Édition du 13 avril 2021

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Féminisme

Une étude inédite révèle que la violence conjugale est un phénomène très répandu dont les effets se font également ressentir à l'extérieur du foyer (Unifor)

LONDON, ON, le 27 nov. 2014 - Selon les conclusions d’une étude publiée aujourd’hui par le mouvement syndical et la Faculté d’Éducation de l’Université Western, la violence conjugale est un phénomène très répandu au Canada et qui a également des répercussions sur les gens au travail.

« Bien que les conclusions de l’étude aient de quoi surprendre, il est important que les employeurs comprennent qu’ils peuvent et qu’ils doivent intervenir », a déclaré Julie White, directrice du Service de la condition féminine d’Unifor, qui a été membre du comité de direction mis sur pied aux fins de l’étude.

« Il a beaucoup été question de la violence faite aux femmes dans les médias canadiens récemment, et bien qu’il s’agisse d’un bon point de départ, nous devons également commencer à parler des solutions à ce problème. Beaucoup de choses peuvent avoir une grande influence sur le cours des événements, notamment les mesures de soutien et les services destinés au personnel victime de violence. »

Cette étude inédite, réalisée par le Centre for Research and Education on Violence Against Women and Children (CREVAWC) de la Faculté d’éducation en collaboration avec le Congrès du travail du Canada, a permis de recueillir de l’information auprès de 8 429 employés d’un bout à l’autre du pays. Il s’agit de la toute première étude d’envergure nationale sur les effets de la violence conjugale dans les milieux de travail au Canada. La collecte de renseignements s’est principalement déroulée par l’entremise des syndicats, environ 80 % des répondants et répondantes étant des syndiqués.

Un tiers des participants et participantes ont indiqué avoir été aux prises avec la violence conjugale. De ce nombre, 82 % ont déclaré que la violence avait nui à leur rendement au travail. Près de 40 % ont dit que la violence conjugale les avait empêchés d’aller travailler, menant à une perte d’emploi pour près de 10 % d’entre eux. Plus de la moitié des répondants et répondantes ont continué de subir la violence conjugale au travail ou près du lieu de travail, cette violence se manifestant alors par des courriels, des appels téléphoniques et des messages texte importuns, ou par du harcèlement ou de la violence physique.

Mme White a donné un exemple concret de ce que les syndicats peuvent faire pour venir en aide à leurs membres victimes de violence conjugale en parlant du Programme des intervenantes auprès des femmes d’Unifor. Ces intervenantes sont des représentantes en milieu de travail spécialement formées pour aider les femmes aux prises avec divers problèmes, comme le harcèlement en milieu de travail, la violence conjugale ou la maltraitance.

« Qu’il s’agisse d’aider une femme à mettre fin à une relation de violence ou de collaborer avec les employeurs pour offrir un milieu de travail sûr aux employés victimes de violence conjugale, ces intervenantes jouent un rôle important dans la création de milieux de travail plus sains et de collectivités plus sûres », a expliqué Mme White. « Nous avons actuellement 326 intervenantes auprès des femmes dans des milieux de travail situés d’un bout à l’autre du pays. Je souhaite qu’un jour chaque lieu de travail ait sa propre intervenante auprès des femmes. »

« Grâce à l’appui que j’ai reçu et à un accès rapide à des services de soutien psychologique et de conseils, j’ai eu la force de poursuivre mes activités pendant des moments difficiles. Mon lieu de travail était le seul endroit où j’étais bien mentalement et où je me sentais en sécurité », a déclaré une femme qui a préféré garder l’anonymat. Elle a eu accès à une intervenante auprès des femmes dans son milieu de travail au moment où elle en avait le plus besoin.

Pour obtenir de plus amples renseignements au sujet de l’étude, veuillez consulter le lien suivant : violenceconjugaleautravail.ca.

Unifor, principal syndicat du secteur privé au Canada, représente plus de 305 000 travailleurs, dont plus de 86 000 femmes. Il a été fondé pendant la fin de semaine de la fête du Travail de 2013, par la fusion du Syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile et du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier.

Vous pouvez regarder la vidéo réalisée en lien avec cette étude à http://youtu.be/gmKri4RSwRs.

Unifor

À propos du projet Unifor


Depuis deux ans, le SCEP et les TCA ont entrepris le processus de création du nouveau syndicat Unifor. Plusieurs comités composés des membres des deux syndicats ont ainsi travaillé à élaborer les structures, les statuts, le nom et le logo, les politiques, l’intégration, etc. du syndicat Unifor. L’an dernier, les congrès nationaux des deux organisations ont approuvé le processus alors que cette fin de semaine (30 août-1er septembre 2013), se déroule le congrès de fondation à Toronto.

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