Édition du 18 juin 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Politique d’austérité

Vers le printemps ! Vers la grève ! En marche vers le printemps

Le printemps 2015 sera le moment crucial dans la lutte contre l’austérité. Depuis des mois, le gouvernement annonce des coupures historiques qui vont dégrader nos conditions de vie. En santé comme en éducation, en passant par les CPE et les organismes régionaux, tout ce qui reste des services publics s’apprête à être détruit pour enrichir les grandes entreprises, les pétrolières et tous les amis du pouvoir.

(Contrairement à ce que nous avions écrit, l’ASSÉ n’est pas l’auteur de ce texte, Nous nous excusons de cette méprise... mais comme nous l’écrivait une militante de l’ASSÉ, nous trouvons qu’il est en effet pertinent que cet article soit disponible en ligne - il fait état de la situation de la mobilisation et de propositions que circulent largement dans le mouvement étudiant. NDLR Presse-toi à gauche !)

Face à cette attaque, une contestation générale s’est organisée d’un bout à l’autre de la province dans l’ensemble des secteurs de la société. Pour la première fois depuis de nombreuses années, l’ensemble des acteurs sociaux s’organisent en front commun pour lancer un message clair : nous refusons l’austérité. L’automne a été le théâtre d’une escalade des tensions au sein secteur public inédite depuis la grève étudiante de 2012. Grèves, manifestations et rassemblements ont eu lieu pour protester contre le saccage. La crise sociale commandée par le gouvernement est inévitable : les rumeurs se multiplient depuis des semaines et les prochains mois annoncent une lutte historique.

Le 21 mars, lançons le mouvement !

Joignons la parole aux actes et lançons un mouvement de contestation à l’image de l’attaque que nous subissons. Dès le 1er avril plus de 400 000 employé-e-s de la fonction publique pourront partir en grève légalement, ce qui ne se reproduira pas avant 5 ans : la conjoncture est la bonne.

C’est pourquoi un appel à la grève générale à partir du 21 mars 2015 sera lancé dans le mouvement étudiant afin d’initier ce qui s’annonce comme le début d’une grève sociale au Québec. Cette date symbolique de l’arrivée du printemps vise à lacer le mouvement de contestation quelques jours avant l’entrée du milieu syndical dans la lutte. Ensemble, étudiant-e-s, travailleurs et travailleuses et sans emplois, unissons-nous contre l’austérité. L’entièreté du secteur public est sur le pied de guerre et n’attend que le signal pour partir en lutte : donnons-le.

Lançons le mouvement et avançons vers une lutte sociale pour faire reculer le gouvernement et ses politiques d’austérité !

Avec le printemps vient la résistance

Le printemps 2015 promet d’être un moment fort dans la lutte contre les mesures d’austérité et le saccage environnemental en cours. Si, à première vue, ces enjeux semblent ne pas toucher les étudiant-e-s, il ne faut pas s’y méprendre. Les coupes dans les services publics et le développement des projets pétroliers nous attaquent autant que le reste de la population. Plus encore, notre solidarité dans la lutte à mener avec les autres groupes et les populations touchées est essentielle.

L’avantage étudiant

Tandis que les syndicats de travailleuses et travailleurs sont encadrés par le Code du travail qui les empêche de faire grève hors des périodes de négociation les conventions collectives, les étudiant-e-s peuvent se mobiliser sans cette restriction. En fait, c’est l’encadrement juridique qui permet au gouvernement d’attaquer systématiquement par des menaces légales et financières les travailleuses et les travailleurs qui font grève pour forcer leur retour au travail. Le vide juridique dans lequel se trouve le droit de grève étudiant empêche le gouvernement d’imposer effectivement des lois spéciales sur nos grèves. La situation particulière dans laquelle se trouvent les étudiant-e-s en fait des actrices et des acteurs essentiel-le-s dans la lutte contre l’austérité, à la fois par leur capacité à faire directement pression sur le gouvernement, et à agir en solidarité avec les travailleuses et les travailleurs touché-e-s par les lois spéciales.

La force étudiante

Les grèves étudiantes permettent de mobiliser rapidement des dizaines de milliers de personnes, comme ce fut le cas pour la journée du 31 octobre dernier, où plus de 80 000 étudiant-e-s, firent grève.
Cette capacité de faire grève massivement fait notre force à deux niveaux : symbolique et concret. Symboliquement, dans la mesure où le grand nombre d’étudiant-e-s en débrayage montre l’ampleur du ras-le-bol contre les mesures d’austérité. Concrètement, puisqu’en libérant une masse importante de gens d’une de leurs obligations quotidiennes, on leur permet de s’occuper à lutter activement contre les attaques gouvernementales, que ce soit en participant à des manifs, des actions, de l’éducation populaire, de la mobilisation ou autre. La lutte sociale qui sera menée au printemps 2015 doit pouvoir compter sur l’action des étudiant-e-s. Soyons l’étincelle qui enflammera le brasier de la contestation, par notre nombre et notre férocité.

La lutte est populaire, pas parlementaire

L’efficacité de la grève étudiante réside dans sa capacité à participer à une lutte populaire. Nous devons nous méfier des raccourcis de la politique parlementaire, qui ont trop souvent freiné nos combats, en détournant l’attention vers des personnalités plutôt que vers les raisons de la colère. Notre ennemi n’est pas le Parti libéral lui-même, mais bien les idées et les mesures néolibérales qu’il impose.

La démocratie représentative nous anesthésie ; la grève permet une lutte populaire irrésistible, propre à établir un véritable rapport de force. Les consultations publiques sont une mascarade qui ne sert qu’à légitimer les politiques gouvernementales. Les élections tous les quatre ans enterrent les enjeux pour détourner l’attention sur le choix d’élu-e-s et leurs absurdes promesses électorales.

Notre potentiel perturbateur réside dans la lutte active par le blocage et la réappropriation, entre autres, des lieux de travail, des écoles et des voies de circulation. Notre puissance se trouve dans la certitude qu’une autre manière de vivre est possible. Il n’en tient qu’à nous. La même logique nous conduit à repenser nos liens avec les partis politiques de gauche.

Même les formations politiques qui se positionnent contre l’austérité sont soumises à la politique du compromis et au jeu parlementaire sous le prétexte trompeur d’une saine « gouvernance ». Sous le prétexte du bien commun, les partis politiques ne travail qu’à leur (ré)élection entre autres en récupérant les mouvements sociaux à leurs fins contre-révolutionnaires. L’attitude adoptée par le Parti québécois lors de la grève étudiante de 2012 est un exemple éloquent. Exemple flagrant : le PQ s’est servi de la vague de contestation contre la hausse des frais de scolarité pour se faire élire – ses député-e-s portaient fièrement le carré rouge au printemps 2012 – et n’a pas hésité, par la suite, à augmenter lui-même les frais de scolarité. Pis encore, la lutte sociale a par la suite été éclipsée par les affrontements électoraux.

Nous le tomberons pas dans le panneau de la politique parlementaire ! Ce n’est pas par les urnes ou sous la bannière d’un parti politique que nous pourrons nous rassembler, mais par un moyen commun de rupture du quotidien aliénant : la grève sociale. Montrons au gouvernement et à tous les partis politiques qu’une victoire électorale ne leur donne pas le droit de saccager nos milieux de travail, d’étude et de vie ! Soyons indomptables !

Proposition de grève et plan d’action

En déclenchant la grève le 21 mars 2015, les étudiant-e-s montrent clairement leur volonté de lutter conjointement avec les travailleurs et travailleuses, en plus de générer en même temps avant l’entrée en grève de ceux et celles-ci, légale à partir du 1er avril. Dès le 2 avril 2015, une manifestations nationale appelée par l’ASSÉ permettra de saisir la force du mouvement de grève. Un congrès extraordinaire de l’ASSÉ la fin de semaine suivante déciderait éventuellement d’appeler ou non à la poursuite de la grève. Si tel était le cas, des AG de grève auraient lieu dans la semaine suivante pour décider de la poursuite de la grève. Des mandats de solidarité pourraient également être pris avec les syndicats des salarié-e-s de nos institutions. Ceux-ci permettraient, entre autres, de défier d’éventuelles lois spéciales forçant le retour au travail et également de faciliter l’entrée en grève des associations moins mobilisées.

Proposition de grève :

Considérant la nécessité de se créer un espace de grève, un espace de temps, des perturbation et de mobilisation pour lutter contre l’austérité et les projets d’hydrocarbures ;

1) Pour les associations qui s’en sentent la force :

que l’on soit en grève à partir du 21 mars.

Qu’advenant le cas où 30 000 personnes réparties dans au moins trois campus aient adoptées un mandat similaire avant cette date, que l’on convoque dans les plus brefs délais une assemblée générale de déclenchement.

Que l’on tienne une assemblée générale de reconduction dans la semaine du 7 avril.

2) Proposition de grève de solidarité :

Qu’advenant le cas où le syndicat des professeur-e- s soit en grève, que l’on déclenche automatiquement la grève.

Que l’on tienne (entre la journée entre une journée et une semaine) de grève dans le cas de la manifestation nationale de l’ASSÉ le 2 avril.

Que l’on tienne une assemblée générale de grève dans la semaine du 7 avril.

Proposition d’AG de grève et plan d’action pour l’ASSÉ :

Considérant la nécessité de se créer un espace de grève, un espace de temps, perturbation et de mobilisation pour lutter contre l’austérité et les projets d’hydrocarbures ;

Considérant la nécessité de mobiliser massivement sur les campus ;

Considérant la nécessité de tenir un congrès dans les plus brefs délais suite aux grèves et à la manifestation nationale pour déterminer la suite des choses ;

Que l’on tienne une assemblée générale de grève reconductible à la 3ième semaine de février (insérer une autre date)

Que l’on organise en ce sens de la mobilisation et des tournées de classe sur ce thème.

Que l’on appelle à un congrès extraordinaire de l’ASSÉ les 4-5 avril pour statuer sur la situation.

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