Tiré de entre les ligneset lesm ots
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/04/20/les-talibans-interdisent-la-sterilisation-des-femmes-afghanes-alors-meme-que-la-mortalite-maternelle-augmente/?jetpack_skip_subscription_popup
La ligature des trompes est une procédure de stérilisation définitive chez les femmes ; elle a longtemps été courante dans certaines régions d’Afghanistan où les moyens de contraception plus accessibles n’étaient pas disponibles, que ce soit pour des raisons culturelles ou économiques. De nombreuses femmes souhaitaient subir cette intervention une fois qu’elles avaient eu le nombre d’enfants qu’elles désiraient.
Mais deux membres du personnel médical de l’hôpital central de Faizabad, capitale de la province de Badakhshan, dans le nord-est du pays, ont déclaré à Rukhshana Media qu’on leur avait ordonné de ne pas pratiquer cette intervention. L’un d’eux, un médecin travaillant depuis environ huit ans au service de gynécologie et d’obstétrique, a déclaré avoir entendu des membres des talibans dire au personnel hospitalier de « laisser la génération musulmane se développer ».
Trois femmes ont déclaré avoir demandé à subir cette intervention et s’être vu refuser. Toutes étaient pauvres, avaient connu des grossesses difficiles par le passé et ont déclaré avoir du mal à nourrir les enfants qu’elles avaient déjà. L’une d’elles a déclaré qu’on lui avait dit que subir cette intervention était « un péché ».
Marzia, dont nous tairons le vrai nom pour la protéger, a déjà huit enfants. Elle avait voyagé pendant environ dix heures pour rejoindre Faizabad, accompagnée d’un nouveau-né et d’un enfant en bas âge. Lorsqu’elle a fait part de son souhait aux médecins, ceux-ci lui ont répondu qu’elle devait obtenir une autorisation écrite des autorités – une autorisation qu’elle savait ne jamais pouvoir obtenir.
« Nous n’avons pas assez à manger, pas de travail, pas de vie digne de ce nom. Que faire avec autant d’enfants ? Ils grandissent tous affamés, assoiffés et pieds nus », a déclaré cette femme de 36 ans, désespérée, tandis que son bébé pleurait à ses côtés.
« J’ai dit (aux médecins) que je n’avais pas le courage de mettre au monde d’autres enfants. Mais les médecins m’ont répondu que les talibans avaient interdit cette opération. Que Dieu punisse les talibans, ils sont aveugles à la souffrance des mères pauvres comme moi. »
La région montagneuse isolée de Kiran wa Munjan, d’où vient Marzia, est pauvre et la plupart des femmes y accouchent encore à domicile, selon un précédent reportage de Rukhshana Media.Les taux de mortalité maternelle et néonatale y sont élevés.
-* « Extrêmement inquiétant »
La ligature des trompes est une intervention chirurgicale sans danger qui consiste à obstruer les trompes de Fallope afin d’empêcher la rencontre entre l’ovule et le spermatozoïde, et donc d’éviter toute grossesse.
Cette intervention a autrefois sauvé la vie de femmes comme Qamar Gul, 35 ans, qui vit à Faizabad avec son mari et ses six enfants. Les temps sont durs, son mari est handicapé et elle souhaite désespérément éviter une nouvelle grossesse.
Il y a trois mois, elle s’est rendue à l’hôpital public pour subir une intervention de contraception définitive, mais les médecins lui ont dit que les talibans l’avaient interdite.
Dans un autre quartier de la ville, une mère de cinq enfants qui gagne sa vie en faisant des lessives et en nettoyant des maisons a déclaré qu’elle souhaitait se faire ligaturer les trompes, mais qu’on l’en avait empêchée.
« Ma plus jeune fille a trois mois. Alors que j’étais sur le point d’accoucher, je me suis rendue à l’hôpital et j’ai demandé à subir l’opération, afin que le bébé naisse et que mes trompes soient ligaturées en même temps. Mais les médecins ont refusé. Ils m’ont dit que cette intervention était désormais illégale », a-t-elle expliqué.
« J’ai mis au monde ces cinq enfants au prix d’immenses difficultés et de traitements médicaux, au péril de ma vie. Mais aujourd’hui, nous n’avons ni les moyens financiers ni la force physique nécessaires. »
Le médecin qui s’est entretenu avec Rukhshana Media a déclaré qu’il existait un besoin évident pour ce service, qui semble avoir été interdit ou restreint dans de nombreuses régions d’Afghanistan sous le régime des talibans.
Sous le gouvernement précédent, un programme national de planification familiale avait été mis en place afin de réduire la mortalité maternelle et néonatale, d’encourager un espacement sain entre les naissances et de prévenir les grossesses répétées à intervalles rapprochés. Des campagnes de sensibilisation du public et la distribution gratuite de contraceptifs dans certains centres de santé publics faisaient partie de cette initiative.
Les reportages de Rukhshana Media suggèrent que cette intervention pourrait encore être pratiquée en secret dans des cliniques privées, mais que la plupart des femmes n’ont pas les moyens de la payer.
« Lorsque les femmes ne sont pas autorisées à prendre des décisions concernant leur propre corps, leurs problèmes de santé physique et mentale se multiplient. Nous constatons que des grossesses répétées sans espacement adéquat mettent en danger la santé des mères et des nouveau-nés, et aggravent les difficultés économiques et sociales des familles », a déclaré le médecin de Faizabad.
« Les restrictions et le manque d’accès des femmes aux contraceptifs font qu’elles ne peuvent même pas recourir à des méthodes préventives ou thérapeutiques simples. Cette situation est extrêmement préoccupante. »
Raha Azad, 16 avril 2026
https://rukhshana.com/en/taliban-ban-sterilisation-for-afghan-women-even-as-maternal-mortality-rises/
Traduction DE
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :











Un message, un commentaire ?