diable est dans les détails !

Le gouvernement Legault nous offre un plan d’affaires peinturé en vert pour le Québec. C’est bien, mais l’on a besoin d’un véritable plan de lutte contre les changements climatiques qui met à contribution tous les acteurs sociaux et économiques. « On attend toujours de connaître le plan du gouvernement. On constate qu’il y a bien peu pour assurer une transition juste et qualifiante pour les travailleurs et travailleuses, notamment en formation de la main-d’œuvre. C’est bien beau d’annoncer des millions pour de nouveaux équipements, de nouveaux programmes, mais encore faut-il que les travailleurs puissent acquérir les compétences de ces métiers de demain. Concernant les mesures d’électrification des transports, plusieurs d’entre elles nous paraissent intéressantes, mais demeurent peu ambitieuses pour réduire considérablement le nombre de véhicules solo et de véhicules à essence. Plusieurs projets de transport en commun sont à l’étude, mais encore faut-il savoir quand elles verront le jour », ajoute Daniel Boyer. 

De l’aide pour les groupes vulnérables

La FTQ salue les sommes supplémentaires dédiées à l’aide aux femmes victimes de violence conjugale, ainsi que celles consacrées à la protection de la jeunesse. La centrale accueille aussi favorablement l’amélioration des soins aux aînés en CHSLD et l’ajout des crédits d’impôt pour personnes aidantes. « Ces groupes vulnérables méritent une attention particulière du gouvernement, il s’agit là d’un pas dans la bonne direction, mais il faudra que les sommes soient récurrentes », renchérit le président.

Les grands oubliés : les personnels des secteurs public et parapublic

Enfin, pour la FTQ, il importe de rappeler au gouvernement que les personnels des secteurs public et parapublic font trop souvent les frais des coupes budgétaires, alors que ce sont ces travailleurs et travailleuses qui tiennent à bout de bras notamment les réseaux de l’éducation et de la santé. « Il est urgent d’améliorer les conditions de travail, d’exercice d’emplois ainsi que la rémunération de ces travailleurs et travailleuses si nous voulons attirer du nouveau personnel et les retenir à l’emploi », conclut Daniel Boyer.


Budget 2020 - Logement social et communautaire - Le gouvernement abandonne les gens dans le besoin (Association des groupes de ressources techniques du Québec)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Pour une deuxième année consécutive, le budget présenté par le gouvernement de la Coalition avenir Québec ne prévoit aucun investissement pour le développement de nouvelles unités de logement social ou communautaire dans le cadre du programme AccèsLogis. « Le gouvernement a malheureusement fait la sourde oreille face aux besoins des ménages à faible ou modeste revenu et des personnes vulnérables. Les villes et des communautés à travers le Québec ont pourtant sonné l’alarme sur la pénurie de logements et sur l’urgence d’agir maintenant. Nous sommes extrêmement déçus de voir si peu d’intérêt et de compassion face aux problèmes d’accès au logement », déplore M. Alain Marcoux, président de l’Association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ).

Les sommes prévues au budget se limitent à ajuster le financement des projets déjà annoncés dans les années passées, afin qu’il suive l’évolution des coûts de construction. « Bien que cette aide additionnelle soit bienvenue, il aurait été tout à fait possible de compléter les projets en cours, tout en développant les milliers de nouveaux logements attendus par les collectivités du Québec. Les investissements doivent suivre les besoins actuels de la population et non pas reposer sur des projets déjà engagés », soutient M. Marcoux.

Dans le contexte, nous ne pouvons qu’espérer une entente à court terme avec le gouvernement fédéral et que les sommes en découlant soient rapidement canalisées dans le programme AccèsLogis Québec pour le développement de nouveaux logements communautaires.


Budget provincial 2020 : l’occasion manquée d’offrir une qualité de vie digne aux personnes aînées (Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Alors que le Québec nage dans les surplus budgétaires, c’était enfin le moment de faire du Québec une société digne de ses aînés. Or, la cible est ratée. Le gouvernement a fait le choix, dans ce budget, d’investir massivement dans le béton plutôt que d’investir dans l’humain et d’améliorer les conditions de travail de celles et de ceux qui œuvrent auprès des personnes aînées en situation de vulnérabilité.

« La situation dans les CHSLD se détériore de jour en jour en raison de la pénurie de main-d’œuvre. Cette pression sur le personnel apporte des risques considérables sur la qualité de vie des personnes aînées hébergées. D’ailleurs, nous apprenions récemment que le gouvernement retirait une prime offerte aux préposés aux bénéficiaires. Cela va à l’inverse de ce qu’il faudrait faire », souligne Lise Lapointe, présidente de l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ-CSQ).

Par ailleurs, le budget en soins à domicile n’est bonifié que de 100 millions $ en 2020-2021, ce qui n’est nettement pas suffisant pour offrir le niveau de services adéquat en fonction de la demande croissante et attirer du nouveau personnel. Le gouvernement place ainsi toutes ses billes dans les Maisons des aînés, alors qu’il en coûtera 1,5 milliard $ pour 2 600 places d’ici 2023.

« Le projet des Maisons des aînés peut paraître intéressant, mais il ne doit pas se faire aux dépens des soins à domicile. Les gens souhaitent pouvoir rester là où ils le veulent, dans leur communauté, le plus longtemps possible. Par ailleurs, nous nous demandons toujours qui aura la chance de vivre dans les Maisons des aînés au moment venu », ajoute Mme Lapointe.

Un pas de plus pour les personnes proches aidantes 

L’AREQ voit d’un bon œil la simplification du crédit d’impôt pour les proches aidants ainsi que le versement par anticipation. La bonification de ce crédit d’impôt est aussi une très bonne nouvelle, mais soulignons qu’il diminue rapidement lorsque le revenu de la personne aidée dépasse 22 000 $ par année. Il faudra aussi s’assurer de bien faire connaître ce crédit d’impôt pour en accroître l’accès. Rappelons toutefois que la population préfère les services directs aux crédits d’impôt parfois jugés trop complexes et inéquitables.

Rien pour l’indexation

La situation budgétaire favorable était l’occasion pour le gouvernement de répondre à l’injustice que subissent les personnes retraitées de la fonction publique et parapublique pour qui les rentes sont pratiquement gelées depuis 1982. Aujourd’hui, le gouvernement de François Legault tourne le dos à plus de 300 000 personnes retraitées qui voient leur pouvoir d’achat diminuer chaque année.

« L’année dernière, nous avons rencontré les députés de tous les partis pour les sensibiliser à l’enjeu de la non-indexation des rentes des retraités de la fonction publique. Les personnes aînées contribuent pourtant activement à l’économie québécoise. Personne n’y gagne à les appauvrir de la sorte », affirme Mme Lapointe.

Ainsi, l’AREQ réitère la nécessité de trouver une solution pour corriger cette perte de pouvoir d’achat.


Budget du Québec 2020 - De mauvaises nouvelles pour le réseau des services de garde éducatifs (Fédération de la santé et des services sociaux-CSN)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Au moment où le gouvernement investit pour développer des places de maternelles 4 ans, il réduit plusieurs postes budgétaires du réseau des services de garde éducatifs. Selon la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), cela envoie un bien mauvais message aux travailleuses de ce secteur.

Un budget qui ne répond pas aux craintes des travailleuses des services de garde éducatifs

Si le gouvernement annonce certains investissements sur une période de cinq ans, il annonce pourtant des reculs dans des parties importantes du budget du réseau des services de garde éducatifs. Par exemple, le gouvernement prévoit un recul dans le budget pour le financement des infrastructures des CPE et pour le soutien financier aux responsables en service de garde (RSG) en milieu familial. Avec les listes d’attentes actuelles, nous ne nous attendions pas du tout à des coupes dans ce secteur important pour l’économie du Québec.

« Dans ce budget, le gouvernement Legault devait envoyer un message aux travailleuses des CPE et aux RSG au moment où il développe les maternelles 4 ans. Malheureusement, le message qu’il envoie c’est qu’il ne prend pas les moyens de développer le réseau et de convaincre les travailleuses d’y rester », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

La FSSS-CSN demandait un montant de 300 millions de dollars pour attirer et retenir le personnel dans le réseau des services de garde éducatifs (CPE et RSG). Un récent sondage mené par la CSN démontre que de plus en plus de travailleuses des CPE et des RSG songent à quitter la profession.

« Non seulement le gouvernement ne répond pas à notre demande pour ce budget, mais en plus il ne fait pas grand-chose pour freiner les fermetures dans les RSG et le départ de travailleuses dans les CPE. Les demandes des familles sont pourtant au rendez-vous et elles veulent que le gouvernement mise sur le réseau des services de garde éducatifs pour le développement de leurs enfants », de conclure Jeff Begley.


Budget du Québec 2020-2021 - Le gouvernement doit faire plus pour son personnel (Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) est heureux que le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, reconnaisse enfin la rareté de la main-d’œuvre au sein de la fonction publique. Il reste à en informer son personnel qui niait le problème il y a quelques semaines à peine dans le cadre des travaux du comité sur l’expertise, l’attraction et la rétention du personnel professionnel dans la fonction publique.

Négociations

M. Dubé souligne la compétence et le dévouement du personnel de l’État « qui veille, tous les jours, à l’atteinte des objectifs ambitieux » du Québec. Cette reconnaissance doit se traduire par des offres conséquentes dans le cadre des négociations pour le renouvellement des conventions collectives pour le personnel professionnel de l’État. « Le gouvernement doit également renoncer à poursuivre l’abolition de 5000 postes dans l’administration publique, estime Line Lamarre, présidente du SPGQ. Nos membres sont déjà à bout de souffle. Améliorer les services en réduisant le personnel est irréaliste. »

Le SPGQ accueille positivement la volonté du gouvernement de revoir la dotation dans la fonction publique et d’élargir le recours au télétravail pour son personnel. « À l’instar des autres syndicats, nous estimons toutefois que toutes les questions liées aux conditions de travail doivent être discutées à la table de négociation et non dans des forums de discussions parallèles, juge Mme Lamarre. D’ailleurs, offrir une rémunération différenciée aux enseignants et aux préposées aux bénéficiaires est un non-sens. Cela revient à nier l’importance du travail réalisé dans l’ombre par une foule d’autres employés afin de les soutenir. »

Enseignement supérieur et culture

Le syndicat est aussi heureux que le gouvernement reconnaisse l’importance de l’éducation supérieure et investisse 100 millions $ pour favoriser la diplomation. « Nous espérons que le gouvernement en profitera pour régler le problème de discrimination systémique à l’endroit des femmes qui touche le personnel professionnel des collèges, insiste Mme Lamarre. Cette injustice doit cesser ! Les salaires doivent aussi être à la hauteur de leur expertise afin de stopper l’exode de professionnels vers le réseau universitaire. »

Le milieu culturel fait face au même enjeu de discrimination systémique. Le syndicat espère que les investissements supplémentaires de 394 millions $ contribueront à régler ce problème.

Infrastructures

Les investissements dans les infrastructures vieillissantes de la province sont une bonne nouvelle pour les Québécois. Le SPGQ s’inquiète toutefois de la manière dont ces travaux seront réalisés. « Il y a actuellement un gel d’embauche et des heures supplémentaires au ministère des Transports, signale Mme Lamarre. Doit-on conclure que le gouvernement a l’intention de recourir à la sous-traitance ? Il a pourtant été démontré que cette solution est plus coûteuse. »

Régionalisation

Le SPGQ trouve intéressant que le gouvernement cherche à soutenir les régions en y transférant des emplois stables et bien rémunérés. Il faudra voir comment il compte procéder. « Comment le gouvernement pourra-t-il y arriver en coupant des postes et en offrant des hausses salariales qui ne permettent pas de faire le rattrapage nécessaire dans la fonction publique ? », questionne Mme Lamarre.

Environnement

Finalement, le SPGQ se réjouit que le gouvernement offre une place de choix à l’environnement dans son budget. « Nous sommes heureux que l’expertise du personnel professionnel de l’État permette de faire du Québec une province plus verte », indique Mme Lamarre.


Budget du Québec 2020 - Le gouvernement ne prend pas les moyens de régler la crise en santé et services sociaux (Fédération de la santé et des services sociaux-CSN)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Le budget 2020 n’annonce pas de mesures ambitieuses pour mettre fin à la crise de surcharge du personnel du réseau de la santé et des services sociaux et répondre aux besoins de la population. En refusant d’adopter un plan de sortie de l’austérité libérale, le gouvernement maintient le poids du manque à gagner qui fait souffrir les travailleuses et travailleurs.

Un manque à gagner de 10 milliards : le poids de l’austérité libérale s’accentue

Les annonces du budget 2020 n’apportent pas de réponses satisfaisantes aux besoins de la population et à l’épuisement du personnel. Pour les établissements publics, une fois que les coûts de système sont couverts dans ce budget, on n’ajoute que 224 millions dollars sur un budget de 23 milliards. Depuis la réforme Barrette, les gouvernements ont récupéré plus de 10 milliards de dollars dans les établissements publics. Ce manque à gagner cumulatif des établissements publics depuis 2013-2014 pèse sur le dos du personnel. Le plan de sortie de l’austérité libérale aurait nécessité une hausse des budgets de 13,5 % des établissements publics cette année et de 11 % pour les 3 prochaines années. La situation est particulièrement inquiétante pour le personnel du secteur administratif, encore touché par des coupes budgétaires.

« Après avoir étranglé le réseau, on investit une petite portion des économies des dernières années. Ce n’est pas ces petites sommes qui vont améliorer la situation. Ce que le gouvernement Legault annonce aujourd’hui, c’est qu’il n’a pas l’intention d’effacer l’austérité libérale. Si on manque de monde et que tant de travailleuses et travailleurs tombent au combat, c’est en bonne partie parce que les budgets ne sont pas au rendez-vous », explique Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Des réponses insatisfaisantes aux demandes de la FSSS-CSN

La FSSS-CSN avait présenté 4 demandes en santé et services sociaux. Les annonces du budget 2020 n’apportent pas de réponses complètes aux demandes. Malgré des annonces d’investissements dans les soins à domicile et pour créer de nouvelles places en CHSLD, peu est fait pour épauler le personnel. Dans le secteur préhospitalier, nous espérons que les investissements annoncés permettront de se concentrer principalement à appuyer les paramédics et les répartiteurs médicaux d’urgence. Malheureusement pour le personnel du réseau, le gouvernement ne fait que budgéter ses offres salariales nettement insuffisantes.

« À en juger par le ton de ce gouvernement, nous aurions pensé que les mesures pour répondre aux besoins extraordinaires dans le réseau de la santé et des services sociaux auraient été importantes ! Malheureusement, il n’en est rien. Les besoins des bénéficiaires et du personnel surchargé vont rester largement sans réponse avec ce budget », de conclure Jeff Begley.


Budget du Québec 2020 - « Ceci n’est pas un budget vert » - Manon Massé (Aile parlementaire de Québec solidaire)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - C’est avec beaucoup d’étonnement que la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, constate que le premier ministre François Legault n’a pas rempli sa promesse de livrer un budget permettant de s’attaquer à l’urgence climatique et de réduire rapidement et substantiellement les émissions de GES au Québec.

« J’ai vraiment voulu y croire lorsque le premier ministre nous a promis un budget de l’environnement en début d’année. J’aurais été très heureuse de le féliciter aujourd’hui. Je ne suis malheureusement pas en mesure de le faire. Ce budget-là n’est pas un budget vert. C’est un budget d’écoblanchiment comptable. Le gouvernement nous lance des chiffres imposants, mais en regardant de plus près, on se rend compte qu’il y a peu de choses qui changent à court terme pour répondre à l’urgence climatique », souligne Manon Massé.

Le gouvernement annonce 6 milliards $ sur 6 ans pour lutter contre les changements climatiques, mais il oublie de dire que de ce montant, 4 milliards $ sont des sommes déjà prévues qui viennent de la bourse du carbone. Cela signifie qu’il n’y aura, au mieux, en moyenne, que 350 M$ d’argent neuf annuellement pour lutter contre les changements climatiques. Cela est nettement insuffisant.

« On comprend pourquoi le ministre s’est acheté de nouveaux patins. Il a fait de très jolies arabesques comptables dans ce budget et beaucoup de fantaisies pour essayer de nous faire croire que son gouvernement prend de grands moyens pour lutter contre les changements climatiques. Mais une analyse sérieuse du budget déboulonne complètement les prétentions environnementales du gouvernement. Ce n’est simplement qu’un grand mirage », explique Vincent Marissal, le responsable de Québec solidaire en matière de justice fiscale et de services publics.

Le député de Rosemont note que le gouvernement prévoit encore dépenser deux fois plus d’argent au Plan québécois des infrastructures (PQI) pour le transport routier que pour le transport collectif. Il faut noter aussi qu’aucun dollar additionnel ne sera versé aux sociétés de transport en commun cette année et l’année prochaine. Par ailleurs, le seul nouveau projet de transport collectif inscrit à l’étape de planification au PQI est celui du 3e lien, un projet qui est d’abord un projet autoroutier. Tous les autres projets de transports collectifs structurants ne sont inscrits qu’à l’étape d’étude du dossier. Cela n’engage pas à grand-chose, mais permet au gouvernement de faire une vague annonce d’investissements majeurs dans le futur.

Surplus budgétaire

Québec solidaire profite de ce budget pour réitérer sa demande de mettre en place un directeur parlementaire du budget. Cela permettrait d’avoir un réel portrait de la situation plutôt que de laisser le ministre des Finances jouer avec les surplus à sa guise pour dresser le portrait qui lui convient. Par ailleurs, Québec solidaire se demande pourquoi le gouvernement continue à mettre autant d’argent sur la dette ou le Fonds des générations alors que l’objectif de ratio de la dette brute par rapport au PIB est atteint. Pour Québec solidaire, cet argent aurait dû servir pour le plan de lutte aux changements climatiques puisque c’est ce que réclament les plus jeunes générations.


Le budget Girard fait de l’aveuglement volontaire en refusant de financer de nouveaux logements sociaux, dénonce le FRAPRU

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) est non seulement déçu, mais indigné par le deuxième budget présenté aujourd’hui par le ministre des Finances, Éric Girard. Alors que la situation de centaines de milliers de locataires du Québec ayant des besoins urgents de logement se détériore rapidement en raison de la pénurie de logements et de la hausse rapide du coût des loyers, le gouvernement Legault a choisi, pour une deuxième année consécutive, de ne pas financer de nouvelles unités de logement social et se contente d’investir 150 millions $ pour compléter le financement des 15 000 unités déjà annoncées dans les budgets antérieurs.

Le FRAPRU dénonce ce choix, d’autant plus que Québec avait amplement les moyens de financer des nouvelles unités, alors qu’il dégage 4,5 milliards $ de surplus, avant versements au Fonds des générations, en 2019-2020. « C’est non seulement complètement irresponsable en pleine crise du logement de ne pas planifier dès maintenant un grand chantier de logements sociaux pour les années à venir, mais c’est injuste », affirme Véronique Laflamme, la porte-parole du FRAPRU. « Avec un maigre 0,13 % du total des dépenses prévues dans ce budget consacré au développement de logements sociaux, en pleine pénurie de logement, on peut affirmer que le gouvernement caquiste n’en fait pas une priorité » s’indigne-t-elle.

La seule mesure pour le logement social et communautaire contenue dans le budget Girard est le soutien à la réalisation des logements déjà prévus dans les budgets précédents et non livrés. Il s’agissait d’une des demandes du FRAPRU, puisque la somme de 260 millions $ annoncée dans le budget 2019-2020 était insuffisante pour assurer la livraison de ces logements, dont certains sont attendus depuis plusieurs années. Vu la vitesse avec laquelle les coûts de réalisation montent, le FRAPRU doute que la somme soit suffisante, d’autant plus que Montréal demandait à elle seule 100 millions $.

Le FRAPRU insiste sur la nécessité que le Québec se dote d’un plan sur plusieurs années. « Il aurait fallu annoncer dès maintenant les sommes pour que les groupes puissent planifier dès maintenant des projets de logements publics, de coopératives et d’organismes sans but lucratif (OSBL) pour les années à venir, et le faire sur plusieurs années », explique Véronique Laflamme. Selon le FRAPRU, sans investissements dédiés au développement de nouveaux logements sociaux, les villes, comme Montréal qui demandait 320 millions $ pour bonifier l’enveloppe d’AccèsLogis Montréal et atteindre sa cible de construction de 6000 logements sociaux d’ici 2021, sont condamnées à retarder la livraison de projets pourtant réclamés par les communautés. Le FRAPRU demandait au gouvernement de lancer sans plus attendre un grand chantier de 50 000 logements sociaux en 5 ans.

S’il salue les investissements pour soutenir les femmes victimes de violence conjugale, notamment ceux visant à assurer la pérennité des maisons d’hébergement d’urgence et la continuité des services des maisons d’hébergement de deuxième étape, le FRAPRU fait remarquer que sans plus de logements sociaux, plusieurs d’entre elles sont exposées à devoir retourner vivre auprès de leur conjoint violent, à se retrouver dans un logement trop cher, inadéquat ou carrément à se retrouver à la rue.

Alors qu’il choisit de ne pas planifier la réalisation de logements sociaux pour les années à venir, le gouvernement Legault investit 147 millions $ dans la reconduction des 5800 suppléments au loyer privé annoncés lors du budget 2015-2016. Selon le FRAPRU, même si ces suppléments au loyer privés pourraient aider des ménages cherchant un logement à signer un bail, cela ne contribuera pas à nous sortir de la crise. L’organisme souligne qu’en période de pénurie plusieurs propriétaires refusent de façon peu scrupuleuse des locataires qui pourraient bénéficier de cette mesure.

Le FRAPRU rappelle que dans cinq des six régions métropolitaines de recensement du Québec et dans 15 des 24 agglomérations de recensement, le taux d’inoccupation des logements locatifs est sous le seuil d’équilibre de 3%. À Montréal, il est de 1,5%, le plus bas taux en 15 ans. Selon le FRAPRU, le marché privé n’est pas en mesure de régler la crise actuelle. « Si on veut créer une réelle alternative aux logements trop chers, il faut augmenter la proportion de logements hors marché, qu’ils soient publics, coopératifs ou sans but lucratif, où les locataires seront protégés contre les effets de la spéculation, les évictions et les reprises de logement », rappelle la porte-parole.

Des mesures « vertes » qui pourraient augmenter les inégalités sociales

Le FRAPRU aurait souhaité un réel plan de lutte contre les changements climatiques porteur de justice sociale, mais ne voit pas dans le budget Girard de volonté d’entraîner le Québec dans une réelle transition écologique porteuse de justice sociale. Il craint même que certaines des mesures qu’il contient n’aient des conséquences sur les personnes les plus vulnérables, dont les locataires à faibles et modestes revenus. Le regroupement souligne que les projets structurants de transports collectifs qui bénéficieront d’un financement de Québec ont des conséquences sur les locataires, puisqu’ils entraînent souvent spéculation immobilière. Pour éviter ces contrecoups, il aurait fallu investir des sommes en amont pour assurer aux locataires à faibles et modestes revenus le maintien dans leurs milieux de vie, dont un plan pluriannuel prévoyant le développement de logements sociaux.

Globalement, le FRAPRU qualifie le budget Girard d’occasion manquée pour lutter contre les inégalités sociales et assurer la réalisation progressive des droits sociaux et culturels, dont celui à un logement décent, ce qu’il s’est pourtant engagé à faire « au maximum des ressources disponibles » en ratifiant le Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels (PIDESC). Le regroupement promet de poursuivre ses actions pour un grand chantier de logement social. Une série d’actions locales et régionales sont déjà prévues dans la semaine du 10 mai.


Budget du Québec - La lutte contre la pauvreté passe à la trappe (Collectif pour un Québec sans pauvreté)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - « On a beau examiner le budget dévoilé aujourd’hui sous tous les angles, un seul constat s’impose : la lutte contre la pauvreté vient de passer à la trappe, se désole le porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Serge Petitclerc. L’indifférence du gouvernement québécois à l’égard des personnes assistées sociales est particulièrement désespérante. »

« Dernièrement, nous rappelions au gouvernement l’urgence d’agir pour aider les personnes qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les personnes assistées sociales. Pour ce faire, nous lui demandions d’augmenter de façon marquée le montant des prestations ou, à tout le moins, de supprimer certaines contraintes et pénalités qu’il impose à ces personnes. »

Aucune amélioration des revenus

« Il nous restait un brin d’espoir en écoutant le discours du ministre des Finances, Éric Girard. Quand un des trois volets du budget concerne les mesures pour "améliorer les services et répondre aux besoins des citoyens", c’est sûr que les attentes augmentent. Mais cela ne rend l’inaction du gouvernement que plus désolante. »

« En effet, qu’en est-il des besoins des personnes assistées sociales ? Le budget ne prévoit rien de rien pour elles. Rappelons qu’avec leur maigre prestation mensuelle de 690 $ et les crédits auxquels elles ont droit, elles n’arrivent actuellement à couvrir que 54 % des besoins de base reconnus. Pire, si on tient compte de la récente révision de la Mesure du panier de consommation (MPC) par Statistique Canada, tout porte à croire que le gouvernement ne respectera pas son engagement - très minimaliste - d’amener le revenu disponible des personnes à l’aide sociale à 55 % de la MPC en 2021. »

« Pour ce qui est de la réduction des contraintes et des pénalités imposées aux personnes assistées sociales, le budget est tout aussi muet, poursuit Serge Petitclerc. Nous avions espoir de voir des petites avancées du côté des gains de travail permis ou des pénalités pour les personnes qui vivent en couple, mais rien. »

Les besoins des personnes ignorés

Johanne Gagnon et Monique Toutant, deux personnes assistées sociales engagées dans la lutte à la pauvreté, ont participé au huis clos du budget. Johanne a fait remarquer : « Encore une fois, dans le budget, les personnes en situation de pauvreté sont mises à l’écart, il n’y a rien pour les aider. Il faudrait que les besoins des personnes qui vivent l’exclusion soient pris en compte. »

Monique d’ajouter : « Quand j’ai eu mon chèque en janvier [avec l’augmentation du Revenu de base], je me suis dit : "les autres [les gens qui reçoivent de l’aide sociale ou de la solidarité sociale], ils ont eu quoi ? " Ils ont pourtant les mêmes besoins que moi. Ça m’a indignée. Est-ce que le gouvernement a consulté les personnes en situation de pauvreté et les organismes qui les appuient pour connaître leurs besoins ? »

Conclusion

Serge Petitclerc conclut : « Le ministre Girard a répété à quelques reprises qu’il rêve d’éliminer l’écart de richesse qui existe avec l’Ontario. Mais pourquoi ne pas se concentrer prioritairement sur la réduction des écarts de richesse qui existent au sein même de la société québécoise ? Pourquoi ne pas viser l’amélioration des revenus des personnes les moins nanties ? »


Budget 2020 - Le gouvernement rate la cible de l’environnement (Institut de recherche et d’informations socioéconomiques)

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - Bien qu’il dispose d’importants surplus année après année, le gouvernement choisit de ne pas agir de façon concrète pour l’environnement. Dans son budget, le gouvernement rappelle sa cible de réduire de 37,5% les émissions de GES par rapport à 1990 d’ici 2030. Pourtant, il prévoit du même coup que ses mesures ne permettront de réduire que de 7% la consommation de pétrole d’ici là.

Des mesures timides en environnement (Citations d’Eve-Lyne Couturier, chercheuse)

Au cours des dernières semaines, le gouvernement a préparé les Québécois·es à des mesures ambitieuses pour réduire les GES. « Les nouvelles sommes en environnement vont au programme ’Roulez vert’, qui existait déjà et dont les résultats sont limités. Rien n’est fait pour limiter les émissions des grandes industries, et aucune somme n’est prévue pour des nouveaux projets ambitieux. Ça augure mal pour le Plan d’économie verte qui sera dévoilé d’ici la fin du mois. »

Électrification des transports

Le gouvernement choisit de miser sur l’incitation à l’achat de véhicules personnels. « Alors qu’il devrait s’attaquer à la culture de l’automobile, le gouvernement l’alimente. Et les mesures profitent aux résident·e·s des grands centres, qui devraient pouvoir utiliser le transport en commun. On sait que l’auto-solo favorise l’étalement urbain et va à l’encontre des objectifs de réduction des GES ».

Pour les régions ?

En plus d’être mal desservies par le réseau de bornes électriques, aucun investissement n’est prévu en transport en commun pour les 10 prochaines années pour le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine. Pour l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec, c’est seulement 500 000 $. « Si le gouvernement voulait vraiment agir pour réduire les GES, il investirait justement dans ces régions qui n’ont pas d’alternative de transports. »

Malgré des surplus répétés (citations de Guillaume Hébert, chercheur)

Avec un surplus supérieur de 2G$ à ce qui était prévu, le Québec dégage 4,5 G$ de surplus pour l’exercice 2019-2020. Cela porte à 25,7G$ les surplus engrangés par le gouvernement depuis cinq ans. Le gouvernement prévoit aussi dégager des surplus de 3 G$ lors des deux prochains exercices.

« Le tour de force du gouvernement Legault, c’est de nous convaincre que l’équilibre consiste à dégager des surplus budgétaires annuels d’environ cinq milliards par an. La société québécoise n’a pas les moyens de se priver de tout cet argent à l’heure de la transition écologique et de la transition démographique. »

Fonds des générations

Le gouvernement ne présente aucun plan pour procéder au décaissement du Fonds des générations même s’il reconnaît que l’objectif de réduction de la dette est atteint. « C’est de l’obstination. Les sommes massives que l’on continue de verser dans ce fond devraient servir immédiatement à relever des grands défis de société. »

Baisses d’impôt

Le gouvernement se désole de ne pas offrir de baisses d’impôt aux contribuables. « Pourtant, l’impôt des sociétés diminue (-182 M$) cette année plutôt que d’augmenter comme il le devrait, surtout en pleine période de croissance économique. Et pour les particuliers, on parle d’une nouvelle réduction de la taxe scolaire (- 182 M$ également), une mesure régressive qui favorise les ménages mieux nantis. »

Analyse complète sur notre blogue : http://bit.ly/billet-IRIS.


Budget : « hormis l’environnement, rien de structurant », déplore la CSN

QUÉBEC, le 10 mars 2020 - La CSN salue la prise de conscience du gouvernement du Québec de l’importance d’allouer des ressources financières importantes à la décarbonisation de l’économie du Québec. La centrale syndicale déplore toutefois qu’hormis l’environnement, trop peu de mesures structurantes visant l’amélioration des conditions de vie et de travail des Québécoises et des Québécois sont prévues, malgré l’excellente posture économique du Québec et l’ampleur des surplus budgétaires.

« Si on fait abstraction des mesures consacrées à la lutte aux changements climatiques, force est de constater que nous sommes devant le budget du statu quo », déplore le président de la CSN, Jacques Létourneau. Certes, les sommes prévues au Plan québécois des infrastructures en matière de transport collectif sont intéressantes, mais il est désolant de constater que les nouveaux investissements ne verront le jour qu’en 2022-2023. »

La CSN attend impatiemment les détails du Plan pour une économie verte que devrait déposer prochainement le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. « Nos attentes sont claires, souligne le président de la CSN. D’une part, ce programme devra prévoir explicitement des mesures pour accompagner les travailleuses et les travailleurs afin qu’ils ne fassent pas les frais de cette nécessaire transition énergétique. D’autre part, les projets de transport collectif prévus par le gouvernement devront favoriser les emplois au Québec. Il est inconcevable pour nous de répéter les erreurs commises dans les dossiers du REM et des trains de VIA Rail pour l’axe Québec-Windsor. »

Secteur public

Malgré le fait que les surplus du Québec atteignent des sommets, le présent budget du gouvernement ne répond en rien aux demandes des travailleuses et des travailleurs du secteur public dans le cadre du renouvellement de leurs conventions collectives.

« Ce n’est pas des farces, le budget vient confirmer, intégralement, les offres dérisoires du président du Conseil du trésor déposées en décembre dernier. La croissance des dépenses en santé et en éducation pour l’année à venir parviendra tout juste à contenir la hausse des coûts de système, sans parler du ralentissement déjà prévu par le ministre des Finances pour les années subséquentes. Aucune mesure particulière n’est envisagée pour améliorer les conditions de travail des salariés du secteur public. Force est de constater que le sérieux coup de barre que nous réclamons dans le cadre des présentes négociations a été complètement ignoré par le gouvernement. 

Main-d’oeuvre

Alors que les problèmes de pénurie et de rareté de main-d’œuvre touchent l’ensemble des secteurs économiques, le président de la CSN se désole du peu de ressources allouées en cette matière.

« Nous nous attendions à des mesures concrètes en matière de formation professionnelle qualifiante permettant aux travailleuses et aux travailleurs d’acquérir de nouvelles expertises, reconnait Jacques Létourneau. Devant la crise que nous vivons, le gouvernement ne peut se rabattre uniquement sur l’intégration des immigrants ou le retour sur le marché du travail des retraités. »


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