Édition du 10 décembre 2019

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Abolition de 28 postes d'infirmière auxiliaire à l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal - Le syndicat ne cautionnera pas la non-reconnaissance des compétences des infirmières auxiliaires

MONTRÉAL, le 29 janv. 2013 - Le Syndicat des professionnel-les en soins infirmiers et cardio-respiratoires de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal - CSN (SPSICR-HSC-CSN) a appris avec surprise la décision de l’employeur d’abolir 28 postes d’infirmière auxiliaire, dont 22 à l’urgence, cinq ans après une réorganisation du travail qui avait mené à l’embauche de ces mêmes infirmières auxiliaires. Hier soir, le syndicat et plusieurs infirmières et infirmières auxiliaires ont interpellé le conseil d’administration de l’Hôpital afin de mettre en lumière l’incohérence d’une telle décision. Alors que le réseau de la santé et des services sociaux tente de diminuer le recours à la main-d’œuvre indépendante (agences) et d’utiliser de manière optimale les compétences de chaque salarié-e, cette annonce a tout du retour à un chaos appréhendé.

Fin décembre dernier, le syndicat apprenait avec désarroi l’annonce de l’abolition des 28 postes d’infirmière auxiliaire. Cette abolition entraînera des impacts importants sur la charge de travail des travailleuses et des travailleurs, mais aussi sur les services à la population. C’est qu’en 2008, l’Hôpital en venait à la conclusion, à la demande du Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), que l’embauche d’infirmière auxiliaire était la solution pour régler des problèmes chroniques de pénurie de personnel infirmier et de temps supplémentaire volontaire et obligatoire.

Ce modèle d’organisation du travail, basé sur les orientations du MSSS, vise à utiliser de façon optimale les compétences de chaque salarié-e. Par exemple, l’employeur doit prendre en compte les actes réservés que chaque professionnel-le peut effectuer. Une telle étude l’amènerait nécessairement à renoncer à ces abolitions de postes et à mieux organiser les rôles de chacun des intervenants de l’équipe de soins pour améliorer les services à la population. Avec cette abolition, l’employeur s’inscrit en faux avec les orientations ministérielles. On peut donc s’attendre à un alourdissement des tâches et de la charge de travail des préposé-es aux bénéficiaires et des infirmières à l’urgence.

L’employeur considère aujourd’hui qu’il sera en mesure d’embaucher des infirmières pour combler les postes des infirmières auxiliaires. « C’est un peu comme si on disait à ces professionnels, vous nous avez été bien utile un temps, mais plus maintenant ! C’est ne pas tenir compte de l’expertise de ces travailleuses et travailleurs qui connaissent la réalité du travail et qui sont intégrés dans l’équipe de soins depuis cinq ans », avance Pascale Nantel, présidente du SPSICR-HSC-CSN. Pour pallier à cette abolition de poste, l’employeur prévoit engager 12 équivalents temps complet d’infirmières, ce qui entraînera un déficit de 3 ressources par 24 heures. « C’est une diminution directe de services à la population », d’indiquer Pascale Nantel.

C’est pour que l’employeur renonce à cette décision injustifiée que le syndicat s’est présenté au conseil d’administration de l’Hôpital qui s’est tenu hier. Les représentants syndicaux ont fait valoir que cette décision est irrespectueuse et qu’elle aura des impacts désastreux sur les services que les salarié-es donnent à la population, notamment en les mettant dans des situations de surcharge de travail.

Dans un article publié récemment dans La Presse et portant sur la crise dans les urgences, nous apprenions que la structure de poste actuelle est loin d’indiquer une présence trop importante des infirmières auxiliaires à l’urgence. Mais pour l’employeur, la spécialisation en traumatologie de l’Hôpital explique le besoin en infirmière. « Dans le même article, on concédait pourtant que les patientes et patients admis à l’urgence de l’Hôpital sont loin d’être tous des cas de traumas, ce qui nous porte à croire que la justification principale de l’employeur tient difficilement la route », explique Nadine Lambert, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

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