Édition du 4 octobre 2022

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Féminisme

25 ans après Polytechnique : les femmes continuent à prendre et à créer leur place (FFQ)

MONTRÉAL, le 28 nov. 2014 - Aujourd’hui se déroule le premier événement féministe sur la tuerie de Polytechniqueà se tenir sur le campus à l’Université de Montréal (UdeM) depuis 1990. Un groupe d’étudiantes et de professeures s’est allié à la Fédération des femmes du Québec ainsi qu’aux trois autres universités montréalaises pour organiser une journée de réflexion et d’action intitulée 25 ans après Polytechnique : contrer l’effacement, créer sa place.

Il y a 25 ans, un tueur a mis fin à la vie de 14 femmes et a ébranlé les femmes et le mouvement féministe au Québec avec son discours et son geste misogyne. Ce crime politique contre les femmes a engendré une vague antiféministe, alors que plusieurs ont affirmé que le féminisme était allé trop loin. Qu’en est-il 25 ans plus tard ? Des années ont passé avant qu’il soit à nouveau possible de donner sens à cet événement tragique.

25 ans après Polytechnique : contrer l’effacement, créer sa place, survient cinq ans après le colloque tenu à l’UQAM afin de faire le bilan de Polytechnique et de son impact sur les femmes. Aujourd’hui, la journée de réflexion et d’action donne la parole à des femmes qui poursuivent le travail pour transformer un monde violent. « Alors que la tuerie de Polytechnique a voulu « remettre les femmes à leur place », c’est-à-dire en-dehors d’un métier universitaire historiquement dominé par les hommes, les militantes féministes aujourd’hui poursuivent des luttes pour transformer des milieux trop souvent hostiles aux femmes et aux perspectives féministes. Le mouvement féministe est loin d’être mort »,souligne Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec et membre du comité organisateur.

Contrer l’effacement

Tout en revisitant la tuerie de Polytechnique et ses conséquences, cette journée de réflexion permet de tisser des liens par l’entremise de cas éloquents et prégnants de l’effacement de femmes ici et maintenant, tel que la disparition et l’assassinat des femmes autochtonesque l’on cherche à faire disparaître du territoire. Les présentations visent à susciter un échange sur les différentes formes de violence physique, psychologique, institutionnelle ou encore symbolique qui marginalisent les femmes.

« L’invisibilisationdes femmes et de leurs paroles prend différentes formes, que l’on pense aux Boy’s club dans les universités et dans divers milieux de travail, aux agressions sur les campus, mais aussi à la cyberviolence à laquelle les féministes s’exposent en prenant la parole dans les médias sociaux », affirme Julianne Pidduck, professeure agrégée en communication à l’UdeM et membre du comité organisateur.

Prendre et créer sa place

Cette journée de réflexion s’intéresse aussi à la façon dont les nouvelles générations de féministes de milieux et de perspectives hétéroclites refusentde disparaître, confrontent des normes qui favorisent les violences et contrent le déni de celles-ci. Elles symbolisent la réponse à l’idée, répandue depuis Polytechnique, que le féminisme est en déclin au Québec. « Il y a aujourd’hui un mouvement féministe vibrant et très vivant. Les combats menés actuellement prennent de multiples formes, comme celui des femmes autochtones contre leur effacement ou celui voulant que les femmes aient leur place dans les débats publics », Joëlle Rouleau candidate au doctorat en communication à l’UdeM et membre du comité organisateur.

Vers un renforcement de la recherche féministe à l’UdeM

Fortes d’un colloque étudiant sur le féminisme et maintenant de cette journée de réflexion, les organisatrices de l’UdeM espèrent profiter de cet élan pour que la recherche féministe prenne davantage sa place à l’UdeM.

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