Édition du 22 juin 2021

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Liberté d’expression

BRUTALITÉ POLICIÈRE À VICTORIAVILLE : EMBUSCADE ET LÉGITIME DÉFENSE

C’est une véritable embuscade que la Sûreté du Québec a tendue aux
manifestants, vendredi le 4 mai dernier à Victoriaville. Les
barrières métalliques, attachées par des liens en plastique et placées
en triangle à moins de deux mètres de l’entrée de l’Hôtel le Victorin,
où se tenait le congrès du Parti Libéral du Québec. C’est en riant
que quelques jeunes ont utilisé leurs briquets pour faire fondre les
liens précaires.

À ce moment, deux hommes dans la trentaine avancée, habillés en civil
et sans signes distinctifs à part les chaussures, se sont concertés du
regard avant de faire sauter chacun un feu d’artifice, manifestement
dans le but de mettre le feu aux poudres. Un cordon de policiers
casqués, armés de fusils à balle de plastique, s’est massés tout près
de la porte d’entrée. D’autres manifestants avaient sauté la barrière
et dansaient en riant. Le reste de la foule restait sagement de
l’autre côté et tous étaient calmes.

Sans avertissement, sans déclarer la manifestation illégale, les
policiers ont envoyé les premières bombes lacrymogènes de nouvelle
génération qui combine le poivre de Cayenne au gaz sulfureux. La
foule a reculé et ordre relatif. J’ai moi-même subi mon premier
contact avec cette arme. Ce n’est qu’après quelques centaines de
bombes que les pierres ont commencé à voler. J’ai vu un jeune homme
prendre une énorme pierre, la soupeser et, faisant non de la tête la
reposer par terre. Plus loin, un autre a pris une brique et l’a
lancée plusieurs fois par terre pour ne ramasser que quelques
grenaille et laissant là le plus gros morceau.

Plus tard, on a transporté un blessé sérieux, le jeune Maxence Valade,
en retrait sur une pelouse. La foule scandait il y a un blessé. J’ai
visionné le reportage de CUTV, alors que les journalistes ont
vainement tenté d’obtenir de l’aide pour le blessé. Les policier sont
allés jusqu’à empêcher ces gens d’aller chercher l’ambulance. Un
courageux médecin a rejoint le blessé et lui prodiguait les premier
soins quand les policiers ont chargé la foule pour la faire reculer
jusqu’à pratiquement piétiner le blessé à mort.

Heureusement, la discipline de fer de ces jeunes lui a sauvé la vie.
Ils ont formé un mur humain et tenu bon jusqu’à ce que le blessé soit
emporté plus loin, subissant une énorme quantité de gaz. Ce fut mon
second poivrage (j’en ai subit une bonne dizaine). Une amie qui
faisait partie de la muraille humaine a témoigné que les policiers les
ont poursuivi, qu’ils ont du reformer la muraille et que le blessé a
dû être transporté pour la troisième fois. Par bonheur, le jeune
homme est maintenant hors de danger mais il a subi un traumatisme
crânien et perdu l’usage d’un oeil. Je laisse aux lecteurs le soin de
tirer ses propres conclusions.


source : Marie-Eve Doré.
Préposée aux multi-médias pour
L’A.P.Ri.T.de SLB
(Association de Protection des Riverains et du Territoire de
St-Louis-de-Blandford)

Marie-Ève Doré

St-Louis-de-Blandford - gaz de schiste

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