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26 mai 2026
photo : Réunion de sensibilisation contre les mutilations génitales féminines au Mali. source EQUIPOP https://equipop.org/
Par Isboulah Diouf, correspondant du Sénégal
L’ampleur de ces violences continue de susciter des préoccupations. Selon l’Enquête nationale de référence sur les violences faites aux femmes (ENR-VFF), réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) avec l’appui d’ONU Femmes, 31,9 % des femmes âgées de 15 ans et plus déclarent avoir subi au moins une forme de violence au cours des douze derniers mois. Les violences psychologiques figurent parmi les formes les plus fréquemment rapportées.
Des violences aux formes multiples
Les violences faites aux femmes prennent différentes formes et touchent des femmes de tous âges et de toutes conditions sociales. Elles peuvent être physiques lorsqu’elles se traduisent par des agressions ou des coups, psychologiques à travers les humiliations, intimidations ou menaces, sexuelles lorsqu’elles impliquent des actes imposés sans consentement, mais aussi économiques lorsque certaines femmes se retrouvent privées d’autonomie financière ou exclue de certaines décisions importantes au sein du foyer.
Ces violences demeurent peu dénoncées. La peur des jugements sociaux, les dépendances économiques ou encore certaines pressions familiales peuvent expliquer le silence de nombreuses victimes. Cette réalité complique parfois la prise en charge et limite la visibilité du phénomène dans certaines communautés.
Des pratiques traditionnelles encore présentes dans certains milieux
Au-delà des violences directes, certaines pratiques traditionnelles continuent d’avoir des répercussions importantes sur la santé et le bien-être des femmes. Bien qu’elles soient souvent associées à des normes culturelles ou sociales anciennes, plusieurs d’entre elles font aujourd’hui l’objet de débats croissants en raison de leurs conséquences physiques, psychologiques et sociales.
Le mariage précoce ou forcé constitue l’une des préoccupations souvent évoquées. Dans certaines situations, il peut entraîner un abandon scolaire, une dépendance économique accrue ou une maternité à un âge précoce, limitant parfois les perspectives d’autonomisation des jeunes filles.
La question de l’excision, également appelée mutilation génitale féminine, demeure également un sujet sensible au Sénégal. Bien que cette pratique soit interdite par la loi depuis plusieurs années et que des campagnes de sensibilisation aient contribué à son recul, elle reste observée dans certaines localités du pays, notamment dans des zones où elle est perçue comme un rite social ou culturel. Selon l’UNICEF, près d’une femme sur quatre âgée de 15 à 49 ans aurait subi une forme d’excision au Sénégal, avec des disparités importantes selon les régions. Les taux les plus élevés sont signalés dans certaines parties de Kédougou, Sédhiou, Matam, Tambacounda, Kolda et Ziguinchor.
Cette pratique est souvent justifiée dans certains milieux par des considérations culturelles, familiales ou liées aux traditions. Toutefois, les professionnel.les de santé et organisations de protection des femmes alertent régulièrement sur les conséquences possibles : douleurs importantes, infections, complications pendant l’accouchement, traumatismes psychologiques ou encore effets durables sur la santé reproductive.
Des conséquences importantes sur le bien-être des femmes
Les violences et les pratiques traditionnelles néfastes peuvent avoir des effets considérables sur la vie des femmes. Sur le plan physique, elles exposent certaines victimes à des blessures, des complications médicales ou des douleurs chroniques. Sur le plan psychologique, elles peuvent entraîner un stress prolongé, une perte de confiance en soi ou des traumatismes émotionnels parfois durables.
Les impacts économiques et sociaux demeurent également importants. Une femme confrontée à des violences répétées ou privée d’éducation en raison d’un mariage précoce peut rencontrer davantage de difficultés à accéder à un emploi stable ou à participer pleinement à la vie économique et sociale. Dans certains cas, ces situations contribuent à renforcer les inégalités déjà existantes.
Une mobilisation croissante pour la protection des femmes
Face à ces réalités, plusieurs initiatives sont mises en œuvre par les autorités publiques, les organisations de la société civile et les structures communautaires afin de renforcer la protection des femmes. Les campagnes de sensibilisation, les programmes d’éducation des filles ainsi que les mécanismes d’accompagnement juridique et psychosocial occupent une place importante dans les stratégies de prévention.
Des organisations internationales comme l’UNICEF et le Fonds des Nations unies pour la population soutiennent également des actions de dialogue avec les familles, les leaders communautaires et religieux afin d’encourager l’abandon progressif des pratiques jugées néfastes au bien-être des femmes. Plusieurs estiment que l’évolution durable des comportements repose autant sur l’éducation et la sensibilisation que sur les mesures légales.
La question des violences faites aux femmes et des pratiques traditionnelles néfastes demeure un enjeu majeur de santé publique et de développement social au Sénégal. Si des progrès sont observés grâce aux politiques publiques et aux actions communautaires, certaines réalités persistent encore dans plusieurs contextes sociaux. La poursuite des efforts de sensibilisation, l’accès à l’éducation ainsi que le renforcement des mécanismes de protection apparaissent comme des leviers importants pour améliorer durablement le bien-être et la dignité des femmes.
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